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Première action directe contre la biométrie en France

lundi 21 novembre 2005 par anonyme

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Première action directe contre la biométrie en France

Les lecteurs grenoblois de Pièces et Main d’Œuvre savent que des entreprises locales et leurs salariés (Atmel, Thales, STMicroelectronics) développent des systèmes biométriques et poussent à la généralisation de ce type de contrôle, déjà dans les écoles, les aéroports et certaines entreprises, et bientôt dans nos papiers d’identité : un des débouchés porteurs des nanotechnologies, spécialité de la cuvette.

Dans le silence des associations, syndicats, partis de gauche (à la notable exception de la Ligue des Droits de l’Homme et des initiateurs de la pétition contre le projet INES de carte d’identité biométrique), l’intervention d’activistes parisiens contre un dispositif biométrique dans un lycée de la Vallée de Chevreuse constitue une première et un exemple pour tous les bons élèves.

Ci-dessous le communiqué de ce groupe et son tract.

Grenoble, le 20 novembre 2005 www.piecesetmaindoeuvre.com

> DESTRUCTION D’UN DISPOSITIF BIOMETRIQUE AU LYCEE DE LA VALLEE DE CHEVREUSE >  > Le 17 novembre, à l’heure de midi, une vingtaine de clowns a pénétré en > chantant dans le réfectoire du Lycée de la Vallée de Chevreuse (91). Cet > établissement, situé dans la technopole de Saclay (qui regroupe des > laboratoires du CEA, CNRS, Polytechnique, Danone…) expérimente un dispositif > biométrique pour contrôler le flux des élèves au self. Tandis que certains > improvisaient un sketch et donnaient des tracts (voir texte ci-dessous), les > deux lecteurs biométriques étaient détruits à coups de marteau. Les clowns > avaient improvisé un périmètre de sécurité pour protéger les personnes > présentes. Alors qu’ils sortaient du lycée, des surveillants et des élèves les > ont violemment pris à partie. Trois personnes ont été interpellées et placées > en garde à vue. Elles ont comparu hier le 19 novembre après-midi au tribunal d’Evry, le procès étant reporté au 16 décembre. Les dégâts sont > estimés à plus de 15 000 euros. Cette action est revendiquée par un collectif > qui dénonce les dispositifs de surveillance et de contrôle social, dont la > surenchère est entretenue par les instituts de recherche et les industries > High Tech. >  > Notons que l’installation du lycée de la Vallée de Chevreuse est > rigoureusement conforme aux consignes du GIXEL, le lobby des industries de > l’interconnexion, des composants et des sous ensembles électroniques, qui > conseille dans son « Livre Bleu » remis au gouvernement : > « La sécurité est très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une > atteinte aux libertés individuelles. Il faut donc faire accepter par la > population les technologies utilisées, et parmi celles ci, la biométrie, la > vidéosurveillance et les contrôles. Plusieurs méthodes devront être > développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la > biométrie. Elles devront être accompagnées par un effort de convivialité par > une reconnaissance de la personne et par un apport de fonctionnalités > attrayantes : > - Education dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie > pour rentrer dans l’école, déjeuner à la cantine…. » (cf www.gixel.fr)

Tract diffusé au lycée de la Vallée de Chevreuse :

Lycéennes, lycéens,

Ne sentons-nous pas autour de nous l’étau qui se resserre, le bocal qui rétrécit ? Ne voyons-nous pas venir ce moment où l’on saura dans tous les détails ce que nous faisons, où nous sommes, ce que nous consommons ? Il y a quelque chose de ça avec le système de biométrie installé dans la cantine du lycée. Pas un contrôle fort, d’accord. Juste l’un de ces trucs qui nous apprennent à toujours être identifiés, triés, séparés. Qui nous conditionnent, nous habituent à ressembler aux moutons et aux veaux dans nos assiettes, pucés pour que les administrations sachent parfaitement d’où ils viennent, quand ils naissent, quand ils meurent.

Le meilleur moyen de contrôler les humains, c’est pour l’instant de les mettre à l’école et au travail, avec en poche une carte bleue et un téléphone mobile. Imaginez qu’un jour prochain, on nous mette une puce sous la peau, objectif avoué de ceux qui nous invitent à "s’inscrire à la biométrie" : il deviendra alors complètement impossible de nous révolter contre le pouvoir de l’Etat et des entreprises.

Il ne s’agit pas de science-fiction, mais de ce qui arrive petit à petit ici et maintenant sous le voile du high tech branché et du jeu. Du temps de nos grands-parents, la science et la technologie devaient permettre d’en finir avec la misère et les inégalités. Aujourd’hui, le progrès cher aux anciennes générations sent à plein nez la prison et la mort. Dans ce nouveau millénaire, nous sommes nombreux et nombreuses à savoir que le délire scientifique et technologique est le premier obstacle à la justice sociale et à la liberté humaine.

Il est encore temps : demandons-nous si un monde sans caméra de surveillance, sans ordinateur et sans portable, ne serait pas plus vivable. Demandons-nous ce que que la biométrie et ses puces peuvent nous apporter. Et ne laissons pas remettre en marche ces foutues machines à trier entre ceux qui ont les moyens et ceux qu’on envoie manger dehors (... Et n’hésitons pas à en saboter d’autres !).

Des complices


Fin du message transféré
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Compléments d'informations :
BRAVO
par anonyme,
le 23 novembre 2005

Bravo à vous,

continuez les actions ! Il ne faut surtout pas se faire piéger par ces technologies liberticides !

Une petite astuce pour la future CNI RFID : on vous interdira de sourire sur la photo numérique, car alors il sera très difficile d’utiliser la reconnaissance biométrique. Mais qui peut vous interdire de sourire ? Personne ! Alors, s’il vous plaît, faites-tous un grand sourire lors de cette pose photographique !

Et encore BRAVO !
par Zamenhof,
le 24 novembre 2005

Voilà une très bonne tactique, et une saine réaction ! Maintenant il faudrait créer un comité de soutien autour de ces personnes (qui vont sans doute être poursuivies) et en cas de besoin lancer une grande souscription pour payer leur frais de justice.

Soutien financier et autre
par anonyme,
le 25 novembre 2005

Oui il va falloir récupérer de l’argent pour payer les frais de justice et plus selon la décision. Organisez-vous, prévoyez, et bientôt un chapeau tournera pour la collecte (procès le 16 décembre).

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