Indymedia Grenoble

Chronique d’une mort salariée

jeudi 9 mars 2006 par placo

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A force d’assister aux discours plats des bureaucrates et autres syndicalistes, je me suis dit qu’il fallait que je mette une petite graine dans la morne plaine des arguments anti-CPE. Du primaire à la fac, je reste sur le même bilan : l’école de masse reste une école de classe. Quand l’école parle d’intégration je ne vois que domestication. Elle prétend combattre des violences qu’elle a elle-même générées : celles de l’institution qui naturalise les différences sociales présentes et à venir. Sans parler de l’ « Orientation » qui force la main pour qu’elle serve l’industrie, rétrécissant les possibles à coups de conseils de classe. L’ « Education » naturalise le travail salarié comme unique perspective de vie. Dans ce contexte, les CPE-CNE se placent dans la continuité : l’assujettissement à l’ordre de l’entreprise jusqu’à la rupture du contrat. Les deux ans de période d’essai se présentent ainsi comme une manière de soutenir l’aliénation et l’exploitation : deux ans à fermer sa gueule, à faire semblant, à obéir... Pour moi, et d’après ce que j’en discute avec mes potes qui bossent, cette mesure révèle un état d’impuissance des entreprises qui, ne parvenant plus à motiver les salariés, ont besoin d’une loi qui grave dans le code une soumission qu’elles ne parviennent plus à obtenir autrement : l’embauche au bout des deux ans équivaut à une prime au fayotage. Sinon retour à la réserve de chômeurs en garde à vue à l’ANPE. Je me rappelle d’une émission de radio sur RFI dans laquelle le Président des Jeunesses Populaires, Fabien de Saint-Nicolas lançait au président de l’UNEF : "Quel jeune ne rêve pas de faire ses preuves dans une entreprise ?". Le chef de l’UNEF s’aligne et la plupart des orgas reprennent la rhétorique de « l’emploi à tout prix » à leur compte : c’est dans et par le travail que chacun est censé se réaliser...

Pourtant autour de moi, le monde du travail ne fait rêver personne, chacun tente plus de s’en préserver que de s’y préparer. Non par fainéantise ni par irréalisme, mais surtout parce que les chemins par lesquels nous désirons nous réaliser ne coïncident pas avec l’entreprise. Je ressens beaucoup autour de moi cette souffrance de devoir reléguer les passions et les désirs à l’état de hobby, pour sacrifier sa vie à un job… Schizophrénie instituée.

Car on passe pourtant par les petits boulots : « c’est ça le monde du travail : faire des big-macs, enquêter ou vendre pour des boites de merde, exploiter des étudiants dociles, faire copain-copain avec celui qui t’exploite, creuser ton trou, mendier une pause, stresser, stresser...sourire, sourire, toujours sourire »

Apprendre que l’on est jetable, que l’on doit fermer sa gueule, qu’il faut penser d’une façon et pas d’une autre, qu’il faut être un "gagnant", dynamique et cynique à souhait, que c’est chacun pour soi. Pour tout ça… Merde au travail et au monde qu’il construit, qu’il fait accepter. Qui veut vraiment d’un salariat, synonyme de soumission et de collaboration ?

Parfois je pense à une auto-organisation généralisée de nos activités, une façon de vivre de ce que l’on aime, sans passer par le « travail salarié », mais toutes les entreprises ne pourront être autogérées. Certaines devront être démantelées pour ne plus perpétuer le désastre en cours… C’est cette société industrielle, les types d’organisation qu’elle génère et les rôles qu’elle nous fait jouer qui doivent être combattus.

S’il y a bien misère économique, la misère qui nous est la plus commune est notre futur : CDI ou CPE, nous allons devoir nous plier à ce monde, à ses exigences incritiquables, à ses évidences destructrices, si personne ne se lève… Et ce ne seront pas les syndicats ni les orgas qui se lèveront mais les bandes : ma bande de pote et d’autres, en nous déplaçant ensemble aux AG, en trouvant ensemble nos propres modes d’action, d’intervention pour ne pas perdre à nouveau une bataille, et que nous vivions ce que nous voulons vraiment vivre.

Notre salut, s’il existe, n’est dans aucune classe politique, aucune figure charismatique ; il est dans leur décrédibilisation, dans le démantèlement de leur pouvoir et la mise en commun de nos désirs.

placo (et d’autres) le 23/02/06



Compléments d'informations :
tu eludes la solution evidente
par anonyme,
le 9 mars 2006

je suis bien d accord avec ton analyse du travail salarié qui n’a pas de futur praticable

on ne peux raisonnablement imaginer d aller bosser pour un patron a vingt ou vingt cinq ans dans le monde actuel

les epoques anterieures ont toujours proposé dans le boulot une dimension personnelle qui etablissait un tampon dans la dimension ouvrier- rentabilité-patron ce tampon c etait le metier : une oeuvre en quelque sorte realisée dans cette relation patron -ouvrier d ou une satisfaction qui valait ce quelle valait , mais ce plus n existe plus : vendre des pizzas des hamburgers des big mac ou se morfondre a la caisse du supermarché , derriere une machine, dans un bureau ( ou regne vraiment la servilité de l esclavage) n apporte rien hormis le salaire

la seule issue semble vraiment etre dans le courage de se faire son emploi a sa mesure- legal ou pas - ne plus dependre du patron ne confier son avenir qu a ses possibilités

parcourez les ruelles , les campagnes , fouinez, vous irez a la rencontre de petits createurs modestes et merveilleux , createurs de bijoux , de vetements , de jeux , de detente, de reves , de spectacles, de musiques. la seule issue contre ce retour a l esclavage est en vous

Non au travail, oui à l’activité
par Nabjarq,
le 11 mars 2006

Je ne suis pas d’accord avec "l’évidence" de la solution du précédent commentaire. A mon sens, les mécanismes de contrôle de l’activité économique et notamment la monnaie ne permettent pas à des initiatives individuelles du type fabriquer des bijoux d’atteindre un effet social significatif (c’est comme l’action caritative). Il sert tout au plus à soulager celui qui s’y emploie de la contrainte des cultures humliantes imosée par les entreprise (tandis que l’action caritative sert essentiellement à se donner bonne conscience).

"Arrêtez d’insulter l’intelligence de la classe ouvrière" disait à un député une épouse de docker à Liverpool (Cf. Les dockers de Liverpool de Ken Loach) C’est bien de celà qu’il s’agit, outre la précarité qui est une insulte dans la société d’abondance ou nous vivons, l’idéologie néolibérale est une insulte à l’intelligence et pas seulement à celle de la classe ouvrière. Combien de fois n’ai-je pas été écoeuré de voir des cadres en réunion tenir des propos dont ils ont hontes eux-même et dans lesquels ils ne croient pas. C’est pourquoi, je suis d’accord pour dire que si l’activité (salariée ou sous d’autres formes) peut épanouir. Quand elle s’effectue sous la forme d’une contrainte qui réduit sans cesse l’autonomie des individus, alors, elle n’est plus qu’une forme élaborée de l’esclavage.

Par contre, je ne suis pas d’accord pour dire qu’il faut décrédibilser tout leader. Si vous faites celà, seuls ceux qui ont le moins de scrupules parviendront à mener le monde. Il faut au contraire favoriser l’émergence de nombreux leaders. Avoir du charisme, c’est oser affirmer ses convictions. Si certains le font pour s’endormir sur leur prestige personnel ou manipuler autrui, d’autres ont le soucis de favoriser l’émergence de la parole chez ceux qui se trouvent au bord de devenir des leaders. L’idéal serait que chacun parvienne à affirmer ses convictions. Mais cela, c’est comme la généralisations des luttes, ça se construit au quotidien.

Ne nous laissons pas décourager. La lutte pour la dignité humaine est notre plus belle aventure.

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