Loi d’autonomie des Facs et privatisation de l’Université.
Autonomie ? Tu parles !
Au mois de juillet dernier, l’Assemblée Nationale a adopté une loi permettant l’autonomie financière des universités. Cette loi Pécresse propose l’éclatement du système actuel. Elle embarque l’Université dans un choix de société crucial. Rappelons que cette loi fut votée en plein mois de juillet, alors que la grande majorité du monde universitaire se trouvait en période de vacances. Officiellement, la situation était présentée comme urgente, gageons plutôt d’une volonté manifeste de couper court à toute contestation éventuelle. Aussi les syndicats cogestionnaires (La Cé et la tendance majoritaire de l’UNEF) ainsi que les organisations de BDE n’ont produit qu’une opposition de façade. Une bonne bouffe à l’Elysée a semblé les convaincre de marcher main dans la main avec le gouvernement. La loi prévoit de rendre autonome, d’un point de vue financier les facs. Cette mesure parachève un long mouvement de désengagement de la part de l’Etat. Il leur laisse le soin de trouver l’argent qu’il refuse d’accorder aux universités. Cette loi précise aussi qu’elles pourront faire appel comme bon leur semble à un financement de la part des collectivités territoriales (ici les Régions), des étudiantEs (prestations abusives) et autres (ne nous voilons pas la face, le grand patronat est des plus intéressé). En bref, la proposition se résume en un pauvre cache misère qui ne réglera en rien le manque d’argent chronique dans le Supérieur.
L’Université à deux vitesses.
Le financement de l’Université par les régions entraîne une équation très simple. A région riche = financement important = bonne qualité d’étude, et inversement. L’égalité dans l’éducation proposée est sérieusement remise en question. La loi bouscule une fois de plus la notion de service public d’éducation. L’ouverture au privé, les grandes multinationales qui exploitent nos vies et notre monde, bouleverse l’équilibre des forces dans les prises de décisions. Les « décideurs » feront leur entrée au sein du conseil d’administration d’une université, tout en réduisant l’expression des autres composantes du monde universitaire. La loi Pécresse annonce l’introduction de la logique marchande (l’offre et la demande qui sont le socle de l’économie capitaliste) dans le contenu de nos enseignements. Dans la logique capitaliste et libérale, l’utilité d’une filière se mesure par les bénéfices qui pourraient en être tirés ; donc l’assurance de pouvoir produire un savoir libre s’envole. Nous, étudiantEs, seront transforméEs en atomes marchands, forméEs uniquement aux besoins des entreprises, et n’ayant plus accès à un savoir émancipateur. On se doute bien que le grand patronat se fera une joie de mettre en péril des savoirs qu’il juge inutiles ou nuisibles pour lui : des savoirs n’ayant aucune valeur marchande possible mais qui peuvent se révéler rebelles ou subversifs dans notre société écrasée par le dogme libéral.
Il n’y a pas que la Fac dans la vie….
L’action du gouvernement ne se cantonne pas exclusivement au campus. Ils s’engagent sur la voie de la précarisation de nos vies. Les mesures sécuritaires ne cessent de s’accumuler : la répression croissante, les mesures garantissant la paix sociale par l’enfermement des plus démuniEs, les peines planchers en cas de récidive et la castration chimique, les peines de plus en plus lourdes (à Grenoble, cet été un petit délit de vol avec récidive mérite un an de prison ferme, alors que Sarkozy propose de ne plus poursuivre pénalement les patrons voyous !!!), la rafle des sans-papiers avec à la clef un jeu sympa proposé par des gendarmes récemment ; crier « Gestapo ! » en frappant à la porte et débarquer dans l’appartement… De même, notre sphère intime est touchée par la précarité. Les conditions de travail ne cessent de se dégrader, la casse programmée de la Sécurité Sociale, l’alignement sur les visées impérialistes américaines, le tout nucléaire comme seule alternative et un Grenelle de l’Environnement fumeux… Cette situation n’est pas nouvelle. Les différents gouvernements ont favorisé ce climat. La gauche « socialiste » n’a fait qu’accompagner ces réformes avec un vernis social. Aujourd’hui, comme hier, nous ne pouvons pas rester muetTEs devant cette situation.
Après la défensive, vient le temps de la contre-offensive !
La dernière campagne présidentielle fut significative par son manque d’intérêt et la prédominance de la Communication face à des propositions politiques concrètes et réellement sociales. Elle démontre un net basculement vers le spectacle politicien. La soupe nous a été vendue par l’appropriation de l’appareil médiatique par certains, à coup de Johnny Hallyday, de footing, de Fouquet’s… Tout cela comme n’importe quel produit marchand et publicitaire, les paillettes ont cet avantage qui est d’occulter le décor terne des aspirations sociales. Pour la première fois dans l’histoire de la Vème République, le résultat a provoqué de nombreuses manifestations déclenchant des affrontements entre des manifestantEs venuEs démontrer leur mécontentement et les forces de police. Police qui devait avoir reçu comme consignes de réprimer pour ne pas gâcher la joie de Nicolas Sarkozy. Eh non, contrairement à ce que les médias nous annoncent à longueur de journée, le pays entier ne se trouve pas derrière le pouvoir. Il est maintenant de notre responsabilité d’agir de manière déterminée pour notre présent et notre avenir. Cette lutte est possible. Par le passé, d’autres que nous ont réussi à extorquer de nombreux droits à la classe bourgeoise et capitaliste. Les congés payés, le droit à une retraite digne et l’assurance maladie n’ont pas été offerts aux travailleurs, mais arrachés de haute lutte. Actuellement, le mouvement social est acculé dans une position défensive. Il est temps de changer de stratégie afin de récupérer nos anciens droits et en conquérir de nouveaux, l’offensive doit primer. Nous ne nous contenterons pas des miettes (par exemple : l’abrogation seule du CPE) mais nous agirons dans le but de changer nos vies !
Répondons radicalement au gouvernement. Organisons-nous dès maintenant en Assemblée Générale. Construisons la Grève Générale dès maintenant.
Nous n’aurons que ce que nous prendrons !
pour plus d’infos : local SUD-CNT, salle TD11 de l’Agora (UPMF) permanences le mercredi de 12h à 14H réunions le lundi à 18h
n° : 04 76 82 83 47 sudetudiantsgrenoble@no-log.org cnt-sr38@no-log.org
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