Indymedia Grenoble

Vichy : CRS-SS, Lacrymogènes, Flash-balls : Réponse : BARRICADES !

mardi 4 novembre 2008 par Machette

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Lundi 03/11/08, 23h :

Retour de la barricade. Nous rentrons dans le car avec l’amer sentiment de l’inachevé ; sur le fond d’un lyrique « las barricadas », chanté par des camarades de la CNT- AIT. Un terrible ressentiment s’éveille alors dans nos cœurs meurtris, avec la conviction que nous vivons dans des Etats où la contestation est écrasée sous les bottes des sbires du pouvoir bourgeois ; la preuve en a été donnée lors de ce contre sommet. Toujours avec le fond sonore de ces chants, toute la journée défile sous mes yeux, un soudain relent de l’effet persistant des gaz lacrymogènes me prit alors, ce qui ne fit que raviver ma haine contre ce système répressif et anti-démocratique qui s’est vicieusement mis en place. Mais que s’est-il passé lors du contre sommet à Vichy (journée du 3 novembre) ?

Un départ révélateur… . Au sein de la gare routière de Grenoble, une bonne poignée de policiers et de CRS contrôlèrent nos identités. Ils nous encerclèrent autour du bus en partance pour Vichy, afin de notifier un par un nos noms, prénoms, dates de naissances, adresses de résidence, numéro d’identification nationale, sur un carnet. Encore heureux qu’ils ne procédèrent point à un relevé d’ADN ; ils avaient avec eux des caméras et des appareils photos, nous fûmes tous filmés et photographiés. Un fichage en bon et du forme ! Quoiqu’on en dise, d’autres Edviges existent bel et bien. Un second contrôle eut même lieu à l’intérieur du bus. En plus d’être choqué par ces pratiques sorties des méandres les plus malodorants de notre histoire, notre bus a été retardé de plus d’1/2 heure ! (départ 13h30 au lieu de 13h) Allions nous vers la jolie ville de Vichy ou voguions-nous plutôt vers le temps du maréchal moustachu ?

Une fois arrivé [tout de même à l’heure ! (avant 18h)]… .

Ayant bien en tête la conduite à suivre en cas d’arrestation ainsi que le numéro d’un cabinet d’avocats, nous débarquions sur une charmante place où nous attendaient un grand nombre de militants venus de toute la France, de Belgique et d’ailleurs. Toutes les longueurs d’onde du spectre de la contestation semblaient réunies. Nous étions entre 2000 et 3000.

Défilé du cortège.

Les bannières des syndicats et des partis étaient mystérieusement en tête de cortège. Il y avait même des ballons du Parti Socialiste qui rappelons-le, créa les centres de rétentions administratifs et expulsa de nombreux sans papiers sous Lionel Jospin. Mais qu’importe, nous étions unis pour défendre les libertés fondamentales menacé par un gouvernement démagogue, réactionnaire et fasciste. Et puis cette fois-ci, les anarchistes et les autonomes étaient bien nombreux, ils représentaient près de la moitié des participants ! Une fois encore ils ont répondu à l’appel et ont participé activement à la lutte contre le mépris de la souveraineté de la vie.

Le début de la guerre ouverte entre CRS-SS et manifestants du contre sommet.

Qui a commencé ? Peu d’importance. Quoiqu’il en soit la portion « syndicalisée »(CGT, PCF, PS, etc…) a été coupée du reste du cortège par les forces de l’ordre qui ont alors formé un barrage de cyborgues en armures devant l’autre partie du cortège. C’est alors que fusèrent soudain sur nous des dizaines de bombes lacrymogènes. Beaucoup d’entre nous prirent ces gaz irritants lancés sans aucune semonce de plein fouet, tout en croyant parfois initialement que ce ne furent que de simples fumigènes lancés par de joyeux manifestants. Les CRS ont chargé sur une foule qui contenait des personnes âgées et des enfants. Commença alors pour nous une fuite vers les rues parallèles. Ce repli fut pour certains accompagné de suffocations et de larmes irritantes. Sans le secours des camarades, je crois bien que je serai resté à terre à ce moment là. Un grand merci à ces camarades altruistes ainsi qu’à leurs réconfortants sérums physiologiques. A peine rassemblés, une seconde charge s’abattit aussitôt sur nous en plein centre de Vichy, avec son lot de gazés, pas loin de ce qui semblait éventuellement être la gare dans les pénombres de la soirée. Puis une troisième. Jusqu’à ce que la foule décide de déplacer deux voitures pour faire barrage aux lignes ennemies qui s’avançaient. Dans le feu de l’action, ces voitures brûlèrent, mais des rumeurs circulaient disant que c’était des flics en civils qui étaient les premiers incendiaires…, qui sait… .

Dés lors, la répression redoubla de violence et des volées de tirs lacrymos de plus en plus rapprochées les unes des autres s’abattirent alors sur les manifestants qui au cours de leur replis bâti quelques barricades de fortunes afin d’entraver la progression des unités de la gendarmerie. Face à ces bras armés du pouvoir qui chargeaient maintenant à vive allure sur de longues distances, nous dûmes quitter la ville. Nos avons alors été repoussé vers la ville de Cussel où aurait lieu un meeting. Les CRS-SS bloquaient tout retour en arrière ; une véritable bataille épique où notre camp détala au-delà des limites de la ville, traversant à pas vif le pont surplombant la rivière de l’Allier. Des hélicoptères volaient, nous aveuglant de leurs projecteurs géants, ajoutant une touche à cette atmosphère irréelle où la contestation était étouffée par l’usage étatique de la force sur ses propres citoyens. A mi chemin du meeting, nous réussîmes à chasser des voitures policières à l’aide de cannettes de bières et de bouteilles. J’avoue que nous employâmes les mêmes méthodes qu’eux en leur balançant des projectiles, mais avouez que c’est bien plus commode que de se recevoir des lacrymos. En chemin, une publicité à été détruite et des drapeaux déracinés en signe de protestation respective contre la société de consommation marchande ainsi que sur l’existence des frontières et des nationalismes.

La bataille des barricades

Arrivés au bâtiment censé accueillir le meeting [une dizaine de personnes parlant de leurs différends syndicaux et de la nécessité de s’unir (d’après les quelques minutes que j’y ai passé)] d’innombrables dizaines de manifestants manquaient à l’appel, ils avaient tout bonnement été arrêté pour avoir exprimé leurs opinion dans la rue ! Pour avoir une idée de ces vagues d’arrestation, il y eu selon des sources sûres une quinzaine de belges arrêté au sein du groupe des quarante belges ayant fait le déplacement jusqu’à Vichy ! ! Intolérable ! C’en était trop ! Le sommet fut alors momentanément interrompu par l’intervention de quelques uns d’entre nous pour montrer leur indignation et exhorter les participants du contre sommet de se rendre au commissariat dans l’objectif de venir en aide à nos camarades enlevés par l’oppression. Des cris se sont alors fait entendre au sein de la foule dans l’objectif de lancer une marche pacifiste vers le lieu où nos camarades étaient retenus prisonniers. Entre 500 et 1000 d’entre nous se sont réuni dans une espèce de cour extérieure avant de tenter de quitter le lieu du meeting ; ce n’était sans compter le fait que le lieu était totalement bouclé, nous étions encerclés par une véritable armée de CRS-SS, ils étaient des centaines voir des milliers lorsque leurs renforts sont arrivés par la suite. Dés le moment où nous avions commencé à sortir de la cour pour aller vers une espèce de place, des tirs de flash ball se faisaient entendre. Le rugissement strident de la répression fusait à chacun des coups de leurs fusils et des balles en caoutchouc heurtèrent nombre de camarades, il y eut au début de ces affrontements de nouvelles arrestations. Nous devions donc essayer de nous cacher derrière tout ce que l’on pouvait, nous avons donc improvisé une barricade mobile faite de bancs et de bennes à ordure, sans toucher aux voitures. Cette seconde bataille déboucha sur une impasse stratégique du coté des manifestants. Nous avons barricadé les lieux afin de nous défendre contre les agressions policières. Sous le feu des flash ball, nous prîmes suffisamment de terrain pour pouvoir placer une barricade à l’endroit où se trouvaient auparavant une rangée de CRS-SS. Le feu des fusils cessa, notre barricade flamba. Déjà entendions nous de la part de quelques éclaireurs que des chars anti- émeutes étaient présents pas loin des lieux. En attendant, nous ne pouvions que consolider le mur en arrachant des pavés.

Une fin abrupte (presque 23h)

Soudain, une dame qui au départ nous fustigeait de cesser de répondre par des barricades (alors que nous n’avions pas d’autres choix !) nous informa du fait que des tractations auraient eu lieu entre le maire et les CRS-SS, l’adjoint du maire était sur les lieux par la suite. Ces « négociations » auraient débouchés sur l’ « opportunité » donnée aux manifestants de pouvoir quitter les lieux sans aucune attaque. Sous une autre forme, le message était clair, les CRS-SS ne feraient pas de quartiers pour ceux qui oseront se mettre devant eux et rester. Nous n’étions plus que quelques dizaines vers un peu moins que 23h, j’ai du alors moi aussi partir, poussé par les camarades compagnons de route qui avaient voyagé dans le car avec moi lors de l’aller. Evidemment, j’ose croire et j’en suis presque certain, que ce ne sont pas ces pseudos tractations qui ont dispersé les foules venues de toutes les provinces, mais bien le départ programmé des bus vers 22h ou 23h ; de plus, le camping qui était censé accueillir ceux qui resteraient malgré tout avait fermé ses portes pour cause d’inondation. C’était fini pour ce jour… . Mais la révolution couve toujours, et les sans-papiers sauront qu’ils seront défendus au quotidien par quelques citoyens qui s’opposent à la Machine des expulsions tout comme autrefois des français avaient résisté à la politique de Vichy. Laissant la barricade encore fumante éteinte quelques temps auparavant par des pompiers, je quittais ceux qui restaient, le cœur serré… . Ils sont surement parti peu de temps après car les gendarmes semblaient également plier bagages. L’un d’eux a même éclaté de rire en nous voyant quitter les lieux la tête basse, la mine sombre.

Que retirer du 3 novembre 2008 à Vichy ?

Qu’il existe des forces de contestations vives animées par l’espoir d’un changement global. Que nous vivons dans un Etat où la coercition abusive écrase les manifestants

Rendez vous à la prochaine mobilisation ! Esperons qu’elle aura lieu avant la contestation du déroulement du sommet de l’OTAN à Strasbourg/Khel le 3/4 avril 2009. voici l’un des nombreux liens du relayement de cette info. http://nantes.indymedia.org/article...

Et puis il y a une mobilisation qui est censée être prévue pour le 10 novembre 2008. www.conseilnationaldelaresistance.fr

Quoiqu’il en soit, agissons tant que l’on peut pour enrayer la machine tout en sachant que celle-ci est de toutes les façons en train de faire table rase à traver la crise de système qu’elle traverse (tremblement de terre financier et économique)

CAMARADES DE LA PLANETE TERRE, IL EST TEMPS DE SE LEVER !

Pour la souveraineté de la vie ! Et non celle du profit !



Compléments d'informations :
Précisions
par MaxLanar,
le 8 novembre 2008

Euhh, je veux bien qu’il y avait beaucoup de flics mais de là à dire qu’il était des milliers à encercler l’espace chambon c’est carrément exagéré !!! Il ne vont pas déplacer une armée pour deux cent manifestants sans armes derrière une barricade ! On aurait tous des kalash’, je dis pas...

Aussi le camping à cusset n’a pas été fermé pour cause d’inondation mais les flics sont venues évacuer brutalement les gens qui y dormait. (j’y étais) Nous mettant ensuite la pression en nous suivant dans toute la ville alors que nous recherchions un endroit pour dormir.

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