Indymedia Grenoble

Appel à intervenir au conseil municipal b

jeudi 13 novembre 2008 par anonyme

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Depuis cet été, de nombreuses maisons ont été occupées à Grenoble, tant pour des nécessités de logement que plus largement d’accès à l’espace. Ces occupations ont donné lieu, pour bon nombre d’entre elles, à des expulsions qui ne respectent pas le « droit au logement ».

Une lutte se construit autour de cette situation qui met en exergue différents points :

- une politique de plus en plus répressive, qui criminalise des personnes qui sont censées être protégées par la loi

- la « crise du logement », la spéculation et les conditions misérables de personnes qui se retrouvent très mal logées, à la rue, dans des structures plus qu’en surcharge souvent inadaptées aux situations particulières vécues par chacun-e et face à « des plans d’urgence » qui n’interviennent qu’en hiver, laissant les personnes sans ressources le reste de l’année.

- l’importance de faire vivre des lieux d’activités culturelles, artistiques, politiques qui puissent être indépendants des pouvoirs publics et/ou du marché et fonctionner avec de faibles ressources financières.

Dans ce contexte nous voulons appeler très largement toutes les personnes, groupes, collectifs et tou-te-s celles et ceux qui veulent se mobiliser sur ces questions à prendre la parole lors du conseil municipal du 17 novembre, à 17h, afin d’exposer leurs propres réalités et de mettre en avant leurs propres combats liés à ces différentes problématiques.

Agir ensemble Contre le Chômage !, Mouvement des Chômeurs et Précaires de l’Isère, Coordination Iséroise de Soutien aux Sans-Papiers, Centre d’Information Inter Peuples, Collectif de Soutien aux réfugiés politiques algériens, Cap Berriat, Femmes-Evasion, PREFACCE (Précarité Femmes Accueil), collectif Défends-Toit, Sud Education, Antigone, Les occupant-es du Caddie-Yack (habitant-es et collectif d’activités).

Plus bas, nous joignons une lettre ouverte adressée au maire de Grenoble le 8 novembre 2008. Cette lettre parle plus en détails de cette situation et a été envoyée notamment dans le cadre de la solidarité avec la réquisition du squat du Caddie-Yack.

Lettre ouverte à Michel Destot, maire de Grenoble, 8 novembre 2008

Objet : Réquisition de l’immeuble situé 38 rue Pascal, appartenant à la ville de Grenoble.

Monsieur le maire,

Une dizaine de personnes, la plupart d’entre elles SDF, sans solution d’hébergement décent, appuyées par quelques dizaines de personnes, jeunes ou moins jeunes, ainsi que plusieurs associations, occupent, ou plutôt réquisitionnent un immeuble appartenant à la ville, 38, rue Pascal. Elles l’avaient occupé à la mi-octobre et en avaient été alors chassées par la police, sans procédure légale d’expulsion, sur la demande de la ville dont vous êtes le maire.

Ces occupant-es se heurtent, comme des centaines, des miliers de personnes aux ressources limitées, à une logique de coût des loyers qui leur interdisent l’accès à un logement à Grenoble (et dans l’agglomération). Loyers exorbitants, listes d’attente très longues pour les logements sociaux, hébergements d’urgence saturés... Une situation que vous connaissez certainement. C’est dans ce contexte que de nombreux bâtiments laissés à l’abandon sont occupés. Le droit au logement encadre strictement la reconnaissance du domicile des occupant-es et en précise l’inviolabilité, après 48 heures d’occupation. Dès lors, les personnes doivent faire l’objet d’une procédure civile, devant le juge du Tribunal d’Instance, qui détermine les conditions d’expulsion ou de maintien dans les lieux et délimite ainsi les droits des propriétaires et des occupant-es. Ces principes étaient jusqu’à ces derniers mois, et depuis des décennies, relativement respectés. Il en est aujourd’hui autrement, notamment à l’initiative de votre municipalité. Agir hors de ce cadre en prétextant des délits imaginaires pour expulser de manière expéditive, va à l’encontre des droits fondamentaux des personnes, au seul profit des propriétaires. En outre, ces personnes aujourd’hui criminalisées, réagissent activement et appliquent finalement l’ordonnance du 11 octobre 1945 concernant la réquisition.

En occupant ce bâtiment, ces personnes lui donnent vie alors qu’il était vide depuis de longues années.

La mairie oppose aux occupant-es un projet d’accueil de personnes SDF dans le cadre du dispositif d’hébérgement d’urgence hivernal. Tous les hivers précédents, ce bâtiment était vide et n’avait pourtant pas été utilisé dans ce cadre. C’est seulement une semaine après l’occupation du bâtiment et son expulsion illégale (du 14 au 21 octobre 2008) que la mairie s’est soudainement préoccupée de le mettre à disposition pour l’hébergement de SDF. Elle s’attaque maintenant à celles et ceux qui ont réquisitionné le bâtiment en affirmant qu’il n’y a pas d’autres bâtiments disponibles, et les accuse d’empêcher de mettre en place le logement d’urgence à Grenoble, eux, qui n’en auraient pas besoin. Nous ne sommes pas dupes. Nous ne voulons pas d’une politique qui met dos à dos les pauvres et les exclu-es alors que de nombreux bâtiments sont laissés vides dans l’agglomération grenobloise, dont une bonne partie qui appartiennent à la ville. Et ce n’est pas parce que ces personnes s’efforcent de trouver des solutions qui leur sont propres, plutôt que de se tourner vers les services sociaux et les associations d’aide (d’ailleurs très insuffisants face à l’ampleur du problème), qu’elles doivent être qualifiées par nos élu-es de “petits-bourgeois qui n’ont pas réellement besoin de se loger”. Toutes les demandes de logement sont prioritaires et ce n’est pas une dizaine de personnes et des associations occupant un bâtiment, qui privent d’autres d’un toit. Ce sont les collectivités publiques et les propriétaires spéculateurs qui en sont responsables, lorsqu’ils ne rendent pas accessibles leurs biens inutilisés.

En plus d’un logement nécessaire à des personnes, ce lieu représente une forme d’organisation collective et conviviale, à travers l’ouverture d’un espace à des activités associatives, culturelles et de vie de quartier.

Une occasion est ainsi offerte à la ville de rompre avec la logique habituelle de l’appel aux forces de l’ordre et de l’expulsion, tout en permettant l’émergence d’un lieu convivial et “alternatif”. Nous voulons croire, avec de nombreux grenoblois-es avec qui nous avons parlé de ce problème, que vous saurez saisir cette occasion pour ouvrir un nouveau chapitre de la relation entre la ville de Grenoble et les exclu-es, les sans-toit et/ou les porteur-euses d’expérimentations sociales. Ce n’est assurément pas en éradiquant, par la force et la pénalisation, les lieux de vie et de culture conviviaux que contribuerez au “mieux vivre ensemble” à Grenoble. Mettre des personnes à la rue pour loger des personnes à la rue ? Les problèmes ne sont jamais résolus, ils ne sont ainsi que déplacés.

Signataires : Agir ensemble Contre le Chômage !, Mouvement des Chômeurs et Précaires de l’Isère, Coordination iséroise de soutien aux sans-papiers, Centre d’Information Inter Peuples, Cap Berriat, Femmes Evasion, PREFACCE (Précarité Femmes Accueil), collectif Défends-Toit, Les occupant-es du Caddie-Yack (habitant-es et collectif d’activités).



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