vendredi 30 janvier 2009 par Carlo Marx
[Travail / Précariat] [Révoltes / Luttes sociales] [Autres infos]Trouvé sur http://www.medialternative.fr
GUADELOUPE
Grève générale en Guadeloupe depuis dix jours : silence radio…
La responsabilité des médias
Très peu d’informations circulent sur l’actualité guadeloupéenne pourtant riche en événements. En effet, depuis dix jours, l’île est paralysée. Un mouvement de grève s’est mis en place depuis le 20 janvier avec fermeture des stations essence, multiples coupures d’électricité, réapprovisionnement quasi nul dans les commerces alimentaires, boutiques closes, totalité des écoles, collèges, lycées, facultés fermés…
Il s’agit d’une grève « contre la vie chère » mais la métropole semble boycotter l’information à ce sujet. Même Yves Jégo a préféré envoyer un communiqué à son préfet, Nicolas Desforges, présent sur les lieux, le laissant seul pour démêler une situation dont les origines se trouvent en métropole. Le collectif LKP dénonce les inégalités entre les prix, les salaires, les loyers pratiqués en métropole et en Guadeloupe. Le problème doit se régler avec les élus de métropoles mais personne ne daigne se déplacer. Il s’agit tout de même d’un département qui compte plus de 400 000 personnes et qui appelle de tous ses vœux des représentants de l’Etat afin de pouvoir négocier. Mais, chaque soir, nous pouvons constater que les négociations n’aboutissent pas. Les élus guadeloupéens auraient-ils reçu l’ordre de ne rien lâcher et de laisser pourrir la situation ?... Et tous ces avions de militaires qui débarquent quotidiennement sur l’île viennent-ils pour débarrasser les ordures qui s’empilent chaque jour davantage dans les rues ?...
Du côté d’Internet, il suffit de jeter un œil sur les pages d’accueil des journaux nationaux.
• Libération : au fin fond de la page d’accueil, un bref article sur la fermeture de toutes les stations essence décidée par le préfet en colère à propos des négociations de la veille. Rien de plus.
Mais… espoir, il y a un dossier spécial grève en ce jour de grève nationale, ville par ville. Je fais défiler les villes sous mes yeux… mais rien sur la Guadeloupe qui mobilise bien davantage que certaines des villes métropolitaines citées dans le dossier. Un autre espoir, une carte CGT avec toutes les villes mobilisées. Rien non plus. La carte ne comprend pas les DOM.
• Le Monde : rien sur la page d’accueil.
Bon, allons voir directement sur le site de l’AFP : quelques brèves, rien de plus.
J’écoute la radio...
• RTL n’est pas totalement en grève et compte bien suivre le mouvement national. Il est 13 heures, heure française et la manifestation n’a pas débuté en métropole. Les journalistes préfèrent malgré tout nous relayer cette non information et soulignent qu’il y a déjà sur la place de la Bastille à Paris une forte odeur de merguez…
Apparemment, il semble plus intéressant de déblatérer sur une manifestation qui n’a pas commencé à Paris que sur une autre qui dure depuis dix jours déjà en Guadeloupe.
Les Guadeloupéens n’intéressent-ils pas grand monde en métropole ou fait-on en sorte qu’ils n’intéressent personne ? Et puis, s’il n’y a plus rien à bouffer dans les boutiques, ils n’ont qu’à aller dans le "zion" [1] chercher des cocos et des fruits à pain…
Aurait-on à craindre un effet boule-de-neige avec ce qui se passe en métropole ? En Guadeloupe, plus rien ne tourne, et il faut compter sur la solidarité des uns et des autres si l’on a besoin de se déplacer ou si l’on manque de denrées alimentaires.
Imaginez cela dans n’importe quel département métropolitain !
Ne pensez-vous pas que l’information serait relayée ? Ne pensez-vous pas que Monsieur Sarkozy se serait déjà déplacé avec ses sbires ? mais en Guadeloupe, Sarkozy a simplement pensé à faire atterrir chaque jour des militaires français, juste au cas où ça dégénèrerait.
Mais bien sûr que ça va dégénérer puisque tout le monde s’en fout et que les syndicats ne cesseront pas la grève sans avoir eu une contrepartie. Le gouvernement se dit sans doute qu’il vaut mieux laisser pourrir la situation.
Les Guadeloupéens s’en remettront. Après tout ils ont déjà vécu pire il y a quelque temps… Et puis le tourisme repartira et cette île pourra de nouveau jouer son rôle de vitrine pour tous les gros businessmen français.
Si le Parti Socialiste n’avait pas de socialiste que le nom, il aurait pu au moins penser redorer son blason en alertant les médias sur cette brûlante actualité.
En tant qu’habitante de la Guadeloupe, je me dois d’alerter et j’incite n’importe qui à aller fouiner sur Internet pour trouver des infos et à les faire circuler sur tous les sites que cela pourrait intéresser.
[1] nature environnante qui produit, sans être cultivée, divers fruits et légumes (fruits à pain, bananes, ...)
Finalement ,RFO annonce l’arrivée d’Yves JEGO ce dimanche 1er Février 2009 ,pour une durée indéterminée.Le préfet durcit le ton, en exigeant la réouverture des stations d’essence le lundi 2 février
Monsieur JEGO ne cesse de rencontrer les élus locaux, les soco-professionnels puis finalement le collectif LKP. Notons que les stations essences ont repris du service car ce mouvement parallèles était en fait initié par un syndicat de patron ( le syndicat des gérants de stations services ; hé oui ! ) qui ayant obtenu satisfaction sur leurs revendications dès leur première rencontre avec M. JEGO ont annoncé qu’ils n’avaient plus de raisons de rester mobilisés... solidarité quend tu nous lache... Ceux ci ont pourtant bien bénéficié du climat de blocage général mené dans le même laps de temps... Coincidence ? Avec une redistribution de l’essence, la vie économique reprend timidement cours et laisse penser à un essoufflement de la mobilisation. Pouvons nous être optimiste et penser qu’il ressortira quelque chose de positif des rencontres à venir entre M.JEGO/LKP ou alors, y aurait il habile manoeuvre afin de laisser s’essouffler un mouvement en divisant les différents demandeurs afin de mieux régner ? Rappelons que ces derniers jours, tel un feuilleton du type DALLAS ou SANTA BARBARA, voir même un nouveau TV réalité antillais, toutes les réunions étaient diffusés en direct sur une chaine local, ce qui permettait à tout un chacun de se faire une opinion directe et non déformé des échanges entre les différents protagonistes. M. JEGO en a décidé autrement et refuse toute interview et présence de caméra sur les rencontres qu’il mène depuis son arrivée. Il l’a annoncé dans son unique interview relatant sa présence en Guadeloupe pour une durée indéterminée mais bien déterminé à tout mettre en oeuvre pour sortir la Guadeloupe de cette crise. La censure est de retour dans un espace ou celui qui communique le plus fort semble avoir raison même si cela n’est pas toujours le cas. Je crains que mon île, après cette leçon de courage, cet exemple d’organisation, ce soulèvement maitrisé sans débordement réel avec des revendications si légitimes pour certaines, abusives pour d’autres (mais qui en fait ne sont abusives que pour attirer l’attention sur des abérations existantes), ne continue à payer une brosse à dent 4 euros comme l’a si bien reconnu M JEGO à son arrivée en Guadeloupe... Heureusement qu’il avait visiblement oublié d’emporter la sienne dans son départ précipité vers ce bout du monde qui n’interesse que peu de monde...C’est sur cet oubli et ce constat exprimé de sa part que nous devons basé nos espoirs d’un changement réel sur une île ou les monopoles ou les concurences organisés par quelques grandes puissances économiques locales et nationales pratiquent une politique de marge abusive sous le prétexte du libéralisme et de la loi de l’offre et de la demande, et de l’auto régulation d’un juste prix sur le marché. Au fait, elle est à combien la brosse à dent à Grenoble ?
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