Indymedia Grenoble

en ce moment, action à la mairie de st martin d’hères

mardi 3 février 2009 par groupe femmes du collectif defends-toit <defends-toit (a) boum.org>

[Infos locales] [Logement / Squats]

ACTUELLEMENT, CE MARDI 3 FÉVRIER, NOUS OCCUPONS LA MAIRIE DE ST MARTIN D’HÈRES. PLUSIEURS D’ENTRE NOUS SONT DANS DES CONDITIONS DE LOGEMENT INADMISSIBLES ET ABSURDES. NOUS DEMANDONS À RENCONTRER DIFFÉRENTS ÉLUS COMUNISTES MR QUEROS : ELU AU LOGEMENT, MR ARIAS : ADJOINT AU MAIRE ET ET CHARGÉ DU LOGEMENT AU CONSEIL GÉNÉRAL ET MR PROBY : MAIRE DE ST MARTIN D’HÈRES. NOUS NE PARTIRONS PAS AVANT D’AVOIR DES LOGEMENTS ADAPTÉS POUR TOUTES ! VENEZ NOUS REJOINDRE ET NOUS SOUTENIR, NOUS N’ACCEPTONS PLUS L’INNACEPTABLE !

POUR EN FINIR AVEC LA GALÈRE DE LOGEMENT : QUARTIERS CHAMPBERTON, RENAUDIE, DE ST-MARTIN D’HÈRES ET D’AILLEURS, EN COLÈRE !

QUELQUES TÉMOIGNAGES ...

* Madame Y. vit dans un logement provisoire inchauffable depuis 7 ans, en attente d’une proposition durable pourtant promise par la Mairie de St Martin D’hères.

* Madame D. est expulsable en mars prochain, avec ses deux enfants dont un nourrisson. Le conseil général lui a refusé le Fond Solidarité Logement d’ Accès qui lui aurait pourtant permis d’accéder à un logement plus adapté à ses moyens (cf loi dalo) , lui disant qu’il ne lui reste plus que le foyer.

* Madame F. vit depuis des années dans un T3 avec quatre jeunes enfants, sans aucune proposition de logement adapté, bien qu’elle soit prioritaire sur les listes d’attente. L’appartement est tel, qu’elle est obligée de dormir dans le salon avec deux de ces enfants. Et comme elle se permet de protester, elle est l’objet de pressions et d’humiliations régulières : "il faut arréter de pondre des gosses", "mettrez vos enfants dans le couloir" sont les solutions proposées par la responsable du service logement de la Mairie de St Martin d’Hères quand celle-ci n’appelle pas la police.

* Madame V. habite dans un appartement inondé à chaque fois qu’il pleut et a du mal à faire face à ses factures de chauffage qui explosent chaque mois en conséquence, sans que le bailleur social propriétaire ne réagisse.

* On refuse d’attribuer un logement plus petit (et plus adapté à ses moyens) à Madame L., tant qu’elle persiste à vouloir héberger son fils majeur.

* Madame A. vit au deuxième étage sans ascenseur. Pour des problèmes de santé qui vont s’accentuer avec l’âge, il lui est difficile de monter les marches et on lui refuse un logement plus accessible.

* Madame E. demande un appartement au rez-de-chaussée. Lorsqu’elle refuse un appartement au 7ème étage, on lui signifie qu’elle n’aura pas d’autres opportunités, sans aucune considération pour ses raisons sérieuses.

POUR DES LOGEMENTS CHOISIS ET ADAPTÉS AUX BESOINS DE CHACUN ET CHACUNE

Nos logements sont : trop petits, avec des problèmes de chauffage, d’isolation, d’inondation, de moisissure et d’humidité, avec des problèmes d’amiante, d’accessibilité, de sécurité pour les enfants, de luminosité, pour des loyers et des charges trop élevés. Nous attendons des années pour accéder à des logements et quand nous en refusons un parce qu’il ne répond pas à nos besoins, on nous met souvent à l’écart, on nous culpabilise, on nous rend responsables de nos mauvaises conditions de logement et du fait que nous n’aurons pas d’autres propositions.

Nous voulons pouvoir choisir nos logements en fonction de nos besoins. Nous ne voulons plus vivre dans des boîtes à chaussures. Nous voulons vivre et non pas survivre ! Nous voulons pouvoir choisir de cohabiter avec nos parents ou non, avec des ami-e-s en collocation, près de notre travail, dans un quartier où nous nous sentons bien, avec nos animaux, sans notre ex-concubin, avec notre famille, dans des conditions confortables selon nos goûts, nos handicaps et de façon adaptée à nos moyens financiers.

Nous sommes libres et légitimes de choisir nos conditions d’habitation sans être jugé-e-s et nous avons toutes et tous des besoins différents. Ce n’est pas du luxe : c’est une revendication légitime et fondamentale !

DES LOGEMENTS POUR TOUT LE MONDE, DES AIDES PLUS ADAPTÉES ET QUI RESPECTENT NOTRE AUTONOMIE

Pourquoi certaines personnes restent-elles des années sur des liste d’attente tandis que d’autres, par relation, ont plus rapidement accès à un logement, surtout que de très nombreux logements restent vides ?

Pourquoi les dossiers de demande sont-ils si complexes et inadaptés à nos réalités ?

Pourquoi devoir, année après année, ramener les mêmes justificatifs, refaire les mêmes démarches humiliantes et fatigantes, jusqu’à ce que nous craquions, que nous abandonnions, que nous ne puissions plus supporter de faire face à notre assistante sociale ou que nous rêvions juste de tout casser dans ces bureaux incapables d’entendre nos détresses et nos désirs ?

Pourquoi nous interdit-on le plus souvent l’accès à des logements dans d’ autres communes que celles où nous habitons ou travaillons déjà ?

Pourquoi tant de promesses non tenues, de paroles en l’air, de jugements culpabilisants, méprisants, racistes, etc., si ce n’est pour nous casser, nous calmer, nous endormir ?

Nous voulons des interlocuteurs plus attentifs et respectueux de nos besoins et de nos souhaits, moins jugeants, qui ne nous réduisent pas à des catégories toutes faites. Nous voulons que les aides auxquelles nous avons légitimement droit nous soient accordées sans tous ces parcours du combattant, ces protocoles bureaucratiques et culpabilisants.

Nous ne voulons pas que la prise en otage des travailleurs sociaux par des politiques publiques restrictives se répercutent sur les pauvres. A l’heure où l’Etat débloque des milliards pour « sauver les banques » nous voulons que de réels moyens soient accordés pour que nos vies soient meilleures.

Nous voulons surtout qu’une aide soit possible tout en nous laissant les moyens de notre autonomie, que nous puissions décider si nous en avons besoin ou pas et quelles en seront les modalités. Ce n’est pas parce que nous sommes pauvres que nous sommes con-ne-s, que nous n’avons ni désir, ni dignité. Ce n’est pas parce que nous sommes pauvres que nous devons nous taire et nous contenter du pire. Nous ne sommes pas né-e-s pauvres, c’est ce système social qui nous l’impose, alors nous voulons tout !

Les propriétaires, publics et privés, les travailleurs sociaux, les patrons, et toute cette machine à laquelle nous nous heurtons simplement pour pouvoir nous loger et vivre, nous opposent les un-es aux autres, nous divisent pour mieux nous isoler. Soyons solidaires ! Tous nos besoins sont légitimes et c’est ensemble que nous obtiendrons des solutions adaptées à chacun-e-s.

VOISINES, VOISINS, HABITANT-E-S DE PARTOUT ET DE NULLE PART, RASSEMBLONS LES TÉMOIGNAGES SUR NOS DIFFICULTÉS ET NOS BESOINS DE LOGEMENT ! SIGNALONS LES LOGEMENTS VIDES DE NOTRE ENTOURAGE ! CONTINUONS ENSEMBLE À GARDER DU POUVOIR SUR NOS VIES !

Des habitantes de Champberton, Renaudie, de partout et de nulle part groupe femmes du collectif Défends-Toit

Pour nous contacter, signaler les logements vides, nous rejoindre : defends-toit 9gb boum.org / 06.33.72.79.31



Compléments d'informations :
en ce moment, action à la mairie de st martin d’hères
par une participantes à l’occupation,
le 4 février 2009

L’occupation a été levée vers 15H30, après 2H30 de négociation avec les élus de Saint-Martin d’Hères. Une cinquantaine de personnes avaient pris possession du hall de la Mairie vers 10H30, distribuant des tracts aux personnels et demandant à rencontrer les responsables du Logement, pour la commune et le département de l’Isère. Deux banderoles ont été déployées devant le bâtiment ("Des logements adaptés pour toutes et tous, Saint Martin d’Hères c’est la galère, Saint Martin d’Hères en colère" "défends-toit !"). Des tracts ont été distribués dans les quartiers autour et une voiture-mégaphone a circulé pour inviter les martinérois-e-s à nous rejoindre. A l’intérieur, nous avons sorti de la bouffe, des jeux, des ballons, de la musique, etc.

Les élus (José ARIAS, PC, directeur de MJC. Conseiller Général, Aménagement et urbanisme ; David QUEIROS, Premier adjoint PC, cadre administratif. Président du groupe communiste et apparentés. Finances et habitat, D.Queiros et Elisabeth PEPELNJAK PC, enseignante. Participation citoyenne) ont reçu assez rapidement une délégation. Celle-ci était constituée de huit femmes du "groupe femme de défends-toit" (constituée d’habitantes de Saint-Martin d’Hères exigeant des réponses concrètes et de 3 autres membres du collectif) et représentait les situations de 8 familles/femmes seules. Il a fallu une première négociation assez tendue dans le hall, avec le chef du cabinet du Maire, M. Stéphane PEPIN, pour imposer que l’ensemble des personnes qui le désiraient (et surtout l’ensemble des demandeuses présentes) puissent participer à cette négociation.

La presse locale (France3, Daubé et France bleue Isère était présente)

La négociation de 2H30 a permis d’obtenir des engagements, malheureusement pas par écrit, mais néanmoins très précis sur chacune des situations présentées, afin qu’elles trouvent une issue acceptable rapidement. José Arias s’est également engagé à communiqué l’état des lieux des logements vides sur la commune et le nombre de personnes expulsées ou en voix d’expulsion cette année. Les groupe femmes se réuni à nouveau en début de semaine prochaine et rédigera sans doute un compte-rendu des promesses obtenues et de leur bilan de cette action. Tout reste encore à faire pour que les promesses soient suivies des faits. Il faudra sans doute renouveler nos initiatives pour maintenir la pression et que des solutions concrètes et adaptées soient trouvées non seulement pour ces femmes mais beaucoup plus largement. Ce n’est qu’un début, continuons le combat !

Une nouvelle assemblée de Défends-toit aura lieu samedi 21 février sur le marché chamberton, Terminus du tram D, E. Grappe, de 9H à 12H.

Jawar, journaliste à France 3
par R,
le 6 février 2009

Salut, Jawar est journaliste à France 3. Il est fan de Zidane et de Debbouze, et il déteste l’hypocrisie. Pourtant, il n’aime pas qu’on le filme en train de traiter avec le cabinet du maire en vue d’un RV pour une interview, plus tard. Il se fâche tout rouge quand on lui demande si pour lui, l’objectivité journalistique, c’est de donner autant de temps pour Arias que pour plusieurs femmes de Défends-toît, de donner autant de temps pour les tchétchènes que pour l’armée russe, de faire en gros des jugements de Salomon : deux femmes veulent cet enfants, alors coupons-le en deux.

Alors il nous dit, en toute franchise, qu’il fait son taff, et que cueillir des fruits ou venir faire un reportage, pour lui c’est la même chose.

François, de la même équipe, toi qui ne comprends pas pourquoi les énervé-es que nous sommes sont fâché-es avec la presse classique, je suis sûr que tu vois ce qu’on peut ressentir quand un journaliste vient de manière besogneuse couvrir un évènement comme il couvrirait un ballot de foin. Des gens que vous avez dû étudier le disent mieux que nous, les Rufin, Bourdieu, Wacquant, Aubenas...

Pour le coup, on a regardé, quand même, ton reportage, Jawar. On l’a mis ici.

C’est pas si pire. Tu le sens au fond de toi, quand même, que des gens expulsables, logés dans des conditions sépulcrales dans une ville où les apparts vides sont légion, ont forcément plus le droit à la parole qu’une mairie qui a pour elle de nombreux autres supports d’expression et surtout, une souffrance moindre. Alors pourquoi faire semblant de ne pas comprendre ?

R

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