mardi 31 mars 2009 par anonyme
[Infos locales] [Travail / Précariat] [Révoltes / Luttes sociales]Aujourd’hui, les ouvriers de Caterpillar ont décidé de retenir 5 membres de leur direction sur le site de Grenoble jusqu’à ce que ceux-ci se décident à réellement négocier avec eux. Vendredi, suite aux négociations menées notamment avec 2 médiateurs désignés par le préfet, la direction de Caterpillar avait concédé un peu plus d’argent pour les primes de départ et de licenciement, mais les sommes accordées restaient assez éloignées des revendications des ouvriers. A suivre...
Lundi 29 mars, la direction de Caterpillar a refusé de reprendre les négociations en prétextant la présence des ouvriers sur le site. Résultat : mardi, les ouvriers sont arrivés très énervés, et ont décidé de garder leur direction à leurs côtés aussi longtemps qu’il le faudrait pour obtenir satisfaction.
Dans la série "les médias fabriquent l’événement" : pendant toute la journée de mardi, les médias parlent de séquestration. En fait, jusqu’à 17 h, la direction de Caterpillar reste dans ses bureaux parce que c’est les horaires de travail. Mais bon, "séquestration", ça le fait plus. Depuis le début de l’après-midi, 5 ou 6 voitures de police sont garées devant le site. Vers 16 h, n’ayant pas de nouvelles infos à balancer, France info dit que "la police prend position autour du site de Caterpillar". Quel goût pour la mise en scène !
Aux alentours de 17 h, Dorothée (chefette de la police) et 4 baqueux entrent dans le bureau de la direction. Pendant ce temps, un délégué syndical, chargé des négociations, sort demander aux ouvriers de rentrer chez eux pour que la direction accepte de reprendre les négociations le lendemain matin, à la Direction Départementale du Travail et de l’Emploi (DDTE). Un syndicaliste CGT prend alors la parole pour dire qu’en tout état de cause, il faut rester unis, puis... passe le micro à des ouvriers. Le premier dit : "les négociations, c’est pas à la DDTE, c’est ici ! Et c’est pas demain, c’est tout de suite !" Quelques interventions du même tonneau s’ensuivent, après quoi le syndicaliste CGT reprend le micro et déclare : "On veut que les négociations reprennent maintenant, on ne les lâchera pas, il faut qu’on reste ici toute la nuit, tous ensemble (ouais, ouais !)" sous les applaudissements. Le rapport de force est instauré, les bâtiments occupés, les membres de la direction (5, puis 4, l’un d’eux étant "libéré" pour raisons de santé) séquestrés.
La direction accepte donc, contrainte et forcée, de reprendre les négociations. Du coup, la police s’en va (une caisse reste en faction devant le site). Les ouvriers occupent donc le site et ne lâchent plus leur direction. La vie à l’intérieur s’organise, bouffe, projection de film pour passer le temps et discussion avec des journalistes en mal de sensations plus que de contenu politique.
Qui leur apporte le petit déjeuner demain matin ?
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