Indymedia Grenoble

Le cinéma américain 1930–1960 : Entre révolte individuelle et mouvements sociaux

par anonyme

mercredi 3 juin 2009 à 16:30

Grande Salle des Colloques Université Stendhal

Le sel de la terre (The salt of the earth) un film de Herbert J. Biberman, 1953, en Version Originale Sous-Titrée.

Film antiraciste, féministe, qui met en scène l’irruption de la subjectivité du prolétariat américain lors d’une grande grève dans une mine de zinc au Nouveau-Mexique, Le sel de la terre est le seul film blacklisté de l’histoire. L’histoire de son tournage, milices organisées pour l’empêcher, coups de feu, intimidations, interdictions de travail, déportation, pour ses acteurs et auteurs, pourrait être l’objet d’un autre film à part entière. Réalisé contre les studios, les syndicats, les organisations de surveillance gouvernementales, le pouvoir et même les laboratoires de développement de pellicule.

Réalisé en pleine hystérie MacCarthyste par des artistes victimes de la chasse aux sorcières et de nombreux acteurs chicanos non-professionnels le sel de la terre , sans oublier ses indéniables qualités artistiques, reste un film à part dans l’histoire du cinéma. Projeté en France dès mars 1955, il ne le sera aux USA qu’en 1965. (entrée libre)

Projection suivie d’un débat

et le 10 Juin : Je suis un évadé (I am a fugitive from a chain gang) un film de Mervyn Le Roy, 1932, en Version Originale Sous-Titrée. Construit sur le canevas classique des films de gangsters, de prison et d’évasion, le film en prend le contre-pied, pour délivrer une critique sociale qui en fait un projet profondément radical. Car ici, le héros n’est pas l’habituel bad-guy des films de gangsters : c’est John Doe, Monsieur Tout-le-monde, écrasé par l’injustice et la crise. Parabole transparente de l’Amérique de la Dépression et de la criminalisation du mouvement social, cette dénonciation du système pénitentiaire fut assez vigoureuse pour que le film soit censuré en Géorgie et pour y valoir une interdiction de séjour aux acteurs, metteur en scène et producteurs. Dans le reste des USA, Je suis un évadé provoqua un véritable séisme lors de sa sortie en novembre 1932, abasourdissant l’opinion publique au point de contribuer à inciter le gouvernement à entreprendre une réforme profonde du système pénitencier. Superbement interprété par Paul Muni, sans Happy end, ce film a peu d’équivalents dans l’histoire d’Hollywood. Œuvre d’une empathie déchirante, Je suis un évadé reste aujourd’hui encore un film d’une force peu commune. En parallèle vous trouverez une exposition sur ce thème à la Bibliothèque Universitaire du 27 Mai au 10 Juin 2009

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Salt of the Earth-affiche française1


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