Indymedia Grenoble

Récit et explications de l’action militante à la DDASS jeudi 8 octobre

Saturday 10 October 2009 par anonyme

[Infos locales] [Migrations / Sans-paps]

POURQUOI CE DYSFONCTIONNEMENT ? Dans le cadre de la réorganisation de l’administration départementale de l’Etat, les DDASS (Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale) sont amenées à disparaître à la fin de décembre 2009. Une circulaire de juillet 2008 l’avait annoncé, ce sera donc effectif au 1er janvier 2010.

(http://www.legifrance.gouv.fr/affic...)

Une réorganisation de plus, des regroupements de services, des restrictions de personnel etc, ça n’a pas l’air de beaucoup émouvoir les Français … Rien de bien neuf. Mais comment fait-on lorsqu’on a encore besoin de la DDASS ? on s’adresse à ses services. Et alors ? RIEN. Rien ne se passe, la DDASS attend, n’apporte aucune réponse aux demandes, comme si, avec trois mois d’avance elle n’existait plus.

Nous avons testé sur une situation pourtant urgente. Dans le Nord Isère est arrivée il y a un peu plus de 2 ans un couple d’origine arménienne, rejoint quelque temps après par les parents de monsieur et les trois enfants du couple. Tout le monde était logé en CADA (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile). Les demandes d’asile sont refusées successivement par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), puis par le CNDA (Cour nationale du droit d’asile). Toute la famille est mise à la porte du CADA fin août. Déboutée, elle n’est plus demandeur d’asile. Le Conseil Général prend en charge le logement du couple et des enfants, comme il est de son devoir. Et les grand parents ? Le grand père est très malade depuis quelques mois et a besoin de soins constants. Il est du ressort de la DDASS de les loger. Oui mais la DDASS ne répond pas, ni aux appels téléphoniques (les standardistes ne passent personne), ni aux multiples courriers, même à l’intervention du Président du Conseil Général.

Jeudi 8 octobre, nous étions donc une quarantaine à nous être installés, avec nos couvertures, devant l’entrée du bâtiment de la cité administrative de Grenoble à 11h du matin. Des militantes et militants de nombreuses associations et syndicats, la plupart d’âges mûrs, regroupé-es derrière la banderole de la coordination des sans papiers. Les médias étaient là, télés, radios, presse écrite, contributeurs-trices à indymédia (ils/elles sont partout) http://jt.france3.fr/regions/popup.... (Cette chaîne (presque) publique projetant de supprimer prochainement ses éditions locales, ses journalistes sont particulièrement attentifs aux mouvements sociaux et populaires ces temps-ci...) http://sites.radiofrance.fr/chaines...

La situation des grand parents n’a pas ému ces bons bureaucrates, puisque nous n’avons pu en rencontrer un seul. Le bras de fer continue. Pas de présence policière non plus, ce qui n’aurait vraiment pas été à propos. Nous sommes partis de nous mêmes après avoir estimé que nous ne pourrions rien faire de mieux ce jour là. Tous au plus nous croisâmes sur le retour deux agents des Renseignements de la Préfecture qui prétendirent se rendre à la cantine pour déjeuner.

Pour résoudre sans doute une partie du « problème », la Préfecture vient d’envoyer une OQTF (Ordre de Quitter le Territoire Français). C’est bien joli et surtout très gentil, mais la famille, non reconnue par l’Arménie, qu’elle a dû fuir, a demandé à remplir un dossier pour être « apatride ». Où donc la Préfecture voudrait l’expulser ? Le Conseil Général continue à loger le couple et les enfants (scolarisés), RESF38 paye l’hôtel aux grands parents depuis 3 semaines, mais ne pourra pas continuer très longtemps et ce n’est pas de son ressort. … et la DDASS continue à se taire…

Voilà un exemple de ce qui se passe actuellement. Il y a pire, si l’on peut dire. Un peu partout en France, des isolés, des familles avec enfants dorment dans la rue, alors que l’Etat a l’obligation de les loger. Le 115 (n° gratuit du service qui gère les place en foyers) est débordé et ne peut trouver de solution pour tout le monde. Bientôt l’hiver, le nombre de lits supplémentaires ne suffira pas. Et pour les ouvrir, il faut que la température descende à – 5° pendant 3 jours.

Faudra-t-il qu’il y ait des morts pour que l’Etat fasse enfin ce qu’il doit faire sur le logement des demandeurs d’asile et des demandeurs de cartes de séjour pour étrangers malades ?



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