Wednesday 21 October 2009 par anonyme
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Jeudi 24 septembre 2009, environ 200 personnes étaient présentes dans la salle de la cité Viscose autour du combat du quartier contre l’augmentation vertigineuse des charges de chauffage cette année. La majorité étaient des habitant.e.s de la cité et venaient dénoncer l’arnaque qu’ils et elles vivent aujourd’hui tous les mois « en bas à droite de leurs factures ». De nombreuses autres personnes venaient entendre leur détresse et leur détermination : étudiant.e.s, habitant.e.s d’autres quartiers, collectifs et associations de toute l’agglomération, personnalités de la mairie d’Echirolles. Dans le cadre de sa tournée sur le territoire pour porter à la connaissance du public la cause des mal-logé.e.s, le mouvement D.A.L. (Droit Au Logement) a été invité par l’association et le collectif « Défends-toit » à venir garer sa « caravane des mal-logé.e.s » en face de la salle, et s’est exprimé durant le débat pour évoquer les luttes victorieuses de cités ouvrières ailleurs en France. « Si vous restez solidaires, rien ne pourra vous arrêter », a affirmé son porte-parole national, Jean-Baptiste Eyraud.
La soirée a commencé vers 18h30 avec une présentation de la situation par le président de l’Association des habitant.e.s de la Viscose. Très vite, celui-ci a donné la parole aux habitant.e.s pour qu’ils et elles puissent raconter leur surprise et leur colère quand ils ont découvert l’augmentation des charges, ainsi que les choix cornéliens que celle-ci a entraînés dans le budget de leur foyer. Une personne de l’association des habitant.e.s du Village Olympique est venue féliciter les gens du quartier pour leur mobilisation et les informer que, face aux mêmes problèmes, une dynamique était en train de naître également dans sa cité. La municipalité d’Echirolles est aussi intervenue pour répéter son soutien à la cause des Viscosiers et Viscosières.
Le mot « ras-le-bol » est revenu plusieurs fois, « ras-le-bol de se faire plumer », ras-le-bol plus général de voir nos acquis sociaux disparaître un à un. Il a été question des bénéfices que fait la la Compagnie de Chauffage urbain, aujourd’hui société d’économie mixte, détenue à 42% par Dalkia/Veolia, actionnaire privé. Le parallèle a été fait avec la privatisation de la Poste et d’autres services publics. « Nous allons vers une économie qui n’est pas faite pour nous ». « Le chauffage solidaire d’accord, mais solidaire entre habitant.e.s, et pas avec les actionnaires. » Notons au passage l’immobilisme de l’autre actionnaire principal de la Compagnie de chauffage, la ville de Grenoble (52%).
Il était prévu de projeter un film sur l’expulsion progressive des habitant.e.s d’un quartier populaire du centre de Marseille, mais le débat, riche et vivant, s’est suffi à lui-même. La soirée s’est terminée sur un dîner à prix libre préparé par un restaurant végétalien associatif qui était venu en soutien.
Succès, donc, pour la lutte du quartier, qui se poursuit. Le 2 novembre, une réunion rassemblera le bureau de l’association du quartier, l’OPAC 38, la Compagnie de Chauffage et la municipalité d’Echirolles, pour avancer dans les négociations. Pour les habitant.e.s de la Viscose, les revendications sont claires : révision de la régularisation de charges 2008, baisse du prix du chauffage au mètre carré, travaux d’isolation pour que l’on cesse de chauffer les oiseaux. Si ces objectifs ne sont pas atteints, d’autres actions seront envisagées. L’idée principale : payer le prix juste, pour les charges et les loyers.
Pour l’association, toute aide extérieure est la bienvenue, pourvu qu’il n’y ait pas d’instrumentalisation. Ce qui fait la force de cette lutte c’est que les habitants redeviennent acteurs de leur société. Ce sont eux, en premier, qui prennent en main leur combat.
Souci technique ? Nous avions indiqué dans la signature : "Association des habitant-e-s de la cité Viscose", et non "anonyme".
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