Tuesday 1 December 2009 par anonyme
[Infos locales] [Sciences / Nécrotechnologies]Pour la CNDP (Commission Nationale du Débat Public), mandatée par le gouvernement pour mener sa campagne d’acceptabilité sur les nanotechnologies, la soirée grenobloise de ce mardi 1er décembre s’annonçait difficile. Elle le fut. A 20h15, devant une assistance venue en grand nombre dans la vaste salle de congrès d’Alpexpo, le président de ladite commission n’eut le temps de prononcer que cinq mots ("Bonjour, je suis Jean Bergougnoux"), déclenchant un assourdissant tonnerre d’applaudissements qui se prolongea plusieurs minutes. Peu surpris, l’homme entreprit alors de réciter une déclaration visiblement préparée, qui s’affichait en parallèle au video projecteur. Pour les bribes que l’on parvint à en saisir, il déplorait un "comportement totalitaire", et informait le public (au cas où ça lui aurait échappé) que "La CNDP (était) dans l’obligation de suspendre le débat", car "un certain nombre de personnes avaient délibérément décidé de perturber la séance." Un nombre certain, même : les opposants et sympathisants anti-nano devaient bien représenter la moitié des personnes présentes. Quant à l’autre moitié, elle était à l’évidence constituée dans une large majorité d’ingénieurs et de chercheurs mobilisés pour la bonne cause. Une jeune femme assise devant moi m’avoua ainsi que, travaillant au CEA, elle avait reçu un mail assez clair de sa direction générale.
Pendant de longues et très nombreuses minutes, le chahut général se maintint à un niveau record, les confettis et ballons multicolores partaient dans tous les sens, les opposants chantaient à tue tête des slogans comme "Grenoble, Grenoble anti-nano’, "Fermez Minatec et le CEA", "Les nanos, c’est pas vert, c’est juste totalitaire" ou encore "Flics, chercheurs, militaires, qu’est ce qu’on ferait pas pour un salaire". Après une seconde tentative pour la forme, Bergougnoux déposait les armes et quittait définitivement l’estrade non sans s’engager à ce que "ce débat ait lieu, sous une autre forme, très prochainement." Ce à quoi lui fut répondu en choeur "À tous les débats, on sera là !" Sur le prompteur mural s’afficha ensuite un certain temps l’énigmatique dernière phrase du Président : "Vous êtes définitivement déconsidérés. Au revoir." Pendant une grosse demi-heure, les chansons se poursuivirent joyeusement, accompagnées de jolies mélodies jouées par plusieurs pipeaux opportunément dégainés. À peine y eut-il un proto-incident à déplorer lorsqu’un farceur qui avait fait mine d’enduire de mousse à raser le crâne d’un expert attardé en "interview médias" (à ce qu’on m’a dit) fut emmené de force par la sécurité... et assez vite relâché devant la détermination de ses camarades. Après une dernière salve de "Remboursez Minatec" bien sentie, la sortie s’effectua dans le calme, vers 21h, entre deux haies de CRS disposés pour la forme sur l’esplanade d’Alpexpo.
il s’agissait de chantilly et non pas de mousse à raser :)
Les nanotechnologies posent de véritables questions, quelle société voulons nous, au profit de quelles entreprises ?
Il est clairs que de nombreux lobbys, politiques et industriels sont tentés par le contrôle de ces technologies. Les raisons de s’opposer à nombre de ces technologies sont nombreuses, et nombre d’entre elles peuvent faire peur.
Il est clair qu’organiser un débat public après les votes de lourds investissement en nanotechnologies soulève de nombreuses interrogations ! Dans ce débat confus, deux forces qui semblent opposées se sont unies pour refuser un véritable débat démocratique et chacune des parties à besoin de l’autre pour s’affirmer et exister.
Jean Therme et PMO même combat, même absence du respect de la démocratie la plus élémentaire.
Ce matin, après une absence de débat à la séance de débat public de Grenoble, chacun va retourner à ses préoccupation et PMO pourra se vanter de renforcer l’installation de la nanocratie qu’elle prétend combattre, en réalité, pour refuser ce fameux débat, le CEA et l’armée ont besoin des ces opposants caricaturaux que l’on jette en pâture à l’opinion publique pour justifier la fermeture du débat et valoriser les experts. Dommage qu’un certain nombre de béni oui oui ne soient pas plus exigeant sur le fonctionnement démocratique de cette organisation PMO, dont la tête est plus proche d’un Donquichotte que d’un Jean Jaurès.
Martin
Indymedia met un point d’honneur a être exact, informatif et efficace.
Il faut donc revenir sur le service d’ordre. (et permettre a minima de mieux comprendre le tactiques de contre-contestation... qui ont pour une fois échouées ! :-)))
la face moins visible d’abord : (presque curieusement) rien de visible devant l’entrée, si ce n’est cette longue file de gens avide débats complexes et de questions impertinentes ; une file tout de même due à la fouille minutieuse de chacun des prétendants ce débat. Presque curieux le dispositif aussi "léger" (c’est qu’à force, on en viendrait à s’habituer à être fouillé ?), tant les promesses de perturbation ont été clamées.
=> Ruse des organisateurs, concentrant l’essentiel des BACeux en civil et du service d’ordre privé Licorne à l’intérieur ? Ou impossibilité de faire autrement (pas évident de justifier des CRS et un tri "du public" à l’entrée... pour un débat "public" et institutionnellement commandé par l’Etat - et non par une "simple" entreprise du style Libération) ?
le plus visible enfin : deux rangés se faisaient face à la sortie (et c’est assez curieux en fait) : des CRS en robocop ; face à des gendarmes en... en... rien... enfin, en gendarmes quoi. Quand on sait qu’ils s’aiment pas (trop) et qu’ils sont frères (à moitié ennemis), ça laissait rêveur hier... sur les possibilité de provoquer un affrontement intra-force de l’ordre !
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