Indymedia Grenoble

* L’urgence n’est pas d’actualité pour les organisateurs de la manif du 4 septembre :

Monday 6 September 2010 par anonyme

[Infos locales] [Migrations / Sans-paps] [Logement / Squats] [Répression / Contrôle social] [Ville / Environnement] [Révoltes / Luttes sociales] [Soupe politicienne] [Antifascisme]

Alors qu’à Paris des dizaines de Roms victimes des expulsions de camps au cours de l’été, musiciens tziganes, Cirque Romanès, se trouvaient en tête de cortège, à Grenoble, les organisateurs de la manifestation ont refusé que les questions de la sécurité des Roms dans l’agglomération, comme de l’indignité de leurs conditions de vie, là à Grenoble, aujourd’hui, soit posées face aux institutions locales.

Grenoble a-t-elle un problème de sélection dans son frontisme anti-fascisme ?

N’y a-t-il aucune chasse aux Roms en cours à Grenoble ?

Les institutions locales, les partis politiques locaux ont-ils pris des positions claires, communes contre la barbarie des rafles et des expulsions, contre le deal abject du "choix au retour volontaire" ?

Les conditions de vie dignes sont elles assurées aux Roms contraints à vivre dans l’agglomération, dans des campements sans eau, sans électricité ?

Les associations et partis organisateurs de la manifestation ont-ils dénoncé ensemble la transformation au cours de l’été, et encore à ce jour, de l’aire "d’accueil des gens du voyage"en zone immonde (allez-y pour voir la dignité de l’accueil) regroupant les Roms expulsés de leur campement cet été, la plupart sous le coup d’une OQTF (Obligation à Quitter le Territoire Français) ?

Les organisateurs de la manifestation ont-ils mis sur le tapis la question de la peur quotidienne de la rafle, de l’expulsion que vivent les Roms, aujourd’hui, dans l’agglomération grenobloise ?

Parler de celà est-ce se tromper de cible, tout mélanger ?

Non, pour les organisateurs de la manifestation cette réalité, avec ses complicités locales, ses louvoiements habituels, n’est pas à l’ordre du jour. L’urgence de la lutte contre les expulsions, contre les rafles, ici, n’est pas d’actualité. La dénonciation molle, généraliste, républicaine, citoyenne, politicienne, de la politique sécuritaire est plus confortable pour ces professionnels de la dénonciation de façade. Et il est vrai que l’appel à manifester se contentait d’évoquer au milieu d’une pleine page la "stigmatisation des Roms".

Alors il a fallu que la manifestation soit bloquée et les Roms présents mis en avant, pour poser ces questions et les voir superbement ignorées et restées sans réponses. Les invisibles doivent rester invisibles. Et puis le slogan : "Première, deuxième ou troisième génération, nous sommes tous des enfants d’immigré-e-s, nous sommes tous des citoyens français ! ", cadrait mal avec cette réalité.

Pour mémoire, ce n’est que fin 1946, 2 ans après la libération des camps en France, après même la libération des collabos qui avaient remplacés les Juifs et les résistants à Drancy, que les Tziganes ont été libérés et c’est en 1939, avant Pétain, que la 3° République à émis les premiers décrets restreignant leur liberté de circulation. Pour mémoire.

* Toutes ces remarques s’adressent au collectif organisateur et non à telle ou telle structure, car, pour être honnête, il y a bien eu quelques slogans, quelques pancartes... et certaines sont fortement impliquées dans cette lutte...



Compléments d'informations :
coup de gueule salutaire
par anonyme,
le 6 September 2010

on attend encore la réquisition des logements vides par les mairies et que la METRO et le Conseil Général démurent des maisons vides qui leur appartiennent !

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