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Fac de géographie de Gre : Quand le master VTD devient le master ITER

Thursday 23 June 2011 par Pypou

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Dans la fac de géo, les mutations vont bon train ces dernières années. On déménage à Vigny-Musset, on réduit les masters recherche et finalement on change le nom du master en "sciences du territoire" (un terme assez obscur d’un point de vue scientifique) au lieu de "géographie". C’était il y a quelques années.

Mais il y a du nouveau dans la maquette 2011/2012. Le dernier master recherche proposé ("Ville, Territoire et Durabilité" ou VTD en 2010... le troisième terme était déjà bizarre) devient ITER. Non, non, non ça n’a rien à voir avec le projet de réacteur nucléaire Xième génération dans le sud (quoique que certains oserait surement croire à un financement occulte et discret). "Innovation et Territoire", c’est ce qu’ITER veut dire, si, si!

Mais que fait-on dans ce "master en sciences du territoire, territoire et innovation". Voilà quelques unités d’enseignements pour se donner une idée :

- UE ICD « Innovation, communication et design des politiques publiques» (Démarches, méthodes et outils au service de l’innovation ouverte)
- UE IPR « Innovation et prospective » (Démarches, méthodes et outils au service de l’anticipation)
- UE INA « Innovation et inscription de la nature et des TIC dans le territoire » (Entre biologie, ville-nature, nature en ville et ville 2.0)
- UE ICA « Citoyenneté augmentée, qualité et bien être » (Nouvelles approches pour des villes humaines, accessibles et hospitalières)

C’est un truc de ouf nan ? "design des politiques publiques", "ville 2.0", le quatrième est encore plus consternant. Nous trouverons quand même un tout petit peu d’attitude critique dans une UE sur les utopies, la planification et l’assimilation... on est en démocratie merde ! Le pire, c’est l’UE correspondant au mémoire. De "méthodologie de mémoire", ça devient "Méthodologie du mémoire et design collectif". On ne sait toujours pas ce que "design collectif" vient faire là, mais il paraît que Scotland Yard est sur le coup.

Mais qui est derrière tout ce complot injuste révélant tant et si bien la corruption du monde universitaire aux souhaits des groupes dominant ? Si la plupart des dirigeants concernés de la fac (Président, directeur d’UFR...) ont surement donné leur consentement, c’est Luc Gwiazdzinski qui en devient le responsable pédagogique. Ce chercheur est reconnu dans beaucoup de domaines. Il a travaillé par exemple sur les marges temporelles (la nuit, le dimanche, ...) et se nourri de lectures singulières et parfois subversives (Michel Serres, Pierre Sansot, Pinçon-Charlot). Il est aussi membre du... comité d’éthique de la ville de Grenoble sur la vidéo-surveil...euh pardon, vidéo-protection, comme on dit quand on est bon en "communication et design des politiques publiques"...

Sur ce, tout va bien, le monde tourne rond. Mais je continu à me demander : est-ce que Michel Destot a réagi à l’accident de Fukushima ?



Compléments d'informations :
Nuance et connaissance des enjeux
par anonyme,
le 28 June 2011

Moi même géographe, j’ai lu avec attention cet article, et j’ai ressenti le besoin de réagir, car cet écrit montre une méconnaissance des dynamiques internes à la géographie et à l’IGA. D’où des inexactitudes et des préjugés abusifs.

Sur la personne de Luc Gwiazdzinski, s’il est exact que sa personnalité est plus qu’ambigüe, la mutation du master VTD vers ITER a été pleinement concertée avec Olivier Soubeyran futur ex-directeur du master VTD, qui est loin d’être un social-démocrate ambigü. Et puis que je sache, ce n’est pas LG qui dispense tous les cours, et ce serait mal connaitre l’IGA que d’affirmer qu’il exercerait une quelconque pression sur les profs qui assurent les UE. Un récent audit d’organisation avait qualifié l’IGA de "structure principalement autogestionnaire".

De plus, il faut penser ce master en relation avec d’autres formations de l’IGA et notamment le master IDT (Ingénierie pour le Développement Territorial), qui lui forme de gentils petits techniciens bien dociles, junior entreprise, partenariats des plus bétonnés et tout le tintouin. Or ce sont ces étudiants qui disposent des places stratégiques dans les métiers des territoires. Les super-chercheurs-qui-se-posent-plein-de-questions-et-qui-remettent-en-cause-le-monde galèrent sec.

Alors sortons des caricatures techniciens vs chercheurs, et demandons-nous plutôt si le fait que les étudiants plutôt attirés par la recherche acquièrent des compétences techniques pour mieux connaître et mieux questionner les évolutions sociétales en oeuvre. Et peut-être faire entrer des thématiques de recherche et un questionnement permanent des modèles dans les structures actrices de l’aménagement du territoire.

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