Indymedia Grenoble

Persécution des demandeurs d’asile Roms à Grenoble, c’est en ce moment que ça se passe…

Tuesday 6 December 2011 par anonyme

[Infos locales] [Migrations / Sans-paps] [Logement / Squats]

Les demandeurs d’asile venant d’ex-Yougoslavie (Serbie, Kosovo, Macédoine) qui squattaient la maison située au 8 rue Germain ont été expulsés de leur habitation vendredi. Ces familles avec enfants appartenant pour la plupart à la minorité rom on fuit les discriminations subies dans leur pays. Voila un petit résumé de l’accueil reçu à Grenoble.

Durant ces 10 derniers jours, les familles du 8 rue Germain ont subis agressions, contrôles et expulsion dans l’indifférence de beaucoup.

-  Nuit de samedi 26 à dimanche 27 novembre: des hommes armés tirent sur la maison et menacent les habitants.

-  Nuit du lundi 29 au mardi 30 novembre : deux hommes entrent dans la maison, défoncent les vitres à coups de batte de base-ball et menaces de gazer les habitants s’ils ne quittent pas le squat.

-  Vendredi 2 décembre, le matin, les pompiers arrivent à la maison disant avoir été appelés pour un départ de feu. Ils font sortir tous les habitants puis la police les empêche de re-rentrer à l’intérieur. Pendant que beaucoup s’en vont, une trentaine de personne refuse de tout abandonner et reste devant la maison. Pendant que les familles attendent pour récupérer leurs affaires, les policiers se positionnent autour d’elles puis leur interdisse de partir. Des camarades arrivé-e-s sur les lieux aideront certaines personnes à se sauver. D’autres seront embarqués par la police direction le commissariat. « On fera le trie là-bas » dit le chef. Bilan : environ 6 familles arrêtées, au final 3 adultes et 2 enfants placés en centre de rétention.

La maison est immédiatement murée par une entreprise privée, gardée nuit et jours par des vigiles et promise à la destruction dans la semaine.

-  Nuit de vendredi : certaines familles expulsées se rendent dans une maison abandonnée à Fontaine d’où la police les déloge immédiatement, d’autres dorment dans la rue, certaines se réfugie au 14 rue Malifaud, ex squat des « nantis sociaux », ou s’entassent déjà plusieurs familles.

-  Samedi 3 décembre : des policiers forcent l’entrée du squat rue Malifaud et arrosent de gaz lacrymogène les personnes présentes. Les familles resteront dormir dans cette atmosphère qui leur causera des irritations de la peau et des yeux plusieurs jours.

-  Lundi 4 décembre : de nombreuses familles demandeuses d’asile sans-abri se rendent à l’association La Relève pour obtenir un hébergement auquel beaucoup d’entre elles ont droit. Le directeur appelle la police. Une famille est arrêtée, elle sera relâchée plus tard : non expulsable.

-  Mardi 6 décembre : A 7 heure du matin, expulsion du squat rue Malifaud par la police, les familles sont mises dehors, certaines personnes auraient été arrêtées.

Pendant ce temps-là, certaines structures d’hébergement hivernal restent fermées, la préfecture attendant que les températures atteignent « -5° en journée ».

La persécution de ces familles n’est pas finie, elles sont aujourd’hui en errance dans les rue de Grenoble et dormiront dehors ce soir…et les autres jours à la merci de la pluie, du froid et du harcèlement policier.



Compléments d'informations :
appel à la solidarité
par anonyme,
le 6 December 2011

certains se sont regroupés à la gare, comme l’hiver dernier... je sais pas si ils vont y rester mais si les copains qui ont l’habitude de faire de la grosse bouffe avec la récup peuvent s’organiser pour aller les voir avec un plat chaud ça serait bien.

à propos du 14 rue mallifaud
par anonyme,
le 7 December 2011

sur les parcelle du 14 et de la maison voisine ( par ailleurs vide depuis plusieurs mois alors que s’entassaient rue Germain des dizaine de rejetés) doivent pousser des logement "sociaux". Entrepreneur (ici le projet est mené en partie par la sinfimmo), investisseur, polices et pouvoirs publiques( qui n’hésitent pas à se décharger les uns sur les autres, des mairies au conseil général en passant par l’état et sa préfecture) transforment notre ville et brisent des vies en les jetant à la rue à l’orée de l’hiver et en les torturant . Gerbons sur leur logique et attaquons ceux qui se donnent le droit de vie ou de mort sur certaines personnes considérées moins désirables! Dépassons l’ indignation!

Plus d’info
par anonyme,
le 12 December 2011

Il y a un récit plus détaillé sur le blog du collectif La Patate Chaude : http://collectif16septembre.wordpre...

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