Indymedia Grenoble

LA CAMPAGNE ANTI-FRAUDE EST UNE CHASSE AUX MESSIES

Thursday 15 December 2011 par anonyme

[Répression / Contrôle social] [Outils théoriques] [Autres infos]

LA CAMPAGNE "ANTI-FRAUDE" EST UNE CHASSE AUX MESSIES

« Voler la Sécurité sociale, c’est trahir la confiance des Français »
.Xavier Bertrand.06/12/11.

L’objectif de cette campagne anti-fraude ne vise pas la fraude elle-même. Dans un pays dont la dette se chiffre en centaine de milliards d’euros, quelques millions égarés ne deviennent pas soudainement indispensables. Cette broutille, c’est seulement l’objectif officiel, rien de plus qu’une stratégie électorale. Ce qu’est cette campagne, c’est d’abord la diffusion d’un climat : No one is innocent. Afin de réhabiliter l’économie, on fabrique la figure du fraudeur en tant que trader du quotidien, on fait peser la responsabilité sur l’ensemble de la population. Mais, là où Jérôme Kerviel est excusable, encore aimable, le fraudeur est une pure perte—menace. Il ne fraude pas pour enculer l’État, ce qui est de bonne guerre, il fraude pour organiser la désertion. Dans cette campagne, et jusque dans la mise en scène du « triple A », il n’est donc pas tant question d’argent [1] que d’une opération de maintien de l’ordre. Derrière la fraude, ça déserte et c’est ça que le pouvoir vise.
Plus qu’il ne vise, le pouvoir quadrille. S’il parvient à savoir où chercher, jamais il n’est assuré de savoir ce qu’il cherche. Ça reste flou, et ça l’angoisse. Alors il tranche. Il coupe. Recoupe. Condamne. Il incarcère. Non pas tant dans l’espoir de mettre dans le mille, que d’effrayer tout ceux qui hésitent encore ou découvrent seulement. Le fraudeur est une facette de l’ennemi intérieur.

Toute tentative d’éradiquer la fraude est pour nous l’obligation de lui donner des formes toujours plus collectives; c’est tant mieux. En vérité, là où le pouvoir voudrait nous esseuler, en plus de nous pousser vers l’excellence collective, il vient mettre en lumière le sérieux de ceux qui désertent malgré tout.
Les désertions inquiètent car elles se manifestent de plus en plus inévitablement en leur caractère communiste. Ça ne déserte plus seul. Ça déserte de plus en plus longtemps. Ça déserte de mieux en mieux. Dans les faits, beaucoup n’en sont toujours pas revenus. Aux dernières nouvelles, ils disent ne pas vouloir ou ne pas pouvoir revenir. Dans les deux cas, une même bonne nouvelle : voici venu le temps de la rencontre. Chaque existence qui échappe à la modalité marchande se fait rencontre au sein de la fuite. Rencontre, ici et maintenant, c’est à dire élaboration collective d’une réalité autre : fuir son existence, ce n’est pas s’exposer au chaos, mais s’ouvrir à une réalité fondée sur la mise en partage.
La désertion n’est pas une fuite du monde. Fuir, plus qu’une société, plus qu’une époque, plus qu’une civilisation, c’est fuir un regard sur le monde. Le regard qui se porte sur le monde doit-être interrogé d’un point de vue pratique : quel usage peut-on faire d’un tel regard ? Ce que nous fuyons, c’est la vision marchande qui contraint à l’usage individuel de la vie. Nous fuyons, mais seulement pour voir autrement. Jamais nous n’avons souhaité quitter le monde . Plus ça fuit et plus nous venons au monde. Plus nous venons au monde et plus le monde, que nous avons chacun haï, s’éloigne. Nous, c’est donc un regard qui vient au monde et par là-même éclate les vitrines.

Si le vol relève bien d’une situation d’extrême nécessité, celle-ci ne se réduit pas au moment où l’économie vient à faillir. Refus en acte de la propriété, ouvrant simultanément sur un possible usage collectif, la nécessité extrême du vol s’inscrit en faux contre la vision marchande vécue comme vision d’horreur. Elle est donc en même temps que la révélation individuelle de l’économie comme souffrance, un abandon collectif à l’apaisement de cette souffrance. En cela, le vol participe d’une gestuelle révolutionnaire au sein de laquelle l’usage prime sur la propriété, simplement parce que « la vie n’est donnée en propriété à personne, à tous en usage ».

Cette année à noël, les seuls cadeaux qui auront de la valeur sont ceux qui auront été volés.

[1] 1L’enjeu « purement » économique autour du triple A n’est pas l’écroulement généralisé du système financier mondial, mais un bouleversement dans l’ordre des puissances économiques. En cela, l’actuelle rhétorique catastrophiste du pouvoir est avant tout une manœuvre préventive à l’encontre des possibilités de révolte d’une partie de la population des pays qui ont à « perdre ».


Attached documents


Compléments d'informations :
collectiviser...
par colporteur,
le 19 December 2011

Il me semble que le terme choisi pour dénoncer les fraudeurs, "trahison", dit autre chose que "désertion". Certes il s’agit de prévenir cette dernière en la dramatisant, mais il y a bien une "trahison" du devoir imposé à chacun d’être entrepreneur de soi (voir La personne devient une entreprise, note sur le travail de production de soi, d’André Gorz) d’être "employable" (voir Ni emploi forcé, ni culpabilisation, ni management, grève des chômeurs !) et il y a bien nécessité de ne pas céder sur nos désirs face à un état social ’actif’, mais il me semble que nous sommes loin d’avoir les débats et les pratiques qui pourraient rendre tout cela plus consistant. Je sais pas trop si c’est le lieu...

Il n’empêche, l’article qui précède, à vanter la fraude et son ampleur, parce qu’il réplique à une campagne du pouvoir est conduit à enchanter un peu trop le tableau. Une attitude critique (c’est à dire le fait de chercher à distinguer parmi les phénomènes, les logiques, les rapports pour les mettre en cause) qui débouche sur une apologie (fut-elle celle du vol) montre que la perspective fait défaut.

Un contrepoint partiel donc, à propos des faits, si têtus, si désagréables, et qui devraient nous contraindre à penser : une "évaluation" nous apprend qu’une personne sur deux ayant droit au RSA ne le demande pas. Entre le formulaire d’inscription intrusif qui fait craindre le pire, la stigmatisation des assistés traîtres à l’intérêt général, (l’économie c’est la loi, le social ? du vol), le faible apport monétaire pour qui taffe déclaré pour de bas salaires, c’est une affaire qui marche... Tout revenu est indu. ou en tout cas tend à l’être. Une alloc’ chômage, une retraite, un congé maladie, autant d’abus.

Dans l’optique d’une collectivisation des pratiques on pourra lire, faire circuler, critiquer/compléter :

De la légitimité de frauder les minima sociaux et de quelques conseils à cette fin

En ces temps de chasse à la « fraude sociale », quelques conseils face aux contrôles domiciliaires de la CAF

De nouveau je sais pas si indy Grenoble peut servir de support à un approfondissement de ces questions trop peu creusées, on verra ce que fait l’équipe d’admin de ce post. Si cela leur va, pourquoi ne pas tenter de continuer. Nous avons besoin d’explorer plus et mieux, de dire... Baille....

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