Tuesday 20 December 2011 par anonyme
[Infos locales] [Migrations / Sans-paps]Cette histoire, dont on ne connaît pas encore le dénouement à l’heure actuelle (le 20 décembre) fait suite à l’expulsion décomplexée du squat rom de la rue Germain à Grenoble, et au harcèlement policier qu’ont subi ses anciens occupants les jours suivants.
La famille Ajredinovski-Todorova (respectivement les noms du père et de la mère) a donc été mise à la rue le 2 décembre, comme beaucoup d’autres personnes, puis pourchassée par la police partout où elle a essayé de se réfugier par la suite, sortie d’un abri de fortune à Fontaine, puis gazée dans une autre maison squattée où elle avait passé la nuit. Finalement, le 6 décembre, elle en était également expulsée et embarquée en centre de rétention dans la foulée car sous le coup d’OQTF (obligations de quitter le territoire français).

De plus, non contente d’être d’origine rom, cette famille n’a pas une situation administrative classique : tandis que le père est de nationalité macédonienne, de même que les trois enfants, nés en Macédoine, la mère, elle, est bulgare. Or, la Macédoine ne fait pas partie de l’Union européenne, tandis que la Bulgarie en fait partie. (Ce qui, notez bien, n’a pas pour effet de jouer en faveur des Roms bulgares, mais, comme nous allons le voir, peut jouer en leur défaveur...)
Pour encore aggraver son cas, avant de venir en France, la famille est passée par le Danemark, où le père et les enfants ont déposé une demande d’asile, tandis que la mère, ressortissante européenne, n’a pas pu. Ainsi, en vertu du règlement Dublin II qui n’autorise les étrangers à demander l’asile que dans le premier pays de l’Union où ils sont passés, le père et les enfants devraient être renvoyés au Danemark, tandis que la mère devrait être expulsée vers la Bulgarie...
Devant cette situation administrativement logique et humainement aberrante, le réseau éducation sans frontières (RESF) s’est mobilisé avec le soutien du collectif la Patate Chaude, qui se bat contre les discriminations subies par les Roms. Une campagne de protestation auprès de la préfecture de l’Isère a été lancée, suivie d’un rassemblement devant l’école de deux des enfants, puis d’un autre devant la Préfecture. Jusqu’à présent, en vain. Le préfet reste droit dans ses bottes.
Pendant ce temps, la mère a fait une demande d’asile au centre de rétention (les demandes d’asile des ressortissants bulgares étant étonnamment traitées en France), ce qui lui a permis d’éviter une expulsion immédiate. La famille, suivie et soutenue sur place par l’asso Forum réfugiés, est d’abord passée devant le tribunal administratif, avec une demande d’annulation de la procédure d’expulsion. Celle-ci a été refusée, car le juge a estimé manquer de preuves que Mme Todorova est bien la mère des enfants... Puis, elle est passée devant le juge des libertés, qui a donné un délai de 20 jours supplémentaire (qui n’empêche pas une expulsion avant...)
Et c’est ainsi qu’hier (19 décembre), la famille Ajredinovski-Todorova a failli être dispersée. Les policiers sont venus chercher le père et les trois enfants pour les expulser vers le Danemark. Madame Todorova a reçu une réponse négative à sa demande d’asile faite en rétention. Elle peut donc être expulsée, mais vers la Bulgarie.
Par chance, l’avion n’est pas parti - problèmes techniques ou grève à l’aéroport. Le père et les trois enfants sont donc de nouveau au CRA...

Pour dire à la préfecture de l’Isère et au préfet Éric Le Douaron ce que vous pensez de leur considération pour les êtres humains :
tél.: 04 76 60 49 58
etrangers-public@isere.pref.gouv.fr
eric.ledouaron@isere.gouv.fr
pref-secretariat-prefet@isere.gouv.fr
fax : 04 76 44 68 00
L’appel à rassemblement devant la préfecture :
Voici les toutes dernières nouvelles arrivées il y a moins d’une heure sur la liste du réseau éducation sans frontières : “Je viens d’appeler Forum au centre de rétention pour en savoir plus … Forum était bien au courant qu’ils avaient emmené la maman hier matin, mais ne savait pas qu’ils l’avaient embarquée avec un enfant ! En fait ce n’est pas une histoire de manque de place dans l’avion, mais c’est le chef de centre qui a rappelé l’escorte qui était partie … la veille au soir (le mercredi soir tard) il semble qu’il y ait eu une décision du ministère de l’immigration de “suspendre la mise à exécution de l’éloignement en attendant de trouver une solution qui permette de garder l’unité familiale” … Ça c’est une bonne chose, ils ont peut-être fini par entendre qu’expulser la famille dans deux pays différents c’était du grand n’importe quoi ! … Sauf que pour l’instant la famille reste en rétention et qu’on ne voit pas bien quelle solution juridique ils peuvent trouver pour expulser la famille entière dans un des deux pays … La seule solution est donc bien de les libérer au plus vite et qu’ils puissent rester là !!!!
Il faut donc continuer à signer la pétition : http://resf.info/P2077 à écrire ou téléphoner à la préfecture de l’Isère tel: 04 76 60 49 58 etrangers-public@isere.pref.gouv.fr préfet Eric LE DOUARON eric.ledouaron@isere.gouv.fr son secrétariat pref-secretariat-prefet@isere.gouv.fr Fax 04 76 44 68 00
Voilà ce que l’on sait, nous sommes en train d’organiser une délégation pour aller leur rendre visite avec interprète en macédonien dans la semaine prochaine. Merci de vous préoccuper de cette famille harcelée par l’Etat français.
Ajouter un complément d'information
Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.