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IEP Grenoble : un pamphlet réactionaire en guise de livre d’histoire

Sunday 15 January 2012 par anonyme

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IEP Grenoble : un pamphlet réactionaire en guise de livre d’histoire

Publié le 15 janvier

Depuis la ren­trée, les élèves pos­tu­lant pour le concours de l’l’IEP Grenoble étudient comme œuvre unique d’his­toire le livre de Daniel Lefeuvre, Pour en finir avec la repen­tance colo­niale, Flammarion, 2006. Cet ouvrage polé­mi­que s’ins­crit dans le cadre du débat public lancé par l’arti­cle 4 de la loi du 23 février 2005 [1]. A l’époque, Catherine Coquery-Vidrovitch avait pro­posé un compte-rendu cri­ti­que de cet ouvrage qui adopte une posi­tion par­ti­sane sur le fait colo­nial et ses usages publics. S’il n’est pas inin­té­res­sant de sen­si­bi­li­ser des étudiants à l’intel­li­gi­bi­lité de ques­tions mémo­riel­les, il convient, pour cela, de pré­ci­ser au mini­mum la nature spé­ci­fi­que de l’ouvrage à étudier. L’inter­pel­la­tion de notre col­lè­gue ci-des­sous nous semble donc très oppor­tune afin de cla­ri­fier les atten­tes de l’IEP Grenoble quant à l’étude de cet ouvrage.

L’auteur vise dans cet ouvrage à « démon­ter […] à l’aide des bons vieux outils de l’his­to­rien –les sour­ces, les chif­fres, le contexte- […] les contre­vé­ri­tés, bille­ve­sées et bri­co­lage [qui com­po­sent] le réqui­si­toire des repen­tants » (extrait de la qua­trième de cou­ver­ture). Le ton est donné ; Daniel Lefeuvre compte réta­blir des « véri­tés » contre les dis­cours de tous ceux (poli­tis­tes, his­to­riens, jour­na­lis­tes, poli­ti­ciens..., les « repen­tants ») qui « mènent combat pour dénon­cer le péché capi­tal que nous devons tous expier : notre passé colo­nial, à nous Français » (ibid.).

L’ouvrage pro­posé cette année au concours d’entrée de l’IEP doit-il être consi­déré par les can­di­dats et les pré­pa­ra­teurs comme un livre d’his­toire sur la colo­ni­sa­tion, comme un docu­ment his­to­ri­que sur les conflits actuels autour de la mémoire colo­niale, ou bien encore comme un essai par­ti­san ? Sans doute est-il l’œuvre d’un his­to­rien ; mais il s’agit en réa­lité d’un pam­phlet poli­ti­que, qui vise la contro­verse, et qui cher­che bien davan­tage à condam­ner ce que l’auteur per­çoit être « une pro­pa­gande repen­tante » (p. 157), qu’à offrir une his­toire de la colo­ni­sa­tion. La « pro­pa­gande repen­tante » com­prend aussi bien, pour l’auteur, les tra­vaux de nom­breux pro­fes­seurs d’his­toire, spé­cia­lis­tes de la colo­ni­sa­tion, que les dis­cours de Tarik Ramadan. Dans ces condi­tions, il semble donc néces­saire que l’IEP pré­cise clai­re­ment le statut de l’ouvrage au pro­gramme qui est conféré pour ce concours – et d’autant plus qu’il s’agit d’une année électorale, qui pro­vo­quera des débats où les ques­tions dont traite l’ouvrage ne seront sans doute pas absen­tes.

La suite à lire sur : http://cvuh.blogspot.com/2012/01/no... Notes

[1] « Les programmes de recherche universitaire accordent à l’histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu’elle mérite. » source : texte intégral sur Légifrance



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