Thursday 19 January 2012 par une belle journée d’hiver
[Infos locales] [Média]Tous les lundi, nous sommes quelques grenoblois-e-s à nous réunir dans un café pour lire la presse locale, s’informer sur ce qui se passe dans notre ville, échanger nos impressions.
Nous vous proposons ici une petite sélection des informations qui nous ont marquées, entre le 9 et le 15 janvier dernier. Mille excuses s’il n’y a quasiment pas d’informations enthousiasmantes, elles sont à l’image des journaux que nous consultons.
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NANOSÉCURITÉ : LE POISON ET L’ANTIDOTE
Voilà, c’est fait. Grenoble avait Minatec, le premier centre européen de recherches en nanotechnologies, une structure à buts médicaux, industriels et militaires, d’un coût de 190 millions d’euros, en grande partie financée par l’État, la Région et le conseil général, et contrôlée par le CEA. Grenoble avait des opposant-e-s aux nanotechnologies, dénonçant notamment les catastrophes sanitaires de ces nouveaux matériaux. Et maintenant Grenoble aura Nanosécurité, un nouveau centre de recherches pour "étudier les effets sur la santé des nanomatériaux". Prévue pour 2013, toujours contrôlée par le CEA, cette structure rassemblera 150 chercheurs, coûtera près de 20 millions d’euros essentiellement financés par l’État et par la région. "Et à ceux qui s’étonnent de voir le CEA impliqué dans la recherche sur les nanomatériaux et leurs applications, et dans le même temps dans la surveillance des recherches via Nanosécurité, le président de la région répond "qu’il n’y a pas de conflits d’intérêt" : "Face aux inquiétudes légitimes que peuvent avoir les chercheurs et la population, nous allons élaborer dans ce centre une nanoéthique" (DL, 14/01/12) Tiens, un nouveau mot, la Nanoéthique... Une éthique microscopique ? On retrouve ici les mêmes stratégies que pour le nucléaire : le CEA se trouve à la fois producteur et contrôleur de ses technologies, sans réel contre-pouvoir. Rappelons, pour seul exemple, que le CEA n’a jamais effectué d’études épidémiologiques sérieuses et approfondies sur les effets des rejets de radioactivité des centrales nucléaires en France.
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ROCADE NORD
Vous souvenez-vous de la consultation publique sur la Rocade Nord en 2007 ? Cette magnifique plaquette du conseil général diffusée dans toutes les boîtes aux lettres, présentant la Rocade Nord comme une étape décisive pour "améliorer les déplacements dans l’agglomération grenobloise" ? Après 4 ans de procédure lancée par des élu-e-s écologistes, le tribunal administratif de Grenoble vient d’annuler la consultation publique de 2007, présentant la démarche lancée par le président du conseil général André Vallini comme illégale et en dehors des règles de la démocratie. (DL, 12/01/12) Est-ce à dire que tou-te-s les Grenoblois-e-s vont recevoir dans leur boîte aux lettre une nouvelle plaquette présentant les excuses du conseil général et toute la vérité sur la Rocade Nord ? Non, juste un petit entrefilet de sept sur dix centimètres dans le Dauphiné Libéré.
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ALEXANDRE GABRIAC, UN REVOLUTIONNAIRE
Plusieurs articles sur l’extrême droite cette semaine : une présentation de la manifestation d’environ 200 "jeunesses nationalistes" à Lyon, et leurs slogans "Ni droite, ni gauche, nationalistes" ou "La France aux Français" (la contre-manifestation rassemblait environ 1000 personnes). Une interview de leur leader, le conseiller régional Alexandre Gabriac, qui aimerait que les soldats envoyés en Afghanistan viennent plutôt en France "sécuriser les banlieues" et qui utilise des propos proches de l’anarchisme :"Je suis un révolutionnaire et je ne souhaite pas être nourri par le système que je combats". Et enfin une petite présentation des cinquièmes rencontres antifascistes Ras’L’Front à Rives, où des militant-e-s expliquent qu’il y a de fortes chances pour que le FN gagne les élections de 2017 si on ne se réveille pas avant. (DL, 10, 13 et 14/01/12)
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ECHIROLLES, UN BILAN DE LA VIDÉOSURVEILLANCE
Depuis trois ans, la ville d’Echirolles a installé un système de vidéosurveillance, et présente au Dauphiné Libéré le bilan "positif" de cette mesure. Pour le maire Renzo Sulli (PC), la délinquance a baissé de 30% en trois ans : "La vidéosurveillance est l’un des vecteurs de cette baisse, mais pas le seul", il y a aussi le doublement des effectifs de la police municipale et la création de postes de "médiateurs de nuit". Aux opposants municipaux de gauche qui critiquent cette politique sécuritaire, le maire répond "Je considère que la question de la tranquillité est essentielle. Ce sont les petites gens qui souffrent le plus de l’insécurité." Pour un opposant municipal Modem, "La vidéosurveillance couvre 800 m2 de terrain ! La délinquance se transfère donc ailleurs. Or Échirolles n’a ni les moyens, ni la volonté d’installer des caméras partout. Les gens qui posent problème, on les connaît, et il n’y a pas besoin de vidéosurveillance pour cela". Interrogé sur les problèmes éthiques des caméras, le chef de la police municipal parle de la création d’un "comité d’éthique", et d’un "système automatique de masquage dynamique qui brouille les vues sur les façades d’immeubles d’habitation dans un souci de respect de la vie privée" (DL, 15/01/12) Bref, à lire le Dauphiné Libéré, la vidéosurveillance c’est efficace, et il n’y a pas de problème politique. Dormez tranquilles.
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MEYLAN, LA COURSE AU HIGH TECH
Depuis plusieurs mois, des articles présentent régulièrement la course au high tech de la ville de Meylan. Après les applications iphone pour permettre aux habitant-e-s d’alerter on-line et par photos la mairie et la police dès qu’une "anomalie" est détectée, après les capteurs RFID cachés dans le sol pour alerter la police en cas de stationnement interdit, voici les tablettes numériques à l’école, une version améliorée des vidéoprojecteurs. Un projet expérimental de l’Education Nationale présenté comme une manière "de relancer la motivation et l’intérêt des élèves" et de sensibiliser les élèves aux nouvelles technologies. (DL, 11/01/12)
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MANIFESTATION DE FEMMES VOILÉES
Plusieurs centaines de femmes "voilées et musulmanes" se sont réunies rue Félix Poulat, à l’initiative de l’association "Nous citoyennes", un collectif de "femmes libres et indépendantes" contre la ségrégation en France. Elles manifestaient en particulier contre le projet de loi "interdisant aux assistantes maternelles de porter le foulard". "Nous sommes choquées de voir que les politiques se servent de nous pour diviser la société" explique l’une des porte-parole du collectif, "En fait, nous sommes respectées lorsque nous sommes réduits à la fonction de consommateurs, lorsque nous dépensons de l’argent pour Coca-Cola et Nike, mais cela ne va pas au-delà". (DL, 15/01/12). Sur cette question du voile, il existe le film "Un racisme à peine voilé", téléchargeable sur le site des Renseignements Généreux.
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EVE, LE FEUILLETON CONTINUE
Le bâtiment EVE (Espace Vie Étudiante) est un espace d’activités et d’animations sur le campus, qui accueille depuis 2003 une multitude de concerts, projections, expositions et réunions associatives. Il est géré par l’association étudiante et inter-universitaire Éponyme, dans le cadre d’une Délégation de Service Public. Cet automne, la direction de l’Université a annoncé sa volonté de reprendre en direct la gestion du bâtiment à partir de février 2012, et notamment de confier la gestion du café-bar au CROUS. Cette décision a soulevé de nombreuses indignations parmi les étudiant-e-s, le lancement d’une pétition et la création d’un comité de soutien assez actif sur le campus. En réaction, la direction de l’Université a décidé de prolonger la Délégation de Service Public jusqu’à la fin août 2012. (DL, 13/01/12) Un premier pas en direction du comité de soutien d’EVE ? Ou une manière de calmer le jeu en attendant la dispersion estivale des étudiant-e-s pour reprendre l’offensive ? Plus d’infos sur http://soutenir-eve.org
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LE LYON-TURIN PASSE PAR L’ISÈRE
C’est un projet de 7,5 milliards d’euros, plus de 16 milliards d’euros si l’on prend en compte la partie italienne : une liaison ferroviaire grande-vitesse entre Lyon et Turin. La ligne sera en grande partie souterraine, avec un immense tunnel monotube passant sous Belledonne et sous la Chartreuse. Le tracé le plus proche de Grenoble est un peu au sud de Montmélian. Une enquête publique vient d’être lancée dans la plupart des communes traversées en Isère, mais pas toutes semble-t-il. Les premiers travaux sont prévus pour 2014, et s’étaleront sur plus de dix ans. (DL, 15/01/12) Côté italien, la lutte contre ce projet est extrêmement intense et populaire, rassemblant des dizaines de milliers d’opposant-e-s, et obligeant l’armée à protéger en permanence les engins de chantier. Côté français, les opposant-e-s s’organisent, notamment autour de Chambéry. Le Dauphiné Libéré n’en parle pas.
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LA GÉANTE DE LA VILLENEUVE
Demandez à des amis non grenoblois ce qu’évoque le terme Villeneuve pour eux, et vous obtiendrez la plupart du temps des images d’émeutes, de grand banditisme, des hélicoptères survolant une cité, des centaines de CRS quadrillant le quartier, des voitures en flamme à la télévision, et des discours de la clique Sarkozy dénonçant l’immigration comme la principale responsable de tout ce bazar de juillet 2010... Suite à cet embrasement estival, des habitant-e-s et des associations de quartier s’étaient réunis pour essayer de comprendre ce qui s’était passé. Leur constat ? "La détérioration graduelle du quartier est liée à la question sociale, au manque chronique d’emplois et donc de perspectives, le tout redoublé par un sentiment d’abandon de la part des pouvoirs publics dans leur ensemble". Après un an de débats et de réflexions, ils ont envoyé à la mairie de Grenoble en juin 2011 un Livre Blanc, une sorte de cahier de doléances des moyens nécessaires pour améliorer la situation dans la Villeneuve. Pour affirmer la volonté de voir ce Livre Blanc pris en compte, et à l’occasion des 40 ans de la Villeneuve, le collectif d’associations "Villeneuve debout" a construit une géante en Osier de 7 mètres, Nissa, enceinte, dont le bébé "ne sortira que lorsque le quartier ira mieux". (DL, 12/01/12)
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