Indymedia Grenoble

La grevue de presse du 30 janvier au 5 février

Thursday 9 February 2012 par des conteurs de comptoir

[Infos locales] [Média]

Tous les lundi, nous sommes quelques grenoblois-e-s à nous réunir dans un café pour lire la presse locale qui nous tombe sous la main, s’informer un peu sur ce qui se passe dans notre ville, échanger nos impressions.

Nous vous proposons ici une petite sélection des informations qui nous ont marquées, entre le 30 janvier et le 5 février dernier, dans le Dauphiné Libéré, Grenews, les blogs de différents politiciens locaux et la revue de presse de l’ADES.

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BIG VOISIN IS WATCHING YOU

Le hameau de Saint-Nizier à Uriage expérimente l’opération "Voisin vigilant". Tou-te-s les habitant-e-s ont reçu une lettre de la mairie les invitant à participer à un nouveau dispositif de "coproduction de sécurité" : "Tout habitant volontaire qui constate des comportements douteux (personnes inconnues entrant dans une propriété, voiture en stationnement...) alerte par téléphone la police ou la gendarmerie". Les volontaires ont donné leur e-mail et leur téléphone à la police ainsi qu’apposé sur leur boîte aux lettres l’étiquette "Voisins vigilants", avec un gros oeil bleu qui rappelle le roman 1984. À chaque entrée du village des panneaux "Voisins vigilants" ont été posés, avec le même gros oeil bleu.

Le commandant de groupement de gendarmerie de l’Isère, le colonel Lettermann, explique au daubé ce dispositif de "participation citoyenne" inspiré de "Neighbourhood Watch" en Angleterre. Il s’agit d’un "partenariat entre une mairie, des habitants et la gendarmerie. [...] En matière de cambriolage, surtout en zone rurale ou résidentielle, tout le monde doit s’y mettre." Les "voisins vigilants" doivent "fermer ses portes et ses volets, se mettre d’accord avec un voisin pour ramasser son courrier pendant son absence [...] ils peuvent aussi faire remonter à la police ou à la gendarmerie des informations qui pourront peut-être se révéler utiles pour des enquêtes." Interrogé sur les risques de voir se développer des milices locales ou des systèmes de délation, le colonel répond : "C’est plus un refus de l’individualisme qu’autre chose. Dès qu’on voit quelque chose d’inhabituel, on le signale à la gendarmerie. C’est une forme de bon sens. [...] Les choses doivent se faire de manière paisible et naturelle." Les limites du dispositif ? Les voisins vigilants doivent s’engager à "ne pas intervenir directement et physiquement". "Si certains citoyens s’avisaient de mener eux-mêmes des patrouilles, on arrête tout" prévient l’adjoint au maire de Saint-Nizier à Uriage, où ce dispositif, qui n’a pas été soumis à consultation publique, ne fait pas l’unanimité.

Le daubé donne ensuite la parole à Sébastian Roché, prof à l’IEP Grenoble. Ce dernier critique l’efficacité du dispositif "Voisins vigilants", parce qu’il est peu fiable sur la durée, et parce que la "délinquance" s’adapte à tous les dispositifs. Interrogé sur les risques de délation et de création de milices, il relativise : "Je ne pense pas que les forces de l’ordre puissent faire leur travail sans la population. Si personne ne parle, les enquêtes ne se font pas. Sinon on s’oriente vers d’autres dispositifs, hors de la population avec des technologies de type vidéosurveillance ou drônes, qui vont capter les informations sans les citoyens. Il faut que les citoyens coopèrent, mais aussi que la police rende des comptes, ce qui n’est pas le cas dans le système actuel. Il faut en profiter pour changer la culture des forces de l’ordre vis-à-vos de la population. Je pense notamment que la population devrait pouvoir participer à l’orientation de l’activité de la police localement." (DL, 02/02/12)

Aucune réflexion critique et approfondie sur l’insécurité, la démocratie, la police... Une double-page du journal qui fait froid dans le dos.

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MANIF CONTRE CLINATEC

Un tout petit encart dans le daubé du 1er février 2012 pour mentionner la manif contre Clinatec du 31 janvier. "Une petite soixantaine de personnes" selon le journal, qui ne présente aucun argument de fond sur le pourquoi de cette manif. (DL, 01/02/12) Heureusement qu’Indymedia existe pour en savoir plus.

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TOC TOC TOC, C’EST LE PS

Le PS tente une nouvelle campagne de marketing politique inspirée de la campagne Obama en 2008. L’objectif ? Mobiliser des militant-e-s pour une grande opération de porte-à-porte visant à toucher 5 millions de foyers. La fédération iséroise prévoit de cibler en priorité "les quartiers d’abstentionnistes de gauche selon une cartographie que nous avons réalisée lors des dernières élections. [...] Des petits objets de campagne seront distribués, comme des magnets". La fin du tractage sur les marchés ? "Des études ont montré que pour 10 000 tracts distribués, à peine une dizaine sera lue. Les gens sont submergés de brochures qu’ils ne lisent plus, donc il convient de trouver d’autres moyens pour les approcher." ajoute la fédération iséroise du PS. Pendant ce temps, le FN distribue des tracts à la sortie des usines, notamment devant Becton-Dickinson. (DL, 05/02/12)

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C’EST LA CRISE, PAS POUR LES BANQUES

Les paysans disparaissent, la plupart de ceux qui restent sont surendettés, les terres et les eaux sont infestées de pesticides, seulement 6% des surfaces cultivées de Rhônes-Alpes sont en bio, les jeunes paysan-ne-s souhaitant s’installer en bio galèrent pour trouver des terres et des financements... Mais le crédit agricole est en pleine forme. Dans un article enthousiaste, le daubé nous présente la vigueur économique de cette banque qui affiche un résultat net de 110 millions d’euros pour la Drôme, l’Ardèche et l’Isère, une progression de 5% en un an. Une banque présentée comme philanthropique, puisque la veille, le daubé annonçait un don de 45 000 euros du crédit agricole pour l’association Un Toit pour Tous, avec une magnifique photo d’un très gros chèque porté par la banque et l’association. (DL, 01/02/12 et 30/01/12) Publireportage ? Le daubé a besoin d’un prêt ?

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DESTOT VS BLANC

Grenews liste une série de "petites phrases marquantes" récoltées lors du Forum libé organisé à Grenoble fin janvier. Sont citées la plupart des "stars" de la "gauche", Hollande, Mélenchon, Demorand, Montebourg... Et qui trouve-t-on entre Martin Hirsh et Michel Destot ? Yannick Blanc, sous l’étiquette PMO, avec la citation : "Il y a moins de monde que d’habitude", aussitôt suivi par Michel Destot pour qui "27 000 entrées ont été distribuées, une fréquentation en augmentation." (Grenews, 1-8 février) Une "private joke" de journaliste ?

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DE PLUS EN PLUS DE SURENDETTEMENT EN ISÈRE

En 2011, plus de 3700 dossiers de surendettement ont été déposés devant la Commission de surendettement de l’Isère, contre 2400 en 2009. L’endettement moyen par dossier est de 36 500 euros. Sont pointés du doigt les crédits à la consommation, permettant d’emprunter des dizaines de milliers d’euros en compilant divers crédits simultanés. Une conseillère en économie sociale témoigne : "Le plus souvent, [le surendettement] survient à la suite d’un "accident de la vie", qui peut être une maladie, un décès, un divorce, un évènement qui met en péril les capacités [des gens] à travailler, ou carrément la perte d’un emploi. [...] La dégringolade arrive très vite." (DL, 05/02/12)

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LES COULISSES DE LA NOUVELLE GARE

Depuis plusieurs mois le Dauphiné Libéré présente avec éloge le projet de restructuration de la gare de Grenoble. Un gros chantier d’environ 40 millions d’euros pour une gare plus spacieuse, plus ’’moderne’’, destinée à accueillir deux à trois fois plus de passagers. Les travaux devraient débuter en 2013 ou 2014. Dans un communiqué, l’ADES nous présente l’envers de ce projet. Le principal bénéficiaire économique de ce projet est la SNCF, mais les financeurs sont avant tout les collectivités locales, à plus de 70% (ville de Grenoble 17,7%, Métro 17,7%, conseil général 15,3%, Région 20,1%). Toute une série de nouveaux commerces et de services sont prévus en gare, avec des loyers élevés. Seulement 4 guichets avec "présence humaine" sont prévus, contre 15 aujourd’hui, le reste de la vente étant assurée par des automates. (ADES, 05/02/12) Plus de commerces, moins de service public, la logique de privatisation du train continue.

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VIVRE À GRENOBLE

Depuis quelques temps le daubé se fait l’échos de "Vivre à Grenoble", un nouveau collectif d’habitant-e-s contestant les politiques d’urbanisme de la mairie. L’association "Vivre à Grenoble" rassemble les associations et collectifs d’habitant-e-s "Vivre à Berriat", "Vivre en ville", "Vivre à Flaubert", "Vivre à Villeneuve", le comité des habitant-e-s de l’Esplanade et de la route de Lyon et quelques autres collectifs. "Vivre à Grenoble" réclame un "moratoire sur l’ensemble des projets qui font actuellement l’objet d’une opposition motivée des habitants et un débat sur leurs propositions dans un cadre démocratique, clair et respectueux.", notamment dans les quartiers Flaubert et l’Esplanade. Elle dénonce les politiques de densification urbaine, la frénésie immobilière, l’absence de démocratie locale, le pipot des démarches de concertation et de démocratie participative menées par la mairie. (DL, 03/02/12)



Compléments d'informations :
GREVUE DE PRESSE
par Anonyme,
le 14 February 2012

Qui sont ces citoyens qui se rassemblent ? Est-ce une grevue non ouverte à d’autres ? Où se déroule-t-elle ?

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