Indymedia Grenoble

Fafland ? Panorama de l’implantation de l’extrême-droite chez les supporters de l’OL

Sunday 18 March 2012 par anonyme

[Ville / Environnement] [Alternatives / Contre-culture] [Antifascisme] [Autres infos]

Le club lyonnais est dans la tourmente depuis quelques semaines, et pas seulement sur le plan sportif. En février, il a en effet été placé sous surveillance par la Direction Nationale de Lutte Contre le Hooliganisme, avec quatre autres clubs (Saint-Etienne, Nice, Montpellier et Bordeaux). L’OL est mis en cause pour la recrudescence d’incidents à caractère racistes, antisémites et homophobes venant de ses supporters. Les dirigeants seront convoqués sous peu à une réunion au Ministère de l’Intérieur. En février 2011, souhaitant jouer la carte de la respectabilité, l’Olympique Lyonnais avait pourtant signé avec la LICRA une charte dans laquelle il s’engageait à lutter contre toutes les formes de discrimination.

Mais l’hypocrisie des instances dirigeantes du club olympien et le strabisme des journalistes sur cette question présentent les incidents comme des faits individuels ou d’une minorité incontrôlée. C’est vite oublier que c’est toute une ambiance, un contexte de tribune et un état d’esprit singulier qui favorisent ces « dérapages ». Et si la proximité entre certains supporters, ou groupes de supporters, et les milieux nationalistes a toujours existé, à Lyon comme dans d’autres villes, s’affichant parfois même sans complexe, elle prend une dimension particulière dans un contexte local de radicalisation d’une partie de l’extrême-droite.

Le groupe se cons­ti­tue au départ dans la tri­bune Jean Bouin (sur­nommé alors KGB - Kop Jean Bouin) avant de rejoin­dre le virage nord en 1988. Il est com­posé en partie de skin­heads néo-nazis ori­gi­nai­res de cer­tains quar­tiers popu­lai­res de Lyon ou des com­mu­nes de l’ouest lyon­nais. Ils affi­chent des opi­nions poli­ti­ques natio­na­lis­tes et atti­rent rapi­de­ment les étudiants fas­cis­tes de Lyon III regrou­pés en partie au sein du CLAN (Comité Lyonnais d’Action Nationaliste). Ces der­niers seront chas­sés par la suite par le « noyau dur » du groupe qui leur repro­chera leurs ambi­tions poli­ti­cien­nes (dif­fu­sion de tracts dans les tri­bu­nes très peu du goût des mem­bres des BG). Ils n’avaient pas non plus envie de servir de gros bras à ces jeunes issus de la bour­geoi­sie du 6e arron­dis­se­ment de Lyon et des Monts-d’Or. Jusqu’au milieu des années 90, les Bad Gones feront parler d’eux dans la presse au tra­vers de faits divers racis­tes, anti­sé­mi­tes [6] ou de vio­len­ces les amal­ga­mant au milieu hoo­li­gan.

Depuis la fin des années 90, le groupe tra­vaille à sa dédia­bo­li­sa­tion autant par choix stra­té­gi­que que par obli­ga­tion. En pas­sant la barre des milles adhé­rents au début des années 2000 (le groupe n’était com­posé que de 400 mem­bres envi­ron en 1997) et sous la pres­sion du club, les diri­geants des BG n’ont eu de cesse de tenir leurs trou­pes, sur­tout à Gerland, les « déra­pa­ges » arri­vant plus ou moins régu­liè­re­ment à l’exté­rieur.

Cet arti­cle (non exhaus­tif !) pro­pose de mon­trer les jeux de vases com­mu­ni­quants exis­tant entre tri­bu­nes de Gerland et grou­pus­cu­les natio­na­lis­tes locaux. Il n’a pas pour but de mettre à l’index ou d’accom­pa­gner la répres­sion que peu­vent connaî­tre les ultras ou les hoo­li­gans. Nous ne sommes pas de ceux qui veu­lent que Gerland res­sem­ble au Parc des Princes, c’est à dire un stade « mort » car sans ambiance. Il a sur­tout pour voca­tion de mettre face à leurs contra­dic­tions les dif­fé­rents acteurs de l’Olympique Lyonnais, des grou­pes de sup­por­ters aux diri­geants du club.

Après une brève pré­sen­ta­tion de la culture du stade, plus pré­ci­sé­ment celle des sup­por­ters des tri­bu­nes popu­lai­res, on fera donc un inven­taire des grou­pes de sup­por­ters lyon­nais les plus impor­tants, du plus ancien groupe au plus récent, en mon­trant leurs rela­tions ou non avec les milieux natio­na­lis­tes et leurs idées, ainsi que leur évolution. Afin qu’au-delà des amal­ga­mes et des pré­ju­gés sou­vent col­por­tés au sujet des sup­por­ters lyon­nais, devant une réa­lité chan­geante et variée, la cri­ti­que, plus pré­cise, se fasse plus inci­sive.

Sommaire :

- Introduction : cultu­res de tri­bune : « ultras » et « hoo­li­gans »
- Kop Virage Nord et Bad Gones 87
- Lugdunum’s 93 (1993-2007, virage sud)
- Nucleo Ultra (2000-2007, virage sud)
- Cosa Nostra Lyon (2007-2010, virage sud)
- Lyon 1950 (2010, virage sud)
- Supporters indé­pen­dants et Hooligans


Cultures de tribune : « ultras » et « hooligans »
- Rubrique des méfaits divers

On ne peut faire un arti­cle sur le monde des tri­bu­nes sans rendre compte, de manière rapide, de quel uni­vers on parle. La cari­ca­ture sim­pliste du sup­por­ter de foot aviné, beauf, en bref bas du front, ne permet pas de com­pren­dre la sous-culture [1] qui existe dans les tri­bu­nes popu­lai­res. C’est un monde fait de codes, de valeurs, avec son propre lan­gage et ses pro­pres normes. Il existe deux « men­ta­li­tés » : l’une ita­lienne (ou latine) et l’autre anglaise.

La men­ta­lité dite « latine » dési­gne ce que l’on appelle les « ultras ». Elle est née en Italie à la fin des années 60. Les ultras sont des sup­por­ters qui choi­sis­sent d’encou­ra­ger leur équipe en se regrou­pant sous forme d’asso­cia­tions. Ils se trou­vent le plus sou­vent dans les vira­ges des stades (les tri­bu­nes situées der­rière les buts) tra­di­tion­nel­le­ment dési­gnés comme les tri­bu­nes popu­lai­res (le prix d’une place y est géné­ra­le­ment infé­rieur aux places des tri­bu­nes laté­ra­les). Leur sou­tien est actif, axé autour de l’ani­ma­tion des tri­bu­nes, et de la défense sym­bo­li­que ou non, de celles-ci face aux sup­por­ters adver­ses. Les ultras ani­ment leurs tri­bu­nes dans le but d’en faire un spec­ta­cle, qu’on appelle un « tifo » [2] : Ils uti­li­sent pour cela des « cali­cos » [3], dra­peaux et tout un tas d’arti­fi­ces dont des fumi­gè­nes (qui sont inter­dits et qui entraî­nent régu­liè­re­ment répres­sion poli­cière et judi­ciaire).

Les ultras met­tent un point d’hon­neur à prou­ver leur fidé­lité, en ne man­quant aucun dépla­ce­ment, en chan­tant et sou­te­nant leur équipe même quand elle perd (et tant qu’ils jugent qu’elle fait preuve des même valeur qu’eux : de cou­rage et de volonté), les sup­por­ters prou­vent qu’ils sont des ultras, des fana­ti­ques, des irré­duc­ti­bles... C’est ce qui les dif­fé­ren­cie des sup­por­ters clas­si­ques, par­tant avant la fin du match pré­fé­rant éviter 30 min de bou­chons que de suivre leur équipe jusqu’au bout.

Tous les « sup­por­té­ris­mes » n’ont d’ailleurs pas le même impact. Le public assis sage­ment à Lyon dans les tri­bu­nes de Jean-Jaurès et de Jean Bouin (venu consom­mer un spec­ta­cle plus que sup­por­ter une équipe, d’une cer­taine manière) n’a pas le même profil que celui que l’on retrouve dans les vira­ges nord et sud. Il n’a pas le même enga­ge­ment vis à vis du club et de l’équipe. Pas la même pas­sion, ni la même fer­veur. Pour les ultras, sup­por­ter une équipe est un enga­ment, comme une forme de mili­tan­tisme.

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Ultras Inferno - Standard de Liège.

La men­ta­lité « anglaise » repose avant tout sur les chants tout du long de la ren­contre, et va de paire avec une volonté de pren­dre le dessus sur les sup­por­ters adver­ses, y com­pris phy­si­que­ment quand le contexte le permet. Ces sup­por­ters sont des « ’fans ». Ils sont par­fois eux aussi regrou­pés en asso­cia­tions de sup­por­ters. Cette men­ta­lité de « fans » dési­gne également les sup­por­ters dits « indé­pen­dants ». Ces sup­por­ters n’appar­tien­nent à aucun groupe offi­ciel, ils ne sont pas « cartés ». On appelle les plus « durs » d’entre eux les hoo­li­gans.

Pour les hoo­li­gans il y a deux cham­pion­nats : celui des équipes de foot­ball et le leur, par affron­te­ments entre grou­pes de sup­por­ters. Dans une société où la vio­lence est bannie, et celle de l’état et de ses forces de l’ordre la seule qui soit consi­dé­rée comme légi­time, les affron­te­ments entre sup­por­ters sont vus comme une dégé­né­res­cence du sport moderne. Pour autant, ces affron­te­ments répon­dent à des règles, et malgré les acci­dents qui peu­vent arri­ver par­fois le but des com­bat­tants n’est pas de « tuer » l’adver­saire, mais tout sim­ple­ment de pren­dre le dessus et de le contrain­dre à la fuite.

La paci­fi­ca­tion à l’inté­rieur des stades et en dehors ainsi que la répres­sion du mou­ve­ment ultra les condui­sent à orga­ni­ser et pré­voir leurs affron­te­ments. Les rendez-vous se pren­nent de leader à leader, pour conve­nir d’un endroit, d’une heure et du nombre de par­ti­ci­pants de chaque côté. Chose mar­quante, une règle pré­vaut pour tous : pas d’armes. Règle semble-t-il peu res­pec­tée par les niçois ou mont­pel­lié­rains par exem­ple, ce qui leur vaut une haine par­ta­gée à peu près par tous les sup­por­ters d’hexa­gone. Les hoo­li­gans, les vrais, s’affron­tent entre eux, et ne s’en pren­nent pas au pre­mier por­teur d’écharpe adverse venu. La plu­part du temps les affron­te­ments se dérou­lent dans les jours qui pré­cè­dent ou sui­vent le match. Mais une nou­velle mode, venue d’Europe de l’Est, pousse cer­tains hoo­li­gans à orga­ni­ser des « tapes » à 40 contre 40 perdus au font d’un bois, en dehors de toute confron­ta­tion foot­bal­lis­ti­que. Chaque groupe se reconnais­sant par des tenues de cou­leurs dif­fé­ren­tes, comme des équipes de foot... Il s’agit d’une dérive de la culture hoo­li­gan s’appa­ren­tant plus à des com­bats de free fight col­lec­tif qu’ à autre chose.

Il peut paraî­tre étonnant de parler de « culture » pour parler du mou­ve­ment hoo­li­gan, mais elle existe. La culture hoo­li­gan, et le mode de vie qui s’y asso­cie, est née en paral­lèle du mou­ve­ment skin­head [4] dans l’Angleterre de la fin des années soixante. Le foot­ball revêt une impor­tance cultu­relle et sociale outre-manche sans com­mune mesure avec la France [5]. Dès lors, dans l’Angleterre de Margaret Thatcher, les frus­tra­tions socia­les et les riva­li­tés de ter­ri­toire entre bandes (skin­heads, rude­boys, rockers ou bikers) vont vite trou­ver un exu­toire dans les stades et leurs alen­tours. La culture hoo­li­gan, notam­ment ves­ti­men­taire, puise dans la culture skin­head à tra­vers les mar­ques Lonsdale et Fred Perry. Elle a également cons­truit ses pro­pres codes ves­ti­men­tai­res et pro­duit un nou­veau surnom pour les hoo­li­gans : « casuals ». Le look « casual » est plus dis­cret que le look skin­head, et il est né de la volonté, pour les plus irré­duc­ti­bles des stades, de passer ina­perçu aux yeux des flics... et de pou­voir se reconnaî­tre entre eux, et avec leurs adver­sai­res, en por­tant des mar­ques comme Stone Island, Burberry, Adidas ou Lacoste. Du côté musi­cal, on retrouve sou­vent l’héri­tage skin­head à tra­vers dif­fé­rents grou­pes de Oi ! ou de punk, de reggae, de rocks­teady et de ska. Changements cultu­rels aidant, cer­tains y ajou­tent du rap ou dif­fé­ren­tes musi­ques électroniques.

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Zulus Army - Birmingham Zulu Warriors. La firm black, blanc et bleu (couleur du club).

Depuis quel­ques années, les stades de foot­ball devien­nent le lieu de l’expé­ri­men­ta­tion des sys­tè­mes de contrôle et de puni­tion appli­ca­ble au reste de la société. De l’archi­tec­ture anti-émeute à la vidéo sur­veillance totale (comme au Stade de France, où les sup­por­ters peu­vent être suivis de la sta­tion de métro à la place au stade), en pas­sant par la puce RFID dans le billet du match (mis en place pour la coupe du monde 2006). Le côté « modèle réduit » que pré­sente le stade de foot­ball inté­resse les spé­cia­lis­tes de la sécu­rité. Les inter­dic­tions pré­ven­ti­ves d’aller et venir, d’assis­ter au match ou de sortir du ter­ri­toire (sanc­tion pou­vant être appli­quée par simple volonté du préfet) sont mon­naie cou­rante et fédè­rent les ultras de toute la France.

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1950 : Naissance de l’Olympique Lyonnais.

Bad Gones 87, Kop Virage Nord

Les Bad Gones traî­nent depuis leurs débuts une mau­vaise répu­ta­tion dans le monde des tri­bu­nes, celle d’un groupe de fachos. Les clubs de sup­por­ters ouver­te­ment anti­ra­cis­tes et par­fois clai­re­ment de gauche ne man­quent pas une occa­sion de les poin­ter du doigt comme la peste brune des stades au même titre que les mem­bres du KOB pari­sien, les niçois ou les lil­lois. Mais d’où leur vient cette si fâcheuse répu­ta­tion ?

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Créé à Messimy (petit vil­lage de l’ouest lyon­nais) en 1987 avec comme devise « Combattre et Vaincre » le groupe de sup­por­ters affi­che clai­re­ment la cou­leur dès ses débuts, avec une pre­mière écharpe « faite maison » arbo­rant une croix cel­ti­que.

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On notera la deuxième devise inscrite sur l’écharpe : « notre honneur s’appelle fidélité », devise SS.

Le groupe se cons­ti­tue au départ dans la tri­bune Jean Bouin (sur­nommé alors KGB - Kop Jean Bouin) avant de rejoin­dre le virage nord en 1988. Il est com­posé en partie de skin­heads néo-nazis ori­gi­nai­res de cer­tains quar­tiers popu­lai­res de Lyon ou des com­mu­nes de l’ouest lyon­nais. Ils affi­chent des opi­nions poli­ti­ques natio­na­lis­tes et atti­rent rapi­de­ment les étudiants fas­cis­tes de Lyon III regrou­pés en partie au sein du CLAN (Comité Lyonnais d’Action Nationaliste). Ces der­niers seront chas­sés par la suite par le « noyau dur » du groupe qui leur repro­chera leurs ambi­tions poli­ti­cien­nes (dif­fu­sion de tracts dans les tri­bu­nes très peu du goût des mem­bres des BG). Ils n’avaient pas non plus envie de servir de gros bras à ces jeunes issus de la bour­geoi­sie du 6e arron­dis­se­ment de Lyon et des Monts-d’Or. Jusqu’au milieu des années 90, les Bad Gones feront parler d’eux dans la presse au tra­vers de faits divers racis­tes, anti­sé­mi­tes [6] ou de vio­len­ces les amal­ga­mant au milieu hoo­li­gan.

Depuis la fin des années 90, le groupe tra­vaille à sa dédia­bo­li­sa­tion autant par choix stra­té­gi­que que par obli­ga­tion. En pas­sant la barre des milles adhé­rents au début des années 2000 (le groupe n’était com­posé que de 400 mem­bres envi­ron en 1997) et sous la pres­sion du club, les diri­geants des BG n’ont eu de cesse de tenir leurs trou­pes, sur­tout à Gerland, les « déra­pa­ges » arri­vant plus ou moins régu­liè­re­ment à l’exté­rieur.

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En effet, malgré les efforts pour contrô­ler les fans les plus ouver­te­ment racis­tes, le groupe reste animé par un esprit de « droite », a minima patrio­ti­que et par­fois ouver­te­ment natio­na­liste. Il joue avec l’ambi­guïté d’une grande pro­fu­sion de dra­peaux fran­çais en tri­bune. Dans le monde des sup­por­ters ce n’est pas anodin, c’est un mar­queur poli­ti­que. Les gones s’en défen­dent évidemment, et il est vrai que le bleu et le rouge sont les cou­leurs du club, le blanc c’est esthé­ti­que com­pre­nez-vous... Les Bad Gones sont aussi l’un des rares grou­pes de sup­por­ters à chan­ter La Marseillaise [7]. Principalement en Ligue des Champions, mais cela arrive aussi contre cer­tai­nes équipes fran­çai­ses et pas n’importe les­quel­les en géné­ral, comme contre la Duchère en 32e de finale de Coupe de France en jan­vier der­nier.

Les pro­vo­ca­tions à carac­tère raciste ou natio­na­liste s’étaient estom­pées depuis la saison 1997/1998 jusqu’en 2004-2005. Elles s’étaient faites plus rares, sur­tout à domi­cile. En revan­che lors des dépla­ce­ments, cer­tains gones ont semblé se lâcher plus faci­le­ment : bras tendus à Auxerre lors de la saison 2004-2005, re-belotte à Clermont-Ferrand la même saison, pro­vo­ca­tions lors de la saison 2005-2006 à Grenoble en coupe de France, etc etc…

Un autre exem­ple, moins grave, mais tout aussi révé­la­teur : la manière dont s’étaient démar­qués les BG en 2002 lors de l’entre-deux tours des pré­si­den­tiel­les, notam­ment lors de leur dépla­ce­ment à Bordeaux avec une ban­de­role « halte au gau­chisme » du plus bel effet et une ban­de­role pour le moins ambigü à domi­cile lors de la récep­tion de Lens en cham­pion­nat, la veille d’un cer­tain 5 mai :

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L’inter­pré­ta­tion du slogan pou­vait être celle-ci : Le Pen est seul contre tous, comme l’OL. Le let­trage « gothi­que » ren­for­çant l’« ambi­guïté » du mes­sage.

Les Bad Gones sont aujourd’hui le plus gros groupe de sup­por­ters de Lyon (plus de 2000 encar­tés) et ils entre­tien­nent des rela­tions plus que cor­dia­les avec la direc­tion du club. Toute mau­vaise publi­cité met­trait à mal leur légi­ti­mité si dure­ment acquise auprès de Jean-Michel Aulas ainsi que les avan­ta­ges sur les abon­ne­ments conclus avec le club, ou le sou­tien logis­ti­que pour cer­tains dépla­ce­ments.

Et en terme de mau­vaise publi­cité, le faux com­mu­ni­qué de sou­tien au sup­por­ter pari­sien mort suite à des affron­te­ments entre mem­bres de la tri­bune Auteuil et de la tri­bune Boulogne en mars 2010, fit l’effet d’une petite bombe. Signés par les Bad Gones et Lyon 1950, les deux clubs de sup­por­ters niè­rent tout lien avec les auteurs. Objectivement, les deux grou­pes auraient eu beau­coup trop à perdre en s’asso­ciant à une telle logor­rhée raciste, et ils n’ont cer­tai­ne­ment pas par­ti­cipé à sa rédac­tion. Pour autant il est révé­la­teur de la men­ta­lité que peu­vent prêter cer­tains fans lyon­nais (comme les rédac­teurs de ce com­mu­ni­qué) aux grou­pes de sup­por­ters de Gerland.

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Enfin, il n’est pas anodin de cons­ta­ter que les Bad Gones sont jume­lés avec les Ultra Sur de Madrid, club de sup­por­ters réputé pour son idéo­lo­gie fas­ci­sante.

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Et si jamais c’était pas assez expli­cite ...

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Lugdunum’s 93 (1993-2007, virage sud)

Le groupe a été monté par des anciens Bad Gones plus tour­nés vers la men­ta­lité « ultras » que la men­ta­lité « fans » domi­nante au virage nord. Certains mem­bres du groupe sem­blent avoir eu quel­ques conni­ven­ces natio­na­lis­tes. L’une des pre­miè­res écharpes sortie par le groupe res­sem­ble à un étrange clin d’œil à celle du cousin du virage d’en face.

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De manière plus concrète, le 14 novem­bre 2004, lors d’une mani­fes­ta­tion contre l’entrée de la Turquie en Europe, orga­ni­sée par les iden­ti­tai­res lyon­nais, ce sont des mem­bres des Bad Gones et des Lugdunum’s, fai­sant office de ser­vice d’ordre pour l’occa­sion, qui char­gè­rent la contre-mani­fes­ta­tion anti­fas­ciste.

Par ailleurs, Jean-Yves un sup­por­ter membre des Lugdu mort dans un acci­dent de voi­ture lors d’un dépla­ce­ment à Nantes en avril 2005 était proche du grou­pus­cule Action Nation aujourd’hui dis­paru. AN étant à l’époque une « sous-bou­ti­que » de Grégory Gennaro, mili­tant et res­pon­sa­ble du Front National sur Lyon et dans le sud de la France. Il lui avait rendu à l’époque hom­mage sur le forum de son grou­pus­cule, tandis que lors du match PSG-OL le 17 avril 2005 les joueurs du club dépo­saient une gerbe de fleurs en son hon­neur aux pieds de la tri­bune.

Il est inté­res­sant de noté également que les Lugdu étaient jume­lés avec les sup­por­ters ita­liens de Côme, connus pour leur état d’esprit très à droite.

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Nucleo Ultra (2000-2007, virage sud)

Les Nucleo, qui logeaient en virage sud infé­rieur aux côtés des Lugdu, sem­blaient être le groupe le plus réel­le­ment apo­li­ti­que du stade. Le groupe est né en 2000, sous l’impul­sion d’une ancienne sec­tion des Bad Gones, la « Section Clio » [8], se reven­di­quant ultra, une his­toire simi­laire en somme à la créa­tion des Lugdunum’s. A la grande dif­fé­rence des Bad Gones, ils ne cher­chaient pas des rela­tions d’entente avec la direc­tion du club, les mem­bres ne béné­fi­ciaient pas de la réduc­tion sur l’abon­ne­ment par exem­ple. Certains de leurs chants étaient contre Jean-Michel Aulas le grand mani­tou olym­pien... un autre chant se fai­sait sur l’air de Bella Ciao, chant révo­lu­tion­naire ita­lien ! C’est jusqu’à aujourd’hui le seul groupe de sup­por­ters de Lyon à s’être reven­di­qué contre le foot­ball moderne et son busi­ness.

À la fin de la saison 2006-2007 les Nucleo et les Lugdu déci­dè­rent de fusion­ner et de former le groupe Cosa Nostra Lyon.

Cosa Nostra Lyon (2007-2010, virage sud)

La Cosa Nostra Lyon (CNL) est donc née en juin 2007 du regrou­pe­ment des deux grou­pes de sup­por­ters Lugdunum’s et Nucleo Ultra. Pas for­cé­ment du goût de tous parmi les anciens des grou­pes dis­pa­rus, la volonté était d’uni­fier la tri­bune der­rière une seule « bâche » et d’addi­tion­ner les énergies. Le groupe vivra 3 ans avant d’être dis­sout par décret du minis­tère de l’inté­rieur le 28 avril 2010.

Il sem­ble­rait que l’influence mon­tante de la mou­vance iden­ti­taire au sein du virage sud ces der­niè­res années, auprès de la CNL ou des indé­pen­dants du virage sud, ait contri­bué à déve­lop­per des ten­sions inter­nes comme à favo­ri­ser cer­tains inci­dents ayant servis d’argu­ments aux auto­ri­tés pour dis­sou­dre le groupe : dégra­da­tion de l’aire de repos de Beaune-Mercueil et atta­que d’un car de sup­por­ters niçois, plu­sieurs mem­bres du groupe inter­dits de stade, par­ti­ci­pa­tion de plu­sieurs mem­bres à un dépla­ce­ment en cars vers Saint-Etienne en novem­bre 2009, orga­nisé par les indeps, et à l’occa­sion duquel la police mis la main sur diver­ses armes et dro­gues...

Le groupe est très rapi­de­ment dans le coli­ma­teur du club, qui en fin de saison 2007/2008, avant même la dis­so­lu­tion, lui inter­dit de mettre la « bâche » offi­cielle en bas de tri­bune, la faute au nom du groupe repre­nant l’un des noms de la mafia sici­lienne. La Cosa se contente alors d’exis­ter offi­ciel­le­ment uni­que­ment en dépla­ce­ment. La fin de la Cosa est allée de paire avec le désin­ves­tis­se­ment de cer­tains anciens du virage (ex-Nucleo ou Lugdu), échaudés par les ten­sions [9] et les pro­blè­mes qu’accu­mu­laient la CNL.

La dis­so­lu­tion effec­tive d’avril 2010 ne concerna en un sens qu’un noyau dur de 40 irré­duc­ti­bles (payant un peu les pots cassés pour d’autres) pour un groupe ayant accueilli jusqu’à plus de 500 mem­bres au meilleur de sa forme. Commençant à pren­dre le relais de la Cosa Nostra, le groupe Lyon 1950 appa­rait dès 2009 tout en ayant une exis­tence chao­ti­que à Gerland avant de deve­nir le 4e groupe offi­ciel de la Curva Sud (le virage Sud) à la reprise du cham­pion­nat cou­rant août 2010.

Lyon 1950 (depuis 2010, virage sud)

Le groupe est créé durant la saison 2009/2010 par des « his­to­ri­ques » de la tri­bune sud jusque-là non impli­qués dans les grou­pes de sup­por­ters ayant existé. Les fon­da­teurs avaient au départ pour objec­tif de monter un groupe de « fans » plus qu’ « ultras », c’est-à-dire moins de tifos et plus de chants. L’arri­vée de jeunes en pro­ve­nance du virage nord avec une men­ta­lité « ultras », chan­gera quel­que peu la donne. Ils auraient pour cer­tains rejoint la tri­bune sud pour y expri­mer plus faci­le­ment cer­tai­nes de leurs convic­tions. La faute à la répu­ta­tion du virage d’être lié aux hoo­li­gans et à cer­tains mou­ve­ments natio­na­lis­tes.

Comme l’ana­ly­sent eux-même les lea­ders de Lyon 1950, la tri­bune sud n’est pas une tri­bune comme les autres, puisqu’elle accueille les sup­por­ters visi­teurs. Elle est aussi la tri­bune de « rési­dence » des indé­pen­dants et des hoo­li­gans. Cette proxi­mité favo­rise une cer­taine poro­sité avec les indé­pen­dants dont nous par­le­rons plus loin.

Lyon 1950, ce der­nier-né des grou­pes de sup­por­ters de l’OL se retrouve pointé du doigt ces der­niè­res semai­nes pour des actions racis­tes ou vio­len­tes de la part de cer­tains de ses mem­bres ou sym­pa­thi­sants. En cause notam­ment les échauffourées lors des matchs aller et retour contre Montpellier.

Sur le forum offi­ciel du club, OLweb, le compte « bureau 1950 » repré­sen­tant offi­ciel­le­ment le groupe de sup­por­ters, n’y va pas par quatre che­mins dans un mes­sage publié le 6 février der­nier : l’avenir du groupe est en jeu. Affichant une volonté de trans­pa­rence et de refus que leur groupe soit uti­lisé par cer­tains comme vitrine poli­ti­que, les diri­geants insis­tent et disent tra­vailler depuis plu­sieurs mois à « dépo­li­ti­ser » la tri­bune. Effectivement, des affi­ches et des flyers deman­dant aux mem­bres du groupe et sym­pa­thi­sants de bannir tout affi­chage idéo­lo­gi­que et toute pro­vo­ca­tion dans la par­cage ont été dif­fu­sés durant l’automne 2011.

Mais tous les lea­ders de la tri­bune ont-ils tou­jours tiré dans le même sens ? Les lea­ders du virage et de Lyon 1950 sem­blent en effet entre­te­nir des rela­tions contra­dic­toi­res avec cer­tains grou­pus­cu­les fas­cis­tes locaux et notam­ment avec les iden­ti­tai­res. Par exem­ple, en décem­bre 2010, l’un des lea­ders du groupe invi­tait les mem­bres de Lyon 1950 à par­ti­ci­per à la mani­fes­ta­tion Lugdunum Suum orga­ni­sée par les iden­ti­tai­res. Il pré­ci­sait également que des dra­peaux lyon­nais étaient dis­po­ni­bles à la vente pour les mem­bres du groupe, auprès d’un sur­nommé « Robloch »... « Robloch » n’étant autre que Pierre Robesson, secré­taire dans les sta­tuts asso­cia­tifs du local « La Traboule » (local des iden­ti­tai­res lyon­nais) et orga­ni­sa­teur du ras­sem­ble­ment iden­ti­taire du 14 mai 2011. Cinq mois plus tard, chan­ge­ment de dis­cours des lea­ders : inter­dic­tion pour les mem­bres du groupe d’affi­cher une quel­conque appar­te­nance à Lyon 1950 pour ceux qui se ren­draient au « ras­sem­ble­ment pour la liberté » des iden­ti­tai­res le 14 mai.

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Mai 2011 : Rassemblement anti-puel organisé par Lyon 1950. On y retrouve plusieurs individus connus des milieux fascistes lyonnais, dont un participant avec un t-shirt du groupe néo-nazi belge « Les Vilains » (tout à droite sur la photo).

Il n’est pas rare également de voir un dra­peau serbe dans le par­cage Lyon 1950, rien de moins qu’un sou­tien dis­cret aux natio­na­lis­tes serbes anti-musul­mans, comme lors du match contre l’APÖEL Nicosie à Gerland en Ligue des Champions le 15 février der­nier.

Le virage sud est devenu depuis 6 ans envi­rons le prin­ci­pal refuge pour les plus natio­na­lis­tes des sup­por­ters de l’OL. Sans cynisme, il semble que la situa­tion dont hérite aujourd’hui les res­pon­sa­bles de Lyon 1950 est le fruit de mau­vai­ses grai­nes qui ont été pen­dant trop long­temps tolé­rées dans cette tri­bune. Comme dit l’adage, on ne récolte que ce que l’on sème.

Le groupe est aujourd’hui à la croi­sée des che­mins : faire un véri­ta­ble « ménage » ou être dis­sous et dis­pa­rai­tre si les « déra­pa­ges » per­sis­tent. Il ne sera pas aisé de couper les ponts avec les appren­tis natio­na­lis­tes les plus exci­tés, mais croire que les inté­grer au groupe en leur don­nant des res­pon­sa­bi­li­tés (comme le méga­phone par­fois...) les fera évoluer peut sem­bler un peu naïf. Pour autant, il n’y a que les « auto­ri­tés » pour croire que la dis­so­lu­tion d’un groupe règle le pro­blème. Pour cela il suffit d’un cons­tat : la Cosa Nostra a été dis­soute pour des rai­sons pro­ches de celles qui mena­cent aujourd’hui Lyon 1950, preuve qu’aucun tra­vail de fond n’a été mené, ni par le club, ni par les sup­por­ters eux-mêmes... La charte signée avec la LICRA n’y chan­gera rien tout comme les éventuelles inter­dic­tions de stade qui pour­raient être pro­non­cées.

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Une vue imprennable sur Gerland ...

Supporters indépendants et hooligans

C’est parmi les sup­por­ters indé­pen­dants que l’on retrouve le plus sou­vent les hoo­li­gans. Mais rien n’est figé, et il existe une cer­taine poro­sité entre grou­pes ultras et milieu indé­pen­dant/hoo­li­gan. Il n’est pas rare de voir des mem­bres de grou­pes de sup­por­ters ultras partir en dépla­ce­ment avec les indeps. Cette poro­sité tien au fait que les indé­pen­dants par­ta­gent la tri­bune à Gerland avec des grou­pes cons­ti­tués et offi­ciels. Ils sont sur­tout pré­sents au virage sud mais quel­ques uns rési­dent également au virage nord.

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Estimés par la police à une cin­quan­taine, le noyau dur est cons­ti­tué d’une qua­ran­taine de mem­bres, cer­tains réunis en firm [10]. Ils n’ont pas tous d’orien­ta­tion poli­ti­que pré­cise, cer­tains sont de gau­ches, d’autres plus à droite et d’autres apo­li­ti­ques. La tolé­rance des uns envers les autres repo­sent sur la légi­ti­mité acquise dans les affron­te­ments avec les indeps, hools ou ultras adver­ses. Autour de ce noyau dur gra­vite dif­fé­rents indi­vi­dus et petits grou­pes ayant une double appar­te­nance : sup­por­ters et mili­tants natio­na­lis­tes.

L’impli­ca­tion de ces der­niers dans la vie du mou­ve­ment indé­pen­dant lyon­nais (et dans les dif­fé­rents grou­pes de sup­por­ters) est rela­ti­ve­ment mar­gi­nale, hormis cer­tai­nes excep­tions. Ils sont sur­tout pré­sents à Gerland ou en dépla­ce­ment quand l’OL ren­contre des équipes dont ils haïs­sent les sup­por­ters, sou­vent parce qu’ils sont ouver­te­ment anti­ra­cis­tes : Saint-Etienne (Green Angels), Bordeaux (Les prin­ci­paux grou­pes ultras se reven­di­quant de gauche et/ou anti­ra­cis­tes), Marseille (Idem) ou Montpellier (parce qu’anti­ra­cis­tes mais avant tout parce que les ultras vien­nent pour une bonne partie du quar­tier popu­laire de La Paillade).

Les appren­tis fas­cis­tes qui gra­vi­tent dans les tri­bu­nes lyon­nai­ses tra­vaillent depuis plu­sieurs années à amener un maxi­mum de fans vers les grou­pus­cu­les poli­ti­ques locaux, en ayant une pré­di­lec­tion pour les hoo­li­gans, qui poten­tiel­le­ment font un bon ser­vice d’ordre, ou une bonne force de frappe pour une action coup de poing. Dans les années 90, le FNJ et l’UDEL [11] s’y sont essayés. Depuis le début des années 2000, ce sont sur­tout les iden­ti­tai­res qui mènent ce tra­vail de drague.

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L’une des rares apparition publique en tribune des indépendants, menée par les identitaires. Mars 2008, match Lyon-Bordeaux.

Cette influence des iden­ti­tai­res, et l’impli­ca­tion de cer­tains dans le milieu indé­pen­dant [12] pro­vo­qua un tour­nant dans l’his­toire du hoo­li­ga­nisme lyon­nais lors de la saison 2008/2009 : une résur­gence mar­quante du milieu hoo­li­gan par la mul­ti­pli­ca­tion des rixes avec les sup­por­ters adver­ses et le déve­lop­pe­ment d’une nou­velle géné­ra­tion squat­tant le quar­tier Saint-Jean (Section Saint-Jean, 4F...). Au début de l’été 2009, c’est pres­que une cen­taine d’indeps qui se retrou­vè­rent au Wallace, pub du quar­tier Saint-Paul, pour fêter le « renou­veau hoo­li­gan lyon­nais ».

Les iden­ti­tai­res entrai­nè­rent ainsi en jan­vier 2010 quel­ques hools dans l’atta­que du ras­sem­ble­ment contre Éric Besson lors d’un débat orga­nisé à la pré­fec­ture de Lyon sur l’iden­tité natio­nale. Plus récem­ment cette influence s’exprima à nou­veau lors de l’atta­que du concert de Sniper en décem­bre 2011.

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Autocollants produits par des membres de la Section Saint-Jean, jeunes néo-nazis tournant au départ autour des identitaires et se rapprochant par la suite de Lyon Dissident.

Avec l’ouver­ture en avril 2010 du Bunker Korps, c’est la mou­vance néo-nazie qui se mit à faire du pied aux hools et ultras lyon­nais, avec un rela­tif succès. Pour la pre­mière fois, les éléments les plus fas­ci­sants du stade avaient un lieu pour se retrou­ver, regar­der des matchs (spé­cia­le­ment pro­gram­més pour les inter­dits de stade (IDS)) et s’entraî­ner au free fight.

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Soirée Foot organisée par Lyon Dissident au Bunker Korps

Attirant donc à eux une partie des indeps et hools, les néo-nazis pri­rent une cer­taine influence au stade, aidés par quel­ques indi­vi­dus, sou­vent jeunes, fai­sant « cour­roie de trans­mis­sion ». Cette influence se concré­tisa par un événement coor­ga­nisé par l’équipe de Lyon Dissident et l’un des lea­ders des indeps du virage sud.

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La soirée fut orga­ni­sée pour les hoo­li­gans lyon­nais par Chicago Bull’s, alias Julian [13], et l’asso­cia­tion Rock’N’Gones, para­vent de Lyon Dissident. Une com­pro­mis­sion étonnante de la part de quelqu’un qui fait le capo [14] occa­sion­nel­le­ment pour Lyon 1950.

Dans un contexte de vio­len­ces por­tées par dif­fé­ren­tes bandes ou grou­pus­cu­les fas­ci­sants, cer­tains hools lyon­nais se sont affi­chés publi­que­ment à plu­sieurs occa­sions aux côtés de mili­tants natio­na­lis­tes. Ce fut le cas notam­ment le 10 avril 2010, lorsqu’ils se regrou­pè­rent au bar le Wallace pour pro­vo­quer la mani­fes­ta­tion anti­fas­ciste ayant lieu ce jour là.

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L’autre sortie publi­que remar­quée eu lieu en octo­bre 2010 durant le mou­ve­ment social contre le projet de réforme des retrai­tes. Initiative au départ plus chau­vine et cocar­dière que réel­le­ment fas­ciste, ce ras­sem­ble­ment de près de 200 per­son­nes venues pour en décou­dre en centre-ville avec les « cas­seurs », fût piloté en sous-main par des mem­bres de Lyon Dissident (dont les anciens mem­bres du bureau de l’asso­cia­tion Rock ’n’ Gones, Renaud Mannheim, Pierre Scarano et José Magalhaes [15] ) bien aidés par cer­tains jeunes appren­tis hoo­li­gans gra­vi­tant à la fois autour du Bunker Korps et des iden­ti­tai­res (par exem­ple le sur­nommé « Willo », sur lequel nous revien­drons plus loin).

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À la dif­fé­rence de ce qu’on pu écrire la plu­part des jour­na­lis­tes au sujet de ce ras­sem­ble­ment, ce ne sont pas les iden­ti­tai­res qui l’ont orga­nisé. Certains étaient certes pré­sent, mais ils n’en étaient pas les meneurs. Pour autant, la mou­vance iden­ti­taire à tra­vers les sites Novopress Lyon et FDesouche l’a lar­ge­ment récu­péré. Récupération qui ne fût pas du goût de tout le monde au stade par ailleurs.

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Le milieu indé­pen­dant lyon­nais oscille entre popu­lisme, apo­li­tisme et ten­dan­ces fas­ci­san­tes, au gré des influen­ces des grou­pus­cu­les locaux natio­na­lis­tes ou fas­cis­tes. Tout un tra­vail de séduc­tion mené et sou­tenu par de jeunes « relais » gen­ti­ment encou­ra­gés par les ainés, et por­tant les deux cas­quet­tes : indep/hools et acti­vis­tes. Plus que mili­tants, leur enga­ge­ment est avant tout porté sur la vio­lence. Ils n’ont pas réel­le­ment d’idéo­lo­gie pré­cise, affec­tion­nant avant tout un folk­lore très radi­cal et la pro­vo­ca­tion. Souvent jeunes entre 20 et 25 ans, ils gra­vi­tent autour de dif­fé­rents cou­rants et grou­pus­cu­les, vont des uns aux autres en fonc­tion des oppor­tu­ni­tés. Ils ne s’inves­tis­sent pas dans le long terme pour la plu­part, ne sont pas for­cé­ment très géra­bles, plu­sieurs sont des têtes brû­lées, qui finis­sent sou­vent par passer par la case « palais de jus­tice », et par­fois la case « prison ».

Une bonne partie de ces jeunes se sont retrou­vés en sep­tem­bre 2011 au pied de la Basilique de Fourvière pour une « mani­fes­ta­tion » : Le Hard Bass Lyon qui tra­versa toute la ville, en pre­nant le métro, pour finir où ils ont l’habi­tude d’aller, au Ninkasi Gerland. Tout ça sans ren­contrer un flic, ni même un contrôle TCL ! Comme quoi la vidéo-sur­veillance... L’idée lancée par des jeunes des vira­ges nord et sud a ras­sem­blé des sup­por­ters issus de tous les grou­pes (envi­ron 80 par­ti­ci­pants) : Bad Gones, Lyon 1950 et indeps. Ce hap­pe­ning est dans la ligne d’une mode lancée par le milieu hoo­li­gan et natio­na­liste de pays d’Europe de l’Est comme la Pologne et la Russie. Le prin­cipe est simple : faire irrup­tion en groupe dans n’importe quel lieu public, masqué (ou non), en gigo­tant sur une musi­que électronique proche du « jump style ».

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C’est les Anonymous qui doivent être contents...

Rubrique des méfaits divers

La Mezza Lyon (virage sud) est une firm d’une quin­zaine de mem­bres qui existe depuis envi­ron quatre ans et s’est tou­jours affir­mée comme fas­ciste.

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Elle a fait parlé d’elle très récem­ment dans la rubri­que des faits divers :6 de ses mem­bres ont été inter­pel­lés suite à des dégra­da­tions sur des véhi­cu­les de mem­bres des Magic Fans (groupe de sup­por­ters sté­pha­nois ins­tallé au virage nord du stade Geoffroy-Guichard, à St-Etienne) et des tags nazis.

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Août 2010, OL-Servette de Genève à Tignes.

Août 2010, match d’avant-saison de l’OL sans aucun enjeu spor­tif à Tignes contre le Servette de Genève. L’occa­sion rêvée pour quel­ques appren­tis nazis de faire parler d’eux. Derrière la croix cel­ti­que, on retrouve un jeune de 22 ans : N. André sur­nommé « Willo » (avec la cas­quette à l’envers et la bière à la main sur la photo ci-dessus).

En décem­bre 2010 il fût l’un des com­bat­tants (caté­go­rie moins de 70 kg ; 58 kg) du tour­nois de Mixed Martial Art (MMA - free fight) orga­nisé par la Vlaams Huis lil­loise qui a elle aussi inté­gré 3e Voie après avoir fait partie de l’alliance les réu­nis­sant avec Lyon Dissident et Le Local de Serge Ayoub. Il est à la fois proche des anciens de Lyon Dissident et des iden­ti­tai­res. Il a d’ailleurs donné plu­sieurs coups de main à Solidarité Kosovo notam­ment en juillet 2011 pour le char­ge­ment d’un convois de mate­las.

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« Willo » en polo bleu ciel. Photo prise sur le site de Solidarité Kosovo.

Il tente également de lancer la mou­vance « natio­na­liste auto­nome » sur Lyon, pour l’ins­tant sans grand succès et avec quel­ques légè­res déconve­nues, dont des auto­col­lants mori­bonds puisqu’affi­chant l’adresse d’un site inter­net mis hors d’état de nuire avant même que le pre­mier sti­cker n’ait été collé.

C’est à ce titre de « leader » d’une mou­vance fan­to­ma­ti­que qu’il est convié aux réu­nions de coor­di­na­tion des grou­pes natio­na­lis­tes les plus radi­caux, l’Unité Gauloise (regrou­pant le GUD Lyon, lesJeunesses Nationalistes et 3e Voie Lyon (ex-Lyon Dissident)).

Il a tout à fait le profil du jeune acti­viste natio­na­liste décrit plus haut ; hyper-actif, pré­sents par­tout et gra­vi­tant autour de tous les grou­pus­cu­les pos­si­bles.

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1987, les Bad Gones sont créés et Jean-Michel Aulas est nommé président du club. 1989 : l’OL retrouve la première division.

Au-delà de ces exem­ples indi­vi­duels, des com­pro­mis­sions de cer­tains lea­ders ou des ambi­guï­tés de cer­tains grou­pes de sup­por­ters avec la droite natio­na­liste la plus radi­cale, le pro­blème réside bien dans les valeurs et les repè­res qu’acquiè­rent les sup­por­ters, par­fois très jeunes, dans les vira­ges de Gerland. Un phé­no­mène ren­forcé par les échanges sur Internet qui favo­ri­sent la dif­fu­sion des idées xéno­pho­bes, voire clai­re­ment nazies, parmi les jeunes sup­por­ters lyon­nais.

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A Genève, 31 Juillet 2011, match Lyon - Porto, saluts nazis de très jeunes supporters lyonnais dans les tribunes

Les tri­bu­nes popu­lai­res du stade de Gerland, sont, et ont tou­jours été, un vivier pour les grou­pus­cu­les fas­cis­tes de l’agglo­mé­ra­tion lyon­naise. L’influence qu’ils y exer­cent entre­tient ce vivier. L’un favo­rise l’autre, et vice versa. Certains lea­ders « natio­na­lis­tes » l’ont bien com­pris, et en font un ter­rain de recru­te­ment pri­vi­lé­gié en même temps qu’un lieu de dif­fu­sion de leurs idées. Dans le renou­veau de l’extrême-droite radi­cale voire néo-nazie à Lyon, l’OL porte donc une res­pon­sa­bi­lité cer­taine. La solu­tion se trouve peut-être du côté de sup­por­ters déci­dés à chan­ger la donne, en résis­tant à l’entrisme de l’extrême-droite ou en défen­dant d’autres valeurs. Avant que cette asso­cia­tion, même invo­lon­taire, ne jette défi­ni­ti­ve­ment un voile puant sur l’ensem­ble du club lyon­nais.

**Article 31 - Information et ana­lyse sur les droi­tes radi­ca­les et natio­na­lis­tes lyon­nai­ses.



Compléments d'informations :
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par anonyme,
le 24 March 2012

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