Friday 15 June 2012 par anonyme
[Infos locales] [Migrations / Sans-paps] [Soupe politicienne]Hier jeudi au Musée de la Résistance 14, rue Hébert 38000 Grenoble, il y avait l’inauguration d’une intéressante exposition intitulée OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) avec comme thème la condition déplorable des sans papier et les lois et méandres administratifs dont ils sont les victimes. Cette expo est d’ailleurs plutôt bien faite et je vous invite tous(te) à la visiter, je trouve que c’est pas si mal pour ce musée d’avoir « osé » abordé un sujet aussi brulant dans notre ville. Après la visite guidée de l’expo les personnes présentes étaient invitées dans la cours du lieu afin d’écouter les discours du directeur, des auteurs de l’expo et bien sûr de la représentante du Conseil Général vu que ce musée est sous le patronage du CG dont André Vallini est le sémillant président.
Nous avons donc eut droit au discours de Mme Christine Crifo, vice-présidente du CG chargée des actions de mémoire, des droits de l’Homme, de la coopération décentralisée et de la politique de la Ville, excusez du peu. Elle fit un discours vibrant d’émotion, quasiment au bord des larmes, ces pauvres sans papier qui subissent une aussi grande injustice au mépris des droit de l’homme, vous vous rendez compte, dont les enfants sont les premières victimes ect, ect ?...Les allocutions étant finie Geneviève B, une bénévole dans une association de soutien aux sans paps, s’approche du micro pour faire une déclaration mais Mme Crifo s’oppose à ce qu’elle parle, tripatouille le bouton du micro pour l’éteindre, mais heureusement quelqu’un d’autre s’approche et déclare que les actes du CG ne suivent pas leurs paroles puisque très récemment à St Martin le Vinoux une famille rom de 20 personnes (avec enfants en bas âge) a été expulsée manu-militari par la police d’une maison appartenant au Conseil Général sur ses réquisitions et mise à la rue sans le moindre relogement (ni ménagement) et bien sûr à la préfecture en a profité pour leur distribuer généreusement les fameuses OQTF. De plus une autre grande maison (au moins 300m2 habitable) du même quartier* a été détruite il y a quelques mois afin d’empêcher son squattage par des roms, ou d’autres sans paps à la rue, dont beaucoup ont passé l’hiver dehors dans la boue et le froid souvent avec des bébés. Des mauvaises langues disent que comme A Vallini n’a pas été nommé Garde des Sceaux, il ne prend plus de gants. Je rajoute que beaucoup de membres du collectif « la Patate chaude » étaient présents, ce collectif dont le but est d’alerter la population sur l’incohérence des pouvoirs publics locaux qui d’un côté déplorent les atteintes aux droits de l’homme et qui confrontés à ce problème dans la réalité feignent de ne pas être concernés, c’est pas moi c’est l’autre, d’où la « Patate chaude… »
Je rappelle aussi que la chasse au roms a repris de plus belle à Grenoble puisqu’après une relative trêve due aux élections (on ne va pas risquer d’effaroucher l’électeur), le camp rom de la Tronche a été investi par la police à la demande du maire de la Tronche Hervé-Jean Bertrand-Pougnand qui convoite le terrain occupé par les roms, bien sûr des OQT ont été distribuées. A St Martin d’Hères 80 roms ont encore été viré de leur camp et leur caravanes détruites (c’était les mêmes qui ont été délogés du camp des Glairon SMd’H en juillet 2011) par le « bon » docteur maire René Proby, encore un grand humaniste. Plus beaucoup d’expulsions de squat en prévision à Fontaine et ailleurs…Et oui élections sont presque finies.
http://christinecrifo.typepad.fr/mo... http://www.resistance-en-isere.fr/2...
*Ces maisons sont situées à StMartin le Vinoux au dessus de la Casamaure, les anciens propriétaires en ont été expropriés puisqu’elle devaient être démolies pour laisser la place au projet de rocade qui depuis est tombé à l’eau dans un grand plouf retentissant.
La Patate Chaude, association de défense des Rroms (surtout roumains, car on l’attend pour la défense des Rroms de l’ex Yougoslavie, était venue en nombre à l’inauguration de l’exposition "OQTF" au musée de la Résistance. C’est une de ses membres qui a pris la parole après Mme Criffo, le directeur du Musée de la Résistance et les 2 organisateurs (un écrivain et un photographe) de cette exposition "OQTF"
J’ai trouvé l’intervention de la Patate fort déplacée. Il est question dans cette très belle exposition au Musée de la Résistance, de la vie d’une famille sous Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) pas d’une expulsion de logement. Tous les jours, des sans paps sont sortis de leur logement, pas que les Rroms qui occupaient une maison du CG.
Il y a expulsion et expulsion, les Roms pourront toujours revenir, pas la famille de sans papiers dont il est question si elle est expulsée.
_ La Patate a donc juste profité de l’occasion pour accuser le CG d’avoir expulsé des Roms de leur logement.
Ce n’était pas le lieu, Mme Criffo est partie, il y a eu quelques applaudissements polis et tout le monde s’est précipité sur le buffet.
Le problème du logement des Rroms, des étrangers et aussi des Français, de tous ceux qui n’ont pas de toit et dorment dans la rue, est un problème à traiter dans sa globalité, pas dans un coin de cour à l’occasion d’une inauguration.
Tout d’abord la Patate chaude ne défend pas que les roms d’origine roumaine mais aussi ceux originaires de Macédoine, de Hongrie, de Serbie sans distinction, (et d’autres, en plus des roumains) et ce parce que c’est la population la plus victime du racisme pas seulement d’état, mais aussi de celui des autorités locales et aussi de celui des bons riverains français. Ensuite quand ils sont expulsés de leur camp ou de leur squat (ce qui depuis le discours honni dit "de Grenoble" de l’ex mini guide suprême de la nation est systématique) ils reçoivent généreusement des OQT, certain sont mis directement en centre de rétention avant l’expulsion, quelque fois très loin de Grenoble ou ils laissent leurs enfants souvent en bas âge. Bien sûr ils peuvent revenir, mais c’est au prix de grandes difficultés et au prix de leur santé. C’est la population la plus précaire qui puisse exister, ils sont exposés vu leur conditions d’existence à toute sorte de maladies qu’on ne voit que dans le tiers monde. Personne n’est plus victime de l’arbitraire institutionnel. On voit bien que vous prenez le parti de tout ignorer les concernant, comme beaucoup de français.
Ce qui ressort de votre commentaire c’est un distinguo entre sans papiers, selon vous ils existe les bons et les mauvais sans papiers, les roms faisant parti de la seconde qui ne trouvent pas grâce à vos yeux, ni à ceux du CG de Mme Crifo et d’André Vallini.
PS-Oui Geneviève, qui a pris la parole, fait bien parti du collectif de la Patate chaude mais elle est aussi bénévole dans un organisme de soutien aux sans paps algériens et fait parti de la coordination de soutien aux sans paps (sans distinction d’origine) avec le CIIP...
La différence entre La Patate Chaude et d’autres associations faisant partie de la Coordination Iséroise de Solidarité avec les Etrangers Migrants (CISEM), c’est qu’il n’y a pas de différences entre les Rroms et les autres populations migrantes, tout le monde est défendu sur un pied d’égalité. Dire que les Rroms, c’est plus ci ou plus ça, ce n’est pas leur rendre service. Beaucoup de personnes, des isolés ou des familles dont les enfants ont plus de 3 ans dorment maintenant à la rue, expulsés de leur hébergement généralement par la Préfecture et que le CG ne peut prendre en charge. Il y a aussi de très nombreux malades dans cette population. Certainement plus de 600 personnes étrangères n’ont pas d’hébergement à Grenoble et agglo.
A mon avis, il ne faut pas hiérarchiser les souffrances des migrants. C’est ensemble qu’il faut arriver à faire changer le Code d’Entrée de Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile (CESEDA), à faire reconnaitre les Rroms roumains comme citoyens européens avec les mêmes droits que les autres.
Il ne faut pas se tromper d’ennemis. La droite sarkozyenne a été battue à plate couture, guéant n’a pas réussi à devenir député, mais 3 extrêmes droites ont été élus.
Dénoncer, oui, mais à bon escient si on ne veut pas se mettre la population à dos. Pour moi, interpeller le CG ne se fait pas dans un coin. L’intervention de la Patate n’a servi à rien si ce n’est à indisposer les présents. L’inauguration de l’exposition n’était pas le bon lieu.
Les commentaires ci-dessus comportent de nombreuses inexactitudes (pour ne pas dire "un tas d’âneries" – une "ânerie" étant peut-être une inexactitude avancée avec arrogance par une personne persuadée d’avoir raison). Quelques corrections, donc :
La Patate Chaude n’est pas une association, c’est un collectif. Ça a son importance, parce que là où de nombreuses associations hésitent à intervenir sur le terrain politique parce qu’elles ont peur de perdre leurs subventions, la Patate Chaude n’a rien à perdre, et bénéficie donc d’une certaine liberté de parole. Heureusement qu’elle la met à profit...
La Patate Chaude ne défend pas que les Roms roumains. Ça, c’est Roms Action (une association, pour le coup). Pour rappel, il y a presque un an et demi, c’est la Patate Chaude qui a dénoncé la situation des Roms d’ex-Yougoslavie qui dormaient devant la gare en hiver. Elle a ensuite été l’organisation la plus présente sur le campement de la rue de Stalingrad, où se sont retrouvées les mêmes personnes. C’est en réaction à cette situation qu’elle a impulsé, avec d’autres organisations, la Nuit solidaire du 30 mars 2011, qui défendait toutes les personnes à la rue. En mai 2011, le collectif a ouvert une maison rue Germain, à Grenoble, en soutien à d’autres demandeurs d’asile de la même origine. Aujourd’hui encore, il est en lien étroit avec le squat "le Pigeonnier", où habitent des Roms serbes et macédoniens. Qui est donc cet "anonyme" pour déclarer "on l’attend pour la défense des Rroms de l’ex Yougoslavie" ?...
La Patate Chaude ne se préoccupe pas que d’expulsions de logements. En particulier, en ce qui concerne l’action dont il est question dans cet article, le but du collectif n’était pas uniquement de protester contre l’expulsion récente de familles roms qui occupaient avec son soutien une maison appartenant au Conseil général de l’Isère. Il s’agissait aussi de dénoncer le fait que cette expulsion a été accompagnée d’une distribution d’OQTF, qui n’a pas semblé autant émouvoir le CG que l’exposition sur ce thème qu’il a organisée au Musée de la Résistance et de la Déportation. Mme Crifo n’avait apparemment aucun commentaire à faire sur le sujet, puisqu’elle a disparu lors de la prise de parole d’une membre de la Patate...
La Patate Chaude ne considère pas que seuls les Roms ont des problèmes et méritent d’être défendus. Dans tous ses textes, elle insiste au contraire sur son refus de la guerre des pauvres contre les pauvres, et met l’accent sur l’aspect politique, et non humanitaire, des questions qu’elle soulève. Mais c’est vrai, comme d’autres organisations qui composent la CISEM (telles que le CSRA – pour les réfugiés algériens – ou l’Apardap – pour les demandeurs d’asile), son action est centrée sur une population, en l’occurrence les Roms. La raison est que ces derniers sont, notamment depuis le discours de Grenoble de Sarkozy, les personnes qui subissent le plus de discriminations et de dénis de droits sociaux en France. Ce qui ne veut pas dire qu’ils soient les seuls. D’ailleurs, le dernier tract en date de la Patate Chaude, distribué lors de cette inauguration, parle également d’expulsions de squats et de répression de demandeurs d’asile africains, de précaires et de militant-e-s du droit au logement.
Pour finir et pour répondre aux "anonymes" qui déclarent qu’« interpeller le CG ne se fait pas dans un coin. L’intervention de la Patate n’a servi à rien si ce n’est à indisposer les présents. L’inauguration de l’exposition n’était pas le bon lieu. », ou qu’il s’agit d’« un problème à traiter dans sa globalité, pas dans un coin de cour à l’occasion d’une inauguration. » : j’invite les auteur-e-s de ces compléments d’info à aller voir sur le blog de la Patate Chaude la diversité des actions du collectif depuis sa création, entre autres pour interpeller le CG (et encore, tout n’y figure pas : les appels incessants pour réclamer des hébergements, les rencontres avec les élus du CG...)
Quant à "indisposer" les gens venus assister à une exposition qui, quel que soit son intérêt, a forcément une fonction lénifiante quand elle provient d’une institution aussi hypocrite que le Conseil général – appelez ça comme vous voulez : de l’agitation, de l’information, de la conscientisation... ça n’est peut-être pas si mal, après tout !
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