Indymedia Grenoble

Sortie du Postillon n°16

Monday 18 June 2012 par Le Postillon

[Infos locales] [Média]

Edito du Postillon n°16, sorti sur Grenoble et sa cuvette depuis le 8 juin dernier.

C’est triste, mais c’est comme ça !... Nous devenons bourgeois.... Nous paraissions « à l’improviste », c’était original, si l’on veut (1) ; nous sommes maintenant « bimestriel », c’est classique. Notre petite brochure des débuts toute de noir & blanc vêtue ressemblait plus à un fanzine qu’à un journal, c’était charmant ; nous avons aujourd’hui de la couleur pour la une et une belle maquette pour le reste, c’est attendu. Il fallait chercher longtemps pour trouver un des rares bureaux de tabac qui nous vendaient, c’était amusant ; nous sommes maintenant en vente chez plus de la moitié des buralistes de Grenoble, c’est trop facile. Nous devions faire étalage de tous nos talents de rhétoriciens pour espérer vendre quelques journaux sur le marché, c’était stimulant ; nous n’avons même plus besoin de crier pour écouler des dizaines d’exemplaires dès qu’on en sort une pile, c’est lassant. Nous n’étions rien d’autre qu’un petit journal papier has been de province inconnu au bataillon des « vrais » médias, c’était attendrissant ; on parle de nous ces temps-ci sur tous les sites Internet nationaux branchés, de « Owni » à « Article 11 » en passant par « Planète sans visa », c’est blasant. La faute à Geneviève Fioraso, aussi. Qui aurait cru que la médiatisation due au portrait qu’on lui a consacré allait lui permettre de devenir ministre trois mois plus tard ? Avis aux potentiels ministrables isérois pour le futur remaniement : contactez notre service « personnalités » pour vous placer au mieux. Nous tenons d’ailleurs ici à nous excuser auprès du maire Michel Destot pour le manque de considération que nous lui avons accordé ces derniers mois. Un défaut de médiatisation qui lui a sans doute coûté la place au profit de son ancienne secrétaire et subalterne et qui le plonge aujourd’hui dans une profonde déprime. Quelle tristesse pour lui qui s’ennuie tant sur son fauteuil de simple député depuis vingt-quatre ans, mais dont il aimerait jouir encore pendant cinq années. Quelle injustice pour lui qui s’est tellement démené pendant cette campagne en allant rencontrer tous les grands patrons pour les rassurer sur la compatibilité de la politique «socialiste» avec leurs intérêts. Heureusement, en restant à Grenoble, il pourra continuer à mener une vie normale et tous les deux mois aller chez le buraliste sans garde du corps pour acheter un journal bientôt aussi établi que lui. C’est consolant.

1 - Ce début d’édito est une reprise mot pour mot d’un édito paru en 1885 dans la première mouture du Postillon de l’Isère.

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Au sommaire :

Un téléphérique entre Grenoble et le Vercors
- La Métro pète un câble

On ne peut pas être contre. Le projet de téléphérique entre l’agglomération grenobloise et le Vercors est un projet incritiquable car il est « écologique », « innovant », « mobilité durable » et tout le tintouin. Tout le monde - ou presque - le défend, de l’UMP à Europe-Ecologie-Les Verts, en passant évidemment par Le Daubé. Faut-il donc être maladivement « anti-tout » pour le critiquer ? Réponses dans ce papier où l’avis des habitants du plateau côtoie des réflexions sur la nouvelle religion de la mobilité.

-  Le business du saccage de la montagne

Avis aux investisseurs : à défaut d’être un mode de transport « écologique », le transport par câble, et en général le domaine de l’aménagement de la montagne, sont des secteurs en pleine expansion où votre argent ne pourra que fructifier. Pour s’en rendre compte, il suffisait d’aller au Salon de l’Aménagement durable de la Montagne (SAM), organisé fin avril dernier à Grenoble. Une balade au milieu des stands de ce « plus grand salon accueilli par Alpexpo » permettait de se rendre compte que le business de la rentabilisation de la montagne se porte très bien (1).

- Les lopins des prolos

Reportage photo sur les jardins ouvriers de Saint-Martin-d’Hères

Angleterre, 1649, Saint Georges’Hill, sud-est du pays. Des pauvres se regroupent sous le nom de « diggers » (bêcheux), défient les propriétaires et prennent possession de terres en friche pour y semer fèves, carottes et avoine. Ils proclament : « Nous travaillons, nous mangeons ensemble, nous n’avons pas besoin d’épées. Nous ne nous inclinerons pas devant les maîtres et ne payerons pas de rente aux seigneurs. Nous sommes des hommes libres même si nous sommes pauvres. Vous tous bêcheux, levez-vous pour la gloire, levez-vous maintenant ! » Cette rébellion sera vite matée mais elle symbolise les prémices des jardins ouvriers. Ce n’est que plus tard au XIX ème siècle pendant « la révolution industrielle » en Europe qu’apparaissent les « champs des pauvres » : des jardins en ville qui apportent un complément de ressources aux ouvriers. En France, le terme de « jardin ouvrier » fut inventé par l’abbé Lemire, prêtre et homme politique, convaincu que ces jardins « permettent aux ouvriers d’échapper à leur taudis en profitant d’un air plus respirable, ils les éloignent aussi des cabarets et encouragent les activités familiales au sein de ces espaces verts ». En 1952 l’adjectif « ouvriers » disparaît au profit de « familiaux ». Aujourd’hui en France il existe environ 150 000 « jardins familiaux » pour une superficie de 45 000 hectares. À Grenoble et dans son agglomération, on recense dix-huit terrains dédiés aux jardins ouvriers dont la moitié située en bord de voie ferrée ou de la rocade (1). Ils sont majoritairement gérés par des collectivités locales, mais aussi par quelques propriétaires privés qui louent souvent à l’année une parcelle pour 50 à 100 euros. Les listes d’attente pour obtenir son lopin de terre peuvent atteindre plusieurs années. Retour aux sources pour certains, lieux de repos et d’évasion après une journée de boulot pour d’autres ou encore complément alimentaire pour des retraités, les jardins ne sont jamais dénommés « familiaux » mais toujours « ouvriers » par leurs locataires. On a ramené notre fraise du côté du quartier Chamberton à Saint-Martin-d’Hères, à quelques mètres de la voie ferrée où existent encore les vieux jardins créés sauvagement il y a 40 ans, depuis légalisés, qui côtoient d’autres parcelles flambants neuves installées par la municipalité. Portraits.

- Foirade à l’Esplanade

Des habitants désemparés face à une mairie sourde et muette

Le réaménagement de l’Esplanade, quartier situé au pied de la Bastille, est un des projets urbains phares de la municipalité pour améliorer la vitrine de Grenoble, c’est-à-dire pour bâtir une métropole attractive. Dans cette logique, l’avis des habitants importe peu. Rencontre avec certains d’entre eux, remontés contre la façon de faire de la Mairie.

- Micro-trottoir à France 3

Au Postillon, on a beaucoup critiqué certaines pratiques médiatiques locales mais on s’était rarement approché d’un « vrai journaliste », de peur de se faire mordre. Cette fois-ci, notre reporter animalier a pris son courage à deux mains, direction France 3 Rhône-Alpes pour un rendez-vous avec un journaliste de la chaîne. Il voulait en savoir plus sur la presse locale grenobloise et son fonctionnement. Comment travaillent ceux qui détiennent une carte de presse, celle qui accorde une certaine légitimité, qui ouvre la porte des buffets des conseils municipaux et de la préfecture et qui permet de côtoyer l’élite politique et économique locale ? Pourquoi sont-ils si sensibles à la critique ?

François Ollier, 23 ans d’expérience dans la profession, a accepté de répondre au Postillon. Il est l’un des cinq secrétaires généraux du SNJ (Syndicat national des journalistes) (1) de l’Hexagone. Finalement, l’entretien s’est bien passé : il n’a pas mordu notre valeureux grand reporter. On lui avait proposé de témoigner anonymement pour en savoir un peu plus, il a refusé. On a quand même appris des choses sur le petit milieu politico-médiatique. Voilà ce que l’on a retenu des deux heures d’interview qui se sont transformées en discussion (2).

- Rien ne va PLU

Amis élus, amis promoteurs, amis architectes, Chacun sait qu’il est parfois très compliqué, pour les bâtisseurs que vous êtes, de mener vos projets à bien en suivant scrupuleusement les différents règlements qui s’imposent en matière d’urbanisme. Pour le bien de tous, il faut souvent faire preuve d’habileté et de ruse pour construire la ville de demain dont tout le monde rêve. Mais nombre d’entre vous peinent souvent devant de petits problèmes techniques. Voici donc quelques trucs et astuces pour les contourner.

- Ana

- Fioraso, ministre de la fuite en avant technologique

Comme l’exposait le portrait que nous lui avions tiré dans le numéro quatorze du Postillon, la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Geneviève Fioraso, n’a pas le temps de penser car elle ne fait que se dépenser, de réunion en comité de pilotage, de déjeuner d’affaires en conseil d’administration. Parmi ses multiples activités, cet article évoquait son activisme promotionnel en faveur de la biologie de synthèse – la dernière épouvante issue des laboratoires. Au moment de la publication du papier, Fioraso n’avait pas encore remis son rapport parlementaire sur le sujet. Depuis, son pavé, rédigé pour l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), a été publié : 225 pages de textes et 429 pages d’annexes, des voyages un peu partout dans le monde occidental (États-Unis, Canada, Allemagne, Italie, etc), 160 personnes rencontrées dont des membres du FBI américain. Pour quel résultat ? Un plaidoyer pour une énième fuite en avant technologique et des recommandations pour échapper à la contestation, en évitant les erreurs des OGM et des nanotechnologies. Notre vulgarisateur scientifique a survécu à la lecture de ce copieux rapport et vous livre ici une petite « synthèse » critique (1).


Abonnez-vous Tarif pour 6 numéros (environ un an) = 15 € Possibilité de réduction pour des envois groupés ou pour des personnes désargentées : nous contacter. Gratuit pour les prisonniers.

Modalités : envoyer de la monnaie ou un chèque à l’ordre de « Le Postillon », ainsi qu’un petit mot avec votre adresse. N’oubliez pas de préciser le numéro à partir duquel vous voulez vous abonner. Ceux qui le désirent peuvent ajouter leur email pour qu’on puisse les contacter en cas de « retour à l’expéditeur ».

La collection complète du Postillon (15 numéros) est disponible pour 15 euros, port compris.

Le Postillon, c/o Les Bas Côtés, 59, rue Nicolas Chorier, 38000 Grenoble lepostillon /chez/ yahoo.fr

Le prochain numéro du Postillon sortira à la rentrée.


Pour ce numéro d’été Le Postillon est diffusé sur le plateau du Vercors, dans les tabac-presse de Saint-Nizier, Lans-en-Vercors, Villard-de-Lans et Méaudre.

Sinon Le Postillon est vendu à la criée mais aussi dans de nouveaux points de vente :

À Grenoble :
- Tabac-presse La Chavant : 20, rue de Strasbourg
- Presse Lussagnet : 20 boulevard Maréchal Foch

A Saint-Martin d’Hères :
- Tabac presse Lopez : 63 bis, avenue Jules Vallès

A Sassenage :
- Tabac presse Meunier : 2, rue des Pies
- Tabac Presse Tondella : 2, rue de l’Ovalie
- Tabac Presse Les Glériates : Place de l’Europe

et aussi dans des anciens :

À Grenoble :
- Librairie-restaurant Les Bas Côtés : 59, rue Nicolas Chorier
- Presse Le point Virgule : 25, rue Nicolas Chorier
- Tabac-presse Le Chorier : 28, rue Nicolas Chorier
- Tabac-presse Le Saint-Bruno : 67, cours Berriat
- Tabac-presse Monin : 54 rue Diderot
- Tabac-presse Le Berriat : 97, cours Berriat
- Sandwicherie En tout sens : 148, cours Berriat
- Tabac-presse Le Chiquito : 162, cours Berriat
- Le Point Chaud : 53, rue Pierre Sémard
- Bistrot-cantine La Passoire : 47, avenue de Vizille
- Le Local Autogéré : 7, rue Pierre Dupont
- Bar Aux Zélées : 31, rue André Rivoire
- Tabac-presse Les Eaux Claires : 22, rue des Eaux Claires
- Tabac-presse Seferiadis : 39, boulevard Joseph Vallier
- Tabac-presse des grands boulevards : 28, boulevard Joseph Vallier
- Yvonnet Presse : 8 boulevard Joseph Vallier
- Café-librairie Antigone : 22, rue des Violettes
- La BAF : 2, chemin des Alpins
- Tabac-presse Etienne : 45, rue de Stalingrad
- Tabac-presse Le Berthelot : 5, avenue Marcellin Berthelot
- Tabac-presse Squalli : 159, cours de la Libération
- Tabac-presse La Bruyère : 36, avenue de la Bruyère
- Librairie des Baladins : 68, place des Géants
- Tabac-presse Le Malherbe : 1, avenue Malherbe
- Tabac Yaz Café : 101, Galerie de l’Arlequin
- Tabac-presse Le V.O. : 3, place Lionel Terray
- Tabac-presse Le Reinitas : 27, boulevard Clémenceau
- Tabac-presse Le Brazza : 14, place Sainte-Claire
- Tabac-presse Le Fennec : 32, boulevard Maréchal Leclerc
- Mag’Press : 2, rue St Jacques
- Tabac-presse Le Papyrus : 32, boulevard Gambetta
- Tabac-presse Le Barillec et Cie : 5, rue Thiers
- Tabac-presse Le Stendhal : 9, rue Raoul Blanchard
- Tabac-presse Grenette : 2, rue Montorge
- Tabac-presse Soulé : 2, rue Casimir Perrier
- Press’Bastille : 8, cours Jean Jaurès
- Tabac presse Mallah : 4 bis, route de Lyon
- Tabac-presse Ligero : 37, avenue Alsace-Lorraine
- Tabac-presse Le Cigarillo : 54, avenue Félix Viallet

à Saint-Martin d’Hères :
- Tabac-presse Croix Rouge : 47, avenue Ambroise Croizat
- Tabac-presse l’Ariel : 12, avenue Romain Rolland
- Tart’Enpion : 14, place de la Liberté

Sur le campus :
- Tabac du Campus : 442, avenue de la Bibliothèque

À Fontaine :
- Tabac-presse Totem : 113, avenue Aristide Briand
- Tabac-presse : 28, rue d’Alpignano

à Pont-de-claix :
- Tabac-presse : 73, cours saint-André

À Echirolles :
- Tabac-presse Molina&co : 36, cours Jean-Jaurès
- Tabac-presse Les Ecureuils : 17, rue Gabriel Didier
- Tabac-presse Vicente : 17, rue Paul Héroul
- Maison de la Presse : 26, rue Albert Londres
- Tabac-presse : 2, place de la Convention

à Bresson :
- Mag Presse : 240, avenue de la République

à Meylan :
- Tabac-presse des Bealières : 12, place des Tuilleaux
- Tabac-presse : quartier des Buclos

À Saint-Ismier :
- Tabac-presse de la Place : place de l’église

à La Tronche :
- Tabac-presse Musso : 145, Grande Rue

à Montbonnot :
- Tabac-presse : 293, rue Général de Gaulle

à St-Egrève :
- Tabac-presse Devaux : 6, place Saint-Christophe

à Saint-Martin-le-Vinoux :
- Tabac-presse Berlire : 116, avenue Général Leclerc
- Tabac-presse Nigay : 61, av général Leclerc

À Voiron :
- Librairie Nouvelle : 13, rue Dode

à Saint-Pierre de Chartreuse :
- L’Auberge : place de la Mairie

à Saint-Pierre d’Entremont :
- Tabac-presse Les Ramoneurs

à Chambéry :
- Bar Le Petit Verdun : 2, avenue des Chevaliers Tireurs

à Cran-Gevrier (à côté d’Annecy) :
- L’alterlocal : 3, chemin des Grèves

Les précédents numéros sont téléchargeables sur le site : www.les-renseignements-genereux.org...



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