Wednesday 27 June 2012 par Les Komanches <komanche (a) riseup.net>
[Infos locales] [Antifascisme]- Partie 1
A la peur de l’immigré et aux tentations de repli communautaire s’ajoutent la tendances à un retour à l’ordre moral conservateur. Nous vivons dans une société malade et les charlatans ne manquent pas...
Si les technocrates utilisent les moyens technologiques pour renforcer un système de domination de l’Homme sur l’Homme, on assiste également sur le plan spirituel et moral à un retours en force du religieux et du conservatisme. Les systèmes fascistes ont su par le passé allier la domination par la contrainte physique (la discipline des corps poussée à son paroxysme), à travers différend systèmes de coercition technico-militaro-policier, et la domination par la contrainte psychologique, basée sur l’aliénation des masses à travers l’endoctrinement religieux ou patriotique, la hiérarchisation de la société et la sanctification du pouvoir. Cela se voit sur différents plans. La surmédiatisation des faits-divers glauques, et des effets d’annonce contribue à renforcer l’idée d’une société hostile et, en opposition, d’un état protecteur. Les mesures de surveillance, la criminalisation de toute opposition efficiente au pouvoir, l’alourdissement des peines n’est plus imposée mais réclamée par une frange de la société abrutie. Si le phénomène touche comme on pouvait s’y attendre les franges bourgeoises et vieillissante de la société, il touche également les jeunes.
L’organisation verticale des rapports sociaux et l’emprise croissante de la marchandise dans ces derniers aboutissent de manière logique à une société de contrôle consentie. La déshumanisation dont font l’objet les individus réduits à l’état de marchandises, et qui perdent peu à peu le contrôle sur leur vie et l’espace dans lequel ils évoluent, les dispose tout entiers à accepter le totalitarisme marchand et l’abandon de leur vie à ce dernier. A travers l’illusion du bonheur matérialiste le mensonge capitaliste perdure et s’amplifie. Et quand bien même la mondialisation capitaliste et la financiarisation ont mené à la pire crise économique de l’histoire, cette dernière ne fait que jeter dans les bras du nationalisme et de la réaction les classes populaires.
« L’antisémitisme comme mouvement national a toujours été ce que ces intigateurs aimaient repprocher au sociaux démocrates : le nivellement. Ceux qui n’ont aucun pouvoir pour commander ne doivent pas vivre dans des condition meilleures que celles du peuple. Tous les suivistes avides ont au fond toujours su qu’ils n’y gagneraient rien sinon la joie de constater que les autres n’en ont pas d’avantage » Horkheimer & Adorno La dialectique de la Raison
Cette citation sur l’antisémitisme s’applique aussi bien aux formes de racisme d’Etat que l’on a vu se mettre en place ces dernières années. La différenciation et la mise en concurrence des individus sur des critères absurdes, en lieu et place de l’analyse des rapports de domination sape jour après jour les efforts du mouvement social et laisse en revanche la part belle aux théories différentialistes.
Il semble que le nombre des personnes à même d’avoir conscience de la nécessité de la lutte des classes ne cesse de décliner.
Les médias marchands, largement dominants par leur nombre et leur moyens financiers, cèdent peu à peu à la facilité, laissant de côté l’analyse de fond et la recherche de la création artistique au profit d’un traitement spectaculaire de l’information et la promotion d’une culture de supermarché, recyclable à l’envi. Cette culture de l’instantané et de l’éphémère se retrouve désormais dans les politiques d’éducation et de recherche. A l’école l’acquisition de savoirs automatiques est privilégiées au détriment de la réflexion personnelle, la réduction du nombre de professeurs, les classes surchargées, et la négation de l’enfant en tant qu’individu à part entière avec ses envies propres, contribuent à une perte de repères des jeunes générations et de la pertinence de leur bagage culturel et scientifique. Les alternatives ne manquent pourtant pas, mais on leur préfère une vision autoritaire et uniformisante de l’enseignement. Dans la recherche, les crédits sont désormais orientés vers des technologies rentables à court terme, en particuliers celles liées au contrôle des population, que ce soit dans son volet techno-policier, ou socio-économique.
« Le totalitarisme... découle d’un système de production et de distribution parfaitement compatible avec un puralisme de partis, de journaux, avec la séparation des pouvoirs. » Marcuse L’homme unidimensionnel
Que ce soit en un Dieu bienfaisant, en la main invisible du marché et les vertus du progrès, ou même en la révolution, la croyance rassure non seulement le croyant, mais aussi le pouvoir qui détient alors un outil de contrôle formidable.
"Les hasards et les chances imprévus de fortune qui prédisposent les bourgeois aux idées superstitieuses n’existent pas pour le prolétaire ; et l’idée de Dieu ne peut apparaître dans le cerveau humain, que si sa venue est préparée par des idées superstitieuses de n’importe quelle origine." Paul Lafargue Le déterminisme économique de Karl Marx
Il n’est guère étonnant dans ce contexte de crise culturelle et économique, de voir resurgir des théories obscurantistes. A mesure que l’analyse rationnelle recule, les théories mystiques et religieuses opèrent un retour pour le moins inquiétant. Elles concernent tout les milieux et s’invitent dans tout les aspect de la vie. Elles participent à la confusion générale et profitent à de nombreuses dérives. Des théories créationnistes aux sectes new-age, l’éventail des fausses réponses, des discours confusionnistes et des mensonges rassurants est immense.
De plus en plus d’individus se détournent en partie où complétement de la lutte politique opposant les opprimés à leurs oppresseurs, de la pensée révolutionnaire et des pratiques émancipatrices du mouvement social pour chercher ailleurs des "solutions". Ainsi progresse partout cette idée qui veut que quelque soit ses opinions (comprendre par là : dans quel camp qu’il se place dans la guerre sociale) l’individu aurait besoin de "spiritualité".
"Le monde aliéné apparait [...] comme le seul possible ; cela suscite la transfiguration, la résignation, et la recherche d’un chemin menant à la "vie" par l’experience mysthique irrationnelle, laquelle ne peut évidemment rien changer à l’éssence de cette situation de fait. Ces attitude qui exprimment plus l’écrasement de l’individu face au monde sont inévitables à partir du moment où l’on renonce à toute praxis possible..." (propos sur les écologistes issu des classes moyennes extraits de la brochure Anonyme "Les mythes décisifs. Aux écoeurés de Malville")
A l’extrême-droite le courant identitaire est sans aucun doute pour la dernière décénie, celui qui a pris le plus d’initiatives concrètes dans tout les domaines. Suivant sa methode basée sur la métapolitique il se sont employés sans relache a investir tout les terrains et notamment ceux abandonnés par le FN et a occuper un maximum d’espace.
« La métapolitique est une conception idéologique et une pratique politique qui vise à s’inscrire dans les rapports de force sociaux et économiques en déployant des concepts au niveau culturel pour influencer la sphère politique et y faire progresser ses idées. Il s’agit de considérer que la vision que la société porte sur elle même doit être modifiée préalablement à une tentative de changement de société. Vision politique adaptée au contexte social actuel, la métapolitique est une des formes d’action politique. » (Source : « Métapolitique et stratégies des droites radicales »).
Cela vas par exemple de l’ouverture de locaux aux allures de centres sociaux et culturels et à l’occupation de certains quartiers dans les grandes villes à des démarche de retours à la terre... On a déjà vu dans un premiers articles que l’écologie faisait partie intégrante de l’extrême droite. Le blog 11sept2010.wordpress (aujourd’hui : Le blog du Drapeau Noir) avait déjà entamé ce travail d’enquète il y a un an...
On ne citera pas toutes les revues, les petites maisons d’éditions, les ateliers artisanaux, boutiques d’artisanat enracinés. Le plus grand des succés des identitaire restant néamoins l’ouverture de ses Maisons de l’Identité, inspiré par les Casapound, centre sociaux fasciste qui fleurissent dans toute l’Italie. Aujourd’hui elle sont au nombre de huigt (« La Barricade » à Paris, la « Vlaams Huis » à Lille, « La maison de l’Artois » dans le Nord-Pas-de-Calais, « Lou Bastioun » à Nice, « La Traboule » à Lyon, « Ti-breizh » dans le Finistère, « l’Echoppe » à Bordeaux et « l’Oustal » à Toulouse). Sur le mouvement Casapound en Italie qui a inspiré ces locaux on peut lire la brochure « Sortir des égouts : de l’égémonie culturelle de droite au fascistes du troisième millénaire » édité par Tatanka, et voir le documentaire d’Arte « Casa Pound une maison occupée par l’extrême droite »)
Mais la plus inquiétante des initiatives identitaire reste La Desouchière. Une bière artisanale. En se penchant un peu sur ce cas particulier on se rend compte qu’il s’agit d’individus issu de la mouvance identitaire qui ont racheté quelques batiments et crée une SCI dans une petite commune. Le but étant d’installer une véritable colonie d’individus. La methode est à peu près la même que pour certaines Maison de l’identité, le blog 11sept2010.wordpress (aujourd’hui : Le blog du Drapeau Noir) l’analysait déjà il y a un an :
« Attirer des gens vers des communautés fermées, isolées, et animées par un concept ésotériquo-spirituo identitaire fumeux, puis organiser le tout financièrement pour qu’il essaime, je ne pense pas être le seul à voir là dedans une dérive sectaire. »
Olivier Bonnet, fondateur de La Desouchière est intervenu à la 3ème Journée Nationale et Identitaire organisée à l’occasion du 3ème anniversaire de la revue Synthèse Nationale ainsi qu’à la 11éme Rencontre des Identitaires de Coloma organisée par Terre & Peuple-Wallonie pour parler de « la ré-appropriation par la culture locale, par les habitudes alimentaires locales, par les randonnées locales, par les traditions vestimentaires, les fêtes, les rites, les lieux sacrés locaux, l’économie équitable, le mouvement coopératif, le micro-capitalisme, la perma-culture biologique, les activités éducatives et sportives locales, etc ».
Message du fondateur de la desouchiere en octobre 2008:
« Le but Il doit être fixé de manière claire de façon à ce que chacun en soit bien conscient avant de s’engager de la façon qui lui convient. Cependant, il faut demeurer relativement évasif dans les documents officiels (statuts des sociétés et associations éventuelles), de manière à ne pas prêter le flanc à la critique de nos adversaires, ni éveiller les soupçons des autorités du lieu finalement choisi. Si une SCI doit acheter des maisons, des terrains, des appartements, elle doit pouvoir le faire tout naturellement, sans tapage inutile. c’est la partie la pus délicate du démarrage. une fois des biens immobiliers acquis, il devient quasiment impossible de s’opposer à l’arrivée de nouveaux habitants dans la commune »
« Je ne détaillerai pas ici et maintenant les méthodes qui permettent de limiter les risques mais il me semble par exemple qu’il vaudrait mieux éviter de débarquer dans un coin étendard au vent. L’implantation ne doit pas être avant tout politique, a mon sens le but premier doit être de s’intégrer et de se faire accepter, apprécier, des habitants du cru, en adoptant un comportement exemplaire. »
« Il serait judicieux de choisir une commune peu peuplée afin de pouvoir assez rapidement placer un maire souchien. Si nous sommes suffisamment nombreux nous pourrons mécaniquement gagner les municipales. Une liste dite apolitique simplement souchienne. »
« C’est même réalisable au niveau d’un canton pour peu que le projet prenne de l’ampleur »
« L’arrivé dans une mairie ou au moins dans les conseils municipaux pour debuter (avec menagement de la population de souche -la vrai- lol) est en effet indispensable mais doit se faire delicatement (que l’on est pas l’impression de debarquer et vouloir prendre le pouvoir) dans le cas contraire on ne se distinguerai pas beaucoup des migrateurs allogènes. Il faut avant avoir mené de bonnes actions, des rehabilitations et acquis la confiance des gens. Mais en effet, l’entrisme dans les listes municipales offrira beaucoup d’autres perspectives. »
« il faut donc s’installer dans une commune déjà existante et réussir à y placer notre maire. Le contrôle de la mairie nous permettra de contrôler les permis de construire et en conséquence, de contrôler l’accroissement, la rigueur des construction, le bon emploi des fonds publics et la tenue de l’école. »
« Imaginez donc une commune en voie de désertification, avec 100 électeurs inscrits (car c’est ainsi dans les campagnes, il y a toujours plus d’électeurs inscrits que d’habitants à l’année, enfants compris) et 10 nouveaux arrivants, qui sont 30 au bout de 18 mois et plus de 50 en 3 ans : ils prennent ensuite la mairie avec leur liste entière (11 élus, donc le maire plus l’ensemble du conseil municipal) sans problème. »
« Il y a déjà des camarades qui ont franchis le cap du retour à la terre. Vu le peu d’entre-nous qui ont eu le courage de passer à l’acte (moi compris), ils sont amenés à avoir des échanges (de produits, d’animaux et de services) avec les gauches sans que ses derniers les soupçonnent en rien. Et même parfois, s’ils ont un soupçon, le fait de partager la même vie, le respect s’installe. Il suffit de ne pas faire de prosélytisme et d’avoir un peu d’humour. Les gauches, eux, sont bien plus nombreux que nous à être redevenus paysans et dans ce domaine ils sont bien plus cohérents que nous. »
« Et je répète, pour les gauches il n’y a pas de soucis à ce faire. Ceux des ville, les plus pourris, ne viennent pas à la campagne. Et vous seriez surpris de voir que les gauches de la campagne ont bien des point communs avec nous. Sauf pour les questions raciales. C’est là où ils sont incohérents et ils s’en rendent compte parfois. Ceux-là ne viendront pas manifester devant chez vous si vous ne faites pas dans le prosélytisme. Soyons 95 % paysans, 5% politique. »
« SI le projet est bien amené, bien presenté sans provocation (et il n’y a pas de raisons qu’il y en aient) les gauchistes ou autre nuisibles n’y verront que du feu. »
« Mais bon, si l’ont n’arrivent pas avec nos gros sabots, je ne vois pas de crainte. Il suffira d’employer les arguments simples de “developement durable”, “mise en valeur du patrimoine local”, très en vogue actuellement. Et surtout être discrets sur nos buts et notre philosophie. Il nous faudra mettre en avant notre côté “écolo-développement-durable” (bien à la mode) sans pour autant verser dans l’idéologie qui la sous-tend actuellement,… »
Plusieurs endroits sont depuis plus d’un ans en cours d’infiltration par cette secte. Nous allons ici nous contenter de donner quelques indication :
Sur le blog (http://tourdeurope.over-blog.com) tenu par Fanny TRUILHE et Mathilde GIBELIN, on peut constater que des écoles primaires tombent dans le piège et offre une tribune de choix auprès de jeunes enfants, relayée par la tribune et le midi libre.
« La ferme du bout du monde » (http://lafermeduboutdumonde.fr) implantée à la Parrade 43850 Alleyras est elle aussi née d’un trip retour aux racines gauloises.
« Retours à la Terre » (http://retouralaterre.canalblog.com) se présente comme un projet de potager collectif situé à côté de Montluçon dans l’allier qui se définit lui-même comme ceci : “Notre démarche s’inscrit dans une logique comptant de plus en plus d’adeptes parmi les citadins : celle du “ré-enracinement”. Ce principe peut être “intérieur” (la redécouverte de ses racines), ou physique, par un retour à la terre (comme l’indique le nom de ce blog), l’un accompagnant l’autre le plus souvent.” Le lien avec l’AMAP du Bourbonnais affiché est à vérifier.
L’art des mêts (http://www.lartdesmets.eu) Sandrine Mesguich, La Cigogne 03210 Gipcy. Une boutique de graines qui propose également des stages. Identitaire et destinée aux cibles particulièrement en quête de spiritualité, elle propose par exemple de “s’élever en douceur vers la santé des trois corps : physique, mental et spirituel”. Particulièrement inquiétant…
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