Saturday 30 June 2012 par Sud etudiant ESAA <sudetudiant.esaa (a) gmail.com>
[Mouvements lycéens / Etudiants] [Autres infos]Nous sommes un collectif d’étudiants de l’École Supérieure d’Art d’Avignon (ESAA). Nous dénonçons les très nombreux dysfonctionnements de notre école et les abus de pouvoir de son directeur.
Élection d’un représentant étudiant annulée, clientélisme, management par la terreur, harcèlement moral et physique, sexisme...L’école d’art d’Avignon est un concentré de ce qui peut se faire de pire en matière d’abus de pouvoir et de mépris à l’encontre des étudiants.
Depuis que nous avons commencé à dénoncer le climat au sein de l’école, les pressions s’accentuent, culminant lors d’un dépôt de plainte au commissariat à l’encontre du directeur, notamment pour les faits de harcèlement dénoncés : refus de prendre les plaintes, accusations répétées de « mythomanie », présence de policiers en civil de la DCRI, intervention du commissaire...
Dernier méfait en date : le représentant étudiant a été physiquement empêché par la police de venir porter devant le CA les revendications formulées par les étudiants, entrainant la reprise de l’occupation et le blocage de l’école en représailles.
Malgré les coups portés par ceux qui tiennent à maintenir coute que coute leur rôle de petits chefs et de serviteurs d’un enseignement policier de l’art des élites, nous tiendrons bon.
La mairie préfère investir massivement de l’argent public pour mettre en valeur la collection privée d’un milliardaire plutôt que d’assurer la survie d’une école. Notre lutte a révélé aux yeux de tous le mépris des pouvoirs publics pour l’école et ses étudiants.
Nous maintenons les exigences suivantes:
passage en second cycle de tous les étudiants de L3 diplômés.
définition claire et précise des modalités d’admission en second cycle pour les années à venir.
La garantie de locaux stables et en adéquation avec les besoins de l’école pour le déménagement.
Le renvoi par le C.A. de Mr Ferrari pour tous ses manquements et ses abus dans la gestion de sa fonction.
La nomination par le C.A. d’un nouveau directeur, sur appel à projet. Celui-ci devra être quelqu’un d’extérieur à l’ESAA et à la ville d’Avignon.
La mise en place d’un véritable projet d’établissement élaboré en concertation juste et démocratique avec les différents acteurs de l’école.
Une réelle mise à plat du fonctionnement de l’ensemble de l’école.
plus d’infos sur: http://sud-etudiant-esaa.blogspot.fr/
A lire, ce texte qu’on trouve sur le blog dont le lien figure dans l’article :
"La valeur d’usage de l’éducation, c’est la soumission"
L’école se veut un espace de "liberté". L’art également. Or ce qu’on observe c’est que cette liberté, telle qu’elle est nommée par l’ensemble de ses disciples, n’a pas d’objet. Elle doit rester dans le cadre de l’ordre établi: jamais elle ne doit remettre en cause par sa pratique les rapports de domination.
De fait, cette liberté n’est là que pour légitimer le pouvoir de quelques-uns sur tous. Ceux qui croient s’en emparer ne font qu’accepter leur propre soumission, comme s’ils l’avaient choisie d’eux-mêmes.
L’enseignement de l’art auquel nous sommes aujourd’hui confrontés est une machine schizophrène, plaçant systématiquement son discours en contradiction avec ses actes. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que pour faire disparaître ce paradoxe son évolution soit la disparition de la pratique pour laisser place à l’omniprésence du baratin.
La seule technique encore enseignée à l’école d’art est celle de la soumission. Soumission comme moyen, comme méthode, et, en définitive, comme réalisation. Sélectionner des étudiants sur leur aptitude à l’insertion professionnelle, comme l’a fait la commission d’après son directeur, révèle la vraie nature de cet état de fait. Les quelques étudiants qui savent séduire pour obtenir un stage bénévole chez Yvon Lambert offrent leur force de travail contre un privilège: celui d’approcher cet obscur objet du désir que constitue le milieu de l’art. La figure de l’artiste, celle du collectionneur, ou tout autre place que l’étudiant rêve d’occuper, sont autant de sujets et de formes que prennent l’expression de la servitude volontaire.
L’enseignement de l’art, constitue en cela une avant garde du capitalisme: nous y approchons l’art comme une marchandise ultime qui justifierait à elle seule tous les sacrifices, tous les abus. Ce rapport fétichiste atteste de la vraie nature de l’œuvre d’art: la marchandise pour la marchandise.
Nous avons trouvé dans notre révolte une esthétique et une éthique nouvelle. Il faut être flic, journaliste, directeur d’école, à la limite enseignant pour ne pas voir les enjeux de ce qui se passe maintenant à Avignon. Ce qu’ils ont appelé "saccage de l’école d’art" n’était qu’un simple prémice: nous ne faisons pas de l’esthétique relationnelle, nous créons dans la lutte un rapport de force. C’est notre œuvre émancipatrice.
Ajouter un complément d'information
Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.