Indymedia Grenoble

Demandeurs d’asile de Fontaine : une bouffée d’air de 60 jours, mais que se passera-t-il après ?

Thursday 26 July 2012 par Réseau du 22 rue des Alpes <22ruedesalpes (a) gmail.com>

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Communiqué de presse du réseau du 22 rue des Alpes

Fontaine, le 26 juillet 2012

La trentaine de demandeurs d’asile qui occupent le bâtiment du 22 rue des Alpes, à Fontaine, ont obtenu de la justice un délai de deux mois avant l’expulsion de l’immeuble par la société propriétaire. Ça n’est pas grâce aux élu-e-s de Fontaine, qui restent passifs face à cette situation, et que le réseau du 22 rue des Alpes appelle à nouveau à réagir. Car cette bouffée d’air estival ne règle évidemment pas le fond du problème de ces réfugiés, qui se voient refuser l’asile par l’Etat et seront remis à la rue fin septembre.

Le 5 avril dernier, le Tribunal d’Instance de Grenoble avait ordonné à la trentaine de demandeurs d’asile qui occupent depuis février un bâtiment vide de Fontaine de libérer les lieux à partir du 4 juillet. Sans autre lieu où aller, puisque l’Etat français n’assume pas son obligation légale d’héberger les réfugié-e-s pendant toute la procédure d’examen de leur demande d’asile, les habitants s’étaient mobilisés pour ne pas être remis à la rue [1].

D’abord auprès de la municipalité de Fontaine : Interpellés publiquement, des élu-e-s ont enfin accepté de rencontrer, le mercredi 13 juin, des demandeurs d’asile. Tout en affirmant une volonté d’agir, le 1er adjoint Jean-Paul Trovéro et l’adjointe en charge de la solidarité Muriel Chaffard ont opposé à ces réfugiés un prétendu manque de moyens. Des perspectives de mobilisation commune sont pourtant envisageables, sans exiger d’autre moyen qu’une réelle volonté politique de l’équipe municipale. Par leur courrier du 18 juin, les principales associations locales d’aide aux migrant-e-s et de défense des droits humains [2] ont pourtant invité le maire à initier un mouvement collectif. Mais en dépit des promesses des élu-e-s de réfléchir aux pistes alternatives et de reprendre contact rapidement, et malgré les nouvelles sollicitations du « réseau du 22 rue des Alpes », qui s’était même invité au Conseil Municipal du 25 juin, la mairie oppose un silence méprisant.

Des habitants du 22 rue des Alpes avaient également saisi le Juge d’exécution pour demander un délai supplémentaire avant l’exécution du jugement du 5 avril, au regard des autres démarches administratives engagées pour obtenir un hébergement. Et par sa décision du 24 juillet, la juge d’exécution leur a finalement donné une bouffée d’air, puisqu’elle donne un nouveau délai de mois avant l’expulsion du bâtiment, repoussée à après le 24 septembre. C’est bien sûr un soulagement provisoire, mais les problèmes de fond persistent :
- Leur droit d’asile n’est pas respecté, pas plus par ce gouvernement que le précédent : systématiquement classés en « procédure prioritaire », un terme qui couvre un examen express et bâclé de leur dossier, la plupart se voient refuser le statut de réfugié par l’OFPRA [3] alors que la gravité de la situation dans leur pays d’origine, le Soudan, l’Erythrée et le Tchad, est suffisamment de notoriété publique pour qu’on imagine les risques qu’ils courent en cas d’expulsion.
- Ils n’ont toujours pas d’hébergement : ce squat n’est qu’une solution provisoire, mais qui leur a permis de ne plus vivre à la rue. Ils en seront privés à partir de fin septembre, sans aucune autre alternative, et sans qu’aucune administration ou collectivité ne semble s’en émouvoir.

Les habitants du 22 rue des Alpes et leurs soutiens renouvellent leur appel aux élu-e-s de Fontaine pour qu’enfin ils soutiennent ce combat politique pour le droit d’asile et l’accès au logement : en intervenant auprès de la société propriétaire du bâtiment (dans laquelle la communauté d’agglomération a des parts), en appuyant la recherche de solutions de relogement à Fontaine ou dans l’agglomération, et en soutenant politiquement et publiquement les demandes d’asile autrement que par une simple déclaration d’intention.

[1] Voir notre communiqué du 25 juin 2012, en ligne sur http://grenoble.indymedia.org/2012-06-25-Demandeurs-d-asile-de-Fontaine [2] Ce courrier, dont le Réseau du 22 rue des Alpes s’est procuré une copie, était cosigné par 6 associations : l’ADA (Accueil Demandeurs d’Asile), l’APARDAP (Association de Parrainage Républicain des Demandeurs d’Asile et de Protection), la Cimade-Grenoble, la LDH-Grenoble (Ligue des Droits de l’Homme), le CIIP (Centre d’Information Inter-Peuples), la Coordination Iséroise de Soutien au Sans-Papiers. [3] OFPRA : Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides, chargé d’instruire les demandes d’asile.



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