Indymedia Grenoble

Répression et nouvelles mobilisations pour les demandeurs d’asile du 22 rue des Alpes

Wednesday 26 September 2012 par Réseau du 22 rue des Alpes <22ruedesalpes (a) gmail.com>

[Infos locales] [Migrations / Sans-paps] [Logement / Squats]

Communiqué de presse du « réseau du 22 rue des Alpes »

Fontaine, le 25 septembre 2012

Suite à l’expulsion du nouveau squat de demandeurs d’asile du 24 rue Ampère à Grenoble, le « réseau du 22 rue des Alpes » tient à décrypter quelques contre-vérités affirmées par la mairie de Grenoble. Le réseau appelle toutes les organisations et personnes qui soutiennent son action à interpeller les municipalités de Grenoble et Fontaine pour trouver une solution alternative d’hébergement pour la trentaine de demandeurs d’asile du 22 rue des Alpes.

Mardi 25 septembre après-midi, la police a procédé à l’expulsion de l’immeuble au 24 rue Ampère, à Grenoble. Ce bâtiment était occupé depuis plusieurs jours par le « réseau du 22 rue des Alpes », en prévision de l’expulsion imminente du squat de Fontaine où une trentaine de demandeurs d’asile habitent depuis février 2012. L’expulsion de la rue Ampère a été ordonnée par la mairie de Grenoble, qui contrôle la société d’économie mixte « Grenoble 2000 », propriétaire du bâtiment. Une plainte a été déposée pour « dégradation », et un militant du réseau arrêté sur place risque d’être poursuivi.

Interpellés par des militants associatifs, les élus grenoblois objectent qu’aucun réfugié n’était présent lors de l’expulsion. Ils affirment que cette occupation n’avait pas pour but d’héberger ce collectif de demandeurs d’asile, dont beaucoup étaient encore présents à Fontaine ce mardi. Un prétexte de plus pour essayer de justifier une expulsion illégale, dont est coutumière la ville de Grenoble. Ces habitants prétendument « invisibles » avaient simplement anticipé une expulsion annoncée par la police la veille, en ne restant pas sur place dans la journée. Le réseau, qui regroupe des soutiens locaux et des demandeurs d’asile, n’avait en effet pas pris le risque d’exposer ces derniers à l’intervention de la police. Sans doute faut-il rappeler aux élus grenoblois que ces demandeurs d’asile sont systématiquement et abusivement classés par la Préfecture en « procédure prioritaire ». Cela permet à l’État d’une part un examen bâclé de leur demande d’asile et le non respect de l’obligation réglementaire de les loger, et d’autre part de délivrer à tour de bras des Obligations de Quitter le Territoire (« OQTF »). Celles-ci sont synonymes d’un placement immédiat en centre de rétention dans l’attente d’une expulsion du territoire.

Aujourd’hui, ces demandeurs d’asile dont la ville de Grenoble prétend nier l’existence sont donc toujours à Fontaine, où la municipalité fait cyniquement la sourde oreille : ils vivent dans l’angoisse d’une expulsion imminente du bâtiment qu’ils occupent au 22 rue des Alpes, alors même qu’ils s’étaient organisés pour en partir conformément aux décisions de justice. Ils ne peuvent pas envisager de rentrer dans leur pays d’origine, et font face ici à d’innombrables obstacles tant à leur demande d’asile qu’à l’application à leur droit au logement. Pour ces raisons, le « réseau du 22 rue des Alpes » restera dans une démarche de soutien actif aux demandeurs d’asile.

Le « réseau du 22 rue des Alpes » demande donc aux organisations et personnes qui soutiennent son action d’interpeller les municipalités de Grenoble et Fontaine à deux sujets : Puisque ces mairies n’aident pas ou empêchent cette trentaine de demandeurs d’asile de trouver une solution de logement par eux-mêmes, qu’elles fassent le nécessaire pour leur proposer une solution alternative d’hébergement avant la fin de la semaine. Puisque ces équipes municipales appartiennent ou sont proches de la nouvelle majorité gouvernementale, qu’elles agissent concrètement pour que cessent les entorses aux droits des demandeurs d’asile, dont celui à un logement.

A l’inverse, ces mairies aggraveront la situation si elles continuent à cautionner la politique xénophobe du nouveau gouvernement et à encourager les expulsions de logements, alors même que plusieurs milliers sont vides dans l’agglomération.



Compléments d'informations :
Arrêtons de quémander !
par anonyme,
le 27 September 2012

L’Etat, que son gouvernement soit de droite ou de gauche, mène une politique raciste et bourgeoise, prouvant quotidiennement que la lutte des classes est toujours d’actualité.

Pour ma part, alors que j’applaudis des deux mains et des deux pieds les actions d’occupation illégales et assumées qui ont lieu pour se loger et loger d’autres personnes en difficulté, je ne comprends pas que le "Réseau du 22 rue des Alpes", à l’image d’autres collectifs (la Patate chaude, notamment), fasse recours au droit et s’adresse aux pouvoirs publics comme à des interlocuteurs qui pourraient réfléchir et avoir du coeur.

Le droit est un paravent de l’Etat pour faire passer la pilule de sa Justice de classe et de ses lois qui ne font qu’entériner les inégalités sociales. Pointer du doigt les incohérences de l’Etat entre le discours et la pratique, d’accord, mais chouiner pour que tout cela soit plus en adéquation avec une vraie démocratie qui se respecte, c’est limite du foutage de gueule.
Face à la bureaucratie et au pouvoir quel qu’il soit, on ne parlemente pas, on ne réclame pas, on arrache.
C’est ce que vous faites, alors dites-le, affirmez-le !

Longue vie aux pratiques de résistance et de solidarité,
et même, vive l’offensive acharnée contre l’Etat !

Nique l’état, ouais mais bon...
par mé,
le 30 September 2012

Bah, juste comme ça vite fait, je pense que tu dois avoir des papiers dans la vie pour dire ça! Je ne vois pas comment on peut affirmer un discours comme ça (que je partage soit-dit en passant) à la face d’un sans-papiers! C’est quoi l’idée? C’est que c’est réactionnaire de demander des papiers, des logements, le droit d’asile? Il devrait vivre radicalement vivre son sans-papierisme? En ouvrant des squats les uns après les autres, en mourrant dedans des fois, en engraissant des marchands de sommeil, en se cassant le dos au black sur des chantiers (vu que les anachistes n’ont pour l’instant pas organisé une grande caisse collective à l’adresse des personnes sans ressources) et en criant haut et fort vive l’anarchie, nique l’état juste avant que les 4 keufs qui le saucissonent lui scotchent la gueule avant de le mettre dans l’avion qui va l’expulser...?

Réponse au premier commentaire
par anonyme,
le 1 October 2012

J’ai trois réponses à ton commentaire :

La première concerne ton analyse de la loi, qui ne me semble pas complètement exacte, ni d’ailleurs objective, mais juste dogmatique. Je ne suis pas un spécialiste, mais en gros, je dirais que la loi et la justice servent en partie les intérêts des dominants, et probablement de plus en plus. Mais à l’époque de la révolution française (il me semble – amateurs-trices d’histoire, corrigez mes imprécisions, merci), les lois ont été pensées avant tout pour protéger le peuple contre l’arbitraire du pouvoir. Le code du travail protège les employés des patrons, la constitution empêche les élus d’avoir un pouvoir totalitaire, la loi interdit le racisme, le sexisme et l’homophobie. C’est plus ou moins appliqué et efficace, mais ce sont bien des lois. La déclaration universelle des droits de l’homme a aussi été pensée dans l’optique de protéger la population du pouvoir, même si la bourgeoisie a réussi à imposer un dernier article, le plus respecté par les autorités, dont on pâti encore aujourd’hui : le droit de propriété. Donc, on ne peut certainement pas dire que « le droit est un paravent de l’État pour faire passer la pilule de sa justice de classe et de ses lois qui ne font qu’entériner les inégalités sociales ». C’est souvent ce qui arrive pour tout un tas de raisons, notamment parce que les riches et les puissants savent beaucoup mieux utiliser la loi. Mais ça n’est pas l’essence même de la loi.

La seconde concerne les modes d’action et les objectifs des collectifs que tu cites (le Réseau du 22 et la Patate chaude). Il est vrai qu’ils évoquent souvent le non-respect de la loi par les autorités publiques. Je pense que c’est une arme comme une autre, et que comme tu le dis toi-même, il est pertinent de pointer l’incohérence de celles-ci et de leur reprocher de ne pas respecter des lois qu’elles nous demandent, à nous, de respecter. Par ailleurs, ces collectifs ont pour objectif, entre autres, de lutter pour que plus personne ne soit à la rue. Or, non seulement il y a des centaines de personnes à la rue dans l’agglomération grenobloise, mais en plus c’est systémique. C’est-à-dire que tu peux bien régler le problème pour 300 personnes, le mois suivant il y en aura à nouveau 100 autres dehors. C’est la politique du logement, la spéculation immobilière et le modèle économique capitaliste qui en sont responsables. Or, on (qui que soit ce « on » - disons la nébuleuse d’activistes anarchistes, autonomes et d’extrême-gauche anti-autoritaire) n’a pas la force d’occuper sans cesse des maisons pour toutes les personnes qui se retrouvent sans toit, et de palier nous-mêmes aux problèmes sociaux de tous les précaires. Donc, plutôt que d’accepter que ce système perdure tout en le piratant en squattant des maisons, ces collectifs ont choisi de faire pression politiquement dans l’optique d’un changement de système. Il est clair que ni l’une, ni l’autre de ces deux tactiques ne semble pouvoir nous amener rapidement à la révolution, mais en tout cas, le choix du Réseau du 22 et de la Patate Chaude me semble défendable.

Ma troisième remarque concerne notre capacité à « arracher » des choses au pouvoir. Jusqu’à preuve du contraire, on (le même « on » que plus haut) n’est pas en position de tenir les flics et l’armée en respect par la force. Enfin, peut-être que toi si (mais alors qui es-tu ? viens nous défendre, vite !) Mais d’une manière générale, le nombre, l’armement et la violence des forces de l’ordre nous obligent bien, nous, forces du désordre, à développer des stratégies alternatives à l’affrontement direct. Dans cette optique, faire valoir la loi face aux institutions qui ne la respectent pas est une arme comme une autre. D’ailleurs, quand des squatteur-euses occupent un bâtiment vide, il est faux de dire qu’illes vont à l’encontre de la loi et « arrachent » des victoires en instaurant un rapport de force. En vérité, illes jouent avec la loi, en particulier ce fameux article 432-8 du code pénal qui interdit aux fonctionnaires de pénétrer dans le domicile de quelqu’un, ainsi que tout un panel d’autres lois. Et si la police n’expulse parfois pas directement les squatteur-euses, c’est juste que parfois, les proprios respectent la procédure judiciaire d’expulsion, et que les flics ne reçoivent pas d’ordre de leurs supérieurs d’intervenir. Je sais, c’est beaucoup moins romantique-révolutionnaire, mais c’est malheureusement la réalité.

Conclusion, il n’y a pas de quoi pavoiser. On utilise toutes les « armes » qu’on a à notre disposition dans nos luttes, et que ça nous plaise ou pas, on fait avec des lois qu’on ne choisit pas. Donc restons modestes. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas faire preuve d’esprit critique et éviter de défendre des choses qu’on ne peut ou ne veut pas assumer, comme le respect de notions aussi douteuses que « l’ordre républicain », « le citoyennisme » etc.

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