Indymedia Grenoble

La cause du val de suse est notre cause.

Tuesday 9 October 2012 par Libeludd

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Voici le tract distribué lundi soir lors d’un non-débat à propos de la LGV Lyon-Turin, organisé à Grenoble. Ici, l’affiche qui invitait à un débat "animé mais courtois" ...

De Lyon à Turin et de Grenoble à Genève : transports à grande vitesse et continuité urbaine. En décembre 2003, l’Etat a retenu la candidature du Sillon alpin comme «métropole européenne émergente», et ses promoteurs s’investissent déjà dans toutes sortes de projets communs, tels que «la réalisation de la liaison ferroviaire Lyon-Turin qui confirmera la position de métropole européenne du Sillon alpin». La cause du Val de Suse est notre cause. La destruction de cette vallée alpine sur l’autel de la très grande vitesse économique (trafics marchandises et passagers), n’est qu’une des conditions nécessaires à la destruction du sillon alpin.

Encore un débat d’experts ...

M. Chiron est, en tant que représentant de la ville de Grenoble, membre de la Transalpine. La Transalpine est un lobby composé d’industriels et de politiques, présidé par le PDG de Danone. Ce lobby «a pour objet de mener toute action de nature à faciliter ou accélérer la réalisation de la liaison ferroviaire Lyon-Turin»*. M. Chiron est par ailleurs un promoteur de projets tels que la rocade nord (tunnel sous la Bastille), et le sillon alpin. Le «sillon alpin» (nom donné à la zone s’étendant de Valence à Genève) est un projet à long terme consistant en la création d’une ville unique (une «conurbation », dirait M. Chiron) sur 200 km. Pour réaliser ce projet, il serait nécessaire de construire des routes, des ponts, des tunnels, des immeubles... Mais que la ville soit pratiquement partout, n’empêcherait visiblement pas qu’il faille aller toujours plus vite pour s’y rendre. Pour ceux qui souhaitent habiter une ville de 200 km de long, il est donc nécessaire de construire des infrastructures de transport à la hauteur de leurs ambitions. Des infrastructures telles que la LGV Lyon-Turin. Ces deux projets vont de pair, et suivent d’ailleurs la même logique : la destruction de notre territoire. Bien sur, M. Chiron vous dira que ces projets nous apporteront l’emploi, et la croissance, bien qu’il n’y croie pas lui-même. Par contre, il oubliera certainement de vous dire que le trafic de marchandise dans les Alpes est en baisse depuis des années, que les sommes d’argent public investies sont démesurées, et que ces grands travaux favorisent, en Italie comme en France, les intérêts mafieux. Nous nous opposons à ces deux projets, certes parce qu’ils sont inutiles, coûteux, et néfastes. Mais nous ne voulons ni les amender, ni les améliorer. Seraient-ils gratuits et optimisés que nous n’en voudrions pas non plus, parce qu’ils ont été conçus loin du débat public, par les industriels et leurs techniciens, et que leurs intérêts s’opposent en tout à ceux des populations.

... et un débat « courtois » ?

De l’autre côté des Alpes, le Lyon-Turin veut dire entre autres : une vallée occupée par l’armée et la police, une opposition quotidienne et massive, des dizaines de blessés, des habitants noyés sous les gaz lacrimogènes, des personnes arrêtées puis jetées en prison, d’autres venues les soutenir se voyant «interdites» de vallée... Non pas seulement un projet avançant au mépris des habitants, mais une violence dirigée contre eux. Là bas, en Italie, les choses ont au moins le mérite d’être plus claires. De ce côté-ci des montagnes, on voudrait nous faire participer à cette violence. Qui avec une enquête publique, qui avec un débat «animé mais courtois». Pourtant, cela fait plus de 20 ans que l’on parle du Lyon-Turin ! Aujourd’hui le projet est ficelé, trois tunnels d’accès sont déjà creusés, et nous sommes désormais à moins d’un an des travaux. Le temps de discuter pour savoir si le Lyon-Turin est souhaitable ou non est déjà écoulé, comme celui des critiques techniques. Aujourd’hui, nous devons plutôt employer notre temps à savoir comment nous nous y opposons. Comme en Italie, le mouvement des «NO TAV» (no treno alta velocità**), né de vingt années de contestation de la ligne, se répand bien au delà du tracé, parce qu’il est devenu un symbole de la résistance des petits face aux puissants, et de la revendication à une vie décente, qui ne soit pas constamment menacée par les gourous de la croissance. Nous ne souhaitons pas dialoguer avec un lobbyiste, indirectement responsable des exactions qui accompagnent le chantier côté italien. Avec ceux qui bafouent la démocratie qu’ils sont sensés incarner, ceux qui usent de toutes les armes dont ils disposent contre les populations qu’ils devaient représenter, ceux qui font valoir les intérêts privés des industriels contre ceux des habitants, il n’y a pas de débat possible. D’ailleurs, les promoteurs du Lyon-Turin, comme M. Chiron, ont déjà toutes les tribunes qu’ils souhaitent, ils n’ont pas besoin qu’on leur en offre.

NO TAV : les vallées qui résistent

Le TAV est un projet qui va à l’encontre des intérêts des populations locales et de leur environnement, et aura des répercussions néfastes sur l’ensemble des régions de part et d’autre des Alpes. Il accroît l’industrialisation des espaces naturels et la prédominance des marchandises sur les personnes. En réduisant les terres cultivables, il renie la possibilité d’une économie locale et décente. Il met les peuples en concurrence, au lieu de les relier. Le TAV n’a rien à nous offrir : c’est un projet obsolète, dernier né d’une logique marchande et technocratique, selon laquelle moins il y a d’argent, plus il faut en dépenser. Face à ceux qui défendent les intérêts industriels et leurs projets irresponsables, il doit y avoir une opposition critique, solide et unie. Nous sommes liés aux italiens en lutte par des pratiques et des idées communes, pas par des foreuses.

* www.transalpine.com/

** www.notav.info/

Libeludd Grenoble, octobre 2012.



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