Indymedia Grenoble

Au CROUS de Grenoble: Quand on magouille les étudiants douillent.

Tuesday 27 November 2012 par anonyme

[Infos locales] [Logement / Squats] [Mouvements lycéens / Etudiants]

Comme tout le monde le sait, c’est la CRISE. Exploité.e.s et humilié.e.s depuis des décennies par des travailleur-euses sans vergognes, les banquiers réclament leurs dus.

Les universités, les CROUS comme tous les services publics se voient sommés de réduire drastiquement leurs budgets. ¼ des universités sont en déficit, les CROUS se retrouvent avec toujours moins de moyens pour soutenir une population étudiante de plus en plus précaire. Les CROUS sont contraints de s’endetter massivement (41.5 millions d’euros à la rentrée 2012.) Le 10ème mois de bourse, tant vanté par l’UNEF, n’ayant pas reçu les fonds nécessaires à sa mise en place, le déficit ne cesse de se creuser. Le nouveau gouvernement « socialiste » à défaut de redonner des moyens aux services publics creuse encore le fossé ; coupes budgétaires et plans d’austérité se succèdent.

Par conséquent, les universités comme les CROUS se voient fortement invités à devenir plus « autonomes » c’est à dire à se financer par eux-mêmes, soit en dégageant du bénéfice, soit en attirant des investisseurs privés. Les tarifs sociaux (tickets de restau U, logement étudiant) n’étant pas particulièrement rentables, ni « attractifs », on décide alors d’entrer pleinement dans l’ère de la « compétitivité ».

Quand l’argent manque et que le service public devient un marché, la concurrence règne et tous les coups sont permis. A ce titre deux cas particulièrement pathétiques méritent notre attention.

Le cas du « Café littéraire »

Des travaux en cours au niveau de la « BU droit lettre » on peut être retenu votre attention. Il est prévu une nouvelle cafétéria pour soulager un peu celles qui sont surchargées. BONNE IDEE !!! Seulement on remarque quelques entourloupes de la part de l’administration. Tout d’abord cette cafétéria ne sera pas soumise au tarif étudiant, ainsi les sandwichs passent de 2€20 à 3€. Mais surtout il est précisé dans la convention d’occupation du bâtiment (qui est propriété de l’UPMF) à destination du CROUS (qui sera gestionnaire) que ce dernier sera redevable à l’UPMF de 5000 euros pour la première année d’occupation et 10 000 euros pour la seconde année. En temps normal les services publics ne se doivent pas d’argent entre eux ; alors à quoi correspondent ces sommes ? Aucune once d’explication n’est donnée. En tout cas si l’on souhaite couler les finances du CROUS, c’est le meilleur moyen...Pour le remplacer par un restaurateur privé par exemple, ou renflouer à l’amiable les caisses de l’UPMF...Qui sait ?

Le restaurant « Magellan »

Situé derrière la maison des sciences de l’homme (MSH) ce restaurant privé a récemment déposé le bilan. Très « select » ce dernier proposait des menus servis à table à 25 euros. L’UPMF, soucieuse, de préserver son image de marque dans les milieux avertis exige que le CROUS adapte la cafétéria universitaire « La verrière » à la hauteur des goûts raffinés de ses convives. La situation financière du CROUS étant ce qu’elle est (catastrophique), la direction de ce dernier y voit une bonne occasion de reprendre une affaire intéressante. Ba oui il faut bien « sauver le service public » même si cela suppose de transformer un restaurant à caractère social en usine à pognon alors que ces derniers sont déjà surchargés et en sous-nombre. On soulignera le vote favorable des élus UNEF et Fac verte à cette mise aux enchères du service public.

Rentabilité et service public ne font pas bon ménage. La politique qui consiste à sauver une administration publique en l’adaptant à des critères relevant du privé ne peut avoir qu’une seule conséquence : le règne de la loi du marché sur l’université. Oui les tarifs de la restauration universitaire vont se niveler sur ceux du privé. Oui les loyers des chambres étudiantes vont grimper.

Face aux politiques d’austérité, il ne sert à rien de gérer la misère mais impératif d’engager un véritable rapport de force afin que l’argent soit pris ou il se trouve et non pas dans le porte-monnaie des usagers.

Le collectif CROUS en lutte



Compléments d'informations :
N’importe quoi
par anonyme,
le 6 December 2012

Information complètement erronée !

Si le collectif "CROUS en lutte prenait parfois le temps de venir au RU, ils se rendraient compte qu’à la Verrière rien n’a changé.

Les vilains jaunes que vous dénoncez ont voté la reprise par le CROUS d’une restauration privée (Le Magellan) dans les mêmes locaux, avec la même carte ! Ainsi, ils sont allés chercher l’argent là où il est : dans les poches de professeurs des universités argentés, AFIN DE FAIRE DES BENEFICES !

Dieu qu’ils sont vilains.

autre complément d’information
par autre anonyme,
le 7 December 2012

Ajoutons que ces bénéfices, même s’il ne permettront pas de redresser économiquement la situation du CROUS, permettront au moins de dégager suffisamment de fonds pour que le CROUS maintienne ouverte des petites cafétérias, déficitaires, dans les sites décentralisés. Parce que la redistribution des bénéfices pour maintenir le service public, ce n’est pas sale.

l’art de se plomber tout seul
par un syndicaliste,
le 7 December 2012

En postant ce commentaire non seulement tu confirmes que vous ne vous êtes pas opposés au projet et tu passes complétement a côté du vrais problème qui n’est pas tant de savoir si le Magellan va réouvrir dans les même locaux ou à la Verrière mais qu’il va proposer des menus à 25 euros inacessible pour 95% des étudiants.

Sois disant ça va dégager des bénéfices? Alors pourquoi le précédent propriétaire s’est pété la gueule? On va surtout se retrouver avec un CROUS qui renfloue un service hors de prix.

Le CROUS doit donc dégager des bénéfices? Là tu viens de nous confirmer que vous accompagnez la mort d’un service public. Depuis quand un service public doit il être rentable? A partir de là on peut déjà fermer toutes les bibliothéques, les crêches...et j’en passe. Le CROUS n’a pas à devenir autonome financiérement comme une entreprise, il a surtout besoin qu’on prenne un peu des 4.2 milliards d’euros investis par le ministère dans Minatec et les autres labos "d’exellence"...

Enfin si on a du mal à se renseigner précisément sur les projets du CROUS c’est bien parceque sa gestion est des plus opaques, une opacité à laquelle l’UNEF, Fac Verte et leurs copains contribuent totalement d’ailleurs par leurs coopération à ces politiques.

soyons sérieux dans les commentaires
par anonyme,
le 8 December 2012

La définition d’un service public c’est un organisme qui se préoccupe d’abord du service qu’elle rend et qu’elle évalue sur des critères sociaux au regard de sa mission.

Evidemment que les cafets du CROUS sont déficitaires, des menus à trois euros c’est artificielle pour que toute le monde puisse y bouffer. C’est l’argent public c’est à dire le salaire moyen de tout le monde qui renfloue son activité.

La vérité c’est que l’état veut se désengager du CROUS, et veut arrêter de verser de l’argent (pour rembourser les banquiers....)et donc il dit aux CROUS démerdez vous pour trouver de l’argent.

Il faut être idiot pour croire que ça va renflouer quoi que ce soit , dés que ce nouveau resto dégagera des bénéfices l’Etat va baisser d’autant ses dotations...et ainsi de suite jusqu’à ce que le CROUS soit devenu une boite comme une autre.

Intéressez vous un peu à ce qui s’est passé à la Poste, à France télécom...vous verrez où on est entrain de nous amener.

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