Indymedia Grenoble

Témoignages de Roms

Friday 14 December 2012 par collectif La Patate Chaude <collectifsoutienroms38 (a) gmail.com>

[Infos locales] [Migrations / Sans-paps]

Dans l’agglomération grenobloise, des personnes d’origine rom vivent dans des conditions souvent très précaires. Les médias en parlent beaucoup, peignant généralement un tableau qui les enferme dans des clichés réducteurs. Mais les principaux intéressés n’ont que très rarement l’occasion de s’exprimer sur ce qu’ils vivent et ce qu’ils désirent. Ce tract regroupe différents témoignages de personnes roms vivant dans notre agglomération.

En Macédoine et en Serbie

"Il y a des écoles séparées juste pour les Roms. Les profs n’y sont pas bons, et les enfants n’y apprennent rien. Et puis nous n’avons pas d’argent pour habiller nos enfants correctement pour qu’ils aillent à l’école."
"Comme on n’a pas d’éducation ni de formation professionnelle, on ne peut pas trouver de travail. D’ailleurs, même quand on arrive à obtenir un diplôme, c’est difficile de trouver un travail."
"On reçoit très peu d’aides sociales, 20 euros par mois. Dans l’administration, il y a de la corruption. Les aides matérielles sont parfois détournées, du coup on ne les reçoit pas."
"Dans les hôpitaux publics, il faut parfois attendre très longtemps, et dans les cliniques privées, il faut payer plus cher pour être pris tout de suite. Et puis il n’y a pas de structures pour les enfants handicapés."
"La police nous maltraite. On est sans cesse contrôlés dans la rue, parfois elle nous frappe. Si les policiers nous prennent en train de fouiller dans les poubelles, ils nous répriment. Et si quelqu’un s’attaque à nous, elle refuse de nous défendre. Quand on revient de l’étranger, on est arrêtés et interrogés pendant des heures à la frontière."
"Il n’y a pas de Roms aux postes administratifs importants. La langue romani n’est pas acceptée. Même quand on s’adresse au médiateur rom, à Skopje, il faut lui parler en macédonien... Avant les élections, les Roms reçoivent des aides, on nous dit pour qui il faut voter. Mais une fois qu’elles sont passées, plus rien..."
"Là-bas, certains d’entre nous ont une petite maison. Mais on préfère tenter notre chance ici, parce que là-bas, notre vie est invivable."

En Roumanie

"On n’a pas de droits en Roumanie. Les Roms subissent la ségrégation et la misère depuis des décennies."
"En Roumanie, tout est difficile : pour le travail, l’école pour les enfants : ils sont délaissés, stigmatisés, et placés en école pour handicapés, même psychiatriques."
"Parfois, on a une maison en tissu. Et quand il neige..."
"Là-bas, personne ne te donne à manger, ou des habits. La mendicité est interdite. On n’a pas de moyens pour vivre."

"Si on n’avait pas de problèmes dans les pays d’où on vient, on ne viendrait pas ici."

Et en France ?

"Les gens sont gentils."
"On a honte de dormir sous des tentes, exposés au regard des autres. On n’est pas habitués à ça. On n’a pas où aller se laver."
"Pourquoi est-ce que la Préfecture prend nos demandes d’asile pour ensuite ne pas nous héberger et nous laisser à la rue ? Si on ne voulait pas de nous, pourquoi on ne nous l’a pas dit tout de suite ?"
"On est venus ici en espérant trouver une vie meilleure, pas pour souffrir autant que là d’où on vient."
"Depuis que nos enfants sont scolarisés ici dans des bonnes conditions, on voit la différence, on voit que ça leur fait du bien."

"On vit ici, dans un hangar, sans eau, avec des enfants dont certains n’ont que quelques mois. On nous a proposé un hôtel mais on a dû le refuser car on ne pouvait pas y faire à manger."
"Ici, on peut faire les poubelles, et on reçoit de quoi se nourrir."
"Les enfants sont scolarisés dans les même écoles que les enfants français et sont bien considérés."
"Cela fait plusieurs années que nous sommes arrivés en France, espérant trouver dans ce pays une place. On devrait avoir les mêmes droits que tous les autres migrants européens : la libre circulation et installation des personnes. Mais il n’en n’est rien ! On nous chasse de partout, nous obligeant à chaque expulsion à reconstruire un habitat de fortune avec nos familles, dans des conditions indignes de cette Europe."

Ce qu’on voudrait

"Les gens pensent qu’on est des voleurs mais ce n’est pas vrai. Nous, ce qu’on veut, c’est :
- avoir un travail,
- avoir un logement,
- que nos enfants aillent à l’école
"

"Nous sommes ouverts au dialogue pour vous expliquer qui nous sommes et aussi pour vous dire que dans les conditions de dénuement et d’insalubrité où nous sommes, il est parfois difficile de vivre selon les critères qui ont cours dans une communauté ayant l’eau, des sanitaires, un ramassage d’ordures… et des ressources – celles du travail, ou les allocations pour celles et ceux qui sont frappés par le chômage. Toutes ces choses qu’on appelle la misère quand on ne les a pas."

Témoignages recueillis par le collectif La Patate Chaude

PDF - 29.2 kb



Compléments d'informations :
Certains tirrent leur épingle du jeux.
par Lantier,
le 3 January 2013

Dans la classe de CM2 de mon fils, il y a un frère et une sœur.

Il est vrai que jusqu’ici y a peu, ils n’avaient paraient-ils pas de chauffage.

Ils ont tout de même une voiture ce qui permet au père de famille de faire des aller retours régulier avec la Roumanie.

La fille possède un Blackbery et le fils a un Samsung Galaxy S2. Ce n’est pas si mal pour une enfant de 11 ans....

Bref, ils ne dépensent pas notre argent comme nous et à mon avis ils ne sont pas matériellement très à plaindre.

Sinon ils s’intègrent plutôt bien avec leur nouveaux camarades et mon fils les apprécient.

Salauds de Roms !
par anonyme,
le 10 January 2013

Ah oui ? Et tu sais quoi ? Je connais même des Roms qui sont en France depuis des années, qui ont un boulot, un appartement, et même du chauffage l’hiver... Est-ce que pour autant, il faut en déduire, comme le ton de ton commentaire le suggère, que les Roms ne sont « pas très à plaindre » ?

Ce commentaire n’est certes pas ouvertement agressif envers les Roms, ni profondément raciste, mais il véhicule l’idée qu’au fond il n’y a pas de problème, que leur intégration se fait sans difficultés et qu’ils n’ont pas de soucis matériels. Il faut une bonne dose d’ignorance combinée à une absence totale de réflexion pour dire des choses pareilles.

Évidemment, quand on a le standard de vie d’un Français moyen, on a beaucoup de mal à se représenter ce qui signifie être à la rue, et d’autant plus être un Rom à la rue en France. Alors on se dit que s’ils ont des téléphones portables (et ils en ont, et comme tu le dis, parfois même des iPod, Blackberry et je ne sais quoi encore), c’est qu’ils ne doivent pas être si pauvres que ça, puisque nous-mêmes, les Français, on n’a pas tous de quoi s’en payer. Seulement un téléphone portable d’occase, surtout acheté à des revendeurs plus ou moins honnêtes (ben oui, quand on est dans la dèche, on fait dans la démerde), ça coûte quelques dizaines d’euros, une seule fois, à l’achat. Même une voiture d’occasion, ça ne coûte que quelques centaines d’euros à l’achat. Un loyer, ça coûte au strict minimum 300 euros (plutôt 6 à 800 pour une famille), mais, en plus, c’est par mois. Entre nous, les Roms que je connais ont tous des portables, mais en général ils n’ont pas de crédit. Et il n’est pas rare que ceux qui ont des voitures dorment dedans... Et ça n’est pas une question de priorités, comme tu sembles le sous-entendre ("ils ne dépensent pas notre argent comme nous") : s’ils économisaient l’argent qu’ils mettent dans leur voiture ou leur téléphone, ça ne suffirait pas et ils dormiraient dehors quand même. Ils ont de la famille à l’étranger, et donc ils cherchent à avoir des moyens de rester en contact avec elle. Parfois, ils ont aussi des ordinateurs portables, pour communiquer par Skype ou MSN. Est-ce que toi, tu accepterais facilement d’être coupé(e) de ta famille restée dans ton pays ? Pourquoi eux ne devraient-ils pas chercher à rester en contact ? Parce qu’ils sont pauvres, et pour qu’on leur reconnaisse le statut de pauvre, il faudrait qu’ils n’aient rien, absolument rien ? Et ne me sors pas le coup de la nourriture qu’ils pourraient acheter au lieu de téléphones ou d’ordinateurs : ils mangent grâce aux banques alimentaires, principalement.

Le problème est ailleurs. Il est dans le fait qu’on vit dans une société où certains gagnent des dizaines de milliers de fois plus par mois que d’autres. Au nom de quoi ? Quel mérite ont-ils ? Une société dans laquelle certaines personnes bénéficient de droits fondamentaux (logement, aides sociales) auxquels d’autres n’ont pas droit, et qui plus est, sur des critères ethniques ou de provenance nationale ! Ça, c’est scandaleux ! Là, il y a de quoi être révolté ! Et que fais-tu, toi, bon père ou bonne mère de famille, pour changer ça, au lieu de chipoter sur le dos d’une famille de Roms qui n’a même pas de quoi se chauffer l’hiver ?

noir/blanc
par Titi,
le 14 January 2013

Bref, ils ne dépensent pas notre argent comme nous et à mon avis ils ne sont pas matériellement très à plaindre.

Lantier, pour oit y a que des "ils" et "nous".
Arrête de généraliser, va un peu plus loin dans ta réflexion.

_ _

Titi qui ne fait pas parti de "ils" et qui n’a pas du tout envie de faire parti de "nous"

Ajouter un complément d'information


copyLeft Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.
http://hakkenraid.fr/pioglitazone-hcl-tabs/ finpecia malaysia http://etymon.fr/femara-cost-australia/ fluconazole tab 100 mg esomeprazole medicine generic lasix cheap caverta uk http://www.cefs.org.ar/buy-dapoxetine-online/ buy cheap avodart online biduret medicine information aripiprazole price canada clomiphene men in california lamisil cream otc i want a iressa perscription generic tadasoft wellbutrin price in canada sildenafil citrate oral jelly fludrocortisone australia in united states budeprion xl 24 hr info about erlonat tarceva info about progesterone pills 100 mg http://cnam-noisylegrand.fr/buy-valif-online/ more clomipramine 10 mg info about apotex fluticasone recall enalapril 2.5 mg b i d purchase rifagut buy valif online imatinib capsules 100mg more info about ciprofloxacin 500 buy prostaglandin e2 tadaga 20 mg buy kamagra letrozole generic price in united states celebrex capsules lumigan kaufen online generic acyclovir no rx dilantin tab buy cheap zoloft griseofulvin tablets price in france caverta by ranbaxy oleanz for sale http://focuszero.com/lithosun-sr/ http://cnam-noisylegrand.fr/sildenafil-citrate-50mg/ valif http://cnam-palaiseau.fr/benicar-oral/ cheap lipitor xeloda cost uk buy amisulpride http://hakkenraid.fr/buy-promethazine-cough-syrup/ propranolol 10mg actos in mexico fluorouracil cream cost biaxin 500mg zovirax 800mg filagra for prometrium generic equivalent xeloda generic equivalent