Indymedia Grenoble

Grenoble Factory : la farce et le dindon

Wednesday 30 January 2013 par rachid

[Infos locales] [Logement / Squats] [Ville / Environnement] [Révoltes / Luttes sociales] [Soupe politicienne]

Grenoble Factory : le mois de la mascarade

S’il vous arrive de temps à autre de flâner dans les rues de Grenoble, vous n’avez pas pu manquer l’immanquable campagne de communication qui orne nouvellement nos gais panneaux publicitaires fleurissant dans nos espaces publics.
Il n’est nulle question ici de l’utilisation par le ministère de Défense de l’effet d’aubaine induit par la guerre au Mali pour recruter de nouveaux soldats prêts à mourir pour les intérêts économiques de la bannière tricolore, car ceci mériterait un autre article.
Non, nous voulons causer ici d’un phénomène plus local mais tout autant significatif lorsqu’il s’agit de démasquer les différentes stratégies mises en place par nos élites pour se maintenir au sommet de la hiérarchie sociale – de de l’hypocrisie.
L’événement en question, qui devrait se prolonger tout le mois de février, dit vouloir permettre aux grenoblois de « faire l’histoire de leur ville » : il s’agit de "Grenoble Factory" [1] , la « construction de la ville par et pour ses habitants ».

Grenoble Factory, c’est différents stands d’organisation publiques, privées et mixtes (du genre SMTC, l’Agence d’Urbanisme de la région grenobloise, la Ville de Grenoble, etc.) installés sur la place Verdun et Victor Hugo. C’est l’exposition des petits et grands travaux passés et à venir dans la région grenobloise pour « développer la ville de demain ». L’idée est de consulter les grenoblois pendant un mois à propos d’un sujet qui les concerne en effet directement: le développement urbain (transports, développement durable, requalification urbaine, etc.) de Grenoble.

Les grenoblois sont donc invités à donner leur avis, soit. Mais voir comment ils ont été « mobilisé » laisse un goût amer dans la bouche : à grand coup de pub, de promesses de cadeaux et de réseaux sociaux, actuellement l’outil-clé pour mobiliser des individus et non des groupes, et donc pouvoir se targuer de faire vivre une citoyenneté active (dans un cadre individuel et non collectif) entre les murs de notre belle ville.

Mais sans leur donner d’outils de compréhension de ce qui se joue dans l’urbanisme, il est quasiment impossible aux citoyens d’émettre un avis critique ou contraire sur ces projets passés et futurs.

Ensuite, l’événement est cousu de mensonges et de non-dits :
- L’événement est financé en partie par le service de communication de la ville de Grenoble, qui en profite pour faire le bilan de l’équipe en place... un jour (1er mars) avant l’ouverture des compte des élections municipales : soit un grand coup d’auto-promotion financé par les impôts locaux. Magnifique !

- Que deviendront les paroles individualisées des citoyens qui sont allés consciencieusement donner leur avis ? Permettez-nous de douter que cette parole vaudra autant que les experts-urbanistes.

- L’essentiel des projets en matière d’urbanisme a déjà été décidé via le SCOT (Schéma de Cohérence Territorial) qui a été approuvé fin 2012, et qui court jusqu’en 2030 (alors que la campagne de propagande parle de « Grenoble 2030). [2]

- La participation a l’échelle d’une ville, sur un temps et un moment donné est un non-sens total, et une manœuvre totalement spectaculaire, destinée à redonner une légitimé à un système politique à bout de souffle : en « utilisant » la participation, la ville de Grenoble cherche par là même à court-circuiter les mouvements de base de réappropriation des espaces locaux, que nous devons arracher des mains des capitalistes.

L’urbanisme est une affaire trop sensible pour être laissée aux urbanistes, et la participation est à la vie politique institutionnelle ce que le développement durable est au capitalisme.

S’il exclu d’aller donner notre avis à ce forum de la mascarade, le critiquer permet de faire tomber les masques et de continuer la lutte, qui part d’en bas et à gauche, pour la réappropriation de nos vi(ll)es.



Compléments d'informations :

Ajouter un complément d'information


copyLeft Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.