Indymedia Grenoble

La force de l’ordre patriarcal

Wednesday 30 January 2013 par anonyme

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« Alors ma p’tite dame, on se promène ? Et je vois qu’on a sorti les boucles d’oreilles… Vous savez qu’on en a violé pour moins que ça. Allons, ne soyez-pas irresponsable : veuillez rentrer chez vous ».

C’est la petite scène que je me suis imaginée en apprenant l’idée de génie qu’a eu l’Etat indien suite au révoltant viol collectif dont la « fille de l’Inde » a été victime en décembre dernier : tout simplement balancer des flics pour verbaliser les femmes seules et les jeunes couples surpris-e-s dans la rue à une heure tardive…

Mettre en place une brigade anti-harcèlement qui vient faire chier les potentielles harcelées, je ne pensais pas qu’on pourrait avoir ce culot. Mais pourquoi je m’étonne ? Si cette hideuse histoire de décembre nous a permis d’être un peu plus largement entendu-e-s sur la (basse) condition faite aux femmes en Inde, rien n’indiquait que les choses allaient changer bien vite. Mais appliquer, en réponse à un crime, des solutions tirées des façons de penser qui l’ont inspiré, ça s’appelle une mesure rétrograde.

Car cette mesure n’est pas détestable seulement parce qu’elle vise à organiser la répression de gens tranquilles en vue de leur apporter la sécurité. Elle l’est également parce que son ambition est de faire disparaître les violeurs en faisant disparaître l’objet du viol. Au bout du compte, on croit comprendre, qu’il y aurait moins de viols s’il y avait moins de femmes à violer…

L’Etat indien croit-il franchement faire un pas de géant en pourrissant la vie des femmes « pour les protéger » ? Il vaudrait certainement mieux se contenter d’un petit pas de côté pour se remettre les idées en place : le viol est un crime, qui s’enracine dans une vision du monde où les femmes sont soumises ou suspectes.

Au lieu de faire en sorte que la tragédie de décembre soit réellement la tragédie de trop, l’Etat indien remue le couteau dans la plaie en donnant la force de l’ordre au sexisme le plus primaire : les femmes y seront soumises ou coupables…



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