Indymedia Grenoble

Droit d’asile en Isère : film par un demandeur d’asile soudanais à Grenoble

par Observatoire de l’asile en Isère

Thursday 28 February 2013 à 17:00

Grenoble, Maison des associations

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Gladeema est soudanais. Du Darfour. Une région ravagée depuis des années par une guerre et où un génocide menace encore les ethnies africaines. Lui, avec d’autres, sont venus chercher refuge à Grenoble en 2010. Et lui avec d’autres subissent aujourd’hui encore l’arbitraire et l’injustice de l’administration française qui multiplie les entraves à leur demande d’asile.

Gladeema a choisi de raconter la guerre, la fuite, la guerre en Libye où ils se pensaient à l’abri, la fuite à nouveau puis la survie à Grenoble dans un film.

En vous invitant à découvrir son film, Partager une tranche de vie, nous voudrions vous inviter à une réflexion sur le droit d’asile.

Partager une tranche de vie par Gladeema

Maison des Associations, salle de conférence,

jeudi 28 février, 17h

Depuis 2010, ils sont 182 demandeurs d’asile soudanais, majoritairement issus du Darfour en guerre et cible d’un génocide, à être parvenus à Grenoble. A ceux-ci s’ajoutent 83 demandeurs d’asile érythréen – pays transformé par son gouvernement en vaste caserne militaire – et 18 demandeurs d’asile somaliens, pays sans État et plongé dans l’anarchie, la famine et la guerre.

Ces hommes et ces femmes sont arrivés jusqu’en France au péril de leur vie, après avoir traversé le désert souvent pour rejoindre la Libye. Ils ont fui ce pays massivement lorsque la guerre civile a éclaté en 2011. Ils font partie de ceux qui ont réussi à traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune sans périr dans un naufrage. Ils sont arrivés pour certains en France, pour d’autre en Grèce, pour la plupart en Italie. Ils sont finalement arrivés à Grenoble après des mois, pour certains des années d’errance. Ils ont fait la queue durant plusieurs jours pour pouvoir accéder au service Asile de la préfecture de l’Isère. De manière systématique, leurs demandes d’asile ont été considérées comme "frauduleuses" par la préfecture, au motif que leurs empreintes digitales n’étaient pas "exploitables". Ils ont pu déposer une demande d’asile, mais sans droit au séjour, et avec une opposition formelle de la préfecture à ce qu’ils accèdent à un hébergement – même l’hébergement d’urgence et le dispositif hivernal. Ils ont passé des mois dans un bâtiment en ruine, sale, insalubre et dangereux, avant de trouver un squat avec le soutien d’un collectif à Fontaine. Il ont été obligés de le quitter en été 2012. Ils ont trouvé un nouveau lieu de vie au Village Olympique, dans une résidence universitaire condamnée. Les conditions de vie dramatiques à Grenoble, les obstacles posés par l’administration française, repoussent un grand nombre dans l’errance. Le Darfour est à présent une région en guerre, où un génocide à toujours lieu envers les ethnies africaines, et dont le président est la cible d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale. Mais pour les réfugiés, un nouveau parcours du combattant débute – toujours à cause de leurs empreintes digitales, la préfecture refuse à présent de leur donner les cartes de résidents auxquels ils ont droit. Pour nombre d’entre eux, c’est un retour dans un dédale administratif kafkaïen et arbitraire. Pour d’autres, c’est un combat de plus.

Gladeema et d’autres ont décidé de témoigner: ils ont fait un film, et veulent parler et partager leur expérience. A compter de vendredi 1er mars, ils peuvent à tout instant être chassés du lieu qu’ils habitent aujourd’hui.



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