Indymedia Grenoble

Biométrie : au doigt et à l’oeil...

écrit le 26/09/2006

doc26.jpgHéritière de l’anthropométrie, "la biométrie est une technique d’anthentification qui passe par l’enregistrement et la reconnaissance de données biologiques et anatomiques (iris de l’oeil, traits du visage, forme de la main, empreintes digitales, ADN…)." Sa généralisation est prévue à travers toutes sortes d’applications : contrôles d’identité, vidéo-surveillance, services "cardless", ordinateurs et autres biens de consommation, contrôles d’accès et notamment en milieu scolaire...

Fin novembre 2005, 20 personnes se sont introduites dans un lycée de la banlieue parisienne et ont détruit les dispositifs biométriques qui avaient été installés, ainsi que le préconise le lobby Gixel dans le but avoué de banaliser leur usage, à l’entrée de la cantine. Trois d’entre elles comparaissaient devant le tribunal d’Evry le 20 janvier 2006 : compte-rendu du procès et déclaration des inculpé-e-s. Une soirée de soutien a été organisée à Grenoble le 15 décembre 2005. Le résultat du procès est tombé le 17 février : 3 mois de prison avec sursis et près de 10 000 euros d’amende.

Rappelons qu’en juin 2005, un canular intitulé "Libertys" avait été distribué à 20 000 exemplaires dans l’agglomération grenobloise : faussement signé par le Conseil Général de l’Isère, il annonçait la mise en place d’une carte biométrique, pourquoi pas sous la forme d’une puce sous-cutanée, qui remplacerait tous les documents administratifs...

Sébastien Thomasson a signé un récent article présentant la place prépondérante de Grenoble dans le développement de ces nouvelles technologies de surveillance. A ce sujet, voir aussi le site de Pièces et main d’oeuvre, ou les dossiers d’Indymedia-Grenoble sur les luttes contre la technopole.

A Grignoble, 1 squat, puis 2, puis 3...

écrit le 26/02/2005

squat.jpgLes loyers flambent, les listes de demandeurs/euses de logement s’allongent à n’en plus finir (voir ce texte d’une ex-squatteuse grenobloise) et on nous parle de « crise du logement ». Pourtant, la « crise du logement » ne se résume-t-elle pas au simple fait que l’on doive payer pour se loger, que l’on doive donner de l’argent à plus riches que nous pour bénéficier d’un toit ? Il se pourrait bien que cette fameuse « crise du logement » soit permanente… L’agglomération grenobloise regorge de bâtiments abandonnés... Certain-e-s décident de leur redonner vie et parfois d’y installer, sans l’accord des propriétaires, habitations, ateliers, zones de gratuité, salles d’activités, bibliothèques alternatives... Dans une démarche de remise en question de la propriété privée et des loyers, de réappropriation de la ville, d’autonomie et d’autogestion... Ainsi que l’expliquent les textes de fond publiés sur squat !net.

Les autorités réagissent parfois en négociant voire en récupérant l’image "culturelle, alternative, dynamique" que peuvent avoir ces espaces (la ville de Grenoble a tenté de le faire à plusieurs reprises avec les squats artistiques). Mais le plus souvent, elles répriment et expulsent, comme l’a fait la mairie communiste de (St) Martin-d’Hères avec le squat la Charade, en s’appuyant sur le Daubé pour faire de la diffamation. Comme l’a fait la justice en commandant l’expulsion de la Flibustière, Golgoth-a-xxx et la Loupiote, aujourd’hui à nouveau vides. Comme l’a fait la police le 21/01/2004 en arrêtant sept personnes (récemment jugées et relaxées) lors d’une manifestation contre les expulsions devant la préfecture. Cet été, les huissiers menaçaient le squat des 400 Couverts, mais les activités publiques continuent de plus belle. Un squat féministe non-mixte (sur un principe d’auto-définition), la Mordue, a ouvert en septembre 2004 non loin du parc Paul Mistral et de l’ancienne Loupiote. La Mordue est aujourd’hui sous le coup d’un avis d’expulsion. En septembre aussi, Résistor (mais ne rompt pas) a ouvert : une jolie maison à Seyssinet-Pariset, avec un grand jardin, sur l’emplacement d’une future gendramerie, hihi... Egalement passé en procès, Résistor a obtenu la trêve d’hiver et les deux mois de délai supplémentaires qui vont avec. Puis c’était au tour d’une petite maison, son jardin et son entrepôt, d’être occupée, fin octobre. Son nom ? La Mèche, lieu d’habitation et futur lieu d’activités (atelier d’échanges de savoir et de bricolage sur vélos, concerts...). Enfin, à la mi-novembre, début décembre, et mi-décembre ce sont respectivement Le Schmögul, sur l’avenue Jean Perrot dans Greville et Le Magma, au fond de (St) Martin-d’Hères, à la limite avec Poisat, ainsi qu’une maison située au 4 rue Marceau qui viennent d’ouvrir.

Pour rencontrer les squats grenoblois, vous pouvez suivre leurs projets d’activités et vous rendre aux événements publics qu’ils organisent, mais aussi venir leur apporter un soutien toujours précieux, par vos coups de main, vos récups de matériel, vos lettres aux autorités, votre présence et vos initiatives aux procès, actions de protestation, et autres chantiers collectifs qui ont lieu. Pour être plus régulièrement tenu-e-s au courant de l’actualité des squats à Grenoble, vous pouvez vous inscrire à la liste de diffusion grrrville@squat.net (écrivez-y pour demander à y être abonné-e-s).

Des liens vers des niouzes, des textes théoriques et des infos sur les squats :
- squat.net version francophone, un portail international d’infos sur les squats.
- grenoble.squat.net.
- Nébuleuse, un portail sur les alternatives et l’autogestion à Grignoble.
- Sur infokiosques.net, des infos pratiques et des textes théoriques à imprimer soi-même sur la question des squats.

Squat un jour, Squat toujours

écrit le 19/01/2007

doc18.jpgLa journée du 2 août 2005, 200 policiers expulsaient les squats de La Kanaille et des 400 Couverts. Depuis, la politique répressive de la ville - qui semble suivre l’exemple national du « karcher » de monsieur Sarkozy - continue son chemin avec l’utilisation de méthodes plus expéditives et moins légales (comme le saccage du Schmogül). Lire à ce propos l’appel des squats a la résistance.

Pour se faire une idée de la question du logement à Grenoble, regardons cette petite chronologie des ouvertures/expulsions récentes à Grrrr :
- 20 septembre 2005 : expulsion de familles qui pour certaines occupaient les lieux depuis plus de 11 ans, à l’hôtel de la Clef d’Or
- 10 octobre : expulsion des habitant-es du 10 rue des Bergers fraîchement débarqué-es, apparemment sans procédure…
- 21 octobre : ouverture-expulsion immédiate et sans procédure non plus d’un squat rue des Alliés
- 24 octobre : réaction des squateur-euses au Conseil Municipal
- 26 octobre : menaces sur une maison rue Eugène Sue
- début novembre : ouverture d’un nouvel espace d’activités et d’expérimentations rebaptisé Parad is Yack.
- 13 mai 2006 : 20 heures de garde-à-vue pour les habitant-e-s d’un squat dans le quartier des Eaux-Claires, suite à l’expulsion immédiate de leur domicile.

Pour en savoir plus sur le sujet, lire une présentation globale des squats grenoblois ou visiter le site grenoble.squat.net. Quelques videos sont en ligne sur video.squat.net.

Graffiti et politique

écrit le 13/04/2007

doc16.jpgPartie intégrante de la culture Hip-hop, le graffiti moderne est né dans les quartiers populaires de New York dans les années 1970. Expression infra-artistique d’un sous-prolétariat urbain révolté et incontrôlable, le graffiti a été progressivement récupéré par le marché, le monde de l’art et les milieux politiques de "gauche". Pour valoriser leur image "proche des jeunes", les institutions promeuvent les "Cultures urbaines". Depuis des années, la mairie de Grenoble commande des "oeuvres" aux graffiti-artistes institutionnels locaux. Sa trouvaille, pendant l’été 2004, faire décorer par des "artistes" les palissades du chantier du stade d’agglomération qui défigure le Parc Paul Mistral. Une belle palissade stylisée, voilà le moyen que Destot a trouvé pour calmer la colère des opposants au stade qui ont occupé pendant 3 mois les arbres du Parc. La mairie achète avec un gros chèque les graffeurs pour faire passer la pilule amère d’un projet controversé. Des graffeurs bien "polis" bossent pour la mairie et la mairie fait leur promo. Elle aime "le tag autorisé", les "grafs réalisés par les vrais graffeurs, comme CH2 par exemple" ; mais la mairie n’aime pas les "actes punis par la loi" qui coûtent 300000 Euros par an (dixit Les nouvelles de Grenoble, mai 2004). D’un coté elle domestique les "graffeurs de commande". D’un autre côté elle traque les "vandales" et elle rase les friches, comme celle de Bouchayer Viallet, que s’approprient librement, depuis plus de 10 ans, les "graffeurs de terrain vague". Et les bulldozers ne vont pas s’arrêter aux halles de la friche, patrimoine industriel, ils écrabouilleront dans le même temps la halle du Mandrak (occupé par le collectif Utopia). Contester cette décision, ce serait faire de la politique. Quand la politique consiste à s’opposer au pouvoir, ça n’intéresse plus les "vrais graffeurs", les artistes pas les rebelles.

[CPE] Le rôle des médias dans la guerre sociale

écrit le 30/03/2007

doc45.jpgAvec leur prétentieuse "objectivité", les médias dominants se font passer pour neutres, simples observateurs, simples miroirs des faits. Mais pour beaucoup de personnes mobilisées contre le CPE et son monde, l’expérience directe d’un conflit social et de son traitement médiatique (1 | 2) a suffi à ébrécher ce mythe. Pas étonnant, dès lors, que les actions du mouvement aient petit à petit ciblé directement des organes de presse, comme l’AFP, France 3 Aquitaine, Télé Toulouse, La Tribune...

A Grenoble, mardi 11 avril, près de 200 manifestant-e-s ont occupé les locaux de France Bleu Isère pendant plus de deux heures, obtenant la diffusion d’un communiqué au journal de 17h, et interviewant au passage une journaliste au sujet du rôle des médias dans la couverture du mouvement. Le mardi 18 avril, des journalistes étaient chassés de l’AG des étudiant-e-s mobilisé-e-s.

Parallèlement, les réflexions sur les médias font leur chemin dans le mouvement. Comment communiquer sur nos luttes ? Quels sont les dangers et les limites de leur médiatisation ? Faut-il se préoccuper d’être crédibles ? Sur Grenoble, une école de la critique des médias propose tout au long de ce printemps une série de rencontres publiques pour alimenter les analyses et les pratiques autour de ces thèmes.


copyLeft Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.