Indymedia Grenoble

A Grignoble, 1 squat, puis 2, puis 3...

écrit le 26/02/2005

squat.jpgLes loyers flambent, les listes de demandeurs/euses de logement s’allongent à n’en plus finir (voir ce texte d’une ex-squatteuse grenobloise) et on nous parle de « crise du logement ». Pourtant, la « crise du logement » ne se résume-t-elle pas au simple fait que l’on doive payer pour se loger, que l’on doive donner de l’argent à plus riches que nous pour bénéficier d’un toit ? Il se pourrait bien que cette fameuse « crise du logement » soit permanente… L’agglomération grenobloise regorge de bâtiments abandonnés... Certain-e-s décident de leur redonner vie et parfois d’y installer, sans l’accord des propriétaires, habitations, ateliers, zones de gratuité, salles d’activités, bibliothèques alternatives... Dans une démarche de remise en question de la propriété privée et des loyers, de réappropriation de la ville, d’autonomie et d’autogestion... Ainsi que l’expliquent les textes de fond publiés sur squat !net.

Les autorités réagissent parfois en négociant voire en récupérant l’image "culturelle, alternative, dynamique" que peuvent avoir ces espaces (la ville de Grenoble a tenté de le faire à plusieurs reprises avec les squats artistiques). Mais le plus souvent, elles répriment et expulsent, comme l’a fait la mairie communiste de (St) Martin-d’Hères avec le squat la Charade, en s’appuyant sur le Daubé pour faire de la diffamation. Comme l’a fait la justice en commandant l’expulsion de la Flibustière, Golgoth-a-xxx et la Loupiote, aujourd’hui à nouveau vides. Comme l’a fait la police le 21/01/2004 en arrêtant sept personnes (récemment jugées et relaxées) lors d’une manifestation contre les expulsions devant la préfecture. Cet été, les huissiers menaçaient le squat des 400 Couverts, mais les activités publiques continuent de plus belle. Un squat féministe non-mixte (sur un principe d’auto-définition), la Mordue, a ouvert en septembre 2004 non loin du parc Paul Mistral et de l’ancienne Loupiote. La Mordue est aujourd’hui sous le coup d’un avis d’expulsion. En septembre aussi, Résistor (mais ne rompt pas) a ouvert : une jolie maison à Seyssinet-Pariset, avec un grand jardin, sur l’emplacement d’une future gendramerie, hihi... Egalement passé en procès, Résistor a obtenu la trêve d’hiver et les deux mois de délai supplémentaires qui vont avec. Puis c’était au tour d’une petite maison, son jardin et son entrepôt, d’être occupée, fin octobre. Son nom ? La Mèche, lieu d’habitation et futur lieu d’activités (atelier d’échanges de savoir et de bricolage sur vélos, concerts...). Enfin, à la mi-novembre, début décembre, et mi-décembre ce sont respectivement Le Schmögul, sur l’avenue Jean Perrot dans Greville et Le Magma, au fond de (St) Martin-d’Hères, à la limite avec Poisat, ainsi qu’une maison située au 4 rue Marceau qui viennent d’ouvrir.

Pour rencontrer les squats grenoblois, vous pouvez suivre leurs projets d’activités et vous rendre aux événements publics qu’ils organisent, mais aussi venir leur apporter un soutien toujours précieux, par vos coups de main, vos récups de matériel, vos lettres aux autorités, votre présence et vos initiatives aux procès, actions de protestation, et autres chantiers collectifs qui ont lieu. Pour être plus régulièrement tenu-e-s au courant de l’actualité des squats à Grenoble, vous pouvez vous inscrire à la liste de diffusion grrrville@squat.net (écrivez-y pour demander à y être abonné-e-s).

Des liens vers des niouzes, des textes théoriques et des infos sur les squats :
- squat.net version francophone, un portail international d’infos sur les squats.
- grenoble.squat.net.
- Nébuleuse, un portail sur les alternatives et l’autogestion à Grignoble.
- Sur infokiosques.net, des infos pratiques et des textes théoriques à imprimer soi-même sur la question des squats.

Squat un jour, Squat toujours

écrit le 19/01/2007

doc18.jpgLa journée du 2 août 2005, 200 policiers expulsaient les squats de La Kanaille et des 400 Couverts. Depuis, la politique répressive de la ville - qui semble suivre l’exemple national du « karcher » de monsieur Sarkozy - continue son chemin avec l’utilisation de méthodes plus expéditives et moins légales (comme le saccage du Schmogül). Lire à ce propos l’appel des squats a la résistance.

Pour se faire une idée de la question du logement à Grenoble, regardons cette petite chronologie des ouvertures/expulsions récentes à Grrrr :
- 20 septembre 2005 : expulsion de familles qui pour certaines occupaient les lieux depuis plus de 11 ans, à l’hôtel de la Clef d’Or
- 10 octobre : expulsion des habitant-es du 10 rue des Bergers fraîchement débarqué-es, apparemment sans procédure…
- 21 octobre : ouverture-expulsion immédiate et sans procédure non plus d’un squat rue des Alliés
- 24 octobre : réaction des squateur-euses au Conseil Municipal
- 26 octobre : menaces sur une maison rue Eugène Sue
- début novembre : ouverture d’un nouvel espace d’activités et d’expérimentations rebaptisé Parad is Yack.
- 13 mai 2006 : 20 heures de garde-à-vue pour les habitant-e-s d’un squat dans le quartier des Eaux-Claires, suite à l’expulsion immédiate de leur domicile.

Pour en savoir plus sur le sujet, lire une présentation globale des squats grenoblois ou visiter le site grenoble.squat.net. Quelques videos sont en ligne sur video.squat.net.

Graffiti et politique

écrit le 13/04/2007

doc16.jpgPartie intégrante de la culture Hip-hop, le graffiti moderne est né dans les quartiers populaires de New York dans les années 1970. Expression infra-artistique d’un sous-prolétariat urbain révolté et incontrôlable, le graffiti a été progressivement récupéré par le marché, le monde de l’art et les milieux politiques de "gauche". Pour valoriser leur image "proche des jeunes", les institutions promeuvent les "Cultures urbaines". Depuis des années, la mairie de Grenoble commande des "oeuvres" aux graffiti-artistes institutionnels locaux. Sa trouvaille, pendant l’été 2004, faire décorer par des "artistes" les palissades du chantier du stade d’agglomération qui défigure le Parc Paul Mistral. Une belle palissade stylisée, voilà le moyen que Destot a trouvé pour calmer la colère des opposants au stade qui ont occupé pendant 3 mois les arbres du Parc. La mairie achète avec un gros chèque les graffeurs pour faire passer la pilule amère d’un projet controversé. Des graffeurs bien "polis" bossent pour la mairie et la mairie fait leur promo. Elle aime "le tag autorisé", les "grafs réalisés par les vrais graffeurs, comme CH2 par exemple" ; mais la mairie n’aime pas les "actes punis par la loi" qui coûtent 300000 Euros par an (dixit Les nouvelles de Grenoble, mai 2004). D’un coté elle domestique les "graffeurs de commande". D’un autre côté elle traque les "vandales" et elle rase les friches, comme celle de Bouchayer Viallet, que s’approprient librement, depuis plus de 10 ans, les "graffeurs de terrain vague". Et les bulldozers ne vont pas s’arrêter aux halles de la friche, patrimoine industriel, ils écrabouilleront dans le même temps la halle du Mandrak (occupé par le collectif Utopia). Contester cette décision, ce serait faire de la politique. Quand la politique consiste à s’opposer au pouvoir, ça n’intéresse plus les "vrais graffeurs", les artistes pas les rebelles.

[CPE] Le rôle des médias dans la guerre sociale

écrit le 30/03/2007

doc45.jpgAvec leur prétentieuse "objectivité", les médias dominants se font passer pour neutres, simples observateurs, simples miroirs des faits. Mais pour beaucoup de personnes mobilisées contre le CPE et son monde, l’expérience directe d’un conflit social et de son traitement médiatique (1 | 2) a suffi à ébrécher ce mythe. Pas étonnant, dès lors, que les actions du mouvement aient petit à petit ciblé directement des organes de presse, comme l’AFP, France 3 Aquitaine, Télé Toulouse, La Tribune...

A Grenoble, mardi 11 avril, près de 200 manifestant-e-s ont occupé les locaux de France Bleu Isère pendant plus de deux heures, obtenant la diffusion d’un communiqué au journal de 17h, et interviewant au passage une journaliste au sujet du rôle des médias dans la couverture du mouvement. Le mardi 18 avril, des journalistes étaient chassés de l’AG des étudiant-e-s mobilisé-e-s.

Parallèlement, les réflexions sur les médias font leur chemin dans le mouvement. Comment communiquer sur nos luttes ? Quels sont les dangers et les limites de leur médiatisation ? Faut-il se préoccuper d’être crédibles ? Sur Grenoble, une école de la critique des médias propose tout au long de ce printemps une série de rencontres publiques pour alimenter les analyses et les pratiques autour de ces thèmes.

Avortement : la loi Veil a 30 ans

écrit le 16/10/2005

doc8.jpg1975-2005 : le combat pour le droit à l’avortement n’est pas terminé La loi Veil a trente ans ! L’avortement nous concerne toutes et tous : une femme sur deux fera ce choix personnel. Pourtant cet acte reste tabou et culpabilisé. Les réticences à reconnaître aux femmes le droit à disposer de leur corps sont encore très fortes. Demain, ici et ailleurs, nous ferons de l’avortement une vraie liberté. Restons vigilant-e-s, le droit à l’avortement est toujours menacé ! Lire la suite du tract unitaire de la manif commémorative du 15 janvier à Paris. Le 15 janvier 2005 à Grenoble comme dans d’autres villes de province un rassemblement pro-vie était organisé. En protestation, une contre manifestation pour le droit à l’avortement a regroupé près de 200 personnes. Des violences policières ont eu lieu la BAC matraquant des manifestant-e-s alors que tout semblait fini. Une personne a également été arretée puis relachée 2h et demie plus tard après avoir été interrogée à l’hotel de police. Il ne semblait pas y avoir de chef d’inculpation. Compte rendu de la manif.


copyLeft Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.