Indymedia Grenoble

Rassemblement contre les grands projets inutiles imposés, Vinci et leur monde

écrit le 04/04/2013, actualisé le 05/04/2013

Tandis qu’à Notre-Dame-des-Landes, la résistance au projet d’aéroport Grand-Ouest continue, et que le Forum social mondial a déclaré son soutien aux luttes contre les grands projets inutiles imposés, de son côté, le comité de soutien à la lutte contre l’Ayrault-port de l’agglomération grenobloise maintient la pression : des permanences ou des assemblées générales ont lieu tous les mardis à Antigone (voir l’agenda), un tract est diffusé, une pièce de théâtre de rue est jouée en divers lieux, des rassemblements et autres actions sont organisés. Des liens ont également été tissés avec des luttes locales, telles que l’opposition au projet de Center Parcs dans les Chambarans ou à la LGV Lyon-Turin.

Mais pendant ce temps, les élus grenoblois continuent de travailler la main dans la main avec Vinci, maître d’œuvre de l’aéroport de Notre-Dame des Landes et grand bétonneur devant l’éternel. Ainsi, la mairie a bradé à l’omni-entreprise un terrain de la caserne de Bonne où celle-ci va s’empresser de construire un hôtel 4 étoiles pas inutile pour tout le monde...

Le collectif grenoblois de lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes et son monde appelle donc à un rassemblement festif et convivial "contre les projets d’élus peu scrupuleux qui dilapident les espaces et services publics".

Il aura lieu ce samedi 6 avril, à 14h, dans le jardin de la caserne de Bonne

Pour plus d’informations sur la lutte à Notre-Dame des Landes : le site de la ZAD

Pour contacter le collectif d’ici : nddl38(arobase)riseup.net

De l’agitation politique sur le campus

écrit le 31/03/2013, actualisé le 31/03/2013

Le campus des universités de l’agglomération grenobloise a connu des heures plus palpitantes. Du mouvement d’opposition au CPE en 2006 (voir les récits grenoblois sur infokiosques.net) au "Printemps des Chaises" du mouvement contre la LRU en 2009, la résistance à la privatisation de l’enseignement supérieur et au système capitaliste s’est exprimée au cours des années 2000. Las ! Depuis, c’est le calme plat.

Plat ? Pas tout à fait ! D’une part, les Jardins d’Utopie, morceaux de terre occupés et cultivés depuis 2006 dans le but de se réapproprier le campus, existent toujours. Mais ils sont menacés de disparaître sous les coups de pelleteuses mortifères commandités par l’administration universitaire, et le collectif qui les anime appelle à se mobiliser. Le Collectif de Solidarité Etudiante, qui dispose d’un local associatif avec diverses activitées de type zone de gratuité, bibliothèque libre, distribution de colis alimentaires...etc, se voit également ménacé par la direction de l’UFR de sociologie, pour refus de cohabiter avec une association à tendance corporatiste.

D’autre part, un autre collectif, la Poudrière, ne désarme pas. Depuis le 8 mars dernier, il occupe un ancien restaurant, le Moulissimo, situé dans l’enceinte du campus. Des AG ont lieu régulièrement (voir l’agenda), et les projets fleurissent dans le nouveau lieu : cuisine autogérée, zone de gratuité, salle de boxe, projections, concerts, salle de répétition, lavomatique... l’endroit reste ouvert aux idées diverses et variées qui pourraient le faire vivre, et faire revivre cette fac "depuis trop longtemps laissée à la merci des costumes gris".

Rats des villes et rats des champs contre le puçage électronique des animaux et des humains

écrit le 23/01/2013, actualisé le 26/01/2013

Depuis le début des années 2000, les puces RFID, smartgrid ou « étiquettes intelligentes » envahissent à notre insu tous les objets du quotidien : papiers d’identité, cartes de transport, vêtements, livres des bibliothèques, produits de consommation... De plus en plus, elles s’immiscent sous la peau des animaux domestiques et d’élevage, et de milliers d’humains pucés, volontairement ou par obligation. Ces puces électroniques minuscules, capables de stocker de grandes quantités de données, émettent par radio-fréquence et sont repérables et traçables à distance par des détecteurs. A terme, la dissémination de ces puces partout dans notre environnement offre au technocapitalisme la possibilité d’une gestion optimisée des flux et des stocks de marchandises, d’animaux et d’humains. C’est ce qu’IBM vend aux puissants de ce monde sous le doux nom de « planète intelligente ».

Rats des villes et rats des champs

Les RFID sont partout et sur ce point là, les rats des champs n’ont désormais plus rien à envier aux rats du laboratoire grenoblois. Cela fait 10 ans que ces derniers luttent contre les RFID. S’opposant entre autres à la construction de Minatec (2006), ou sabotant le faux débat public sur les nanotechnologies (2008), ils dénoncent les possibilités qu’ouvrent les nanos dans la miniaturisation et la généralisation des puces RFID. Plus récemment, on a vu fleurir sur le campus de Grenoble des tracts et affiches contre l’obligation de s’équiper d’une carte Monéo pour manger dans les restaurants universitaires.

C’est un peu plus tard que les rats des champs découvrent les RFID. En 2007, une brochure intitulée "des moutons et des hommes" met en garde les éleveurs contre la prochaine obligation de pucer leur troupeaux. Celle-ci devient effective peu de temps après. Depuis 2010, les éleveurs de brebis et de chèvres sont désormais contraints de mettre une puce RFID à leurs animaux. (Voir un texte diffusé dans la Drôme à ce sujet) Les éleveurs qui ne posent pas cette boucle électronique sont passibles de sanctions financières très lourdes.

Pour s’opposer à cette situation, rats des villes et rats des champs s’allient en 2009, à l’appel de Pièces et Main d’Oeuvre (PMO) et de la Confédération paysanne de la Drôme pour occuper le pôle national de la traçabilité de Valence (voir le communiqué et les photos)

Aujourd’hui, les premières sanctions pour refus de pucer commencent à tomber. Un couple d’éleveurs de la Drôme s’est ainsi vu supprimer l’équivalant de 8000€ d’aides. (Voir une interview de l’un d’eux). Bien décidés à ne pas laisser passer ça, et afin de s’opposer à l’industrialisation de leur troupeau et de leur travail, un collectif d’éleveurs de la Drôme organise une transhumance hivernale contre le puçage électronique, du 28 janvier au 1er février. (Voir le programme et l’appel des paysans ici). PMO appelle à marcher avec les éleveurs et leur troupeau. Le film Mouton 2.0, la puce à l’oreille sera diffusé chaque soir dans les villages où le troupeau fera halte.

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Le vendredi 1er février, la transhumance se conclue par une grande manifestation jusqu’à la préfecture.

Manifestation contre le puçage des animaux et des hommes : Vendredi 9h. Départ sortie 33 de l’autoroute ("Beaumont les Valences")

Les rats des champs comptent sur le soutien des rats des villes, que ce soit pour une journée, une soirée ou pour toute la semaine !

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Pour en savoir plus :
- Le site des éleveurs de la drôme
- PMO, RFID la police totale, le livre et le film (avec Subterfuge)

Sécurité informatique : nous ça va, et vous ?

écrit le 23/01/2013, actualisé le 31/01/2013

Un lecteur (ou une lectrice) du site nous a écrit récemment pour signaler ce qui, selon lui (elle), constitue un problème de sécurité sur Indymedia Grenoble. Il (Elle) parlait notamment du fait que le certificat du site (qui permet de s’y connecter de manière sécurisée, c’est-à-dire non pas par http, mais par https - "s" voulant dire "sécurisé") est auto-signé, et qu’il est périmé depuis longtemps. Voici donc un petit topo pour mettre les choses au clair :

- Le site web est publiquement accessible par http, en clair. Aucun mot de passe n’est demandé aux visiteur-euse-s, aucune information privée n’est demandée aux contributeur-euse-s.

- Lorsqu’un-e contributeur-euse souhaite publier un article ou un événement de façon anonyme, il/elle est invité-e à le faire en utilisant Tor (http://www.torproject.org), un système de connexion anonyme à Internet (comme indiqué depuis toujours sur la page de publication). Par ailleurs, nous ne stockons pas les journaux de connexion en clair et nous n’y avons pas accès depuis le site web.

- Le site web est également accessible par https, en chiffré, mais cet accès n’est absolument nécessaire que pour le collectif, c’est pourquoi le certificat SSL est auto-signé : nous nous faisons confiance à nous-mêmes. Cet accès est cependant utilisable par tout le monde, mais il ne garantit pas l’authenticité du site a priori aux visiteur-euses. Pour la même raison, la date d’expiration du certificat, même dépassée de deux ans et demi, n’a aucune importance ici. Pour preuve de bonne gestion, nous allons mettre à jour notre certificat SSL.

- Par ailleurs, les articles publiés sur Indymedia Grenoble peuvent aborder n’importe quel thème, y compris la sécurité informatique en général ou celle du site en particulier, à condition que, comme tout article, il respecte la charte, s’adresse aux lecteurs/lectrices du site, et soit constructif (cf. charte V- B- a. 10*). Un message s’adressant au collectif, quant à lui, doit être envoyé à l’adresse de contact du collectif : contact (arobase) grenoble.indymedia.org.

Indymedia Grenoble : péripéties et perspectives

écrit le 22/10/2012, actualisé le 08/01/2013

En juin dernier, suite à la publication sur le site d’un édito intitulé "Indymedia Grenoble a besoin de vous !" encourageant nos lecteurs et lectrices à publier davantage de contenu, l’un ou l’une d’entre eux envoyait un article intitulé "Nous avons besoin d’Indymedia Grenoble". Il se terminait notamment par une série de questionnements :

« Depuis plus de deux ans, si je ne me trompe pas, cette émulation est retombée. Par exemple, je ne vois jamais d’affiches Indymedia, ni d’évènements publics. Que s’est-il passé ? Y-a-t-il un lien avec les problèmes judiciaires qu’a traversé Indymedia ? Qu’est devenue toute cette équipe dynamique qui animait ce média il y a quelques années ? Est-ce qu’il n’y a pas un risque d’extinction d’Indymedia si tout cela continue ? Que peut-on faire pour aider ?"

Nous allons essayer d’y répondre.

2008-2012 : d’un collectif à l’autre

On peut analyser de diverses manières la baisse d’enthousiasme autour d’Indymedia Grenoble, mais il est incontestable qu’elle a débuté quand les ennuis juridiques ont commencé, il y a maintenant 4 ans. A l’automne 2008, deux « journalistes » du Daubé, Denis Masliah et Vanessa Laime, ont porté plainte contre le site pour injure et diffamation suite à la publication d’articles qui les mettaient en cause nommément et dénonçaient leur connivence avec la police (à lire ici et ). S’en sont suivies une longue enquête de la gendarmerie, et plusieurs perquisitions dans des lieux militants et domiciles privés à Grenoble.

C’est à cette époque que les membres du collectif Indymedia ont cessé d’apparaître en public, préférant rester anonymes plutôt que de perdre de l’énergie et un temps fou à se défendre lors d’un éventuel procès. Difficile d’affirmer avec certitude qu’il s’agissait du bon choix. Il signifiait en tout cas la fin des événements publics d’Indymedia Grenoble, et moins de visibilité d’une manière générale. Cette perte de dynamisme a entraîné le départ de nombreux militant-e-s. L’absence de mouvement social fort depuis 2010 n’aidant pas, le site est effectivement devenu moins fréquenté, les contributions un peu mois nombreuses. Malgré une certaine difficulté à recruter de nouvelles personnes, le collectif a connu un renouvellement complet de ses membres les deux années suivantes, et a survécu tant bien que mal.

La question de l’ouverture du collectif et de l’apparition publique ne s’était pas encore posée que le nouveau collectif faisait face à une nouvelle menace de plainte. En juillet 2010, suite à la parution d’un article sur l’assassinat par la BAC d’un jeune braqueur de la Villeneuve, Brice Hortefeux, alors ministre de l’intérieur, déclarait aux médias qu’il allait porter plainte contre Indymedia Grenoble pour injure et diffamation envers la police. Simple effet d’annonce ? Jusqu’à ce jour en tout cas, nous n’avons jamais eu vent d’un dépôt de plainte effectif.

Depuis, le site a fait l’objet de nouvelles menaces, chaque fois restées sans suite :

- En novembre 2011, les Komanches publient une première série d’articles sur les liens entre l’extrême-droite et les catholiques à Grenoble, suite auxquels Anne-Laure Grasset, membre du Front national, nous a menacé-e-s elle aussi de saisir la CNIL et de porter plainte contre le site.

- Début 2012, c’est cette fois-ci une plainte d’Hervé-Jean Bertrand-Pougnand, maire de La Tronche, pour un texte publié sur Indymedia Grenoble qui nous valait les sollicitudes de la gendarmerie par email.

- En juin, un certain Vincent de Schuyteneer, royaliste flirtant avec divers mouvements d’extrême-droite, nous menaçait à son tour de porter plainte suite à un autre article des Komanches.

- Et enfin, en octobre 2012, jaloux sans doute de la publicité faite ici aux sinistres personnages ci-dessus, c’est Jean-Marc Vivenza, un ancien membre d’un mouvement d’extrême-droite, Troisième-Voie, qui nous adressait à son tour des menaces par l’intermédiaire de son avocat à cause de cet article.

Malgré ces menaces et les difficultés internes, le site a continué à publier des centaines d’articles chaque année, à proposer un agenda toujours bien rempli, et à enregistrer presque 1000 visites par jour. Pas si mal, pour un site en déclin...

2012 : la fin du monde ne sera pas celle d’Indymedia Grenoble !

Grenobloises, Grenoblois, rassurez-vous ! Indymedia va mieux. Le collectif s’est enrichi récemment de nouvelles personnes, et reprend du poil de la bête. Si les évènements publics, les projections, les débats, les ateliers d’écriture ne reviendront pas dans l’immédiat, nous voulons redonner du dynamisme et de la visibilité au site internet. Nous continuons de croire qu’Indymedia Grenoble est un outil pertinent et utile au développement des luttes locales.

Pour cela nous avons (encore) besoin de vous !

Indymedia, c’est votre site : c’est vous, cher-es lecteurs/lectrices et contributeurs/contributrices, qui le faites vivre. Comment ? En publiant des enquêtes politiques sur l’agglomération, des événements militants locaux, des compte-rendus de manifestations, des récits d’actions, des communiqués, des pamphlets, des pavés dans la mare et des glaviots dans la soupe... Vous pouvez même, si le cœur vous en dit, nous proposer des éditos à publier en première page en nous écrivant à contact_at_grenoble.indymedia.org

Pour les plus désireux-ses de donner de leur temps précieux à cet outil merveilleux qu’est Indymedia, nous vous proposons de participer à une campagne d’affichage et de tractage massive ! Pour celles et ceux qui peuvent imprimer, vous trouverez ici 15 nouvelles affiches en version électronique. Pour les autres : regardez bien autour de vous ! Nos agents secrets déposeront dans les semaines à venir de grandes quantités d’affiches et de tracts déjà imprimés, dans les lieux qui annoncent régulièrement leurs événements dans l’agenda du site. N’hésitez pas à en prendre pour les coller et les distribuer partout !

Enfin, sachez que la liste de discussion d’Indymedia Grenoble reprend du service : imc-france-grenoble (at) lists.indymedia.org. Elle se veut un espace de discussion autour du collectif Indymedia Grenoble et du site internet. On y discute, entre autres, de modération, de projets, etc... Pour s’inscrire, c’est ici.

Pour que plus personne sur l’agglomération grenobloise n’ignore l’existence d’Indymedia Grenoble !


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