Indymedia Grenoble

Contre le Lyon-Turin, toutes et tous à Lyon le lundi 3 décembre !

écrit le 24/11/2012, actualisé le 14/12/2012

Le Lyon-Turin est un projet de nouvelle liaison ferroviaire à travers les Alpes, qui prévoit notamment de creuser le plus long tunnel d’Europe (plus de 50kms) dans une montagne contenant des roches riches en amiante et en uranium. C’est aussi quinze ans de travaux et des dizaines de millions de mètres cube de déblais à stocker en Maurienne et dans le Val de Susa, au débouché italien du tunnel. Lancé officiellement en 2001, le projet devrait être achevé vers 2023 et coûter 25 milliards d’euros.

Rappel des faits :

Depuis 20 ans, dans le Val de Susa italien, la résistance est massive et populaire. Les habitant.e.s de la vallée organisé.e.s en « comités No Tav » (Tav=Tgv) ne se contentent pas de manifs monstre (par exemple 70 000 personnes à Bussoleno en février 2012), illes ont construit des baraques permanentes (les « presidio ») sur les sites de carottages, où les opposant.e.s de tous âges et classes sociales peuvent se retrouver et s’informer dans la convivialité. Depuis l’été 2011, les épisodes s’enchaînent de plus en plus vite sur le site de creusement de la première galerie de reconnaissance italienne, à Chiomonte : expulsion et saccage de l’occupation de la Madalena par les carabinieri fin juin, attaque du camp retranché policier par une « marée humaine » de 70 000 personnes le 3 juillet, construction de cabanes dans les arbres à côté du fortin policier, manifestations fréquentes cet hiver...

Dernier épisode marquant : le 27 février 2012, des parcelles de terrain appartenant au mouvement NoTav sont expropriées par la police, pour commencer réellement le chantier. Un militant, monté sur un pylone électrique, pour échapper à la police est électrocuté et hospitalisé. Des manifestations de soutien ont aussitôt lieu dans toute l’Italie et dans quelques villes françaises, pendant plus de deux semaines (voir ici et )

Aujourd’hui le chantier doit être surveillé en permanence par des centaines de flics et de militaires (les « Alpini »), pour un surcoût d’au moins 50 000 euros par jour.

"Anche in Francia, sara durà" ("en France aussi, ce sera dur")

Le collectif « No Tav-savoie » s’est créé en septembre 2011, afin de contrer la propagande massive pour l’autoroute ferroviaire, soutenue par tous les politiciens locaux. Le collectif diffuse un argumentaire dénonçant l’inutilité complète, les nuisances irréversibles et le coût indécent du projet, ainsi que le modèle de société qu’il encourage. Il a appellé à un premier rassemblement le 14 mars à Chambéry, et a organisé plusieurs réunions publiques d’information (Chambéry, la Tour du Pin, St-Jean de Couz en Chartreuse, et plus récemment Villarodin-Bourget) avec les habitant.e.s situé.e.s sur le tracé. De janvier à mars 2012, l’enquête publique portant sur le tronçon Lyon-Chambéry a fait découvrir aux habitant.e.s concerné.e.s (avant-pays savoyard et nord-Grésivaudan) le désastre qui les attend et l’absurdité du projet. Pour la première fois depuis des années, la réunion pro Lyon-Turin du 13 mars à Chambéry était remplie d’opposant.e.s. Le consensus se fissure..

Le neuf juin dernier, une première manifestation a réuni en France quelques centaines de personnes.

En France, d’autres collectifs s’activent aujourd’hui contre le Lyon-Turin. C’est le cas notamment des collectifs No TAV Paris, No TAV Lyon, ou encore de la Coordination opposée au Lyon-Turin, qui réunit plusieurs associations d’habitants opposés au projet.

La lutte ne fait que commencer.

Le 3 décembre, les techno-présidents Mario Monti et François Hollande se retrouvent à Lyon pour parler du financement du TAV. Les opposant.e.s joueront encore une fois les trouble-fête. A partir du 26 novembre, une semaine de discussions, projections et rencontres autour du mouvement No-TAV est organisée à Lyon (voir le programme). A l’appel des collectifs No TAV Savoie, No TAV Lyon, No TAV Paris, et des comités No TAV italiens, plusieurs rendez-vous de lutte sont organisés et notamment :

-  Le 3 décembre à Lyon : Rassemblement et manifestation

12h, Gare des Brotteaux : Repas, assemblée, prises de paroles françaises et italiennes, présentation des différentes luttes et de leurs contextes, jeux, tables d’infos...

14h : départ d’une manifestation festive.

Bien sûr, la lutte contre le TAV n’est pas sans rappeler l’actuelle opposition à l’aéroport de Notre-Dame des Landes, ou encore l’opposition basque contre la LGV transpyrénéenne. De la Bretagne aux Alpes, pas de grands projets inutiles, ni ici ni ailleurs !

Et pour suivre l’actualité de la lutte contre le Lyon-Turin en France, le blog du collectif notav-savoie. D’autres infos encore sur Rebellyon

A Notre-Dame des Landes comme à Grenoble, les tritons crêté-es combattent le béton armé

écrit le 15/11/2012, actualisé le 21/11/2012

Sur fond de crise économique ressassée, les affrontements à Notre-Dame des Landes entre forces de police militarisées et habitant-es/résistant-es agitent le landerneau médiatique et activiste. Le "projet" est simple comme du béton armé : remplacer l’aéroport "Nantes-Atlantique" existant par un nouvel aéroport "du Grand-Ouest" construit dans une jusque là superbe zone rurale et bocagère. Ce projet ne date pas d’hier : évoqué ici et là dès 1963, il apparaît en 1974 dans les plans d’urbanisme directeurs sous la forme d’une ZAD (Zone d’Aménagement Différée). Immédiatement, il déclenche une vive opposition au niveau local, concrétisée par la création de l’Association de défense des exploitants concernés par l’aéroport (ADECA). L’ACIPA, Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport, sera elle créée en 2000.

Le projet sera relancé en 2001 par le tandem Jospin-Ayrault, à l’époque respectivement 1er ministre et maire de Nantes. Pourtant, l’aéroport du Grand-Ouest présente indéniablement tous les symptômes des Grands Projets Inutiles Imposés : espaces naturels et agricoles dévastés, argent public gaspillé au profit d’entreprises privées (Vinci en l’occurence), décideurs autoritaires et mégalos - alors même que les prévisions économiques sont désastreuses et que le pic pétrolier pointe son nez à l’horizon...

En 2007, une première maison, Le Rosier, est squattée par des opposant-es. Les occupations de ce type se multiplient pour créer un vaste territoire rural nommé avec aplomb la ZAD, Zone A Défendre. Un esprit de solidarité nait entre les nouveaux-elles habitant-es et la population paysanne locale, dont les manifs tracto-vélos sont un bel exemple. De cette rencontre émergent des expérimentations étonnantes : autoconstructions, récup’ partagées, agriculture "biologique", modes d’organisation collective, médias alternatifs, etc. Le territoire devient aussi un important lieu d’accueil de mouvements de lutte : un Camp Action Climat y est organisé en 2009, suivi par le second Forum Européen contre les Grands Projets Inutiles Imposés en juillet 2012 (après celui du Val de Susa en 2011).

Cette année est venu le temps de la guérilla rurale entre les haies du bocage : dans le cadre de l’opération pompeusement nommée "César", des milliers de policiers envahissent la zone, gazant les laitues et matraquant les patates. La plupart des lieux occupés par des opposant-es ces dernières années sont expulsés. Les médias nationaux, eux, accomplissent leur habituel travail de sape et de division, opposant les "bons" citoyens, paysans et militants politiques qui contestent l’aéroport aux affreux-ses squatteur-es illégitimes.

En Isère, les Grands Projets Inutiles Imposés, on connaît ! Les exemples ne manquent pas dans notre région : le Stade des Alpes, le projet GIANT, le Center Parcs des Chambarans, le TGV Lyon-Turin, le téléphérique de Grenoble au Vercors ou encore l’A51 qui vient d’être relancée par le président du Conseil Général, André Vallini (notre Jean-Marc Ayrault raté local). C’est donc tout naturellement que sur Indymedia Grenoble, les infos et les déclarations de soutien à la ZAD se multiplient (ici, ici, ici ou encore et ).

Une manifestation de réoccupation aura lieu ce samedi 17 novembre. Armez-vous de vos meilleures fourches, et rendez-vous à Notre-Dame des Landes pour soutenir le collectif des pilotes de ligne opposés au projet ! La Confédération Paysanne organise des bus pour se rendre sur place.

Dernier ajout : 40 000 personnes ont convergé à Notre Dame des Landes pour la manifestation de réoccupation ! (un récit ici). Des maisons, chapiteaux, cabanes dans les arbres, cuisines collectives ont commencé à être reconstruits sur la Zone à Défendre. La lutte continue de plus belle !

Plus d’infos sur ce blog (et pour en savoir plus sur les tritons crêtés...)

Expulsion du squat de demandeurs d’asile au 24 rue Ampère

écrit le 25/09/2012, actualisé le 04/10/2012

Voir le communiqué du "réseau du 22 rue des Alpes" en date du 25 septembre

Mi-février, des demandeurs d’asile aidés de militant-e-s de l’agglomération grenobloise se sont installés dans un bâtiment au 22 rue des Alpes, à Fontaine. Il s’agissait pour eux de ne plus vivre dans la rue, et de revendiquer leurs droits à l’asile et à l’hébergement. Ces réfugiés, qui avaient fui la guerre et la dictature dans leur pays (Soudan, Erythrée, Tchad...), vivaient pour la plupart en Libye jusqu’à ce que l’OTAN ne fasse s’effondrer le régime Kadhafi. Par amalgame, la population les a pris pour des mercenaires du régime, juste parce qu’ils sont originaires d’Afrique sub-saharienne. Ils ont à nouveau fui la persécution pour se réfugier en France, qu’ils croyaient être une terre d’accueil.

Après des mois à vivre dans la rue, alors que l’Etat a l’obligation réglementaire de loger les demandeurs d’asile, ce squat était donc un espoir. Mais la société propriétaire de l’immeuble a immédiatement engagé une procédure judiciaire pour obtenir son expulsion. Le jugement rendu le 5 avril dernier lui a donné satisfaction en ordonnant l’expulsion à partir du 4 juillet. Une mobilisation et un recours devant le juge d’application des peines ont permis de repousser cette date au 24 septembre, sans offrir d’avantage de solution aux occupants après cette date.

C’est pourquoi ceux-ci ont décidé d’occuper un nouveau bâtiment, avec le soutien des militants du réseau du 22 rue des Alpes, du Centre d’Informations Inter-Peuples, du Comité Isérois de Soutien aux Sans Papiers, du Collectif de Soutien aux Réfugiés Algériens et de la Patate Chaude. Le vendredi 21 septembre, ils ont ainsi occupé l’immeuble situé au 24 rue Ampère, à Grenoble, vide depuis des années, comme des milliers de logements sur l’agglomération, alors que des centaines de personnes vivent et dorment dans la rue.

Mais la mairie de Grenoble, propriétaire du bâtiment, ne l’entend pas de cet oreille : dès le 25 septembre, elle fait intervenir la police pour une expulsion immédiate (et bien évidemment illégale).

La situation des demandeurs d’asile n’évoluant toujours pas, le réseau du 22 a donc décidé d’occuper immédiatement un nouveau bâtiment.

Expulsions, répression : la continuité dans le changement

écrit le 10/07/2012, actualisé le 13/08/2012

Début mai, le Parti socialiste est revenu au pouvoir en France. Depuis, on nous bassine avec le "changement". Mais sur le terrain, dans l’agglomération grenobloise, rien ne bouge. Au contraire, la répression et les expulsions ont plutôt connu un regain ces deux derniers mois :

- A la mi-mai, une maison occupée à Grenoble depuis 4 jours par des militant-e-s revendiquant la lutte contre les projets immobiliers qui défigurent et gentrifient la ville était expulsée de manière illégale par la police nationale arrivée en nombre. Les occupant-e-s ont été arrêté-e-s, puis relâché-e-s le lendemain.

- Fin mai, c’est le Conseil général qui mettait à la rue 14 Roms roumains qui avaient, avec l’aide du collectif la Patate Chaude, trouvé refuge depuis 18 mois dans une maison que le CG avait achetée à St Martin le Vinoux pour la détruire et faire passer la rocade nord, projet aujourd’hui abandonné.

- Le squat “Minitubes”, qui animait le quartier Abbaye et a souvent accueilli des migrants à la rue, a été détruit les 7 et 8 juin par des bulldozers alors que les habitants n’étaient pas encore partis.

- Le 7 juin, le camp de Roms sommairement installé derrière la zone Neyrpic à Saint Martin d’Hères a été délogé par la police et leurs caravanes détruites. Depuis, ces familles errent à l’entrée du campus.

- Les demandeurs d’asile africains qui occupent un immeuble à Fontaine ont obtenu un nouveau délai de deux mois. Mais ça n’est que partie remise.

- Le camp rom de la Tronche a été expulsé à son tour le 26 juillet avec la bénédiction du maire de la ville, Hervé-Jean Bertrand-Pougnand.

Que se passe-t-il ? Assistons-nous à un baroud d’honneur du préfet sarkozyste Eric Le Douaron ? Ou le nouveau pouvoir socialiste reprend-il à son compte les politiques sarkozystes de chasse aux pauvres et aux immigrés ?

Indymedia Grenoble a besoin de vous !

écrit le 06/01/2010, actualisé le 13/05/2012

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Malheureusement, nous assistons ces derniers temps à une baisse des publications locales. Or, ce qui, pour nous, fait l’intérêt de cet outil, ce ne sont pas (que) les articles de portée générale, ni les textes glanés ça et là sur le web et que l’on peut retrouver sur les indymedia francophones ou sur d’autres sites d’information (alternatifs ou pas). Non, ce qui fait l’intérêt d’Indymedia Grenoble, ce sont les enquêtes politiques sur l’agglomération, les évènements militants locaux, les compte-rendus de manifestations, les récits d’actions, les communiqués, les pamphlets, les pavés dans la marre et les glaviots dans la soupe... Vous pouvez même, si le coeur vous en dit, nous proposer des éditos à publier en première page en nous écrivant.

Alors cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades : publions !

Le collectif Indymedia Grenoble


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