Indymedia Grenoble

A Notre-Dame des Landes comme à Grenoble, les tritons crêté-es combattent le béton armé

écrit le 15/11/2012, actualisé le 21/11/2012

Sur fond de crise économique ressassée, les affrontements à Notre-Dame des Landes entre forces de police militarisées et habitant-es/résistant-es agitent le landerneau médiatique et activiste. Le "projet" est simple comme du béton armé : remplacer l’aéroport "Nantes-Atlantique" existant par un nouvel aéroport "du Grand-Ouest" construit dans une jusque là superbe zone rurale et bocagère. Ce projet ne date pas d’hier : évoqué ici et là dès 1963, il apparaît en 1974 dans les plans d’urbanisme directeurs sous la forme d’une ZAD (Zone d’Aménagement Différée). Immédiatement, il déclenche une vive opposition au niveau local, concrétisée par la création de l’Association de défense des exploitants concernés par l’aéroport (ADECA). L’ACIPA, Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport, sera elle créée en 2000.

Le projet sera relancé en 2001 par le tandem Jospin-Ayrault, à l’époque respectivement 1er ministre et maire de Nantes. Pourtant, l’aéroport du Grand-Ouest présente indéniablement tous les symptômes des Grands Projets Inutiles Imposés : espaces naturels et agricoles dévastés, argent public gaspillé au profit d’entreprises privées (Vinci en l’occurence), décideurs autoritaires et mégalos - alors même que les prévisions économiques sont désastreuses et que le pic pétrolier pointe son nez à l’horizon...

En 2007, une première maison, Le Rosier, est squattée par des opposant-es. Les occupations de ce type se multiplient pour créer un vaste territoire rural nommé avec aplomb la ZAD, Zone A Défendre. Un esprit de solidarité nait entre les nouveaux-elles habitant-es et la population paysanne locale, dont les manifs tracto-vélos sont un bel exemple. De cette rencontre émergent des expérimentations étonnantes : autoconstructions, récup’ partagées, agriculture "biologique", modes d’organisation collective, médias alternatifs, etc. Le territoire devient aussi un important lieu d’accueil de mouvements de lutte : un Camp Action Climat y est organisé en 2009, suivi par le second Forum Européen contre les Grands Projets Inutiles Imposés en juillet 2012 (après celui du Val de Susa en 2011).

Cette année est venu le temps de la guérilla rurale entre les haies du bocage : dans le cadre de l’opération pompeusement nommée "César", des milliers de policiers envahissent la zone, gazant les laitues et matraquant les patates. La plupart des lieux occupés par des opposant-es ces dernières années sont expulsés. Les médias nationaux, eux, accomplissent leur habituel travail de sape et de division, opposant les "bons" citoyens, paysans et militants politiques qui contestent l’aéroport aux affreux-ses squatteur-es illégitimes.

En Isère, les Grands Projets Inutiles Imposés, on connaît ! Les exemples ne manquent pas dans notre région : le Stade des Alpes, le projet GIANT, le Center Parcs des Chambarans, le TGV Lyon-Turin, le téléphérique de Grenoble au Vercors ou encore l’A51 qui vient d’être relancée par le président du Conseil Général, André Vallini (notre Jean-Marc Ayrault raté local). C’est donc tout naturellement que sur Indymedia Grenoble, les infos et les déclarations de soutien à la ZAD se multiplient (ici, ici, ici ou encore et ).

Une manifestation de réoccupation aura lieu ce samedi 17 novembre. Armez-vous de vos meilleures fourches, et rendez-vous à Notre-Dame des Landes pour soutenir le collectif des pilotes de ligne opposés au projet ! La Confédération Paysanne organise des bus pour se rendre sur place.

Dernier ajout : 40 000 personnes ont convergé à Notre Dame des Landes pour la manifestation de réoccupation ! (un récit ici). Des maisons, chapiteaux, cabanes dans les arbres, cuisines collectives ont commencé à être reconstruits sur la Zone à Défendre. La lutte continue de plus belle !

Plus d’infos sur ce blog (et pour en savoir plus sur les tritons crêtés...)

Expulsion du squat de demandeurs d’asile au 24 rue Ampère

écrit le 25/09/2012, actualisé le 04/10/2012

Voir le communiqué du "réseau du 22 rue des Alpes" en date du 25 septembre

Mi-février, des demandeurs d’asile aidés de militant-e-s de l’agglomération grenobloise se sont installés dans un bâtiment au 22 rue des Alpes, à Fontaine. Il s’agissait pour eux de ne plus vivre dans la rue, et de revendiquer leurs droits à l’asile et à l’hébergement. Ces réfugiés, qui avaient fui la guerre et la dictature dans leur pays (Soudan, Erythrée, Tchad...), vivaient pour la plupart en Libye jusqu’à ce que l’OTAN ne fasse s’effondrer le régime Kadhafi. Par amalgame, la population les a pris pour des mercenaires du régime, juste parce qu’ils sont originaires d’Afrique sub-saharienne. Ils ont à nouveau fui la persécution pour se réfugier en France, qu’ils croyaient être une terre d’accueil.

Après des mois à vivre dans la rue, alors que l’Etat a l’obligation réglementaire de loger les demandeurs d’asile, ce squat était donc un espoir. Mais la société propriétaire de l’immeuble a immédiatement engagé une procédure judiciaire pour obtenir son expulsion. Le jugement rendu le 5 avril dernier lui a donné satisfaction en ordonnant l’expulsion à partir du 4 juillet. Une mobilisation et un recours devant le juge d’application des peines ont permis de repousser cette date au 24 septembre, sans offrir d’avantage de solution aux occupants après cette date.

C’est pourquoi ceux-ci ont décidé d’occuper un nouveau bâtiment, avec le soutien des militants du réseau du 22 rue des Alpes, du Centre d’Informations Inter-Peuples, du Comité Isérois de Soutien aux Sans Papiers, du Collectif de Soutien aux Réfugiés Algériens et de la Patate Chaude. Le vendredi 21 septembre, ils ont ainsi occupé l’immeuble situé au 24 rue Ampère, à Grenoble, vide depuis des années, comme des milliers de logements sur l’agglomération, alors que des centaines de personnes vivent et dorment dans la rue.

Mais la mairie de Grenoble, propriétaire du bâtiment, ne l’entend pas de cet oreille : dès le 25 septembre, elle fait intervenir la police pour une expulsion immédiate (et bien évidemment illégale).

La situation des demandeurs d’asile n’évoluant toujours pas, le réseau du 22 a donc décidé d’occuper immédiatement un nouveau bâtiment.

Expulsions, répression : la continuité dans le changement

écrit le 10/07/2012, actualisé le 13/08/2012

Début mai, le Parti socialiste est revenu au pouvoir en France. Depuis, on nous bassine avec le "changement". Mais sur le terrain, dans l’agglomération grenobloise, rien ne bouge. Au contraire, la répression et les expulsions ont plutôt connu un regain ces deux derniers mois :

- A la mi-mai, une maison occupée à Grenoble depuis 4 jours par des militant-e-s revendiquant la lutte contre les projets immobiliers qui défigurent et gentrifient la ville était expulsée de manière illégale par la police nationale arrivée en nombre. Les occupant-e-s ont été arrêté-e-s, puis relâché-e-s le lendemain.

- Fin mai, c’est le Conseil général qui mettait à la rue 14 Roms roumains qui avaient, avec l’aide du collectif la Patate Chaude, trouvé refuge depuis 18 mois dans une maison que le CG avait achetée à St Martin le Vinoux pour la détruire et faire passer la rocade nord, projet aujourd’hui abandonné.

- Le squat “Minitubes”, qui animait le quartier Abbaye et a souvent accueilli des migrants à la rue, a été détruit les 7 et 8 juin par des bulldozers alors que les habitants n’étaient pas encore partis.

- Le 7 juin, le camp de Roms sommairement installé derrière la zone Neyrpic à Saint Martin d’Hères a été délogé par la police et leurs caravanes détruites. Depuis, ces familles errent à l’entrée du campus.

- Les demandeurs d’asile africains qui occupent un immeuble à Fontaine ont obtenu un nouveau délai de deux mois. Mais ça n’est que partie remise.

- Le camp rom de la Tronche a été expulsé à son tour le 26 juillet avec la bénédiction du maire de la ville, Hervé-Jean Bertrand-Pougnand.

Que se passe-t-il ? Assistons-nous à un baroud d’honneur du préfet sarkozyste Eric Le Douaron ? Ou le nouveau pouvoir socialiste reprend-il à son compte les politiques sarkozystes de chasse aux pauvres et aux immigrés ?

Indymedia Grenoble a besoin de vous !

écrit le 06/01/2010, actualisé le 13/05/2012

Rappelons qu’Indymedia Grenoble n’est pas la propriété d’une bande de journalistes alternatifs. C’est un site de publication ouverte, que nous nous contentons d’entretenir et d’animer. Nous ne fournissons pas l’information, nous l’organisons. Le contenu dépend de toi, de moi, de lui, d’elle, de nous, etc. L’utilisation du site est à la portée de toutes et tous. Tout le monde est libre de publier un article ou un événement, et de réagir à un article. Bien entendu, tout n’a pas sa place sur Indymedia (publicités, messages racistes, sexistes, etc.). Pour mieux connaître l’esprit du projet Indymedia et les critères de modération des articles, il suffit de se référer à la charte.

Malheureusement, nous assistons ces derniers temps à une baisse des publications locales. Or, ce qui, pour nous, fait l’intérêt de cet outil, ce ne sont pas (que) les articles de portée générale, ni les textes glanés ça et là sur le web et que l’on peut retrouver sur les indymedia francophones ou sur d’autres sites d’information (alternatifs ou pas). Non, ce qui fait l’intérêt d’Indymedia Grenoble, ce sont les enquêtes politiques sur l’agglomération, les évènements militants locaux, les compte-rendus de manifestations, les récits d’actions, les communiqués, les pamphlets, les pavés dans la marre et les glaviots dans la soupe... Vous pouvez même, si le coeur vous en dit, nous proposer des éditos à publier en première page en nous écrivant.

Alors cher-e-s ami-e-s, cher-e-s camarades : publions !

Le collectif Indymedia Grenoble

Du son contre la prison

écrit le 04/05/2012, actualisé le 05/05/2012

Du Son Contre la Prison, ce sont des concerts de rap anti-carcéral qui auront lieu vendredi 4 et samedi 5 mai, avec les groupes Taibox, RPZ, Fils du Béton, Missah, DJ Dr Larry. Ca se passe à St-Etienne, et c’est diffusé en direct sur une quinzaine de radios de France, Suisse et Belgique, pour pouvoir être écouté par les prisonnières et les prisonniers. L’occasion de faire passer un message entre différentes taules, et entre l’intérieur et l’extérieur des murs !

Du son pour rap­pe­ler que l’enfer­me­ment à visage humain n’existe pas. Les nou­vel­les pri­sons asep­ti­sées sont tout aussi insup­por­ta­bles et inhu­mai­nes que les vieilles pri­sons insa­lu­bres.

Du son contre l’enfer­me­ment et son monde : car les pri­sons sont les mira­dors de la société actuelle. Le capi­ta­lisme a besoin de gens doci­les, sa conti­nua­tion sup­pose le main­tien par l’Etat d’un contrôle serré de la popu­la­tion, de la carte vitale au pôle emploi, en pas­sant par la bio­mé­trie jusqu’au mili­ces citoyen­nes. En atta­quant le monde car­cé­ral, nous vou­lons en finir avec toutes les pri­sons qui peu­plent notre quo­ti­dien.

Du son pour ren­for­cer les liens entre l’exté­rieur et l’inté­rieur, la radio étant le meilleur moyen d’échapper à la cen­sure de l’Administration Pénitentiaire. Si la prison fait peur, c’est parce qu’elle isole et divise. En pro­po­sant un concert consa­cré aux pri­son­niers et pri­son­niè­res, nous sou­hai­tons briser cet iso­le­ment et créer un moment d’unité via les ondes.

Diffusion en direct sur Radio Kaléidoscope, 97 FM et www.radio-kaleidoscope.net, de 21h à minuit.


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