Indymedia Grenoble

Le squat, pratique non grata

écrit le 07/02/2012, actualisé le 01/04/2012

Ces derniers mois sur l’agglomération grenobloise, de nombreux squats sont attaqués en justice et menacés d’expulsion, à l’instar de Minitubes, ouvert depuis deux ans et soudainement assigné au tribunal. Les procédures sont de plus en plus expéditives, et des expulsions interviennent même parfois de manière illégale, c’est-à-dire sans procédure du tout, comme ça a été le cas cet automne pour un squat situé à Fontaine et cet hiver pour un autre à Grenoble. Les propriétaires et la préfecture n’hésitent pas à mettre les squatteurs-euses à la rue, y compris en plein hiver. Ainsi, une maison occupée par des Roms, qui accueillait plus d’une centaine de personnes dont beaucoup d’enfants, a été évacuée rue Germain, à Grenoble, en plein mois de décembre, et plusieurs autres lieux occupés sont actuellement expulsables (comme les maisons du conseil général à la Tronche et Saint-Martin-le Vinoux) alors que le thermomètre bat des records dans le négatif. Les pouvoirs publics, comme la mairie de Grenoble, cherchent même des moyens détournés pour expulser les indésirables, s’arrangeant avec la loi (qu’ils reprochent aux squatteurs-euses ne pas respecter) en assignant, par exemple, les habitantes d’un squat au tribunal administratif, dont ce n’est pas la compétence.

Pourtant, faut-il vraiment s’étonner de voir des bâtiments squattés quand les loyers deviennent inaccessibles (y compris à bien des personnes salariées), quand les bailleurs sociaux et les associations en charge de l’hébergement d’urgence expulsent et mettent des gens à la rue, tandis que les promoteurs immobiliers continuent de remplir leurs caisses et que les pouvoirs publics privilégient l’économie et la propriété privée au détriment du droit au logement ?

Récemment à Fontaine, un bâtiment appartenant à un bailleur social dont le maire de la ville, Yannick Boulard, est administrateur, a été réquisitionné par des militants pour des demandeurs d’asile. Une nouvelle fois, la réaction des autorités a été immédiate et sans appel.

Mardi 28 février à 9h, trois squats de l’agglomération sont passés en procès au tribunal d’instance de Grenoble.

Fermez Clinatec !

écrit le 30/01/2012, actualisé le 01/02/2012

Mardi 31 janvier à 18 heures, devait être inauguré Clinatec, la clinique expérimentale du cerveau de Minatec. Le but revendiqué de Clinatec, est de « nous mettre des nanos dans la tête ». En clair, des implants cérébraux. "Le programme Clinatec travaille depuis 2006 dans une quasi clandestinité à l’interface cerveau-machine, à l’intrusion du pouvoir médical et politique dans notre for intérieur." Promettant de guérir les troubles du comportement, les dépressions, les tendances suicidaires, l’obésité... il ouvre la voie au neuro-marketing, à la manipulation du cerveau, et à l’avènement de l’être humain augmenté, ou cyborg. Pour lire l’enquête de PMO sur Clinatec, c’est ici

C’est le 2 juin 2006 au cours d’une réunion en comité réduit, que Jean Therme, patron du CEA Grenoble, et Alim-Louis Benabid, neurochirurgien, décident la construction de Clinatec. Depuis, le projet évolue dans une quasi-clandestinité, bénéficiant de millions d’euros de subventions publiques (région et ville de Grenoble) et du soutien indéfectible des élus socialistes locaux. Le professeur Benabid, son disciple François Berger, actuel directeur de Clinatec et leur équipe, multiplient les expériences. Après des tests sur des animaux (des rongeurs, des chats et des singes), à qui l’on ouvre le crâne pour implanter des électrodes, des expériences sont menées sur des cobayes humains volontaires. Après 5 ans de travaux, pendant lesquels les recherches se sont poursuivies, le bâtiment devait être inauguré en catimini le 31 janvier.

Pour protester contre cette inauguration, de nombreux tracts ont été distribués ces derniers jours. Une lettre ouverte aux médecins et professionnels de santé a été diffusée. Une affiche vantant les mérites d’Alim-Louis Benabid est apparue sur les murs de la ville. Une autre affiche est visible ici.

Le jour J, un rassemblement était organisé devant Minatec afin de rendre public les agissements de Benabid et de Berger, et de demander la fermeture de Clinatectec. Au dernier moment, il semble que les inaugurateurs officiels se sont ravisés. Ce sont donc les opposants qui ont inauguré Clinatec.

Les Roms toujours boucs émissaires du pouvoir

écrit le 13/12/2011, actualisé le 13/12/2011

Le contexte

Le 30 juillet 2010, suite à la mort d’un jeune braqueur tué par un flic de la BAC à la Villeneuve, Nicolas Sarkozy a prononcé à Grenoble le discours le plus chargé de racisme et de xénophobie osé par un président français depuis la fin du régime de Vichy. A peu près à la même époque, un membre de la communauté dite des "gens du voyage" avait, lui aussi, été abattu par un gendarme, ce qui a donné lieu à des émeutes dans le village de Saint-Aignan, dans le Loir-et-Cher. Ne reculant devant aucun amalgame et, là encore, devant aucune stigmatisation raciste, Sarkozy en a profité pour annoncer une réunion à l’Elysée sur les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms". Depuis, on assiste en France à une répression tous azimuts des Roms, expulsés de leurs campements de fortune ou de leurs squats, et renvoyés dans les pays d’où ils viennent.

Et ça continue...

En cette période pré-électorale, où les politiciens de tous poils pensent devoir s’abaisser au populisme le plus bas pour satisfaire une certaine frange de leurs "administrés" et faire oublier la faillite du système socio-économique injuste qu’ils imposent à la population, la stigmatisation et la répression des personnes d’origine rom s’épanouit de façon tout à fait décomplexée. Ainsi - pour ne citer que les exemples les plus frappants - dans notre agglomération :

> Un campement rom a été expulsé et rasé début septembre sur les terres de René Proby, maire communiste romophobe de Saint Martin d’Hères.

> Le maire UMP de la Tronche, Hervé-Jean Bertrand-Pougnand, ne veut pas être en reste et, souhaitant sans doute faire plaisir à son mentor Nicolas Sarkozy, il s’est fendu de plusieurs déclarations racistes sur les Roms qui habitent, illégalement dit-il, sa commune, et dont il refuse, tout aussi illégalement, d’inscrire les enfants à l’école.

> Enfin, les demandeur-euse-s d’asile roms d’ex-Yougoslavie qui occupaient avec le soutien du collectif la Patate Chaude une maison vide de la rue Germain à Grenoble ont été victimes d’une expulsion, d’une rafle et d’un harcèlement inhumains : mis-e-s à la rue, certain-e-s envoyé-e-s en centre de rétention, les autres poursuvis à travers l’agglo par les flics qui n’hésitent pas à employer des méthodes infectes pour pourrir la vie de femmes, d’hommes et d’enfants qui vivent déjà dans la misère...

Petite mise à jour de la charte

écrit le 11/11/2011, actualisé le 11/11/2011

Chères lectrices, chers lecteurs,

Votre site alternatif d’information préféré met à jour sa charte.

Indymedia Grenoble se veut avant tout le relai des luttes locales. Pourtant, la majorité des articles publiés dans la colonne "articles non locaux" provient d’organisations internationales disposant déjà de leurs propres moyens de communication, et qui répercutent systématiquement leurs articles sur Indymedia, pratique qui s’apparente à du spam. Indymedia Grenoble veut privilégier la publication d’informations, d’enquêtes et d’analyses de première main, provenant directement des individus présents sur le terrain et des organisations locales.

Un paragraphe dans ce sens a donc été ajouté à la fin de la charte

PS : Attention, la question anti-robots pour publier une contribution a changé !

Le groupe femmes de Défends-toit toujours en lutte

écrit le 20/10/2011, actualisé le 25/10/2011

Le collectif Défends-toit, créé en 2008, est un collectif qui lutte pour un logement pour tous sur l’agglomération grenobloise. Il comprend notamment un "groupe femmes", constitué de femmes qui connaissent des difficultés particulières de logement, entre autres du fait même de leur condition de femmes. En février 2009, elles ont occupé la mairie de Saint Martin d’Hères pour réclamer que leurs demandes de logements adaptés à leurs besoins soient traitées, et en mars 2010, elles ont réquisitionné un F2 vide de la cité Renaudie appartenant à un bailleur social, l’OPAC 38.

Au printemps dernier, pendant près d’une semaine, le groupe femmes de "Défends-toit" a campé devant la mairie de Saint Martin d’Hères pour obtenir des avancées dans leurs dossiers, mais aussi pour réclamer une transformation radicale de la politique de construction et d’attribution des logements de la ville.

Depuis le 11 octobre, c’est cette fois devant les locaux de l’OPAC 38 qu’elles campent, pour demander une fois encore des logements adaptés aux ressources des demandeurs et demandeuses de logements sociaux, sous le slogan "les écœurées, les indignées, les révoltées pour le droit au logement pour tous et toutes". Elles appellent à les soutenir.


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