Indymedia Grenoble

Les jardins d’utopie en procès

écrit le 22/01/2014, actualisé le 16/02/2014

Depuis le mouvement contre le CPE en 2006, un espace reste occupé sur le campus par... un jardin potager. A l’origine de celui-ci, une idée folle : celle de l’autonomie alimentaire, d’une agriculture vivrière sans pesticides ni engrais chimiques. Depuis, les jardins ont été maintes fois menacés de destruction et sauvés par la lutte collective.

En 2008, un campement déterminé protège les cultures, empêchant leur destruction. Motif du projet de tout ratiboiser : les germes de "l’opération Campus". Grenoble, devenue une fac à vocation internationale, ne peut alors plus tolérer le moindre épi de travers pour cause de visites ministérielles probables. Les jardins d’utopie n’entrent pas dans les projets des directions universitaires.

En novembre 2011, l’une des parcelles est rasée, dammée au Bulldozer, et fraîchement semée de gazon neuf. Explication officielle :« un jardin en hiver, ça faisait vraiment dégueulasse ! » C’est sans compter sur la culture de résistance qui anime les jardinier-e-s et sympathisant-e-s de cet îlot agricole : on y replantera de plus belle, fruitiers, céréales, tubercules, et les futures récoltes donneront lieu à un festival : « récolte ton campus ! ».

Fin 2013, rebelote : le PRES (pôle de recherche et d’enseignement supérieur) voudrait imposer en lieu et place du potager une « esplanade de la convivialité verte ». Les jardins ont reçu la visite d’huissiers et de la police dressant un procès verbal aussi hilarant que déconcertant : « constatons la présence de légumes poussant en pleine terre (...) ayant provoqué la disparition de la pelouse en gazon »... Pourtant, ni la vie ni les projets ne s’arrêtent pour les Jardins d’Utopie : une cabane à outils a été construite, une serre en bambou abrite courgettes et tomates, le lieu acceuille occasionnellement l’AMAR (un groupe de récup et de redistribution de nourriture), des limaces se saoulent à la bière... Sur un campus où l’agitation sociale va et vient au gré des époques, il arrive aussi que les jardins assurent une continuité militante et endossent un rôle de mémoire des luttes. C’est aussi cela que les dirigeants de l’Université veulent briser.

Les jardins d’utopie sont passés en procès au tribunal administratif de grenoble, le vendredi 24 janvier. A cette occasion, le collectif des jardiniers utopistes a appelé à un rassemblement à 14h00 place de Verdun. Lire ici le compte-rendu du procès.

Vous pouvez également signer une pétition de soutien

Les Fontainois-es sous le regard froid des caméras

écrit le 25/11/2013, actualisé le 29/12/2013

Article publié le samedi 23 novembre sur le site, "transformé" en édito par les bons soins de l’équipe de modération. Merci Jean-Paul. L’original ici.

En 2010 était lancée à Grenoble une campagne contre l’installation de caméras de vidéosurveillance.

Celle-ci s’étendit à Fontaine quand, en 2011, la mairie communiste déclara qu’elle allait emboîter le pas à Grenoble.

Des habitant.e.s de Fontaine firent entendre leur opposition en distribuant des milliers de tracts, en mettant un peu de piment dans le carnaval (dont le thème était... « Rêv’olution ») et en organisant une réunion publique à la MJC Nelson Mandela ainsi qu’un rassemblement devant la mairie. Les élus s’empêtrèrent alors dans leurs contradictions et l’installation des caméras ne fût que repoussée.

Les caméras sont bel et bien ressorties du chapeau ce printemps 2013. En effet, profitant des travaux « d’embellissement » et de « requalification de l’espace public » du « coeur de ville », la municipalité a fait installer pas moins de 9 caméras globes (4 place Maisonnat et 5 aux Fontainades ce qui, ajouté aux caméras de la TAG déjà présentes aux arrêts de tram, porte à une quinzaine le nombre de caméras sur ces deux places distantes de moins de 500 mètres).

Lire la suite.

Nous vous rappelons aussi l’existence du site http://grenoble.sous-surveillance.net, qui fait partie du projet sous-surveillance, un ensemble de sites participatifs dont le but est de réportorier les caméras de vidéo-surveillance implantées dans diverses villes de France tout en développant un discours critique de la suveillance en général.

Rassemblement pour l’hébergement et le logement

écrit le 11/11/2013, actualisé le 14/11/2013

Vendredi 15 novembre à partir de 12h, la CISEM (coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants) organise un

rassemblement devant le Conseil général de l’Isère puis la Préfecture

pour protester une fois de plus contre la politique d’hébergement menée par les pouvoirs publics, qui vise avant tout les personnes migrantes. Lire à ce sujet le communiqué de la coordination "Chasse aux migrants : Valls à pas de Guéant !" paru en octobre.

Rappelons qu’en juillet déjà, des personnes vivant dans des centres d’hébergement de l’agglomération grenobloise que la Préfecture menaçait de remettre à la rue avaient organisé une marche contre les expulsions. Et que pendant ce temps, un squat de demandeurs d’asile situé au Village olympique est toujours menacé d’expulsion. Partout en France, une même politique est menée à l’égard des sans-toit, des mal logé-e-s, des sans-droits : stigmatisation et répression. Lire à ce sujet les textes "Nous, les sans-papiers, accusons", et "Expulsé-e-s, sans-toit, mal-logé-e-s - tous et toutes solidaires dans la galère !"

Campus : un petit air de révolte dans l’humidité automnale

écrit le 23/10/2013, actualisé le 23/10/2013

Un an et demi. C’est le temps qu’il aura fallu au mouvement social pour reprendre vie après le retour au pouvoir de la "droite complexée".

Cependant les luttes ne s’arrêtent pas, leurs racines sont trop profondes. Elles s’abreuvent de rivières souterraines rouges, noires et multicolores qui ne ressurgissent pas forcément là où on les attend.

La solidarité envers les Roms, les migrants et autres précaires ne tari pas face à la xénophobie ambiante et à la prétendue "crise", qui ne touche que les pauvres. Voir les communiqués sur la politique anti-étrangers de Valls et les expulsions de squats à Grenoble : ici, ici et . La grogne se fait aussi sentir dans la rue quand Hollande et sa clique attaquent les retraites : lire ici l’appel à la manif du 15 octobre.

Mais c’est sur le campus que l’activité est la plus intense. Plusieurs articles critiquent les directions des universités, qui, sous l’impulsion de Geneviève Fioraso, cherchent à faire de la fac un haut lieu de compétitivté et d’innovation, en en excluant celles et ceux qui ne rentrent pas dans leur plan, comme c’est notoirement le cas, depuis 2006, des Jardins d’Utopie. Le squat Moulissimo, quant à lui, est menacé d’expulsion. Et tandis qu’un festival d’utopistes a eu lieu sur le campus du 7 au 12 octobre, un comité de mobilisation est né. Ce mardi 22 octobre a d’ailleurs eu lieu une soirée de courts métrages autour du passé des luttes étudiantes grenobloises.

Et ce jeudi 24 octobre à midi sur le parvis de la BU droit-lettres, le comité de mobilisation organise une Assemblée Générale contre la casse de l’Université.

C’est en tornade que les feuilles vont tomber des arbres cette année. L’automne pourrait être agité.

La BAF, centre social autogéré de Grenoble

écrit le 18/01/2013, actualisé le 05/09/2013

Il y a environ 5 ans, quelques énergumènes de notre folklorique agglomération se sont lancé-e-s dans l’étrange aventure de créer un lieu pérenne autogéré à Grenoble. Ils envoyèrent un mail à leurs ami-e-s pour voir si la masse grenobloise suivait ce pari un peu fou, ou pas. Devant l’affluence énorme de réponses positives, le voyage pouvait commencer. La gestation fut très très longue. Entre le choix du mode de fonctionnement, la recherche de lieu, les différences d’envies sur ce qui pourrait être fait dans le lieu, le choix de financement... les réunions passèrent d’une soixantaine de personnes (dans le salon d’un appartement, c’était la première...) à deux... pendant trois ans. Il n’était vraiment pas évident de trouver un local et le découragement gagnait. Personne n’était habitué à un projet sur un aussi long terme et les défections se multipliaient. Au pied du mur, un lieu piège fut trouvé, le projet remodelé à ce qui nous a alors semblé être les réalités fonctionnelles et un deuxième lieu fut loué.

Nous abandonnâmes bien vite quelques plumes et le premier lieu qui se trouvait être une arnaque et nous sommes aujourd’hui depuis deux ans dans le deuxième qui s’appelle la BAF.

Oui, la BAF a un peu plus de deux ans, mais le projet, pour certaines et certains, en a cinq.

Beaucoup de camarades nous ont quitté, le projet est devenu réalité et il ne serait pas facile aujourd’hui de faire le bilan d’un lieu qui vit, mute continuellement et tente de courir dans toutes les directions possibles en même temps.

La volonté d’être un centre social autogéré semble atteinte sur plusieurs niveaux... Il suffit de regarder le programme actuel et l’ensemble de tout ce qui s’est fait cette année.... Entre la bibliothèque féministe, l’atelier de sérigraphie, l’infokiosque, les cours hebdomadaires (autodéfense, yoga, aïkido), les groupes non mixtes, les ciné clubs, les événements ponctuels comme les concerts, les soirées théâtre, marionnettes, piano bar, discussions, projections et bien plus encore, la BAF fourmille toujours de nouveaux projets et a été fréquentée cette année par moultes personnes, pour beaucoup que nous connaissions, mais aussi plein que nous ne connaissions pas. Le rapport avec le voisinage est bon. L’ambiance du lieu nous convient, beaucoup s’y sentent bien et à chaque soirée, bon nombre de nouvelles personnes arrivent et reviennent, apparemment en confiance et à l’aise. Nous avons l’impression d’avoir réussi à créer un point de convergence entre des camarades, des voisin-e-s et des nouvelles personnes. Cet équilibre doit se maintenir, et il est forcément fragile.

Mais aussi, nous déplorons quelques lacunes qui remettent en cause l’aspect "Centre Social Autogéré" :
- nous espérions avoir plus de projets "extérieurs", le lieu n’est pas énorme et ne permet pas tout, mais plus que ce que nous faisons aujourd’hui.
- Nous avons encore à œuvrer à la rencontre de notre voisinage proche.
- Nous ne sommes qu’une poignée à porter le fonctionnement du lieu, nous souhaiterions être plus. Le projet est lourd, exigeant, nous avons besoin de mains, de cerveaux, de pieds et de rires.
- Nous n’avons jamais, depuis le début, re-sollicité le peuple afin de financer ce lieu. Nous cotisons à prix libre, pour certaines et certains depuis 5 ans, par virement permanent mensuel afin de payer le loyer, qui est de 600 euros. Beaucoup de mouvements ont eu lieu, certain-e-s ont choisi de quitter le projet, d’autres ont déménagé, certain-e-s ne peuvent plus payer, d’autres payent encore. Enfin, bon, nous arrivons tout juste à financer le loyer et avons besoin d’aide à long terme.

Nous ne souhaitions pas être une utopie, juste mettre en pratique quelques us et coutumes qui nous paraissent sensés, avec nos maigres moyens et notre bonne volonté. Pour cela, nous ne voulons pas devenir une institution, juste être un lieu vivant, multiple, imprévisible et peut-être magique. Nous avons besoin de celles et ceux qui se reconnaissent dans notre démarche et ont envie de donner du temps, de l’énergie, des neurones, leur équilibre nerveux et de l’argent afin de perpétuer cet édifice, sans aucune autre compensation que quelques bons moments. Nous vous demandons beaucoup mais vous offrons du rêve...

La BAF 2 chemin des Alpins, Grenoble / labaf.org / labaf at gresille.org


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