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Les integristes en Isère (suite). De l’action commando au lobbying politique.

vendredi 27 avril 2012 par Les Komanches <komanche riseup.net>

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- SOS Tout-Petits & Cie. Les avortons de l’anti-IVG. (REFLEXes 1995)

- L’implantation des intégriste catholiques fascistes à Grenoble

- Catholiques-intégristes & néo-fascistes hors de nos vies !!!

- Les fanatiques anti-avortement à Grenoble.

- L’implantation des intégriste et des fanatiques anti-avortement à Grenoble (suite). Mouvements évangeliques et fondamentalistes

Le commando de 1994

La présence d’integriste catholique à grenoble n’a rien de nouveau, la Fraternité-Sacerdotale-Saint-Pie-X y ouvrait sa première chapelle en 1977.

17 ans plus tard avait lieu à l’Hopital de La Tronche un évenement assez spectaculaire. Un commando anti-IVG s’enchainait devant le bloc operatoire.

Le journal télévisé de la 3 à l’époque.

Dom Gérard Calvet, le croisé tonsuré« La loi de Dieu transcende les lois » (Libération 24 Octobre 1994)

Le 24 octobre 1994, la présence de Dom Gérard Calvet enchaîné, en tenue de moine bénédictin, devant le bloc opératoire de l’hôpital de Grenoble avait produit l’effet recherché. Deux mois plus tard, devant le tribunal correctionnel de Grenoble, l’homme avait doublé la mise en se référant « à la loi de Dieu qui transcende toutes les lois ». Vibrionnant et jovial, assuré de l’intérêt des caméras pour sa tonsure traditionnelle, Dom Gérard n’en est pas à son premier combat au sein de l’extrême droite.

Ordonné prêtre en 1956, il s’inscrit dans le cadre de l’école fondée par André et Henri Charlier, creuset de la sensibilité intégriste ralliée au Front national. En août 1970, il entame un retour « à la vie monastique traditionnelle », rencontre Mgr Lefebvre puis s’engage dans la fondation d’un somptueux prieuré. Selon les « chrétiens critiques » de la revue Golias, le monastère du Barroux (Vaucluse), édifié sur 10 hectares, et sorti de terre entre 1981 et 1988, représente un investissement de 80 millions de francs. « Je ne souhaite pas confirmer ce chiffre, répond-t-il, trop de gens en concluent que cet argent aurait pu être mieux utilisé ».

Après avoir refusé le schismatisme de Mgr Lefebvre, Dom Gérard, reconnu par Rome, obtient en 1989 la transformation de son simple monastère en abbaye bénédictine autonome. Reçu par Jean-Paul II en 1991, Dom Gérard lui remet une lettre où il déplore « le silence de mort de l’épiscopat au sujet de l’avortement légalisé par l’Etat » et suggère : « Quelle lumière si une encyclique infligeait un blâme solennel aux responsables de ce crime abominable devant Dieu et devant l’humanité ! »

Tout hôte du Barroux, placé sous surveillance vidéo dès son entrée, peut se procurer les tracts, journaux, pétitions et programmes de la galaxie des associations opposées à l’IVG ou les invitations aux « séminaires d’été » organisés par le réseau des associations catholiques traditionalistes proches du FN.

Dom Gérard ne se vit pas, pour autant, comme un marginal de l’Eglise. Il a décidé de s’engager dans le mouvement « parce qu’il ne trouvait pas normal que seuls les simples soldats aillent au charbon ». Il ne redoute pas le soutien du FN et assure avoir demandé au parti d’extrême droite de « ne pas venir manifester au moment du procès de Grenoble, pour ne pas faire du combat des sauveteurs un simple sujet politique ». Dans la grande salle du réfectoire du monastère, à l’heure du repas de midi, un moine monté en chaire dit le bénidicité. Puis, sur le même ton chantant, il lit Présent, le quotidien des catholiques traditionalistes du FN. « Le pape renouvelle sa condamnation du recours à l’avortement » titre, ce 12 juillet 1995, le quotidien d’extrême droite. L’article consacré à la « lettre aux femmes » du pape a droit à une lecture intégrale.

Un commando anti-IVG en procès à Grenoble (l’Humanité 29 Novembre 1994)

Les membres d’un groupe d’opposants au droit à l’interruption de grossesse comparaissent, cet après-midi, devant le tribunal de Grenoble pour avoir empêcher le fonctionnement d’un service pratiquant les avortements à l’hôpital Michallon, le 24 octobre. Plusieurs associations ont appelé à manifester.

ILS ne seront que huit à comparaître, cet après-midi, devant la chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Grenoble (Isère). Huit prévenus sur les dix membres d’un commando anti-IVG qui ont fait irruption, le 24 octobre, dans le centre d’interruption volontaire de grossesse de l’hôpital Michallon et se sont enchaînés, les uns aux autres, par le cou et par les chevilles avec des cadenas de motos en forme de U et des barres de fer. Ils ne seront que huit, car deux d’entre eux, le même jour, sont appelés à comparaître devant la cour d’appel d’Orléans (Loiret). Pour des faits similaires, commis un an plus tôt.

Car il s’agit toujours des mêmes. C’est bien le problème. Cette fois-là, les opposants à l’avortement se réclamaient du mouvement « la Trêve de Dieu » et étaient menés par un prêtre en soutane, Dom Gérard Calvet, moine bénédictin de l’abbaye Sainte-Madeleine-du-Barroux (Vaucluse). Selon un scénario bien rôdé, après 95 attaques déjà perpétrées dans plusieurs hôpitaux par eux-mêmes ou par d’autres, les huit hommes et deux femmes du commando ont débarqué peu avant l’ouverture du service, agressant le personnel et terrorisant les femmes. Pour qu’enfin ils soient sanctionnés de manière exemplaire, le planning familial de Grenoble, à la tête d’un collectif d’une cinquantaine d’associations, de syndicats et de partis politiques, a appelé à manifester devant les grilles du palais de justice, à l’heure de l’ouverture du procès. Ensuite, les magistrats feront leur travail. Les dix prévenus risquant jusqu’à deux ans d’emprisonnement et de 2.000 francs à 30.000 francs d’amende pour « entrave à l’avortement ».

« Ce sont des délinquants et il faut qu’ils soient condamnés comme tels. » Ni Annie de Palmat, l’une des responsables du planning familial de la cité iséroise, ni Stéphan Le Breton, responsable du Centre médico-social de la femme (CMSF) à l’hôpital Michallon, ne veulent entrer « dans le jeu » de ce qu’elles considèrent n’être qu’« une poignée de fanatiques soutenus par des intégristes et le Front national ». Tout en sachant que de plus en plus de médecins s’abritent derrière la clause de conscience pour ne pas pratiquer d’IVG, elles rejettent les comparaisons hâtives. Les amalgames trop rapides. Et disent : « Il ne faut pas tout mélanger. Ne surtout pas marcher dans leur combine. Leur objectif est de laisser croire que le droit des femmes à disposer de leur corps pourrait être remis en cause. Une loi existe et doit être appliquée. »

« Il faut dire stop », ajoute Laurence Barnier, responsable de l’Union des femmes françaises (UFF), partie civile dans le procès. « Sans préjuger de ce que décidera la Justice, nous attendons une condamnation ferme et suffisamment forte pour que ces commandos cessent leurs exactions. » Mais, selon elle, « il y a danger ». Car « les deux libertés fondamentales conquises par les femmes depuis des années sont aujourd’hui, dans les faits, menacées. » Elle dit : « On sait bien qu’un certain nombre de gens sont pour le retour des femmes au foyer, alors qu’elles-mêmes ne s’imaginent pas ne plus travailler. » Selon la militante de l’UFF, « pour le droit à l’avortement, c’est pareil. C’est pour cela qu’il faut une sanction exemplaire. »

Jacques Remiller, le député UMP intégriste

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Aujourd’hui la FSSPX et l’Institut Civitas ont trouvé un allié de poid dans la personne de l’élu isèrois Jacques Remiller membre du groupe « Droite Populaire ».

Des députés UMP s’alignent sur les cathos intégristes de Civitas (les Inrocks Decembre 2011)

[...]

Un mois plus tard, Civitas engrange les premiers résultats de cette stratégie de lobbying intensif. Le mouvement proche de la Fraternité Saint-Pie-X dispose en effet d’un puissant relais au sein du palais Bourbon en la personne de Jacques Remiller. Sous la bonhommie et les lunettes rectangulaires de ce député de l’Isère se cache un défenseur des intérêts de l’Eglise au sein de l’Assemblée nationale. Président du groupe d’études à vocation internationale sur le Saint Siège, il assiste régulièrement aux rencontres officielles avec le pape. Le 25 novembre dernier, il a réussi le coup de force de faire signer un texte à quinze députés de la majorité pour protester contre les persécutions que les chrétiens subissent dans le monde notamment au Nigéria ou en Egypte.

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Un soutien qui ne semble pas tenir de l’opportunisme si l’on consulte un peu le blog de Remiller :

http://www.jacquesremiller.com/depu...

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