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Critique de la societe industrielle & Ecologie-radicale. De la nécéssité d’un positionnement social et antifasciste ! [Partie 1]

mercredi 6 juin 2012 par Les Komanches <komanche riseup.net>

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L’écologie, un thème de gauche ?

A l’heure où l’extrême-droite fasciste opère un retours inquiétant et passe à l’offensive dans tout les millieux et sur tout les front, que ce soit la rue, le monde du travail, où encore la culture, peut-on encore laisser cette considation répandue qui voudrait comme une évidence que l’écologie soit une thématique de gauche ? A l’évidence non, et c’est pourquoi nous pensons que les mouvements luddites et écologistes radicaux auxquels nous considérons appartenir doivent réaffirmer des positions claire en ce qui concerne la lutte des classes et particulièrement l’antifascisme. La proximité entre extrême-droite et écologie où refus du progrès ne tiennent pas du simple opportunisme mais ont toujours existés.

Alors que d’importante luttes sont menées actuellement (no-TAV, ZAD, anti-THT...) nous devons plus que jamais rester vigilants, (re)connaitre notre énnemi et être en mesure de lui apporter une réponse détérminée tant sur le plan idéologique que physique et c’est ce que les prochains articles se donnent pour but de faire.

Origine des liens entre extrême-droite fasciste et écologie. Les mouvements Volkish de la fin du XIXème siècle & La révolution conservatrice allemande.

Les première théories s’approchant de ce que l’on pourrait appeler l’éco-fascisme se font jour en Allemagne dans la première moitié du XIXème siècle sous la plume d’Ernst Moritz Arnd qui prône l’amour de la nature combinée au nationalisme puis Wilhelm Heinrich Riehl qui y ajoute le romantisme du retours à la terre. A la même époque le mot « écologie » sera inventé par le zoologue réactionnaire et anti-humaniste allemand Ernst Haeckel, référence à l’époque pour les partisans du darwinisme social, du racisme et de l’antisémitisme.

A la fin du XIXème siècle en Allemagne le romantisme politique (courants très conservateurs influencé par Nietszhe dans son pessimisme anti-moderne) s’opposait à la modernité qu’il voyait comme source de la décadence de la société. Il sera tout d’abord théorisé par Paul Lagarde et Theodor Fritsch (qui dirigera plus tard des mouvements néo-païens d’influence nationale). Il vas se dévelloper à l’époque tout un tas de pratiques alternative allant du végétarisme au naturisme en passant par les medecines douces et les première revendication écologistes vont se faire jour. Mais toute ces expérience alternative ne sont pas exclusivement le fait de libertaires disciple de Kropotkine où d’Elisé Reclus, loin de là.

A cette époque et dans ces millieux vas emerger le courant néo-paganiste et pangermanique Volkish, c’est ce courant profondément raciste qui placera l’aryen au sommet d’une hierarchie qu’il aura établie entre les peuples et qui absorbera une bonne partie des millieux antisémite de la fin du XIXème siècle et du début du Xxème. Les Volkischer vont développer une vision completemment mysthifiée de l’histoire et imaginer de nouvelles formes de cultes où la nature est centrale, des communauté d’Homme prôche de cette dernière et libremment soumis à d’autre Hommes plus fort naturellement. Le mouvement Volkische sera défini par Peter Staudenmaier par ailleurs écologiste social comme un « populisme ethnocentrique avec un mysticisme de la nature ».

A partir de 1918 en opposition à la république de Weimar l’Allemagne vas se trouver confronter à la révolution conservatrice qui l’a menée au nazisme avec lequel nombre de ses acteurs comme Martin Heidegger où Carl Schmitt vont collaborer. Une nouvelle foi on assiste à l’émergence d’une véritable contre-culture appelée Wandervögel majoritairement de droite et notamment influençée par Heiddeger.

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Au sein de la révolution conservatrice allemande se retrouve les néo-conservateur (Ernst Junger,), les nationaux-bolchéviques (Ernst Niekisch) et les Volkischer... Le courant Volkisch vas profiter des évennements (défaite de l’Allemagne, proclamation d’une répulique, forteagitation émanant des spartakistes...) pour opérer son retour, rejoint notament par des personalités de premier plan.

Dans son article de 2007 « Terre & Peuple :: Quand les Gaulois sont dans la peine… » la revue antifasciste REFLEXes évoque longuement ce courant :

« De tous les courants de la « révolution conservatrice » allemande, le courant volkisch est sans doute le plus ancien puisqu’il émerge dès la fin du XIXème siècle. À l’époque, ses centres d’intérêt reflètent une bonne part des orientations culturelles de cette période : approche « scientifique » des origines guidée par l’esprit positiviste et l’élan romantique du mouvement des nationalités ; effervescence « spiritualiste » née de la crise de l’identité religieuse traditionnelle, en l’occurrence le christianisme. Ces deux voies convergent chez les « Völkischen » dans la défense du « peuple » conçu non comme masse mais comme identité, à la fois biologique et spirituelle. Le courant völkisch est donc foncièrement tourné vers le passé sans pour autant être réellement réactionnaire puisqu’il ne cherche pas à revenir à une époque révolue mais à se rattacher à ce qu’il considère être la plus lointaine origine. Un des fondements intellectuels de ce courant est alors Herman Wirth, philologue de la première moitié du XIXème siècle, qui, dans L’aube de l’humanité (1828), entendait reconstruire l’histoire de la religion, du symbolisme et des écrits d’une « race nordico-atlantique » primordiale, dont il faisait remonter les origines au paleolithique. Wirth situait le berceau originel de cette race dans la région correspondant à l’actuelle Arctique et la décrivait comme porteuse d’une culture cosmico-symbolique dont le thème central serait l’année solaire comme expression d’une loi universelle de renouvellement, cycle dans lequel le solstice d’hiver aurait revêtu une importance particulière.

Dans cette recherche des origines, le monde indo-européen (terme qui finit par l’emporter sur « indo-aryen ») est au centre des préoccupations. Découverte par les linguistes à la fin du XIXème siècle, « l’indo-européanité » identifiée comme noyau originel de la civilisation européenne donna un socle scientifique plus solide au courant völkisch. Ce dernier s’intéressa immédiatement au groupe germanique des peuples indo-européens, considéré comme le moins dénaturé et le plus proche des caractéristiques originelles. Reprenant des arguments développés par Arthur de Gobineau, deux philologues vont imposer leurs idées dans le courant völkisch : Hans F.K. Günther et Ludwig Ferdinand Clauss. Si Günther est célèbre, Clauss l’est un peu moins en raison d’une approche ethnique assez éloignée du racisme « suprémaciste » d’essence coloniale fort en vogue à l’époque. Il considérait en effet que chaque homme est porteur d’un « style » caractéristique de l’âme du groupe ethnique auquel il appartient, style fondamentalement distinct des caractères purement individuels : « chaque race possède en elle-même le criterium de ses valeurs les plus hautes et il n’existe pas de mesure commune qui puisse permettre de la comparer à une autre ».

Parallèlement à cette quête « raciale », le courant völkisch développe tout un intérêt pour l’occultisme, en particulier en Allemagne du Sud et en Autriche, terres catholiques s’il en est. La principale conséquence de cet intérêt fut la création de petites sectes occultistes et surtout un intérêt appuyé pour les runes, ancien alphabet nordique dont les vertus divinatoires supposées ne pouvaient que les attirer. De ces catholiques autrichiens apostats est venu également un antisémitisme typiquement lié à leur origine et conjugué sur le mode classique du conspirationnisme. D’autres tendances du mouvement désirèrent cependant simplement refonder une religion purement allemande. Certains optèrent pour la thèse fantaisiste du « Christ aryen » développée par Houston Stewart Chamberlain dans ses Fondements du XIXe siècle publié en 1899. Luther était à leurs yeux l’émancipateur de l’âme allemande, désormais libérée du carcan méditerranéen et despotique de Rome. Ils prétendaient achever la Réforme en purgeant le christianisme de son contenu spirituel sémitique. L’absurdité théorique et l’impossibilité pratique d’un tel projet n’échappèrent cependant pas aux plus lucides qui se tournèrent alors vers le paganisme nordique ou vers une « religiosité indo-européenne » plus large.

Cette quête des racines de « l’âme allemande » amène les « Völkischen » à porter une attention particulière aux traditions populaires (fêtes, folklore, coutumes) où, sous le vernis chrétien, se perpétuent des éléments beaucoup plus anciens, d’origine païenne. Dans le même esprit, ils accordent une grande importance au paysage et leur position est celle d’une écologie intégrale avant même que cette notion ne connaisse la popularité qui est la sienne à partir des années 1960. Défenseur de « l’art du terroir », ils créent ainsi un mode de vie alternatif relativement hors norme pour l’époque. Enfin, très attachés aux vertus privées du lignage et aux identités locales, les « Völkischen » ont relativement peu théorisé sur ce qui leur semblerait l’État idéal, la majorité se retrouvant dans la conception de l’empire germanique avec ses libertés locales. »

L’écologie et le National-Socialisme

Le IIIème Reich et l’idéologie national-socialiste sont les héritiers direct de la « révolution conservatrice » allemande et particulièrement des Volkischer. Le journal de Munich, le Münchener Beobachter, qui fut offert au Volkischer munichois par Rudolf Freiherr von Sebotendorff (grand lecteur du Protocole des sage de Sion et chef de la société de Thulé dont étaient membres bon nombre de dignitaires nazis) devint ainsi plus tard l’organe officiel du NSDAP et s’appelera le Volkischer Beobachter.

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Aussi étonnant que cela puisse paraître, ce fait étant rarement mis en avant, l’écologie occupait une place centrale chez les nazis qui étaient pour beaucoup sur ce point de véritables intégristes. Ainsi sous le IIIème Reich l’agriculture biologique était favorisé et c’est en Allemagne que fut crée la première réserve naturelle d’Europe.

Une étude sur le sujet écrite par deux écologistes sociaux Janet Biehl et Peter Staudenmaier existe, intitulée « Ecofascism : lessons from the German experience ». Staudenmaier concluera son analyse de la manière suivante :

"Pour rendre cette consternante et dérangeante analyse plus acceptable, il est tentant d’en tirer exactement les mauvaises conclusions : à savoir, que même les engagements politiques les plus répréhensibles produisent parfois des effets louables. Mais la vraie leçon est exactement inverse : même la plus louable des causes peut être pervertie et instrumentalisée pour être mise au service de la sauvagerie criminelle. "L’aile verte" du NSDAP n’étaient pas un groupe d’idéalistes innocents, désorientés et manipulés, ni même des réformateurs de l’intérieur : ils étaient des promoteurs et des exécutants conscients d’un programme infâme ouvertement dédié à une violence raciste inhumaine, à une répression politique massive et à une domination militaire mondiale"



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