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Communiqué suite à l’annulation de la conférence de Marie-Josèphe Bonnet au centre LGBT de Paris

vendredi 28 novembre 2014 par Collectif pour le respect de la personne

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Le 9 décembre prochain, une conférence de Marie-Josèphe Bonnet, historienne des femmes et militante féministe, co-fondatrice des Gouines Rouges et du Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire (FHAR), était programmée au centre LGBT de Paris.

Cette conférence devait porter sur « Résistance – Sexualité – Nationalité à Ravensbrück. » Elle était organisée par l’association « les oubliés de la mémoire », qui est une « association mémorielle nationale, reconnue par les pouvoirs publics et les institutions, qui œuvre à la connaissance de la déportation pour motif d’homosexualité et sa reconnaissance en France et au-delà.« 

Jusqu’ici, tout est normal : Marie-Josèphe Bonnet travaille sur la Résistance, elle prépare actuellement un livre sur l’amitié entre femmes dans les camps de concentration. Féministe, historienne, lesbienne, elle est la personne qui convient au lieu qui convient. The right person in the right place, disent les Anglais.

Mais l’engagement de Marie-Josèphe Bonnet contre le trafic de la maternité pour le compte d’autrui dérange. Dérange au point de voir son engagement calomnié, qualifié de « propos très virulents – et proches des arguments de la manif pour tous » dans un mail envoyé par le Centre LGBT de Paris à l’association les oubliés de la Mémoire. Il suffit de lire les interviews de Marie-Josèphe Bonnet et son livre « Adieu les rebelles ! » paru au début 2014 dans la collection Café Voltaire de Flammarion, pour savoir qu’elle a pris position contre la manif pour tous « les vrais réacs » face aux « faux progressistes » du mariage pour tous. Marie-Josèphe Bonnet dérange au point que le Centre menace l’association « les oubliés de la mémoire » d’un risque sur la sécurité, et somme l’association de prendre « toutes les dispositions nécessaires, avec ses propres moyens, pour assurer la sécurité des volontaires du Centre, des participants et usagers du centre ».

Voyons : où est donc le danger ? Est-ce Marie-Jo Bonnet, ses 1,55 m, ses 50 kgs de muscles et ses convictions pacifistes, qui sont menaçants ? Non, bien sûr, et le Centre précise d’ailleurs ses menaces : « il n’est pas a exclure que des personnes tentent de perturber le débat du fait des prises de positions très contestées de Marie-Jo Bonnet… »

Cette conférence dérangeait tellement qu’elle a été annulée. Cette annulation montre qu’il est interdit de parler aux membres du Centre LGBT, fût-ce de tout autre chose, quand on ne partage pas ses positions « dominantes » (?). Elle montre aussi que l’identité communautaire du Centre LGBT se construit contre la « manif pour tous », dans un affrontement entre deux blocs qui rappelle la guerre froide des années 1960. Il n’est donc pas autorisé de chercher la voie du milieu… Cette conférence portait sur les crimes de l’Occupation, sur les nombreuses privations de liberté subies sous le nazisme et l’Occupation. Elle a été annulée par crainte que des extrêmistes ne s’en prennent à une femme, lesbienne, historienne, féministe, qui se bat pour la liberté de toutes les femmes. Le CoRP dénonce ici un sectarisme dangereux et une dérive liberticide. Ce n’est hélas pas la première privation de parole dont nous sommes les témoins. Que vous partagiez ou non les convictions de Marie-Josèphe Bonnet, le CoRP appelle à un sursaut républicain tous les amoureux de la liberté d’expression, afin que sa conférence soit re-programmée, sa sécurité assurée par le Centre LGBT lui-même, et que le débat puisse enfin se dérouler de façon sereine : sans calomnie, sans menace, dans la paix.

http://collectif-corp.com



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