Indymedia Grenoble

Pas de Facebook

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Devant la recrudescence des visites depuis Facebook, et le nombre de liens vers ce portail tentaculaire, on a jugé bon de recopier ces textes ici.

De plus, chaque visite depuis Facebook ou Twitter conduira bientôt automatiquement vers cette page.

Il ne s’agit pas d’un piratage, comme certains en colportent la rumeur !.


Premier texte : Il faut qu’on parle de Facebook (sur Nadir.org)

Depuis plusieurs années, nous faisons fonctionner des serveurs et maintenons des infrastructures de communication pour les mouvements sociaux. Nous avons fait de notre mieux pour assurer la sécurité de nos serveurs et nous avons résisté — par divers moyens — aux requêtes des autorités nous demandant de fournir des données personnelles.

En bref, nous essayons de rendre possible des formes de communication émancipatrices au sein de l’Internet capitaliste.

Nous avons toujours considéré Internet comme un outil pour nos luttes et en même temps comme un terrain politique contesté, et nous avons agi en conséquence. Nous pensions que la plus grande partie du mouvement social l’envisageait de la même manière. Mais comme de plus en plus de militant·e·s « utilisent » Facebook (ou sont utilisé·e·s par Facebook), nous n’en sommes plus si sûr·e·s. Au contraire, notre travail politique nous a paru à côté de la plaque et épuisant. Les communications chiffrées avec des serveurs autonomes ne sont plus perçues comme émancipatrices mais plutôt comme pénibles.

Disneyland

Nous n’avions simplement pas réalisé que, après des coups de speed dans la rue ou des longues discussions collectives, de nombreux militant·e·s semblent ressentir l’envie d’en bavarder sur Facebook ; de parler à loisir de tout et avec tout le monde. Nous n’avions pas réalisé que, même pour les mouvements sociaux, Facebook est la plus douce des tentations. Que des militant·e·s comme le reste du monde s’amusent à suivre le flux subtil de cette exploitation qui n’a l’air de faire de mal à personne — et à laquelle, pour une fois, il n’est pas nécessaire de résister. La mauvaise conscience dont souffrent de nombreuses personnes parce qu’elles savent ou imaginent les conséquences dramatiques de l’utilisation de Facebook ne semble pas les pousser à agir en conséquence.

S’agit-il vraiment d’ignorance ?

Pour résumer le problème, en utilisant Facebook, les militant·e·s ne rendent pas seulement leurs communications, leurs opinions, leurs « j’aime », etc. transparents et prêts à être analysés. Au contraire — et nous considérons cela encore plus lourd de conséquences — illes exposent des structures et des individu·e·s qui n’ont peu ou pas à voir avec Facebook. La capacité de Facebook de fouiller le réseau pour trouver des relations, des similarités, etc. est difficile à appréhender pour la plupart des gens. Le bavardage sur Facebook rend transparentes certaines structures politiques pour les autorités et les entreprises. Il peut être analysé, trié et agrégé non seulement pour obtenir des informations précises à propos des relations sociales, des personnes clés, etc. mais aussi, à partir des habitudes, pour faire des prédictions. Après les téléphones portables, Facebook est la technologie de surveillance la plus subtile, la moins chère et la meilleure qui soit.

Les utilisateurs et utilisatrices de Facebook, des balances qui s’ignorent ?

Il semble que nous nous soyons trompé·e·s sur les intentions des militant·e·s. Nous pensions qu’illes voulaient prolonger nos luttes sur Internet et utiliser Internet pour servir nos luttes politiques. C’est — encore maintenant — notre point de vue. C’est pourquoi pour nous les utilisatrices et utilisateurs de Facebook sont un vrai danger pour nos luttes. Et plus particulièrement les militant·e·s qui produisent sur Facebook (souvent sans savoir ce qu’illes font) des informations dont se servent de plus en plus souvent les forces de l’ordre. Nous pourrions presque aller jusqu’à accuser ces militant·e·s de collaboration. Mais nous n’en sommes pas encore tout à fait là. Nous avons toujours espoir que ces personnes se rendent compte que Facebook est un ennemi politique et que celles et ceux qui utilisent Facebook ne font que le rendre de plus en plus puissant. Les militant·e·s qui utilisent Facebook nourrissent la machine et ce faisant révèlent nos structures — sans que ce soit nécessaire, sans décision de justice, sans aucune pression.

Notre point de vue

Nous sommes conscient·e·s du fait que nous parlons « d’en haut ». Pour nous, qui travaillons depuis des années — et parfois gagnons notre vie — avec Internet et les ordinateurs, l’administration système, la programmation, la cryptographie et bien d’autres choses, Facebook apparaît comme un ennemi naturel. Et comme nous considérons aussi notre activité comme politique, cela vient s’ajouter à notre analyse du modèle économique de Facebook, où les « users » deviennent un produit, tout en étant en même temps transformé·e·s en consommateur. Dans le jargon on appelle ça « la génération de la demande ». Nous savons qu’Internet n’est pas pour tout le monde un sujet politique aussi enthousiasmant que pour nous. Mais le fait que des militant·e·s autorisent ce cheval de Troie nommé Facebook à faire partie de leur vie quotidienne, est moins un signe d’ignorance que d’irresponsabilité.

Nous vous pressons tou·te·s : fermez vos comptes Facebook ! Vous mettez les autres en danger ! Prenez position contre ce monstre de données !

Et aussi : abandonnez Yahoo ! Mail et consorts. Arrêtons Google ! Contre la rétention de données ! Pour la neutralité du net ! Liberté pour Bradley Manning ! Longue vie à la décentralisation !

Mort au capitalisme ! Aussi — et surtout — sur Internet ! Contre l’exploitation et l’oppression ! Aussi — et surtout — sur Internet !

Prenez la tête à vos camarades. Montrez leur qu’en nourrissant Facebook, illes ont vraiment choisi d’être du mauvais côté !

nadir, 10/2012

Texte original sur nadir.org : https://www.nadir.org/txt/il_faut_q...


Deuxième texte : Insupportable Facebook : petit guide d’autodéfense et de protection d’autrui

Facebook est omniprésent, omniscient, omnichiant. La présence de vos liens Facebook sur vos stickers, flyers, jaquettes, forums et même dans vos mails est insupportable. Toutes ces mentions fonctionnent comme autant d’impacts publicitaires pour cette marque américaine, multinationale de la vente de données personnelles, source illimitée d’informations pour toutes les polices du monde, et parasite social qui transforme les internautes en clientèle zombie du like.

Reprenons.

Ce que signifie être actif sur Facebook, poumon du système publicitaire et outil de fichage policier

Facebook est à la fois le poumon du système publicitaire sur internet et une source de renseignements fabuleuse pour tous les services de police de la planète.

Facebook est en effet une immense source de carburant pour le système publicitaire. Faut-il répéter que le système publicitaire est un système fasciste ? Oui, de toute évidence il le faut.

Relisons ensemble quelques extraits du Manifeste contre la pub :

« […] La publicité propage des idéologies néfastes : sexisme, ethnocentrisme, culte de l’apparence, compétition, violence, en une escalade sans but et sans fin. Elle n’hésite pas à jouer sur nos pulsions animales, nos souffrances et nos frustrations pour nous vendre cette recette trompeuse qu’est le bonheur par la seule consommation. La publicité génère la violence chez ceux qui sont exclus de tous les biens dont elle dicte l’achat pour acquérir le bonheur.

Elle provoque la frustration de ceux qui ne peuvent acheter parce qu’un produit ne tiendra jamais cette promesse là… et des complexes en terme d’image de soi face à ses modèles. Son seul objectif est de pousser à la consommation au mépris des réalités humaines, écologiques, et sociales. […] Seuls ceux qui ont de l’argent peuvent l’utiliser. Dans ce système, une grosse entreprise peut se doter d’une image positive et vendeuse même si elle a des mauvais produits à vendre et un comportement irresponsable. Au contraire, un petit producteur aux procédés éthiques se retrouve noyé, faute de moyens… […] La publicité crée de faux besoins et provoque des dépenses inutiles et le surendettement. […] »

Vous trouvez que c’est pertinent ? Vous avez raison. Alors pourquoi alimentez-vous ce système ? Pourquoi donnez-vous consciemment et délibérément vos données personnelles à des entreprises comme Facebook (ou Google), qui se nourrissent de ces données et de votre temps de cerveau disponible ? Tout ce que vous faites sur Facebook alimente des fichiers, qui nourrissent le système publicitaire.

Dans un petit livre efficace, De la misère humaine en milieu publicitaire, le groupe Marcuse écrivait :

« Le système publicitaire […] est d’autant plus totalitaire qu’il absorbe même ce qui le dénonce. Comme le dit Paul Ariès, ‘la publicité a tué l’esprit de révolte après avoir asséché l’imaginaire’. Elle a rendu la rébellion rentable : en proposant à la jeunesse d’en consommer le simulacre marchand, elle l’a intégrée au système. »

Être actif sur Facebook, c’est alimenter le système publicitaire. Un système totalitaire, sexiste, discriminatoire, qui pousse au surendettement, tue l’esprit de révolte et lave les cerveaux.

Mais être actif sur Facebook, c’est également alimenter des fichiers qui seront utilisés, analysés, et passés au peigne fin par toutes les polices du monde. Les révélations de Snowden dans l’affaire « Prism » ne laissent plus aucun doute là dessus. Et si Facebook et la NSA rechignent à donner les informations sur les opposants de certains régimes, c’est pas grave, comme l’expliquait Kitetoa en 2011 chez Reflets info :

« […] Le printemps arabe nous a montré que les dictateurs aiment beaucoup les réseaux sociaux. Au point de torturer des gens pour obtenir leurs codes d’accès et retracer leurs contacts. Mieux, les dictateurs en viennent à détourner le trafic Internet des opposants pour récolter leurs informations liées à leur activité sur ces réseaux. […] »

Les réseaux sociaux permettent de tout savoir (ou de le déduire facilement) : ton âge, ton sexe, ton genre, ton orientation sexuelle, tes hobbys, tes affinités idéologiques, ton obédience religieuse, ton appartenance à tel ou tel syndicat. Alors certes, aujourd’hui on ne fait plus la chasse aux homosexuels, aux juifs, aux communistes.

Enfin, pas chez nous.

Enfin, plus maintenant.

Enfin… pas encore.

Résiste… Et si tu ne veux pas résister, protège-moi de toi

Tout activiste politique, religieux, associatif présent sur Facebook est donc un danger. Un danger pour lui-même mais surtout pour tous ceux qu’il fréquente et tous ceux qui entrent en contact avec lui.

Alors.

Tu n’as pas envie de participer au système publicitaire totalitaire : quitte Facebook.

Tu n’as pas envie d’alimenter des fichiers de police avec tes propres données mais aussi avec les données des gens qui te côtoient : quitte Facebook.

En revanche, si tout cela te passe au-dessus de la tête, si tu t’en fiches de participer activement au système flico-publicitaire, si laver ton cerveau et celui de tes camarades t’est totalement indifférent, je ne peux rien faire pour toi mais s’il te plaît, laisse ma vie privée tranquille, ne cherche pas à me ficher, ne cherche pas à me faire entrer dans les filets du système publicitaire. C’est suffisamment difficile d’échapper à tout cela par ailleurs, je n’ai vraiment pas besoin que tu cherches à m’y attirer.

Si tu ne veux pas quitter Facebook, fais au moins en sorte de protéger ceux qui y échappent, de les protéger de toi, de ton activité. Évite d’attirer ceux-ci vers ta page, évite de les inciter à s’inscrire.

Si tu représentes un groupe de musique, une orga politique, une association militante ou non, fais en sorte de ne pas attirer de nouveaux membres dans les filets de FB :
- Ne propage pas de liens vers ta page FB sur les forums.
- Ne mentionne pas ta page FB sur ton matériel de propagande (flyers, stickers..)
- Ne propage pas de « facebook events », il existe d’autres agendas (demosphere, razibus, pariskiwi) pour diffuser ce type d’information.

- Quand tu écris un mail, assure-toi que le destinataire est bien sur FB avant de lui envoyer un lien FB.

Tu ne t’en rends peut-être pas compte, mais sache qu’un non-inscrit qui suit un lien Facebook tombera à un moment ou un autre sur l’impossibilité d’accomplir une action s’il n’en devient pas membre. En ce sens, ton lien fonctionne bien comme un hameçon qui fera tomber de nouveaux poissons dans l’escarcelle du géant américain.

Dans la même logique :
- Si tu as un vrai site web, évite de le polluer avec des logos de marques, des trackers espions, et des liens-hameçons. Si tu suis ces quelques règles alors nous, les non-inscrits qui ne souhaitons pas être fichés ni revendus à coca-cola, nous t’en serons reconnaissants :
- N’affiche pas de logos de marques. Facebook©, Twitter©, Google©, Bandcamp©… Ce sont autant de marques (le plus souvent de multinationales américaines), qui ont leurs propres logos, leurs propres visuels. Les afficher revient à transformer gratuitement ton propre site web en panneau publicitaire. Visuellement ça casse l’ambiance de ton site, mais surtout il ne faut pas négliger l’impact des ces logos qui, imposés à longueur de temps, rendent les marques incontournables, évidentes. Cette publicité ambiante participe à renforcer l’imprégnation dans nos esprits des marques dominantes et à réduire à néant toute tentative de création d’alternatives.
- Ne mets pas de boutons « like ». Ni aucun autre bouton du même type. Ce sont des « trackers », des « web-bugs », des petits logiciels espions qui fliquent tous tes visiteurs. Peu importe que l’on clique ou non dessus, ces logiciels sont activés au chargement de la page. Avec un bouton « like », tu alimentes les fichiers de FB avec les données de tes visiteurs (sans leur consentement bien sûr).
- Éventuellement, indique ta présence sur Facebook(c) sur une page « contact », sans logo. Si tu ne peux pas résister à l’envie d’indiquer à tes visiteurs que tu es sur Facebook(c), Twitter(c) ou autre site de vente de données personnelles (faut-il le rappeler, tu n’es pas client de FB, ses clients ce sont les régies publicitaires qui achètent les données personnelles et les encarts sur ta page), alors il convient de le faire de la manière la moins ostensible possible. Fais de ta présence sur FB est une information équivalente à ton adresse mail ou ton numéro de téléphone. Réduis cette présence à un moyen d’entrer en contact avec toi comme un autre.
- Utilise FB pour attirer les gens vers ton site web, et non l’inverse. Évidemment c’est un choix éthique (et/ou politique), mais le site que tu vas choisir d’alimenter en premier va déterminer ton positionnement vis-à-vis du système publicitaire, vis-à-vis de la protection des données personnelles de tes amis et des tes visiteurs. Si tu choisis de faire vivre ta page Facebook(c) en priorité avec tout ce que cela sous-entend et qui a déjà été évoqué, alors je ne peux que te conseiller de réfléchir à nouveau à ce comportement. Faire vivre en priorité une page Facebook(c), cela revient à vouloir y attirer ton public, tes amis et aucun discours, aucune tactique de subversion ne peut justifier cela. Si tu fais vivre en priorité ton site web sans pub, alors on peut entendre que ta présence sur FB serve à en attirer les membres vers un web dépollué.

La dépollution d’internet ne se fera pas toute seule, et l’omniprésence de FB comme autant de déchets publicitaires qui traînent un peu partout sur le web prouve qu’il y a du boulot, y compris et surtout sur le web fréquenté par celles et ceux qui revendiquent un esprit de révolte.

Les logos, les marques, le fichage publicitaire et policier (symptômes de systèmes publicitaire et policier), tout cela devient de plus en plus dangereux, toxique, nocif. Insupportable. Alors faites un geste pour l’environnement d’internet : dépolluez vos sites, dépolluez vos habitudes.

Texte original sur Indymedia Nantes : https://nantes.indymedia.org/articl...


Troisième texte : Si vous estimez que votre organisation a besoin d’être « présente » sur Facebook

Facebook est un moteur de surveillance, accumulant beaucoup de données personnelles disponibles aussi pour I’Etat [il s’agit donc de ?icage). Par égard pour votre vie privée et votre liberté. il est important de ne pas posséder de compte Facebook actif ; en refusant, vous bloquez le principal canal par lequel Facebook recueille des informations sur vous, et, à travers vous sur vos parents et amis (il est également important d’éviter Whatsapp et lnstagram, des ?liales de Facebook). Si vous leur expliquez pourquoi vous insistez fermement pour communiquer avec eux par un autre système, vous renforcerez votre volonté de résister aux systèmes qui se servent de vous pour vous nuire et nuire aux autres.

Facebook a acquis un tel pouvoir de nos jours que cela met en danger la Liberté et la démocratie. Ses règles concernant ce qui peut être publié reviennent à une censure de la société dans son ensemble et conduisent à des différents politiques. Mais ces différents détournent notre attention de l’essentiel, qui est qu’aucune entreprise ne doit posséder un tel pouvoir.

Les expériences de Facebook ont montré que cette société a le pouvoir de manipuler les élections au moyen de changements subtiles dans ses règles. Qu’elle l’ait déjà fait ou non, il n’en reste pas moins que cet état des choses est dangereux.

De nombreuses organisations entretiennent une page Facebook pour chercher du soutien. L’existence de cette page ne nuit pas directement à l’organisation mais sans un minimum de précautions, elle augmentera le pouvoir de Facebook.

En général les organisations ont une page Facebook pour essayer d’obtenir le maximum de visibilité. Or les ingénieurs de Facebook ont conçu un système sournois dans lequel, pour obtenir une visibilité maximale, on doit renforcer le plus possible le pouvoir de cette société. Le moyen le plus radical pour éviter cela, c’est de refuser d’avoir une page Facebook. Cependant il y a peut-être un moyen de trouver un compromis dans lequel on attire le soutien du public sans trop augmenter le pouvoir de Facebook. Dans cet article nous proposons un compromis de ce type.

Principes généraux
- Faites de votre site web l’endroit où il faut aller pour avoir tous les renseignements sur votre organisation. Quoi qu’on veuille savoir, c’est sur le site web qu’on doit le trouver.
- Dites sur la page Facebook que le site web de l’organisation est la meilleure source d’information. Demandez explicitement aux gens de toujours mettre en lien le site web, jamais la page Facebook.
- Adoptez cette devise : « Facebook est mauvais pour les gens. Quand ils nous trouvent sur Facebook, nous leur montrons le chemin de la sortie et c’est ailleurs que nous leur parlons. »

Ce qu’il faut mettre sur Facebook ; ce qu’il ne faut pas mettre
- Sélectionnez ce que vous mettez sur Facebook pour que le site Web soit clairement la meilleure source d’information sur l’organisation.
- Mettez sur Facebook de nouveaux articles ou annonces importantes de l’organisation, mais seulement la moitié, à peu près. Puis dites sur la page Facebook : "Consultez notre site web, il y a beaucoup plus d’infos là-bas !"
- Mettez des fichiers GIF animés présentant le point de vue et les idées de votre organisation - mais moitié moins que sur votre site Web.
- Quand vous annoncez un événement sur Facebook, ne dites pas tout. Donnez le lieu, la date, l’heure et une brève description, assez pour que les gens viennent s’ils le souhaitent - mais donnez un lien vers la page de votre site qui décrit cette réunion et réservez pour cette page une partie des informations intéressantes sur l’événement.
- Mettez la même liste de résumés d’événements sur le site Web, pour que les gens en quête d’un résumé n’aient pas l’impression qu’ils trouveront mieux sur Facebook.
- Sur la page Facebook de l’organisation, n’actualisez pas tous les champs d’information temporaire. Lorsque le site Web change de manière signi ?cative, indiquez-le seulement par quelques mots dans le champ Statut.
- Sur le site Web de l’organisation, donnez aux visiteurs qui le souhaitent un moyen d’être avisés des changements et de recevoir les nouvelles annonces, pour qu’ils n’aient pas besoin de recourir à Facebook pour cela.
- Ne donnez sur Facebook aucun renseignement sur les personnes qui participent à vos événements — surtout pas leur nom. Respectez leur vie privée ! Ne faites d’exception que pour les noms des conférenciers ou professeurs, dans le cadre de la description préliminaire des activités.
- En particulier. ne mettez pas de photo montrant des personnes. Souvenez-vous que Facebook les identilie sur la photo d’après leur visage ou même d’après l’arrière de leur tête. Ne montrez aucune tête sur Facebook, quel que soit l’angle de prise de vue.

Évitez la messagerie Facebook !
- Indiquez sur la page Facebook que les personnes souhaitant s’adresser à l’organisation doivent le faire par d’autres systèmes et NON par la messagerie Facebook. Dites quels systèmes vous préférez et donnez les noms ou les identifiants des comptes à utiliser.
- Les autres systèmes de communication peuvent avoir d’autres faiIIes. A Ia Free Software Foundation (FSF), nous nous servons surtout du courriel et du téléphone ; nous utilisons SIP pour la communication audio ou vidéo sur Internet, mais jamais Skype parce que Skype nécessite un logiciel client « privateur ». Ce qui est essentiel ici, c’est que TOUTE méthode de communication autre que Facebook et WhatsApp (propriété de Facebook) éloignera les gens de Facebook.
- Si quelqu‘un vous envoie un message Facebook en dépit de votre demande, répondez en disant : "Continuons cette conversation par le système X. Y ou Z. Nous ne voulons pas donner d’information supplémentaire à Facebook sur notre organisation ou ses contacts, y compris sur vous."

Évitez d’aider ou de promouvoir Facebook !
- Ne mentionnez pas la page Facebook sur votre site Web ou autre document en ligne. La page Facebook est pour ceux qui Ia cherchent sur Facebook.
- N’affichez pas de bouton Like sur vos pages Web. Facebook utilise les boutons Like présents sur les sites tiers pour suivre tous leurs visiteurs à la trace. Le bouton traque même les visiteurs qui n’ont pas de compte Facebook.
- Une autre raison de ne pas avoir de bouton Like est que ce bouton incite les gens a s’impliquer davantage dans Facebook.

Comment communiquer avec Facebook de manière sûre

Facebook utilise de nombreuses méthodes pour se procurer des données personnelles. Certaines sont assez sournoises. Voici quelques suggestions pour vous protéger du pistage lorsque vous travaillez sur la page de l’organisation. Elles ne fonctionneront peut-être pas complètement si vous avez vous-même un compte Facebook, mais c’est votre responsabilité.

- Pour assurer la maintenance de la page de l’organisation, créez un compte sous un alias. Donnez de faux renseignements plausibles, sans connotation humoristique et sans rapport avec vous. Ensuite. n’utilisez JAMAIS ce compte pour quoi que ce soit, saut pour vous occuper de la page de l’organisation. Facebook n’aura jamais aucune raison de mettre en doute les données de votre compte.
- Si plusieurs personnes gèrent la page de l’organisation, donnez à chacune un compte séparé sous un alias. Ne mettez pas un même renseignement dans deux comptes.
- Créez deux comptes de secours sur le même modèle.
- La seule manière plus ou moins sûre de se connecter sur Facebook est d’utiliser un navigateur. Ne vous connectez JAMAIS avec l’application mobile de Facebook, car cela nécessite de lui donner accès a d’autres informations présentes sur votre appareil mobile, comme votre carnet d’adresses personnel, vos SMS, votre agenda et autres données con ?dentielles. Cela peut révéler vos données personnelles et celles d‘autres personnes. Cela peut même révéler des informations sensibles et vous causer du tort, à vous ou à des gens que vous connaissez. Ne soyez pas surpris : l’application est constituée de logiciel « privateur » (ce qui est en soi une injustice [1]) et il est courant que le logiciel « privateur » espionne ses utilisateurs [2].
- Le plus sûr est de ne se connecter sur Facebook qu’à partir du bureau de l’organisation, avec un ordinateur appartenant à l’organisation.
- S’il vous arrive de vous connecter à Facebook avec votre ordinateur personnel (plutôt que celui du bureau de l’organisation), faites-le de la façon suivante : installez Tor Browser Bundle (navigateur destiné au réseau de Tor, disponible pour Windows et Mac OS aussi bien que pour GNUI Linux) et utiIisez-Ie pour vous rendre sur https://facebookcorewwwi.onion/ au lieu d’aller sur Facebook directement. Cela empêchera Facebook de vous géolocaliser ou de déterminer votre adresse IP.
- Remarque : le site facebookcorewwwi.onion.to est "bidon". Ne vous faites pas avoir !
- N’indiquez jamais votre présence a proximité d’un lieu, quelle que soit l’insistance de Facebook.
- Sur l’ordinateur, créez un compte local séparé pour chaque compte Facebook. Connectez-vous a partir de ce compte local et ne l’utilisez jamais pour autre chose.
- Si vous ne créez pas de compte utilisateur local particulier pour communiquer sur Facebook, supprimez les cookies IMMEDlATEMENT après chaque connexion a Facebook : pas seulement une fois par jour ! Facebook s’en sert en effet pour surveiller le reste de la navigation Web provenant du même compte. Beaucoup de navigateurs vous permettent de définir une con ?guration qui traite tous les cookies comme des cookies de session. Leur suppression sera automatique à condition de quitter le navigateur après chaque utilisation de Facebook, ce qui est conseillé.
- Par principe, il est recommandé d’utiliser un navigateur comme IceCat qui bloque les systèmes de pistage présents dans les pages Web, en particulier les boutons Like et la plupart des publicités.
- Ne permettez pas à Facebook d’accéder au moindre compte réel sur d’autres sites. Si Facebook exige des informations sur vos autres comptes, indiquez-lui des comptes-bidons créés pour cet usage et que vous n’utilisez pas vraiment. Il est acceptable de donner à Facebook les adresses de courriel publiées par l’organisation pour le contact avec le public, mais pas les mots de passe de ces comptes.

Facebook nuit aux gens de multiples manières [3] et il n’y a pas moyen de les éviter complètement. Nous espérons que cette approche de compromis bénéficiera à votre organisation tout en lui évitant de se faire instrumentaliser par Facebook. Il existe par ailleurs d’autres réseaux sociaux pouvant répondre à vos besoins. Beaucoup de réseaux sociaux centralisés bien connus sont moins intrusifs que Facebook, mais il y a encore mieux : GNU Social et Diaspora respectent les droits de leurs utilisateurs grâce a une architecture décentralisée basée sur des logiciels libres. Pourquoi ne pas les essayer ?

Texte original sur Indymedia Nantes : https://nantes.indymedia.org/articl...



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