Indymedia Grenoble

Carignon, saison 6 : « À la reconquête du Trône des Verts : A feast for crows »

jeudi 23 février 2017 par anonyme

[Infos locales] [Soupe politicienne]

Consultant d’entreprise le jour, Carignon a toujours été militant la nuit. Rédacteur de guides touristiques, ou consultant pour des entreprises étrangères cherchant une piste d’atterrissage en France, il passe désormais une partie de son temps dans sa maison du Maroc. Dans l’attente d’un « vrai » retour ? Alain Carignon a souvent démenti avoir des « ambitions électorales » : « On ne se baigne pas deux fois dans un même fleuve. »

Source : Le Point 11 juin 2004.

Attention cet article n’est pas écrit par des fervant·e·s admirateur/ices Destotistes ou Piollistes, bien au contraire. Mais il nous semblait opportun au moment où les Verts/PG se cassent les dents sur le front social et où le PS via la politique gouvernementale à du plomb dans l’aile de rappeler ce qu’a put être une gestion municipale de droite à Grenoble. À l’heure où Les Républicains on toutes les chances de remporter les présidentielles (passé le remou sur Pénélope) et où à Grenoble ils ne se sentent plus pisser tellement il est facile de récolter les mécontent·e·s de la colère anti-écolo, il est temps de (re)remuer la merde et de décrypter les stratégies actuelles de la résurection de « l’idole des jeunes »… de droite.


Dans les saisons précédentes :

- (S01) De 1983 à 1995 Carignon conquiert par deux fois le trône de la mairie de Grenoble et pris la régence du département de l’Isère de 1985 à 1997.
- (S02) La carrière de Carignon s’emballa. De 1986 à 1988 il devint ministre délégué à l’Environnement sous Chirac. On se souviendra de sa déclaration sur Antenne 2 au moment de la catastrophe de Tchernobyl : « Les taux de radioactivité [en France] les plus élevés sont en dessous des seuils à partir desquels il y a danger, et largement en dessous : cinq, dix ou cent fois en dessous. ».
- (S03) En 1993 lors du second gouvernement de cohabitation de Balladur il prit du grade et obtint le portefeuille du ministère des télécommunications. Il a parfois cumulé jusqu’à quatre mandats (comme en 87 où il recevait ainsi près de 20 000 euros par mois d’indemnités d’élus).
- (S04) 1994. Hélas, les contes de fée sont de courtes durées en politique, un an plus tard il doit démissionner. Sa mise en examen devient inéluctable, trop rapide, trop gourmand le jeune Alain. Il est condamné pour abus de biens et recel dans l’affaire de la gestion de l’eau de Grenoble qu’il a confié contre avantage financier [1] à la Lyonnaise des eaux (filiale SERECOM) et à la SDEI (Société de distribution des eaux intercommunales) [2].
Fidèle conseiller de Carignon, l’avocat Jean-Louis Dutaret a aussi été condamné. Lui pour complicité de corruption à quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis et à 400 000 francs d’amende. Il a été détenu pendant six mois. Carigon et son avocat crapuleux on prit aussi pour subordination de témoin dans cette affaire.
- (S05) Et la descente aux Enfers continue : En septembre 1997, alors qu’il est emprisonné pour l’affaire Lyonnaise des Eaux/Dauphiné News, Alain Carignon est mis en examen pour « faux, usage de faux et abus de biens sociaux » dans une enquête sur la société Grenoble Isère Développement (GID). Il sera condamné par le tribunal correctionnel de Grenoble à dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis et 80 000 francs d’amende.
En 2011, un petit soubresaut de l’histoire, épisode bonus de la saison 5 : Carignon doit payer une amende de près de 300 000 euros au Conseil Général de l’Isère pour une vieille histoire de corruption dans le « rond-point d’Alpexpo » datant des années 1990. Il n’est pas tout seul, son vieil ami Xavier Péneau, ancien directeur des services au conseil général de l’Isère et nouveau préfet de l’Indre, doit rembourser cette somme « solidairement » [3].

Au final Alain Carignon est l’homme politique français à avoir passé le plus de temps en prison : 29 mois.


Saison 6

À la reconquête du trône !

On ne vous refait pas le coup des épisodes feuilletons sur Indymedia Grenoble alors on va ici parler de « saison », vous proposer un condensé du retour de Carignon déjà bien narré dans Le Postillon.


1) Carignon, sa clique, son fonctionnement :

Dès son élection comme maire de Grenoble, Alain Carignon mis en place un véritable système de corruption généralisée. D’après la déposition de Guy Névache (bras droit de Carignon depuis 1989. Secrétaire général du syndicat intercommunal (SIEPARG…) mis en examen en 1994 pour « recel d’abus de biens sociaux » et « corruption passive » [4] :

Dès son élection à la mairie de Grenoble, en 1983, Alain Carignon a établi, avec les responsables politiques, la règle suivante : prélèvement (sur les marchés publics) de 1% pour le PS et PC (0,5% chacun), 1% et très rapidement 2% pour le RPR. À la fin des années 80, les prélèvements atteignaient 5%, avec une « période de folie » (jusqu’à 10%) en 1989, période électorale mais aussi époque à laquelle Carignon envisageait un destin national. »

Quand on fouille dans le passé de Carignon, il y a beaucoup plus de révélations que d’affaires réellement jugées. À ce sujet, le procureur de la République de l’époque, Jean-François Lorans, avait dit dans le Monde : « Nous n’avons pas les moyens en personnel… nous ne pourrons nettoyer les écuries d’Augias » [5].

Afin de mieux se rendre compte de la situation dans les années 90 relisons cette citation :

Les détournements sont estimés à plus de 650 millions de francs en dix ans. Au moins trente-cinq entreprises ont versé des commissions occultes par le biais d’appels d’offres bidons, de surfacturation, de double facturation, de contrats avec des sous-traitants fantômes sur plus de 80% des 1600 marchés publics passés par la Ville de Grenoble, le conseil général de l’Isère et le syndicat de communes. Ces commissions étaient le plus souvent versées en liquide mais également par le biais de filiales internationales d’entreprises françaises sur des comptes à l’étranger […] Chaque année, 80 à 100 millions de francs étaient ainsi détournés. […] Toujours selon un magistrat […] C’est un système de corruption de type mafieux qui a un coût ! On peut estimer la facture à payer sur les fonds publics à 30% de la valeur des impôts locaux.

Source : L’évènement du jeudi 25 janvier 1995 [6]

Mais comment peut-on faire encore confiance à Carignon ?

Et si ça ne vous suffit pas voici une de ses légendaire citation dans la plus belle langue de bois de l’époque :

Notre ville bénéficie d’une situation financière très saine ; d’un endettement faible […] parmi les grandes villes, elle est celle qui a le moins privatisé de fonctions […] aucune de mes décisions n’a été prise en fonction d’un intérêt personnel.

Source : Alain Carignon extraits d’une lettre ouverte aux grenoblois du 5 juin 1995.

C’est beau non ? Quand on connaît l’endettement de la ville à cette époque [7] et les magouilles d’Alain, on se demande s’il ne devrait pas, comme Bernard Tapis, faire de la scène ? Carignon c’est la vieille école, celle d’une bourgeoisie d’affaire claquante et clinquante, qui aime l’art, le théâtre, les beaux tableaux, les belles voitures et les grosses baraques à Meylan ou à Marakech. C’est l’ascension social, la réussite − à l’américaine − d’un homme au carnet d’adresse remplit des plus grosses crapules de l’hexagone et d’ailleurs. Rien à voir avec ces petits costards serrés à la Piolle et consort, ces « Ayatolah de l’écologie » [8] trop près de leurs petits sous et de la petite frime en métro-vélo. À la mine austère comme une mauvaise blague de Pierre Rabhi. Non, Carignon toujours sourire aux lèvres voit grand pour Grenoble, l’écologie pourquoi pas mais l’économie avant tout !

Mais ne vous y trompez pas, on a choisi notre poulain Alain parce que c’est un bon exemple local (et nous on aime bien le local) mais ailleurs c’est pareil. Par son jeu politicien un peu trop tape-à-l’œil dans les dépenses c’est lui qui a permit de rendre judiciarisable (donc vu et revu dans les média) quelques arnaques, malhonnêtetés et financements occultes d’une partie de la classe politique des années 90. C’est monté jusque dans les hautes sphères du pouvoir (par exemple Jérôme Monod qui en 1995 lors du procès de Carignon été le PDG de la Lyonnaise des Eaux, ex-secrétaire national du RPR le plus proche collaborateur de Jacques Chirac à son cabinet de la Présidence de la République qui fut entre autre celui qui mit en place l’UMP.

Bon Carignon est aussi bien pote avec Nicolas Sarkozy :

Depuis 1986, Nicolas Sarkozy est un ami proche d’Alain Carignon. Lors du procès de ce dernier, l’avocat Guy Danet était d’ailleurs un associé de Nicolas Sarkozy. En juillet 1994, lorsqu’Alain Carignon démissionne du ministère de la communication, c’est Nicolas Sarkozy qui assure l’interim.

Source : cet article sur Indymedia Grenoble.

Après de nombreux non-lieux ou tout simplement l’absence de lancement de procédures judiciaires, il ne reste que la mémoire, l’enquête et l’analyse pour ne pas oublier ce qui c’est passé. Démontrer en fin de compte que ces hommes aiment avant tout le pouvoir et l’argent plutôt que ne serait-ce qu’une vague idée du bien commun.

Carignon reste un peu dans nos têtes comme une figure d’une autre époque, un temps où l’on pouvait brasser beaucoup d’argent sans trop de contrôle, où l’on pouvait aider ses amis dans la galère avec les deniers public, un temps où l’on privatisait à tour de bras pour confier les services publics à ses potes :

La construction du quartier de bureaux Europôle (qui est aussi une société d’économie mixte) mériterait un feuilleton à elle seule. Initiée par Alain Carignon et son ami Vincent Rivier, l’opération Europôle représentera un véritable gouffre pour Grenoble. La ville y consacrera environ un demi milliard de francs sous forme de dépenses d’équipements, participations, subventions d’équilibre et de charges d’emprunts, soit près de 200 millions de francs de plus que le budget prévisionnel. Sans compter le crédit-bail irrégulier du parking Schuman (sous Europole) payé par la commune pour le parc de stationnement : 135 millions de francs au départ, en réalité plus de 400 millions de francs en fin de contrat (pour 1000 places).

Vincent Rivier était un personnage influent. Entrepreneur ayant fait fortune en Rhône-Alpes avec les maisons Phénix, il était à la tête d’un puissant consortium de sociétés de BTP, dont une en Floride. Avec un chiffre d’affaires de 300 millions de francs en 1988, le groupe déclarait contrôler le quart des opérations immobilières privées à Grenoble et dans son agglomération. Dès 1983, Vincent Rivier était également membre du cabinet d’Alain Carignon et trésorier de la chambre de commerce de la ville. « Je suis un peu le père d’Europôle » aimait-il à dire quand il présentait ce « projet ambitieux » mené en collaboration avec la municipalité et la société SORMAE. Puis, en 1989, « l’affaire Rivier » éclate… Mais nous n’en dirons pas plus. Il y a eu tant de prescriptions et de non-lieux décidés par la justice à ce sujet que c’est un terrain miné et nous risquons la diffamation. Mais rien ne vous empêche d’aller lire l’article « Le système Carignon » à ce sujet.

Source : cet article sur Indymedia Grenoble.

Est-ce un temps si révolu que ça ? On peut en douter avec les affaires Cahuzac on encore récemment Pénélope Fillon (qui fait étrangement penser à l’emploi de Marie-José Palacio, sœur d’Alain Carignon entre 1992 et 1994 à la Lyonnaise des Eaux [9]). Mais par quel stratagème est-il arrivé à retrouver la légitimité parmi les siens ?


2) Se faire élire malgré l’assentiment de son Parti

Après la fin de son éligibilité Mister Carignon décide en 2002 de repointer sa face à l’UMP, ha non pas lui ! Si, si, si !!! Et il veut être le chef en Isère. Pour être élu malgré les casseroles il a recours à la bonne vieille méthode de l’entrisme : « En vieux routier de la politique, Carignon a alors entrepris ce qu’il a toujours su faire : passer des coups de fil, encarter les gens, raconte Philippe de Longevialle, patron de l’UDF iséroise. » [10]). «  Les rangs de l’UMP sont passés de 1 200 noms (ex-RPR, UDF et DL cumulés) à près de 3 200 adhérents. Les fidèles de l’ancien ministre, jusque-là regroupés dans une association, ont pris d’assaut l’UMP.  » [11].

Carignon prend la tête de l’UMP 38 puis il réorganise l’appareil. Il crée une branche « jeunes », qu’il confie à un étudiant RPR de la fac de droit, ancien militaire de l’infanterie de Marine Le Pen : Fabien de Sans Nicolas, qui sera promu responsable des « Jeunes populaires » au niveau national, en 2005.

Deux amis de poids l’aident aussi à passer les échelons. Le premier c’est Thierry Kovacs, maire LR de Vienne et de Vienne Agglo et président de la fédé LR Isère [12]. Le second c’est Nicolas Sarkozy qu’on ne présente plus. Malgré l’opposition d’Alain Juppé, alors chargé de la création de l’UMP, il intègre grâce au soutien de Nicolas Sarkozy le nouveau parti de droite en 2003. «  Nicolas Sarkozy est à peu près le seul à m’avoir conservé son amitié »  [13].

Avec la même méthode des adhérents « magiques », méthode que l’UNEF connaît bien, Carignon parvient à être le candidat UMP de la première circonscription de l’Isère pour les législatives de 2007 et sort du ring Richard Cazenave. Les effectifs de l’UMP Isère passent alors de 700 à 1700 et des grands-pères aux petits-fils, les proches de Carignon encartent tout leur entourage. Trente-trois membres des familles sont enrôlées, ils totaliseraient, à elles seules, 174 cartes. Soit plus de cinq par foyer (voir le Postillon).

Mais le passé est encore trop présent et Cazenave comme De Longevialle (UDF) appel à voté contre l’élu du parti et c’est Geneviève Fioraso (PS) qui l’emporte. Un échec ralentissant l’ascension sans la stopper.

En 2009, son dynamisme est mise au service de son ami Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur. «  L’ancien maire de Grenoble se présente comme « conseiller politique à titre amical », « une fonction bénévole ». Au ministère de l’Intérieur, on précise que M. Carignon n’a reçu aucune mission, ne figure pas dans l’organigramme, mais joue le rôle de « visiteur du soir », de « boîtes à idées », à la manière d’un Alain Minc auprès de Nicolas Sarkozy  » [14].

Et voilà notre nouveau Carignon, tout beau tout neuf, blanchit par ses comparses, prêt à en découdre.


3) En 2016 Carignon avance ses pions

En mars 2016, il prend la tête d’un comité de ville des Républicains 38, constitué via la réunion des représentants grenoblois des deux comités des première et troisième circonscriptions de l’Isère du parti LR, afin de « faire entendre la voix des Républicains dans le débat municipal et contribuer à l’élaboration d’un projet alternatif ». En gros ce « comité grenoblois LR » hors du sérail municipal fonctionne comme un lobby. Disposant de l’argent du parti, mais n’ayant aucune responsabilité à la mairie, c’est avec minutie et énergie qu’il construit petit à petit une autre droite, une droite Carignoniste en opposition à la droite « molle » élue à la ville : plus réac(tif), plus agressive, plus polémiste, passant allègrement les lignes jaunes, comme avec l’affaire des tracts et affiches « Wanted ».

Ceux-ci laisse entendre que les deux dernières municipalités ont ruiné la ville de Grenoble (mais serait-ce pour autant un choix plus sain d’élire l’as de la flambe [15] aux prochaines élections ?).

« Une affiche qui était une opération de communication minable et pathétique » commente Safar au conseil municipal (Le Daubé 22/12/2016).

La stratégie de Carignon est claire et elle nous est donnée par son comparse Adrien Fodil [16], une des éminences des LR 38 :

Faut pas se leurrer, c’est un handicap [les anciennes affaires] mais la population grenobloise change vite et tout ne reste pas en mémoire. Si on peut récupérer 10% des voix qui nous ont échappé pour le FN, on gagne en 2020 face à la désunion de la gauche.

Source : Article de Rue89 « À Grenoble, Alain Carignon tente un retour en « trumpisant » le débat public » daté de septembre 2016.

Voici quelques-unes des tactiques employées par ce vieux loup de la politique :

Une présence sur le web agressive et dissimulée :

Le blog personnifié de Carignon étant mort et enterré depuis novembre 2007, voici sa nouvelle mouture : Grenoble Le Changement. Mais au fait, c’est quoi qui change ?

Dans le fond, rien : toujours les mêmes arguments de comptoirs, toujours la même attitude réac et hautaine, surfant au gré du vent et des luttes sur le mécontentement et la colère. Du TF1 quoi. C’est petit et mesquin comme un rire fuyant d’un Méchant de film d’horreur. Aucun argumentaire de fond, tout est dissimulé : « Collectif de citoyens Grenoblois et de militants qui souhaitent que la ville change ». Et notre cher Carignon en vient à faire lui-même des articles, très fouillés certes, sur les merdes de chien, les détrituts dans la ville ou les punks à chien. « Ah ouais bah envoie ça à Carignon. […] Il est tous les jours dans la rue à prendre des photos. Il va loin hein, il a fait une vidéo de deux trois minutes où il filmait les merdes de chien au Jardin de ville pour montrer que c’était mal entretenu. On reconnaît ses chaussures sur la vidéo c’est assez drôle. Ah non il est à fond ! », raconte Clément Chappet [17]. Bref, on vous laisse jeter un œil.

Le site (et ses membres ?) est très proche du collectif « Grenoble à cœur ». Grenoble à cœur c’est un mouvement que l’on pourrait qualifier de « poujadiste » (mouvement de commerçants et d’artisants de classe moyenne, mouvement de droite [18]). Ce collectif se mobilise contre un des projet phare des écolo’ : la piétonnisation du centre-ville. Les commerçants pensant qu’il y aurait plus à perdre qu’à y gagner pour leur commerce. Malgré les recours et les pétitions, la mairie et la Métro (qui détient la compétence des transports) lance le projet « Cœur de ville, Cœur d’agglo » (CVCM). Les travaux commencerons en février avec la fermeture définitive de la circulation sur le boulevard Agutte-Sembat.

Rencontre de Jean-Pierre Barbier président du conseil départemental (LR) et du collectif Grenoble à Cœur pour parler du CVCM.

Bien sûr le site Grenoble Le Changement en profite pour fustiger la politique « écolo-bobo » des Verts/PG et de son prétendu noyau dur Piolle/Avrilliers/Comparat en reprenant un article du site des Républicains 38 :

Les grenoblois qui sont de plus en plus en colère ne mesurent peut être pas encore pourtant à quel point ils sont dirigés par les idéologues les plus fermés, les plus obtus dont aucun ne sait ce qu’est une fin de mois hors du système public.

Source : article issu du site web « Les Républicains 38 : « Fermeture de Grenoble : la municipalité refuse l’étude ».

C’est sûr que Carignon les connaît bien, les fins de mois difficile hors du système public dans son petit bouleau de cadre dans une société bidon et les vacances dans son riad à Marakech !

Mais la revanche n’a pas de prix. C’est au tour de celles et de ceux qui le critiquait d’être dans la majorité municipale et de s’en prendre plein les dents. Notamment pour le fougueux et procédurier Raymond Avrilliers [19], un de ceux qui avait soulevé un bon tas de merde puante à l’époque des fastes de Carignon.

Ce sujet mériterait un article à lui tout seul mais nous, revenons à nos moutons.

Voici donc le site web ses photos montages qui font peur. Bouh !

Éric Piolle serait un méchant bétonneur comme ses prédécesseurs PS. De cela on n’en doute pas. Non qu’il soit « méchant » mais plutôt bétonneurs. Les Verts/PG n’ont rien fait pour arrêter le projet GIANT sur le polygone scientifique, ils l’on même promut. Mais de grâce monsieur Alain, vous n’avez pas de leçon à donner dans ce domaine vous qui vous vantiez de la construction de méga-structures immobilières bétonnesques et dévorantes (Europole, Musée d’art comptemporain, rond-point de Grand Place… et le projet de tunnel sous la Bastille !), vous qui n’avez pas hésité à filer des marchés public à vos amis du BTP (les groupes Bouygues ou encore Lyonnaise des Eaux voir les années Carignon épisode 5) vous et votre pote M. Jean-Guy Cupillard tombé en 1997 dans l’affaire de « l’or noir » [20].

Bref on l’aura compris. Ce site là, Grenoble Le Changement, essaie de faire passer un chat pour un chien. Et ce n’est pas tout.

Le ton employé est péremptoire comme-ci on avait à faire à des experts de la politique face à des « amateurs » à la municipalité actuelle. Celle-ci est traitée de « totalitariste » ou encore « République Populaire » [21]. C’est avec un savant mélange confusionniste à base de vieilles peurs réactionnaires anti-communiste, d’une rhétorique « lutte des classes » merdique des prolots blancs-contre-les-bobos-au-pouvoir, de mensonges gros comme des camions et de récupération de la grogne populaire que cette équipe compte conquérir le trône.

Soral et ses amis sont beaucoup plus malin et attendent gentiment dans leur coin que la sauce monte… D’ailleurs après l’invitation par les Républicain 38 et EGR38 (présidée par Adrien Fodil, encore lui.) d’Éric Zemmour lors d’un « débat d’idée » au Prisme, on pourrait se poser la question d’un rapprochement tactique entre les LR et une partie de la mouvance confusionniste et des « nouveaux réac ».

De gauche à droite : Éric Zemmour, Alain Carignon (qui n’apparaît pas dans l’organigramme du parti), Nicolas Ponchut (en charge du débat d’idées et valeurs LR38), Kitty Lequesne [22], François Tarantini (en charge de la vie militante LR 38), Adrien Fodil (en charge de l’organisation LR 38). Jeudi 8 décembre 2016 au Prisme [23].

Allez voir le contenu du débat sur leur site : on se croirait à un meeting du FN ! Racisme, islamophobie, Réac’ pur et dur assuré ! Ça sent vraiment pas bon du côté des Républicains.

Ce débat mériterait aussi une analyse approfondie, qui est preneur sur Indymedia Grenoble ?

Mais au final on est pas très surpris. Déjà en 1986 sous Carignon, le journal municipal doit être retiré de la vente pour des propos quasi-racistes et antisémites [24]. Ou encore en 1987 quand Carignon aurait essayé de racheter le journal Minute ! avec la thune de Marc-Michel Merlin [25], en vain. (voir page 55 dudit dossier).

Les accointances entre LR et l’extrême droite sont nombreuses, par exemple, Aymeric Sol, le président de l’UNI38 (syndicat étudiant d’extrême droite) fait aussi parti des Jeunes Républicains 38 [26]. D’ailleurs de la bouche même d’un jeune républicain [27] les 50 000 euros votée par la majorité de droite du conseil régional à l’UNI sont un cadeau lié aux accointances entre LR et UNI « Ils ont coupé plein d’assos qui étaient bien politisées pour donner à des assos de droite… C’est du clientélisme mais tout le monde fait ça ».

Refaire vivre l’idole des vieux

Faire revivre l’Esprit Carignon passe par d’un côté le ré-encartement d’anciens adhérents partit après la chute du Boss : « Chaque samedi, je [Henri Baile, ancien secrétaire adjoint chargé de la culture de Grenoble, sous l’ère Carignon] convoquais l’équipe dans une salle des fêtes, se souvient-il. On faisait le point sur le nombre d’adhésions engrangées. Je remontais les bretelles des moins performants. » et de l’autre trouver de jeunes poulains ambitieux. La fac de droit(e) est un terreau idéal pour ça.

Clément Chappet, justement étudiant en droit et ancien président de l’UNI 38, est le nouveau président de ces Jeunes Républicains de l’Isère.

Et tout ce qu’ils aiment chez Alain c’est son « charisme », ils veulent un chef, un chef qui a de la poigne et qui puisse compter de belles histoires ! Les faire rêver : « Chamussy, j’ai rien contre lui, personnellement c’est quelqu’un qui est gentil. Sur les dossiers de fond il maîtrise parfaitement, mais il n’a pas le charisme, il n’a pas assez le contact humain pour mener une liste. » nous dit Clément dans l’article du Postillon. Et les vieux carignoniste c’est pareil. Quand un filou du Postillon s’est pointé à une de leur réunion voilà ce que ça donne :

Il y a environ une quarantaine de personnes, surtout des personnes âgées, notamment des femmes folles amoureuses de Carignon. L’une d’entre elles sort une boîte d’allumettes avec sa photo en s’extasiant : « Regardez, on avait fait sa campagne, il était mignon, il avait ternte-cinq ans ! […] Avant j’en avais plein, pour les élections on était tous les jours en campagne avec mon mari, toutes les nuits à tracter, à coller […] C’est vieux hein pfff, il me manque à la place du connard [NDLR : elle parle de Piolle]. »

À l’heure où l’on ne sait plus à quoi se raccrocher, Carignon fait figure de valeur sûre pour une grande partie des réac et des fachos de l’agglo.

Parmi eux, on retrouve d’ailleurs des gens comme Marc-André Ferreol, responsable de l’affichage pour Les Républicains 38, chaperon affiché de Clément Chappet, et fervent et vieil adepte du Mouvement Initiative et Liberté (MIL), mouvement qui est lui-même une résurgence du Service d’Action Civique (SAC), une « association » de gaullistes pour l’Algérie française, qui avait été dissoute en 1982 en vertu de la loi sur les groupes de combat et milices privées.

Marc-André Ferreol qui semble donc l’un des premiers responsables de la bien connue campagne d’affichage « Wanted » de l’été dernier, et du collage de tous ces autocollants du MIL que l’on peut voir un peu partout en ville.

Et après ils viennent nous bassiner avec leurs histoires de radicalisation… Il faut dire qu’elle est bien mieux socialement accepté quand on est rasé de près et qu’on ponte une chemise blanche bien repassée par bobonne, la bonne, ou par maman.

Source : article du site des Républicains 38 : « La fête des républicains 38 en images ».

En tout cas, avec un casting comme ça, on peut s’attendre à voir les jeunes loups bouffer les plus vieux et plus rancis qu’eux (qui, malgré leur lourd bagage sont encore trop contents de pouvoir profiter de leur pouvoir d’adoubement) dans les années qui viennent.

Brasser un réseau d’assso, de groupes d’idées, de Facebook et de collectifs bidons

L’assos de Fodil, EGR, 38 qui ne sert qu’à organiser des soirée pour le Boss, où encore le BDE droit de la fac qui est sous le giron des LR, ainsi que l’association de toute à l’heure, Grenoble à Cœur.

Il y a aussi le blog de Tarantini ou le Facebook mondain de l’association mondaine « les amis de la Cinquième (circonscription de l’Isère) » qui organise des dîners-débat de droite entre mondanité de droite. Et qui se cache derrière ce Facebook « Piolland » ? C’est un ramassis de faits divers, et de ragots de mégère façon Daubé… et peut-être un petit article pour Indymedia Grenoble s’te plait !

Des comptes Facebook dégueux comme celui-là, il y en a à la pelle. Il y a vraiment une boulimie virtuelle chez les Républicain et nous on en a plein les reins de fouiller la merde. Avis aux amateurs des réseaux sociaux…

On pourrait se demander « qu’est-ce qu’ils cherchent donc à faire ? ». Une des réponses que l’on pourrait donner c’est qu’ils essaient d’être de partout, omniscient, mais de façon assez médiocre on vous le concède. La politique à Grenoble c’est un terrain de guerre, occuper les points stratégiques, faire de la reconnaissance, créer des têtes de ponts, se faire des alliés, prendre l’or, faire de la propagande... Mieux que les élections présidentielles, les prochaines élections municipale vont être un spectacle au sommet !

Collecter des fonds pour le « projet » Carignon

Carignon sait qu’il ne suffit pas d’avoir la plèbe dans sa poche pour avoir de l’influence sur Grenoble. D’après l’article du Postillon « Avec le fan-club de Carignon » , « Alain Carignon organise en ce moment des réunions non publiques. C’est sur invitation avec des cercles assez restreints d’avocats, de responsables d’agences immobilières et compagnie. ». Flatter la bourgeoisie de l’agglo, lui faire comprendre que c’est le meilleur candidat pour Grenoble, trouver des membres influent près à se mettre sur les listes et retrouver les mécènes d’antan. Il sait où trouver le fric, lui qui, en 1989 à eu la campagne électorale (municipale) la plus chère de France (24 millions de francs) Il prépare soigneusement le terrain avant de sortir les griffes. voilà à quoi s’amuse Carignon pendant que ses jeunes font le sale boulot à base de tweets, d’article pas top et de colle pas fraîche pour leurs affiches.

Conclusion provisoire :

Malgré ses innombrables casseroles (les a t’on toutes découvertes ?), Carignon fait toujours partie des huiles de la droite française. Une retraite à Marakech n’est pas encore envisagé. C’est au moins une qualité que l’on peut pas lui enlever, il est increvable ce type !

Peut-être le verra-t-on aux législative en juin de cette année ou plutôt aux municipales de 2020 ? On n’en sait trop rien mais il faut prendre la menace Carignon au sérieux. Les présidentielles et son atmosphère nauséeuse approchant à grand pas, Les Républicains et tous les réac’ politiciens vu les temps qui courent ont un coup important à jouer à Grenoble, Fillon ou pas au pouvoir. Et nous qui ne voulons ni d’écolo de façade, ni de représentants politiques charismatiques et/ou mafieux, ni même de représentants tout cours, qu’est-ce que nous faisons ?


Pour en savoir plus : Sur Indymedia Grenoble « Les années Carignon » :
- épisode 1 : https://grenoble.indymedia.org/2005-01-13-Grenoble-le-feuilleton-de-l-hiver
- épisode 2 : https://grenoble.indymedia.org/2005-01-21-Grenoble-le-feuilleton-de-l-hiver
- épisode 3 : https://grenoble.indymedia.org/2005-01-28-Grenoble-le-feuilleton-de-l-hiver
- épisode 4 : https://grenoble.indymedia.org/2005-02-03-Grenoble-le-feuilleton-de-l-hiver
- épisode 5 : https://grenoble.indymedia.org/2005-02-11-Grenoble-les-annees-Carignon-5-10
- épisode 6 : https://grenoble.indymedia.org/2005-02-17-Grenoble-les-annees-Carignon-6-10
- épisode 7 : https://grenoble.indymedia.org/2005-02-27-Grenoble-les-annees-Carignon-7-10
- épisode 8 : https://grenoble.indymedia.org/2005-03-06-Grenoble-les-annees-Carignon-8-10
- épisode 9 : https://grenoble.indymedia.org/2005-03-15-Grenoble-les-annees-Carignon-9-10
- épisode 10 : https://grenoble.indymedia.org/2005-03-23-Les-annees-Carignon-10-10-C-EST-LA

Dans la presse :
- « Carignon est encore dans la cuvette », Le Postillon n°9, Mars 2011
- « Avec le fan-club de Carignon » le Postillon n°16, été 2016.
- « M. Carignon : un corrompu de retour au affaire ? » Dossier ADES.

Site de la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie Publique : http://www.hatvp.fr/

[1] Éponge d’une ardoise de dix millions d’euros pour le journal Dauphiné News, torchon propagandiste qui permit la réélection en 1989 d’Alain et qui disparut quelques mois plus tard.

[2] Voir cet article sur Indymedia Grenoble.

[3] Source : Le Postillon, « Carignon est encore dans la cuvette », mars 2011.

[4] Le 12 novembre 1991, Guy Névache est intercepté à la douane alors qu’il rentrait de Suisse. Le coffre arrière de sa voiture contenait 600 000 francs d’argent liquide. La douane lui mit une amende et il pu repartir.

[5] Voir cet article sur Indymedia Grenoble.

[6] Voir cet article sur Indymedia Grenoble.

[7] Voir le Dossier de l’ADES « M. Carignon : un corrompu de retour aux affaire ? », page 29.

[8] Laurent Wauquiez : http://www.republicains38.fr/l-wauq...

[9] Voir le Dossier de l’ADES « M. Carignon : un corrompu de retour aux affaire ? », page 32.

[10] Source : article issu de L’express « Opération Résurrection.

[11] Source : article de Libération du 11/04/2003.

[12] Il est aussi Président de la société immobilière Advivo, administrateur des Établissements Public Foncier Ouest Rhône-Alpes et Président du CA de l’entreprise Jazz à Vienne qui gère le festival du même nom.

[13] Source : article Le Parisien du 23/02/2001.

[14] Source : article Le Monde du 28/11/2009.

[15] « En 1990, M. Carignon augmente brutalement les impôts sans le dire : le SIEPARG (structure intercommunale qui a précédé La Métro) jusqu’alors financé par une subvention municipale décide de se financer par l’impôt, mais M. Carignon se garde bien de diminuer les impôts de la ville du montant de l’ex-subvention : cette opération se solde donc par une augmentation cachée des impôts de 100 MF par an. La ville est mise sous surveillance des banques qui lui interdisent de dépasser un certain niveau d’investissement. La dette passe de 0,7 milliard de francs en 1985 à 1,7 milliard de francs en 1992. » et encore « Le patrimoine n’est plus entretenu, notamment les bâtiments scolaires ou les équipements sportifs de quartier. Une partie du patrimoine est vendue : vente de terrains et d’immeubles pour assurer les fins de mois (vente de Grand-Place, des immeubles de la régie foncière qui est mise en liquidation...), le conseil municipal se transforme en salle des ventes. » Source : dossier ADES, pages 25-26).

[16] Adrien Fodil, outre sont activité militante détient une société du même nom spécialisé dans le commerce de gros.

[17] Source : article du Postillon : « Avec le fan-club de Carignon ».

[18] Définition de poujadisme sur Wikipédia : « un militantisme en faveur des petits commerçants vis-à-vis des gros (d’abord nationaux puis multinationaux), mais également désigner diverses formes d’antiparlementarisme, de corporatisme, voire d’extrémisme politique, ou plus généralement pour désigner un populisme réactionnaire. ».

[19] « Le système Carignon », Philippe Descamps, Raymond Avrillier 1995.

[20] Début octobre 1997 a commencé le procès, aux côtés d’une quinzaine de chefs d’entreprises du bâtiment et travaux publics (BTP), de Jean-Guy Cupillard pour : « recel d’abus de biens sociaux, recel et complicité d’abus de confiance, entente frauduleuse, corruption passive et concussion. » Notaire, trésorier du RPR départemental jusqu’en 1990, maire de l’Alpe d’Huez depuis 1983, président de Ski France, il a beaucoup usé de son pouvoir de séduction − combien de journalistes de la presse locale et nationale, et de magistrats s’y seront laissé prendre − comme de ceux que lui conféraient ses multiples fonctions. ») Source : dossier ADES, page 21.

[21] Source : article du site web Grenoble le Changement : « La « transition » de Piolle s’attaque aussi aux enseignants ».

[22] Kitty Lequesne est l’ancienne directrice de campagne de Marie-Christine Tardy, ancienne maire de Meylan comdamnée au printemps 2016 pour prise illégale d’intérêt et recel. Elle était accusée, avec son époux, d’avoir détourné des subventions pour un montant d’un million d’euros : dix-huit mois de prison avec sursis, 20000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité de cinq ans.

[23] Source : article issu du site web Les Républicains 38 : « Grenoble : le débat républicain fait le plein ».

[24] D’après le dossier de l’ADES « M. Carignon : un corrompu de retour au affaire ? », disponible sur leur site.

[25] Au moment des affaires Carignon, il était le PDG de la Société de distribution des eaux intercommunales (SDEI) une filiale de la Lyonnaise des Eaux. Mis en examen pour abus de biens sociaux et corruption active mais n’a pas fait de taule. Aujourd’hui il est le président de la Société de gérance de distributions d’eau (Sogédo) société privée de distribution et de gestion de l’eau (Chiffres d’affaire de 83 Millions d’euros)

[26] Source : article issu du Postillon : « Avec le fan-club de Carignon ».

[27] Toujours dans le même article du Postillon.



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