Indymedia Grenoble

« Ni Le Pen, Ni Macron ! » ? Ni refus, ni révolution…

mardi 9 mai 2017 par Malbona Parolo <malbona-parolo autistici.org>

[Infos locales] [Répression / Contrôle social] [Révoltes / Luttes sociales] [Soupe politicienne]

J’ai souvent tendance, et c’est d’ailleurs peut-être là que j’ai tort, à prendre les slogans principaux d’une manifestation – ou d’un mouvement – comme une sorte de baromètre des idées qui y règnent, qui y sont les plus représentées. J’ai tendance à croire, et peut-être que là aussi j’ai tort, qu’un discours clair et sans ambiguïté est une condition nécessaire pour que les actions qui suivent ce discours permettent d’arriver le plus simplement et le plus rapidement à une concrétisation des pensées qui sous-tendaient ledit discours.

Ces dernières semaines, les manifestations – pour certaines assorties d’actions de sabotage qui font plaisir à voir, un peu comme un bon film avec de belles cascades – ont été nombreuses, et on a pu y entendre des choses qui me laissent plutôt pessimiste quant à la possibilité d’un avenir anti-électoraliste. Ainsi donc, dès le soir du premier tour (d’aucuns diront que rien que cela, coller à l’agenda étatique, montre à quel point nous sommes pour le moment incapables de faire autre chose que réagir, que nous sommes incapables de poser nos conditions), les slogans les plus entendus, les plus repris, n’étaient pas contre les élections en tant que système-clé de la représentation, mais contre les deux candidats qui se retrouvaient propulsés au second tour. “Ni Le Pen, Ni Macron !” donc. Accompagné de différentes suites, parmi lesquelles “Ni patrie, ni patron” et d’autres, plus glissantes encore, à coups de “Ni banquier” ou de “Ni finance”. Et ce n’est à mon avis pas un hasard si les grands journaux se sont empressés de reprendre ce “Ni Le Pen, ni Macron” dans leurs titres. Ce slogan en effet est parfaitement inoffensif. Il ne remet rien d’autre en question que le nom ou la nature des candidats arrivés au second tour. Et cela semble parfaitement convenir aux divers journaux qui ont alors pu faire passer les diverses manifs récentes sur ce qu’elles ne devraient surtout pas être : quelque chose qui reste, au moins dans le discours, dans le cadre autorisé. On peut critiquer les deux candidats finaux. On peut même critiquer tous les candidats proposés au premier tour, en disant “Je ne me retrouve dans aucun des candidats proposés” comme ça a pu être entendu de la part de personnes plus ou moins masquées. On peut parler de leurs fonctions précédentes, des casseroles qu’ils et elles traînent bruyamment, de leurs amitiés ou alliances douteuses. Mais on ne saurait accepter une critique qui gratte la couche “people” pour s’attaquer à ce qu’il y a en-dessous : la représentation, la démocratie, l’autorité, le contrôle de nos vies, l’obligation de faire ceci, cela, toutes ces choses étant validées à la fois par celles et ceux qui vont glisser un bulletin dans l’urne, mais aussi par celles et ceux qui fustigent des noms.

“Quel est le problème à reprendre des noms dans un “Ni […] ni […] !” puisque ce sont ces noms qui se sont retrouvés au second tour ?” me demandera-t-on. Ce slogan laisse entendre qu’un candidat ou une candidate aurait pu se retrouver au second tour sans faire partie de ce “Ni […] ni […] !”. Mais encore une fois, le problème n’est-il pas plutôt que l’un de ces candidats, quels qu’ils soient, soit appelé à nous gouverner ? Et avec lui ou elle, toute une palanquée de ministres, de députés, de maires, de préfets, de conseillés régionaux, de juges, de procureurs, de flics, de patrons, etc. La liste complète prendrait des pages entières, et j’en oublierais certainement encore.

Un autre problème de ce slogan, qui est sûrement aussi une des raisons pour lesquels il a été aussi largement lancé et repris, est que n’importe qui, à part évidemment les fans hallucinés de l’un ou l’autre des deux candidats, peut s’y retrouver. C’est bien confortable, ça créée comme d’habitude un consensus mou et ça évite de montrer des ruptures trop flagrantes. On s’est ainsi retrouvés, à peu près partout, à manifester sauvagement (ou à patienter sauvagement sur des places), aux côtés de porte-drapeaux (ou de planches à stickers, c’est selon) qui étaient simplement déçus que leur idole ne soit pas au second tour, et peut-être même, qui sait, aux côtés de gens qui, au premier Mai ou à l’occasion de précédentes manifestations nous insultaient ou nous tapaient dessus parce que nous ne voulions pas de leurs défilés en rangs bien sages. Et conséquemment à cela, un discours qu’on pourrait qualifier de radical, révolutionnaire éventuellement, s’est retrouvé noyé au milieu de discours fustigeant la finance, le fascisme [1], etc. Si une Arthaud, un Poutou, ou pire, un Mélenchon [2] s’était retrouvé propulsé au second tour, je laisse au lecteur le soin d’imaginer combien de personnes en moins seraient sorties dans la rue pour manifester “contre les élections”… Tout reste comme avant, et on continue de courir laborieusement après un ennemi qui avance plus vite que nous.

Cela nous amène au second point, qui est plus général. Suite à ces dernières manifestations, tout comme suite à celles de l’an dernier et à celles qui ont précédé, on a pu lire ici et là tout un tas de textes plus ou moins larmoyants parlant principalement de la violence de la répression, des coups, des divisions préventives de cortèges (parfois même allant jusqu’à dire que les cortèges en question n’étaient pas violents, comme si c’était un critère valide), etc.

Je suis le premier à me surprendre parfois à tenir ce genre de discours victimaire, à réussir à être encore étonné de la dégueulasserie dont les flics peuvent faire preuve. Mais je pense que partir dans cette direction ne peut nous mener à rien d’autre que l’abandon de nos idées et de nos combats par la peur que tous ces textes peuvent engendrer. Lorsque l’on tient un tel discours, à qui voulons-nous nous adresser ? Si c’est à nous-mêmes, je pense que ça valide ce que je viens de dire. Si c’est au “citoyen lambda”, pour lui montrer à quel point les policiers sont vilains, je pense qu’on peut arrêter de perdre notre temps : il n’y a qu’à voir les regards médusés et pleins d’incompréhension (ou pleins de vide, c’est selon…) chaque fois que nos manifestations croisent l’itinéraire de leurs après-midi shopping. Ou encore les encouragements auxquels on a droit depuis les fenêtres et balcons de la part de gens qui se satisfont de leurs dix minutes d’indignation avant de retourner s’affaler dans leur canapé.

Peut-être devrions-nous penser à agir pour nous-mêmes, et non pour faire de belles images devant les caméras de la télévision et les objectifs des photographes [3] ou pour apporter une bonne parole auprès de personnes qui n’en ont manifestement rien à cirer. Et ainsi, nous pourrons arrêter de pleurer sur la brutalité de la répression.

C’est un fait, même si cela ne date pas du printemps dernier comme certains politiciens de la contestation voudraient bien nous faire croire, tout ce qui sort du cadre établi se voit bien vite écrasé de manière extrêmement violente. Il s’agit d’une guerre psychologique : décourager, notamment les plus jeunes d’entre nous, pour nous enlever toute envie de recommencer. Je pense qu’il est important que l’on prenne cela en compte afin de sortir d’un schéma beaucoup trop vécu : rassemblement, manif sauvage de quelques minutes, dispersion violente avec son lot d’arrestations, rassemblement le cas échéant devant le commissariat, texte de compte-rendu larmoyant. Ce qui a pu éventuellement fonctionner quelques années semble aujourd’hui totalement dépassé par les stratégies de contrôle des foules de l’État. Je ne vois pas comment, à part à adhérer à la stratégie de l’échec, on pourra se passer d’une réflexion collective nécessaire sur la possibilité de continuer à occuper la rue, tout en gardant à l’esprit que quelque soit ce qui en ressortira, cela ne nous donnera encore qu’un court répit tant que l’on n’aura pas la possibilité de nous attaquer à la totalité (l’aura t-on jamais… ?).

Enfin, n’oublions une chose importante : en même temps que les politiciens tout court transforment leurs partis en “mouvements”, les politiciens de la contestation partent se cacher derrière des collectifs. Pourtant, seules les apparences changent. Les idées et les ambitions, elles, restent les mêmes.

[1] Je ne prétends pas que le fascisme n’est pas un danger, mais parler du fascisme comme DU grand danger, tout comme parler de la finance comme DU grand danger, c’est ne considérer qu’une facette de la domination étatique ou du capitalisme et laisser croire que les autres (par exemple respectivement les entreprises qu’on ne relierait pas spontanément à “la finance” et la démocratie) sont acceptables. Pour rappel, et pour ne citer qu’un exemple parmi tout un tas d’autres, la guerre d’Algérie et les événement qui ont eu lieu autour ne se sont pas déroulés sous un régime correspondant aux caractéristiques du fascisme, mais bien sous une démocratie. Plus récemment, le traitement infâme réservé aux personnes qui n’ont pas les bons papiers n’est pas le fait d’un régime fasciste, mais bien celui d’une démocratie. Un régime n’a pas besoin d’être fasciste pour mériter notre dégoût, et il n’y a bien que les démocrates patentés pour tenter de nous convaincre du contraire.

[2] Pire, car un nationalisme de gauche reste un nationalisme et qu’à travers un discours progressiste et prétendument révolutionnaire (par les urnes), ce triste personnage a réussi à instiller tout un tas de trucs dégueulasses à un électorat composé en partie de personnes politiquement confuses. Si un tel personnage se retrouvait au second tour d’une élection présidentielle, il est fort à parier qu’on n’entendrait pas les habituels fustigateurs du fascisme crier cette fois-ci au démocratisme.

[3] Petite pensée pour les stars en herbe qui prennent la pose devant les banderoles de tête dès qu’elles voient un troupeau de journalistes…



Compléments d'informations :
Réponse à Malbona
par Stan,
le 10 mai

Rholala...

Déjà, je trouve lassant ce truc de critiquer le fait de "coller à l’agenda étatique, comme si on avait le choix de ce monde, de cette société, comme si quand Théo se fait agresser et violer on pouvait choisir-de-ne-pas-coller-à-l’agenda, comme si quand la loi Travail arrive on pouvait choisir-de-ne-pas-coller-à-l’agenda, et comme si en période d’élection on pouvait encore choisir-de-ne-pas-coller-à-l’agenda et par exemple décider de critiquer le système électoral six mois plus tard plutôt qu’à ce moment-là (note que le système électoral on le critique tout le temps, c’est simplement que ça fait le "buzz" en période électorale, je ne vois pas en quoi c’est choquant ni même étonnant). Ce serait absurde de faire comme si rien ne se passait autour de nous, comme si ça n’avait aucun impact sur nous, aucune importance. Absurde et impossible. Alors dire que ça "montre à quel point nous sommes pour le moment incapables de faire autre chose que réagir, que nous sommes incapables de poser nos conditions", c’est bien beau, mais on fait quoi à la place ? Et surtout, quand tu vois qu’on n’est que quelques milliers à travers le pays à sortir dans la rue pour dire non à tout ce merdier, quand tu vois qu’il y a des millions et des millions de voix qui s’expriment pour Macron, Le Pen, Fillon et compagnie, ouais tu t’aperçois qu’on est bien loin de "poser nos conditions". Ça s’appelle une lapalissade il me semble. Ensuite, et c’est aussi ce qui est agaçant avec les gens qui râlent sur "l’agenda étatique" à-ne-pas-suivre, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on peut faire les deux : participer à des luttes sociales en rapport avec ce qui prend le plus de place dans cette société, dans ce qui nous heurte le plus au moment présent, n’empêche pas de faire plein d’autres trucs, des actions directes de nuit aux repas de quartier en passant par des discussions de fond ou de l’agitation sur tel ou tel sujet, ou encore ouvrir des squats pour en faire des lieux d’activité et/ou d’habitation pour toutes sortes de galérien-ne-s (de nous-mêmes aux migrant-e-s en passant par qui tu veux), lutter sur plein d’apects dans notre vie quotidienne, tmtc. C’est d’ailleurs ce qui se passe depuis toujours... Mais non, nous ne sommes pas un mouvement super puissant qui peut "poser ses conditions", nous sommes plutôt une sorte de mouvance hétérogène qui ressent une détestation bien compréhensible vis-à-vis de cette société et du pouvoir, mais pour ce qui est des désirs et des perspectives révolutionnaires oui c’est très hétérogène et pas très clair. On en est là.

Alors en quoi dire "Ni Le Pen ni Macron, ni patrie ni patron" serait une sorte de légitimation silencieuse du système électoral ? Hmmm ? Je ne vois pas bien. Surtout que de fait ça s’est accompagné depuis le début de ce "mouvement" de manifs et d’actions clairement anti-électorales (par exemple, voir l’article "Traces et pensées abstentionnistes" publié sur Paris-Luttes). Et en quoi dire "ni patrie ni patron" serait "glissant" ? Parce qu’il y aurait de bonnes patries, ou de bons patrons ? Non ? Alors, c’est quoi le problème ?

Tu écris aussi : "si une Arthaud, un Poutou, ou pire, un Mélenchon s’était retrouvé propulsé au second tour, je laisse au lecteur le soin d’imaginer combien de personnes en moins seraient sorties dans la rue pour manifester contre les élections". Oui, on en est là. Sans surprise, pour ma part. Et dans ce cas là, plutôt que d’insinuer que toutes les personnes qui criaient "Ni Le Pen ni Macron" sont des bolosses qui avaient voté pour un- candidat-e d’extrême gauche, mets de l’énergie à créer d’autres slogans, avec une critique spécifique du système électoral et de la démocratie, mais surtout, mets de l’énergie à créer une dynamique autre qu’une lamentation de type "moi-je-suis-super-radical-mais-j’ai-l’impression-que-les-autres-c’est-des-bouffons"...

Quant à la deuxième partie, sur la répression, à part le mépris du "citoyen lambda" qui rappelle bien dans quelles prédispositions tu sembles être par rapport à tout ce bordel (les manifs, la lutte, les slogans...) mais dont je me serais bien passé (bonjour les clichés !), je suis globalement d’accord, je pense que t’as plutôt raison. Il vaut mieux mettre l’accent sur nos dynamiques offensives de lutte plutôt que sur comment on se fait défoncer par les flics. Là aussi, l’un n’empêche pas l’autre, je pense toujours qu’il est important d’être fidèle aux faits, à la "vérité", mais clairement c’est plus enjaillant et "renforçant" de parler de comment on avance plutôt que de comment l’État et ses flics nous font reculer, surtout si c’est juste en mode spectaculaire-trash (parce que réfléchir à des méthodes individuelles et collectives de réponse aux méthodes répressives ultra-violentes des flics reste un aspect nécessaire - et qui peut nous faire avancer !).

Et sinon, je ne sais pas d’où tu parles, mais à Paname la technique "manif sauvage" marche très très bien, surtout depuis le mouvement contre la loi Travail, lors duquel elle est devenue une pratique habituelle, connue et efficace. Bien sûr on finit souvent par se faire attaquer par la police (ce serait bien naïf de s’attendre à autre chose) et bien sûr il y a parfois des interpellations. Mais à quoi d’autre s’attendre quand on veut prendre part à la guerre sociale ? Bref, asséner que tout cela "a pu éventuellement fonctionner quelques années [mais] semble aujourd’hui totalement dépassé par les stratégies de contrôle des foules de l’État", c’est n’importe quoi. On croirait entendre les discours mortifaires et défaitistes de PMO...

Allez, à bientôt dans la rue, et vive l’anarchie.

Réponse à Stan
par Malbona Parolo,
le 10 mai

Tu fais un paragraphe énorme pour faire une critique d’une simple parenthèse... Critique avec laquelle je suis d’ailleurs plutôt d’accord. Lorsque l’on recherche la signification de "d’aucuns" sur Internet, on tombe sur ce genre de choses : "L’expression d’aucuns diront que a une connotation critique. En général, l’auteur de la phrase ne partage pas entièrement l’avis des personnes qu’il cite ainsi.". Et effectivement, je ne partage pas entièrement ce que je rapporte dans cette parenthèse. Je pense que non, on ne peut pas se permettre de ne pas coller un minimum à l’agenda de nos adversaires, que ça soit l’État ou d’autres. Par contre, je trouve que quand-même (et tu peux prendre ça pour une lapalissade si ça te chante, il n’empêche que certains discours semblent faire comme si on ne faisait pas face à des difficultés énormes, comme si "tout le monde" rejetait la politique etc...), cette chose de laquelle on ne peut se passer montre bien à quel point on est en mauvaise posture.

Concernant le "Ni Le Pen, Ni Macron !", je pense m’être suffisamment expliqué... J’ai renforcé cela dans un commentaire précédent en parlant des gens qui appelaient maintenant à la démission de Macron. Ca me paraît juste être du bon sens. Quand on veut la suppression de quelque chose qui nous opprime, on ne demande pas la démission de la personne qui incarne le plus cette chose. De la même façon, on ne lutte pas contre le capitalisme en exigeant la démission du patron de je-ne-sais quelle société.

"Surtout que de fait ça s’est accompagné depuis le début de ce "mouvement" de manifs et d’actions clairement anti-électorales (par exemple, voir l’article "Traces et pensées abstentionnistes" publié sur Paris-Luttes [...])". Comme déjà dit dans un précédent commentaire, je ne dis pas que je suis en désaccord total avec l’ensemble du "mouvement" d’opposition aux élections. Mais je dis que des slogans (qui en sont arrivés à presque dénommer ledit mouvement) qui me semblent peu clairs font que finalement tout le monde (et là je me réfère à "d’où [je] parle" où le "mouvement" anti-électoraliste a fini par se greffer aux jeunesses communistes, au NPA et au Parti de Gauche le soir du second tour) se satisfait de manifester ensemble, et qu’un propos prenant les choses plus à la racine se retrouve alors noyé là-dedans.

Concernant la partie sur "Ni patrie, ni patron", je te le concède, "plus glissantes encore" insinue que "Ni patrie, ni patron" serait glissant alors que ça ne l’est effectivement pas vraiment. Si ce n’est que ça renvoie encore à la personnalité des deux candidats au second tour.

"mets de l’énergie à créer d’autres slogans, avec une critique spécifique du système électoral et de la démocratie, mais surtout, mets de l’énergie à créer une dynamique autre qu’une lamentation de type "moi-je-suis-super-radical-mais-j’ai-l’impression-que-les-autres-c’est-des-bouffons"..." https://malbonaparolo.noblogs.org/f...

Quand je parle des regards médusés et les encouragements depuis les fenêtres, c’est pas du mépris, c’est du vécu. Je ne sais pas comment c’est à Paris...

Et pour terminer de te répondre, ce n’est pas les manifs sauvages que je pointe dans ce paragraphe mais un certain schéma qui se répète inlassablement. Les techniques policières évoluent, et si je n’ai pas de solution toute faite à donner, je pense qu’il faut qu’on réfléchisse à l’évolution à donner à nos manifs sauvages. Parce que si ça fonctionne bien à Paris (sûrement grâce à un nombre conséquent de personnes qui peuvent faire partir plusieurs manifs sauvages à plusieurs endroits en même temps), ce n’est pas le cas partout...

À Paris...
par Stan,
le 12 mai

Je ne voulais surtout pas dire qu’à Paris tout le monde était trop à la cool et soutenait les manifs et tout (ça se saurait s’il y avait eu 80% d’abstentionnistes en Ile-de-France...), donc bien sûr qu’il y a aussi "des regards médusés" des passants ou des gens depuis leurs fenêtres (ou pire, depuis les terrasses des fameux cafés parisiens), c’est du vécu aussi, mais je voulais insister sur l’idée qu’il est bon de ne pas trop généraliser, et d’avoir conscience dans tous les cas qu’on part de loin, on est d’accord je pense pour dire que croire qu’il y a une "insurrection qui vient" est une connerie, et que c’est pas en faisant du messianisme et de l’autosatisfaction doublée d’autocroyance qu’on ira très loin, mais voilà, c’est pas non plus en rejetant tout ce qui ne nous ressemble pas ni tout ce qui ne nous comprend pas. En plus de l’effort de lutte, de l’énergie du combat, il y aussi beaucoup à faire dans la "communication" (désolé pour le terme galvaudé) et dans la rencontre pour faire connaître nos idées et nos pratiques. C’est "normal" que beaucoup de gens trouvent ça "ouf" de faire ce qu’on fait. Il y a encore beaucoup de chemin à faire.

Bonne continuation à toi.

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