Indymedia Grenoble

[Indymedia Grenoble] Un bilan interne, un an après la relance et le changement d’équipe

jeudi 20 juillet 2017 par anonyme

[Infos locales] [Média]

Un peu plus d’un an après la reprise d’Indymedia Grenoble par une équipe entièrement renouvelée, et au début de ce nouveau grand creux d’activité de l’été, voici l’heure de dresser un bilan (même succinct) de l’année écoulée, afin qu’un maximum de gens, « contribulecteur·ice·s », sachent à quoi s’en tenir quand à l’évolution du site, et de la manière dont il est tenu.

On s’efforcera ici d’être un maximum factuel, et de ne pas trop aborder les projets futurs, qui seront l’objet d’un prochain article.

L’équipe

Après une longue période de latence due à l’été 2016, et une période de relâche autour des fêtes de fin d’année, la nouvelle équipe a finalement réussi à prendre un peu ses marques, et le nombre de ses membres a même doublé début 2017 (et non, on ne vous dira pas publiquement combien on est, mais disons que ça doit faire cinq ans au moins qu’il n’y avait pas eu autant de gens).

La participation des uns et des autres est variable, mais on essaye que chacun ait sa charge en fonction de ses compétences et de son temps (on en reparlera plus bas).

Des réunions régulières ont été mises en place, et des invitations ont été envoyées aux autres « médias alternatifs grenoblois » afin d’augmenter les ponts, passages d’information, et améliorations de nos méthodes de travail. Aussi parce-qu’il y en a marre de la multiplication des sites contestataires locaux, et qu’on veut œuvrer, au moins un peu, à une nouvelle unité entre les milieux anti-autoritaires grenoblois.

Les chiffres

Quelques ordres de grandeur en vrac (pareil, on ne va pas donner de chiffres publiquement) :
- La fréquentation a retrouvé sa moyenne d’avant la mise hors-ligne de mars à juin 2016, et a même regagné quelques pourcents de visiteurs en plus.
- Mieux, mars 2017 a été le mois cumulant le plus de visites depuis deux ans et demi. de plus, début juin a vu la journée la plus visitée depuis six ans et demi et les émeutes de la Villeneuve.
- Deux articles publiés depuis juin 2016 sont rentrés dans le « top 20 » des articles les plus lus depuis mars 2009 (date la plus ancienne à laquelle on dispose encore de statistiques).

L’aide à la publication

On avait un peu comme idée de proposer des ateliers d’aide à la publication. Las, cela ne s’est pas fait, faute de temps et d’énergie disponible. Il faut dire qu’il a fallu former et aider une partie de la nouvelle équipe elle-même à prendre l’outil en main.

La technique

Le serveur qui hébergeait le site a changé en octobre dernier, pour une machine plus à jour et plus sécurisée, toujours chez le même hébergeur militant, Tachanka (un méta-collectif qui regroupe entre autre riseup.net, no-log.org, lautre.net, squat.net, samizdat.net, nadir.org… et d’autres gens bien).

En revanche, si on espérait pouvoir faire migrer de site de SPIP 2.0.x vers SPIP 3.1.x cette année, l’énergie et les compétences − bien que plus nombreuses que dans ce qui restait de l’équipe précédente − ont manqué pour mener à bien cet objectif. On a fait ce qu’on a pu, mais ça reste un échec. Échec cependant assez relatif, puisqu’il nous a permis de refaire un contact rapide avec les équipes d’Indymedia Lille, Nantes, et Bruxelles.

Nous espérons à terme utiliser les mêmes outils de publication que Lille et Bruyelles (créés à l’origine pour Indymedia Nice !) : toujours du SPIP, donc, mais avec d’autres extensions que celles écrites sur mesure pour Indymedia Grenoble il y a huit ans.

Ce projet de mise à jour du site est toujours d’actualité, mais est encore repoussé de quelques mois. Toutes nos excuses pour ceci, on fera mieux la prochaine fois.

Pendant quelques mois, nous avons bien fait tourner un service caché Tor, afin d’améliorer légèrement la sécurité, mais certaines contraintes techniques nous ont obligées à l’interrompre. Nous espérons néanmoins avoir la possibilité de le relancer d’ici cet automne.

La « modération » des publications proposées

Certains l’ont probablement remarqué : on est devenu pas mal plus sélectifs quand à la qualité, l’originalité, ou la provenance des articles sur Indymedia Grenoble. Essentiellement, on cherche à privilégier les articles locaux et/ou originaux.

Ces choix ont été essentiellement motivé par :
- nos compétences : on maîtrise mieux la vie politique dans notre coin que celle des conflits internationaux.
- la lassitude de voir toujours les mêmes articles copié-collé sur la plupart des sites anti-autoritaires francophones (dont certains produisent encore eux-même leur contenu), qui peut parfois avoir pour inconvénient de laisser certains groupes très actifs à monopoliser les publications et les idées.

Il est toujours compliqué de refuser des articles mais il semble bien, au vu de la fréquentation et des retours qu’on a obtenu, que le choix était plutôt le bon.

Toutefois, si vous avez l’impression qu’on est parfois en peu trop sévère (et ça nous est déjà arrivé), n’hésitez toujours pas à nous le faire savoir par courriel à indymediagrenoble riseup.net.

Par ailleurs, on s’est régulièrement mis a corriger les articles de leurs fautes quand elles sont trop nombreuses, ou à aérer le texte et améliorer la mise en page quand ça ne demande pas trop de travail et/ou que le contenu est intéressant n’est pas bien mis en valeur à cause de ceci.

Ce dernier point peut sembler dénaturer un peu le principe de publication ouverte et rapide, mais il semble aussi que ce parti pris [1] semble aussi être apprécié des contribulecteur·ice·s, au vu des retors qu’on a obtenu jusqu’à présent (il est toujours frustrant de ne pas réussir à lire un article parce-qu’il « pique les yeux » ou qu’il est un gros bloc compact).

Aussi, fin d’être un peu plus inclusif, il nous arrive (quand nous en avons l’énergie et que c’est pertinent) de féminiser certains textes qui ne l’ont pas été.
Merci cependant de ne pas nous reprocher quand nous ne le faisons pas : comme tout travail de correction, c’est une tâche chronophage, ingrate, et hélas peu remarquée, et qui n’aura donc pas souvent la priorité [2].

Mise à jour : Finalement il se révèle que cette tâche est trop chronophage, et nous prend trop d’une énergie que nous préférerons consacrer ailleurs. Faites-vous relire par les copains ; nous mettrons peut-être en place des ateliers de partage de savoir et de relecture horizontaux, afin de publier des article de meilleure facture.

Le papier

C’est vrai qu’on a peu communiqué dessus sur le site, mais comme certains l’ont certainement vu, on tente de relancer une version papier d’Indymedia Grenoble.

Dessus, une sélection d’articles qui nous ont parus pertinents, et reflétant une certaine diversité d’opinion ainsi que l’image d’Indymedia Grenoble parmi les articles parus lors des mois de janvier à mai 2017.

Une première expérience d’un Indymedia Grenoble en version papier avait déjà été faite il y a plus de dix ans, et comme on est nombreux et que dans notre nouvelle équipe on a retrouvé des compétences et l’énergie pour relancer celle-ci, on s’est dit « pourquoi pas ». Dont acte. Environ deux-cent-cinquante numéros ont été tiré et une partie a déjà été distribué dans différents lieux amis à Grenoble et ailleurs. On tentera une nouvelle diffusion de cet exemplaire #0 (été 2017) à la fin de l’été, et on espère bien faire un nouveau numéro avant le début de l’hiver prochain (mais ce sera l’objet d’un autre article).

Cette expérience a été d’autant plus intéressante qu’elle a permis de diversifier les compétences nécessaires parmi nous, et donc de faire rentrer des nouvelles personnes qui les ont, et donc de multiplier la richesse de point de vue quand à ce qu’on veut que devienne Indymedia Grenoble.

L’affichage

Cette dernière année, pas moins de deux mille autocollants pour faire la promotion d’Indymedia Grenoble ont été imprimé et collés dans les rues de la métropole.

De la même manière, l’équipe a repris des campagnes d’affichages plus ou moins régulières, avec des affiches plus ou moins mises à jour avec les personnalités politiques locales.

Ceci a participé à nous re-rendre visible des contribulecteur·ice·s, mais aussi des autorités locales, comme nous allons en parler dans la partie suivante.

Indymedia Grenoble et la politique locale

Dernier point et pas des moindres, il est intéressant de noter qu’Indymedia Grenoble, au delà des chiffres, semble être de nouveau dans le viseur des autorités, même sans qu’aucune attaque directe ne nous soit encore parvenue.

En effet, nous enregistrons des visites plus régulières et plus fréquentes de la mairie de Grenoble, de la Métro, de l’Andra, de la gendarmerie, de correspondants de la police payés par le Daubé, et de tout un tas d’autres autorités plus ou moins menaçantes ou compétentes.

C’est d’ailleurs pourquoi nous allons bientôt rédiger un article sur les précautions à prendre lorsque vous consultez, publiez, ou parlez d’Indymedia Grenoble : afin de mieux vous protéger vous-même, les copines et les copains, et l’équipe du site elle-même.

Notre nouvelle campagne d’affichage a été un point mineur qui a attiré de nouveau l’attention sur nous, mais ce n’est pas le seul. Les nombreux revendiqué d’incendie ou de dégradations de ces derniers mois n’y sont pas pour rien, et loin s’en faut.

Plus légèrement, il est à noter que Jean-Pierre Souchon (le rédac’ chef du Daubé) nous a envoyé un courriel pour nous demander de supprimer des photos d’Indymedia Grenoble sur lesquelles son torchon aurait des droits. Comme il ne nous avait pas dit des quelles photos il s’agissait (!), on lui a demandé de nous le préciser. Ce à quoi il nous a répondu en gros (« heu, pardon, c’était une erreur, passez une bonne soirée »).

Oui, Jean-Pierre Souchon nous souhaite bonne soirée. Et il vient nous border aussi, parfois.


Dans l’article suivant, voici une idée des plans et projets a partir de septembre prochain.

[1] qui est d’ailleurs aussi celui des sites Mutu, comme les copines et copains de cric-grenoble.info, rebellyon.info, paris-luttes.info, etc.

[2] Par contre, si vous vous sentez une âme de féminisateur de texte, contactez nous par mail, et on sera heureux de corriger les textes avec vos versions féminisées, avec points médians s’il vous plaît.



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