Indymedia Grenoble

Coucou,... Bisous,...

mercredi 20 septembre 2017 par anonyme

[Infos locales] [Travail / Précariat]

Coucou,

Contrairement à ce que Macron voudrait nous faire croire, notre génération politique n’est ni fainéante, ni apathique ; le printemps 2016 l’a prouvé. Nous avons su trouver nos forces et les rassembler, et nous devrons nous appuyer sur celles-ci dans les semaines à venir. Les attaques actuelles, et passées, masquent mal l’enjeu central de toute cette merde : précariser nos vies, nous isoler, nous pousser à sous-traiter nos propres misères à d’autres. Il est temps d’y faire face.

On veut mieux que ça

Et c’est reparti pour un tour. Poussés dans nos derniers retranchements, on nous accule encore. Les années, voire décennies précédentes, nous ont déjà séparé, atomisé, ont déjà coupé nos liens et nos solidarités. Avec des Contrat Première Embauche, une université privatisée, une retraite à repousser, et un état d’urgence délirant. Il paraîtrait qu’aujourd’hui, 35 % des gens vivent désespérément seuls, des universitaires nous vendent même cela comme « le désir de l’époque ». Cette solitude n’est ni un caprice ni la suite logique des choses, elle est au contraire le cœur de l’organisation du monde, celle là même qui permet la concurrence entre pauvres face à la démerde. Condamnés à être des marchandises, nous devrions payer notre loyer en sous-louant notre appart en Airbnb, nous nourrir en livrant sur nos vélos Deliveroo de la bouffe dégueu à d’autres, se déplacer en emmenant des bourges à leurs soirées en Uber.
C’est cette vie que nous refusons.

Respirer

On étouffe. Pas seulement par manque d’air, mais par manque d’écho à nos souffles retenus. Ce silence est plombant, mais la vie pourtant nous entoure. Partout, des combats sont menés, des solidarités se déploient, et une résistance s’organise. Pour se loger grâce au Droit Au Logement et à l’assemblée des mal-logés. Pour s’unir face à la galère, grâce à SUD-précaires. Pour s’éduquer et se divertir autrement, grâce à Cap Berriat et d’autres. Pour habiter son quartier et s’auto-organiser, grâce aux espaces occupés. Pour se nourrir, grâce aux cantines autonomes en ville et à la fac. D’ailleurs, l’avenir du Fournil, qui nourrit de nombreuses personnes depuis des années dans le sud de la ville est menacé par la fin des contrats aidés, comme de nombreuses autres structures qui survivent déjà ainsi et ne savent pas de quoi demain sera fait. Il nous faut non seulement nous lier, mais aussi libérer des espaces qui nous permettront de commencer à respirer, et d’aider celles et ceux encore plus précaires à le faire avec nous.
L’enjeu, pour nous tous, c’est d’abord de survivre ensemble.

Remettre nos vies en jeu

Se libérer, c’est aussi se libérer du temps. Par la grève, la débrouille sans le travail, l’autonomie face à ce monde. Ce temps est précieux et peut nous permettre d’élargir nos moyens de subsistance, et pourquoi pas se passer du capitalisme. L’an dernier, beaucoup parlaient de « Tout bloquer ». Aujourd’hui, des forains, des routiers, appellent à bloquer l’économie. S’il faut évidemment s’en réjouir et s’y joindre, ce geste ouvre surtout la possibilité d’une vie qui se passerait de cette même économie. C’est notre autonomie que nous désirons remettre en jeu, celle à même de nous offrir des vies libérées de l’emprise de la marchandise. Par des soins procurés par ses amis plutôt que par un psy, par des maisons squattées plutôt que des studios trop chers ; par des savoirs partagés plutôt que l’auto-entreprenariat. Ce sont ces conditions matérielles, affectives, éthiques, qu’il nous reste à développer ensemble dans une perspective révolutionnaire.

Se tenir ensemble, cela se vaut aussi quand nous luttons. Se tenir dans la rue, dans les manifs, face à la police et à la répression. Cela passe par une attention les uns aux autres, dans les moments de conflictualité comme dans les moments d’organisation. Dépasser les clivages, trouver des points de rencontre, ne pas s’enliser dans l’aigreur d’un rendez-vous manqué. Et peut-être se laisser toucher par les parcours et les horizons qui nous sont étrangers. Notre souhait serait que ces lignes que nous tentons timidement de tracer ne restent pas au stade d’incantations. De discussions autour d’un brasero à des repas sur des piquets de grèves, d’AG étudiantes aux amitiés sauvages qu’un mouvement peut voir naître, de soutien à l’ouverture de lieux d’hébergements au déploiement de forces qui se passeraient de la masculinité et de la blanchitude ; que nous voyons refleurir des cortèges poreux aux couleurs multiples.

C’est cette offensivité qui nous donnera la puissance à même de renverser non pas une nouvelle loi qui nous détruit, mais le monde qui l’accompagne et qui nous oppresse. Là aussi, de nouvelles formes restent à inventer, pour ne pas reproduire les automatismes qui nous conduisent à prendre la tête du cortège, à s’affronter systématiquement à la police, ou à se plaindre de la passivité des autres. C’est à cette intelligence collective que nous appelons, et c’est sans doute celle là qui nous donnera la force de nous lier vraiment, en dehors de toute récupération politique.

Bisous



Compléments d'informations :
Coucou...
par anonyme,
le 21 septembre

Coucou,

contrairement à ce que ce texte voudrait nous faire croire, les appels à bloquer l’économie émanant des forains et des routiers ne peuvent pas être mis en lien avec la possibilité d’une quelconque vie qui se passerait de cette même économie. C’est bien tout le contraire que veulent les forains et les routiers, ou en tout cas une économie qui leur est – plus – favorable. Ainsi, je ne comprends pas bien comment on peut se réjouire d’un appel (je parle là de celui de Marcel Campion) encradré de "bleu blanc rouge" et dont le fond est aussi confus que leur présence (celle des forains) dans la manifestation parisienne ?

"A chaque fois je me suis battu – non pas pour devenir riche mais pour rester libre." Pas de bol pour Marcel Campion, il est principalement devenu riche...

"Mais simplement pour permettre aux forains d’être libres et de pouvoir gagner leur vie comme j’ai gagné la mienne." J’ai comme l’impression que Marcel Campion ne se bat pas pour une vie qui se passerait de l’économie...

"Depuis des siècles, les forains font des fêtes où le peuple est roi." Les personnes qui se réfèrent à cet appel ont-elles visité ne serait-ce qu’une fête foraine dans leur vie ? Le "peuple" y est autant, si ce n’est plus, pris pour le roi des cons que dans n’importe quelle galerie marchande.

"[...] avec les syndicats et les insoumis, les bonnets rouges et les blacks blocs, les agriculteurs faillis et les anarchistes." Peut-être que la vie trépidante de forain en costard de Marcel Campion ne lui a pas laissé le temps d’apprécier ce qui différencie fondamentalement les diverses "composantes" (j’ai pas de meilleur mot) qu’il cite...

Pour ce qui est de la confusion de la présence des forains à la manifestation parisienne, je renvoie à leur reprise de la marseillaise.

Et donc, se joindre à un appel à bloquer l’économie, pourquoi pas, mais certainement pas avec n’importe qui, parce qu’il y a alors deux possibilités :
- Soit on se fait utiliser par des gens qui n’ont pas les mêmes désirs que nous
- Soit on espère faire changer d’avis les personnes à l’origine d’un tel appel, et je doute que cela puisse se faire "en dehors de toute récupération politique."

Bisous

Remarques d’un bouème
par anonyme,
le 29 septembre

Une précision : il n’ y a pas de vie sans "économie", ça s’appelle les échanges, et l’humanité fait ça depuis la nuit des temps. Certes tes remarques sur le coté non-révolutionnaire de M. Campion sont réalistes, mais, sont-elles vraiment utiles ? qui a intérêt à diviser les peuples ? (et surtout avant LA GRANDE BATAILLE DE NOEL) : MACRON. Sans pour autant tomber dans l’union populaire à tout prix (stratégie dieudonnesque qui fait hurler de peur les bien-pensants), il me semble important de garder le lien avec les forains, qui, comme nous tous, souhaitent une "autre économie", "plus favorable à eux" ; ba oui, ca s’appelle la rationnalité, on veut tous le mieux pour nous, et c’est pas fou il me semble que de demander mieux. On dirait que vous avez peur des entrepreneurs mafieux, mais vous avez bien tort : c’est ces gens qui veulent le plus changer le système, parce qu’ils y sont à moitié (black et cie...)et donc ont beaucoup moins à perdre que vos peuples des villes, ultra dépendants pour tout du système (on n’ a jamais vu un animal en cage brûler sa gamelle :-) , et je trouve donc qu’avant de critiquer trop, un petit coup dans le miroir ne serait pas du luxe. On se croit révolutionnaire, on lit Lénine, et on se rend compte qu’il faut tout recommencer, tout repenser, parce que l’histoire ne s’arrête pas, et que c’est notre tour...Courages à toutes et tous, ça va pas être facile...

Bisous...
par anonyme,
le 29 septembre

Je ne sais pas si la "petite précision" m’était adressée, mais je n’ai fait que reprendre un morceau du texte, la question ici n’est pas de savoir si "une vie qui se passerait de cette même économie" est possible, mais plutôt de savoir si un forain en costard et ses potes qui chantent la marseillaise à tue-tête peuvent être considérés comme des alliés souhaitables.

"Certes tes remarques sur le coté non-révolutionnaire de M. Campion sont réalistes, mais, sont-elles vraiment utiles ?" Il n’est même pas question de signaler que Campion n’est pas révolutionnaire. Les bonnets rouges, qu’il invoque d’ailleurs dans son appel, n’étaient pas non plus révolutionnaires, et pourtant c’est pas le côté sur lequel ils étaient "attaqués", mais plutôt sur leur côté "extrême droite" et corporatiste. On peut calquer ça sur Campion, je te laisse aller chercher avec quelles personnalités politiques il s’est acoquiné.

Tu parles de Macron, l’an dernier on parlait d’Hollande et de El Khomri... Les slogans restent les mêmes, seuls les noms à l’intérieur changent, vous me fatiguez. On n’est pas dans un conte de fée avec des gentils et des méchants. Et donc ton histoire de "peuples" qui seraient "divisés" est bidon. On vit dans un monde peuplé d’individus aux intérêts divers, et pour certains incompatibles entre eux. Et pour ce qui est de ton histoire de "bien pendants", va falloir t’expliquer parce que pour le coup la phrase est sacrément ambiguë.

Tu ne dis pas en quoi il serait bon de "garder le lien avec les forains". Ça te plaît d’entendre un hymne national dans les manifs et de lire des appels entourés d’un liseré bleu blanc rouge ? L’extrême droite organise des manifs aussi, fais toi plaisir.

Le patronat demande aussi le mieux pour lui... Et quand je parle de patronat, je parle aussi de celui qui organise des "fêtes où le peuple est roi" (Marcel Campoin, dans son appel patriotico-confus).

"On dirait que vous avez peur des entrepreneurs mafieux, mais vous avez bien tort : c’est ces gens qui veulent le plus changer le système" Là on touche le fond je pense. A ce compte là, tout le monde veut "changer le système", même cette "chère" fille à son papa tant appréciée par ce "cher" Campion (je te renvoie à ses amitiés pour le moins ambiguës).

"On se croit révolutionnaire, on lit Lénine [...]" il va falloir mieux te renseigner...

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