Indymedia Grenoble

L’État attaque Indymedia Grenoble et Indymedia Nantes… Solidarité !

jeudi 5 octobre 2017 par anonyme

[Infos locales] [Répression / Contrôle social] [Média]
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Nous nous contentons de retransmettre ici un communiqué de soutien à Indymedia Grenoble qui a tourné sur de nombreux médias libres ces dernières semaine, et en dessous de laquelle vous trouverez une revue de presse sur la censure administrative qui nous a touché.

Plus d’informations sont à venir dans les jours et semaines qui viennent (mais un peu de patience s’il vous plaît).

Après la publication d’un communiqué revendiquant l’incendie d’un garage de la gendarmerie de Grenoble dans la nuit du 20 au 21 septembre, les sites Indymedia Grenoble et Indymedia Nantes ont été menacés par la police française. Les équipes qui administrent ces sites ont reçu des courriels de l’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication (OCLCTIC) exigeant la dépublication sous vingt-quatre des articles concernés, sous peine de blocage et déréférencement des sites.

Les auteur·e·s du communiqué expliquaient que l’incendie du garage avait été mené « dans une vague d’attaques de solidarité avec les personnes qui passent en procès ces jours-ci » dans l’affaire de la voiture de police brûlée du quai de Valmy. Dans l’incendie de ce garage à Grenoble, plusieurs dizaines de véhicules ont été brûlés. Voici le texte de ce communiqué :

Ce communiqué a également été repris en intégralité (ainsi que visible ci-dessus) par des médias comme Le Dauphiné Libéré ou BFM-TV, sans que ceux-ci soient apparemment inquiétés...

« Provocation à des actes de terrorisme »

Comme le souligne l’équipe d’Indymedia Grenoble dans un communiqué, « cette requête (...) fait directement écho à l’attaque qui a eu lieu en Allemagne le 25 août dernier contre Indymedia Linksunten, attaque qui s’est soldée par la perquisition de quatre domiciles et un centre social autogéré, et ce pour des prétextes similaires ». Dans les deux cas, c’est la notion de « terrorisme » qui est mobilisée par les gouvernements pour censurer des médias libres, puisque la police française s’appuie sur la loi du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme, et évoque une « provocation à des actes de terrorisme ou apologie de tels actes ».

Alors que les notions de terrorisme et de provocation ne sont pas définies, la loi française permet depuis février 2015 de faire disparaître des sites ou des textes sans recours au juge, sur simple requête de l’administration policière. À notre connaissance, c’est la première fois que ces dispositions sont brandies contre des médias alternatifs appartenant à la sphère anti-autoritaire. Les deux sites visés par les menaces des autorités ont décidé de retirer le communiqué de revendication incriminé. Les collectifs de modération de chacun des deux sites s’en expliquent dans deux textes distincts :

- Après Indymedia Linksunten, Indymedia Grenoble et Nantes sont victimes de l’antiterrorisme (Indymedia Grenoble)
- Entrepôt de gendarmerie en feu, que reste-t-il des libertés sur le Web ? (Indymedia Nantes)

L’usage de lois anti-terroristes pour attaquer spécifiquement des sites d’informations indépendants renvoie à la violence des peines requises contre les personnes inculpées dans l’affaire de la voiture brûlée du quai Valmy. Il s’agit tout autant de dissuader les militant·e·s que d’en dépolitiser les actes.

Depuis des années, les sites du réseau Indymedia permettent entre autres de rendre visible la nature politique d’actions directes. Cette nouvelle attaque contre des médias libres vise à faire taire les oppositions politiques radicales, et à criminaliser les collectifs et individus qui communiqueraient sur leurs objectifs politiques sans le prisme déformant des médias traditionnels. Cette attaque est aussi à rapprocher des perquistions qui ont visé cette semaine les militant·e·s anti-nucléaires de Bure. Leurs ordinateurs, ainsi que la photocopieuse qui leur servait à imprimer des tracts, ont été saisis par les gendarmes. Tous les moyens semblent être mobilisés pour réprimer l’expression autonome des mouvements de lutte.

Comme nous le disions en mai 2015, suite à des poursuites visant le site toulousain IAATA.info : « Face à la répression, l’information est une arme ». Malgré les nouvelles formes de censure qui se déploient, nous continuerons à animer et à multiplier les espaces d’expression autonome. Soutien à Indy Nantes et Indy Grenoble. Solidarité avec les inculpé·e·s du quai de Valmy, et avec celles et ceux qui mettent des bâtons dans les roues de la machine répressive.

Pour cosigner ce texte, individuellement ou en tant qu’organisation (ou tout simplement manifester votre soutien), n’hésitez pas à contacter l’adresse mail suivante : soutien-indymedia mediaslibres.org.

Liste des premiers signataires, par ordre approximatif de réception :

Rebellyon, Paris-Luttes, La Rotative, Expansive, Rennes-info, Brest Médias libres, Renversé, Marseille Infos Autonomes, Manif’Est, CQFD, Squat.net, Lundi-matin, Le Jura libertaire, Iaata, Jef Klak, Barrikade, zad.nadir.org, Espoir Chiapas, Cyberguerilla, Indymedia Bruxelles, Le Bocal des Grands Jours, Révolution permanente, Ici-Grenoble, La lettre à Lulu, Indymedia Lille, Radio Canut, Indymedia Athène, Enough is Enough, Organisation Communiste Libertaire, Rouen dans la rue, Canal Sud, Radio Zinzine, Agência de Notícias Anarquistas, À l’Ouest, Le tamis, Radio Klaxon, Compagnie MAP, Carilla (legal team Zad), Radio Cayenne, Revue Z, Actualité des luttes, Le monde à l’envers...

Ceux qui relaient ce communiqué, ou manifestent du soutien pour Indymedia Grenoble et Nantes :

- La Quadrature Du Net (LQDN) : « Ministère de l’Intérieur contre Indymedia : une censure absurde et choquante »
- Reporterre : « Au nom de la loi antiterroriste, la police a censuré deux médias libres »
- Infokiosques.net
- Alternative Libertaire : L’état de la censure : pression policière contre Indymedia
- La Horde : « Au nom de l’« anti-terrorisme », la police censure deux médias libres »
- Chroniques du Yéti : « Censure policière contre deux médias libres au nom de la loi antiterroriste »
- L’autre quotidien : « Tribune : au nom de la loi antiterroriste, la police a censuré deux médias libres »
- Libre Parcours : « Soufflons sur les braises de la censure administrative »
- benjaltf4 : « Quand l’OCLCTIC censure Indymedia Grenoble, ou la censure administrative a deux vitesses »
- Le libertaire bisontin : « De Besançon à Grenoble en passant par Nantes et jusqu’à Fribourg : Solidarité ! »
- Ricochets : « L’incendie volontaire d’un hangar technique à la gendarmerie de Grenoble revendiqué »

Ceux qui parlent mieux de cette affaire que l’article de 20 minutes [1] :

- Arrêt Sur Image : « Incendie gendarmerie : Indymedia contraint par la police de retirer un communiqué »
- Acrimed : « Actualité des médias (n°8 - septembre 2017) »
- L’humanité : dans sa version papier du 27 septembre 2017

Les éclats de rire du mois

- « L’UNI Grenoble demande la dissolution des groupuscules d’extrême-gauche »
- « Collomb appelle la mouvance anarcho-libertaire à condamner l’attaque d’une gendarmerie à Grenoble »
- « Indymédia Grenoble et l’OCLCTIC »

[1] Qui date la création d’Indymedia à 2009 au lieu de 1999, entre autres erreurs grossières et même pas dignes d’un exposé sur le sujet rédigé par un élève de CE2 qui n’a pas encore découvert Wikipedia.



Compléments d'informations :
Quelques précisions...
par un anarchiste.,
le 5 octobre

Salut,

De mémoire, le jura libertaire a subi jadis le même type d’attaques, qui répondent aujourd’hui à celles perpétrées en Allemagne. Des sites anarchistes italiens ou croates ont également subi les mêmes choses.

Enfin il y a quelques mois un compagnon a également subi une perquisition pour des motifs sensiblement identiques : http://cettesemaine.info/breves/spi...

S’il ne s’agit pas de banaliser, il ne faut pas entretenir l’oubli ou l’idée d’un état d’exception...

Solidairement malgré des désaccords sur vos stratégies respectives, Un anarchiste.

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