Indymedia Grenoble

Contre le genre et le patriarcat : entre individualité et constructions sociales

mardi 21 novembre 2017 par anonyme

[Féminisme / Genres / Sexualités] [Autres infos]

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Nous voulons nous en prendre aux manifestations matérielles du patriarcat (entendu comme un ensemble de systèmes de dominations basés sur le genre) dans son aspect normatif dont le couple, les assignations de genre, la famille, l’hétéronormativité sont autant de barreaux à nos fenêtres.

Nous voulons donner de l’importance à ces critiques, souvent reléguées au second plan, parce qu’elles font partie de nos réflexions et que nous avons envie de les reconnecter à des pratiques offensives.

Il existe en nous des décalages entre nos désirs, les possibilités de les réaliser et les modèles cloisonnant qu’on nous impose qui créent des frustrations, du mal être et peut nous conduire à intérioriser et reproduire ces normes qui nous enferme. C’est ce qui nourrit notre rage et nous pousse à agir.

Nous avons conscience qu’aller contre la norme dans différents aspects de nos vies (rapports au corps, à la sexualité, aux relations, à l’esthétique, ...), implique de devoir faire face à la répression physique et morale qui provient tant des institutions, que de l’ environnement proche ou du connard au coin de la rue.

Dans la perspective de lutter contre ces logiques, nous voulons comprendre les imbrications qui peuvent exister entre les rouages de la domination et nos désirs en (re)construction. Nous cherchons à nous construire en tant qu’individu.e. en dehors de toutes les injonctions sans occulter nos responsabilités dans la reproduction des normes.

On ne veut pas se satisfaire de grilles d’analyse stéréotypées. Avec d’une part la vision matérialiste, qui dirait qu’on est uniquement la somme de nos constructions sociales et d’autres part, une vision individualiste, qui dit qu’on serait uniquement le résultat de nos choix et de nos expériences. Nous voulons pouvoir remettre en question ces grilles d’analyses pour ne pas les appliquer de manière rigide et systématique.

La première, nous amène à voir les situations seulement à travers les rôles sociaux et invisibilise ainsi la complexité, les spécificités et les responsabilités particulières, ce qui néglige d’autres formes de pouvoir et peut conduire à de la victimisation ou de la culpabilité.

La seconde, qui mène à se penser uniquement comme des individu.e.s, nie nos responsabilités dans la production et le maintien de ces mécanismes de domination. On ne pense pas qu’il y aie un niveau de déconstruction à partir duquel on serait vacciner et qui justifierait de se sentir au-dessus de ces critiques, laissant la place à des postures moralisantes, écrasantes, viriles (comportement qui peut exister au-delà des assignations de genres), voire libérale, du style « si tu galères, c’est que ta volonté n’est pas assez forte pour t’en sortir ». Pour nous, il y a un danger à ce que ça crée des tabous qui nous déposséderaient d’outils qui permettent de débusquer nos comportements merdiques incrustés dans les coins les plus secrets de notre intimité.

Lorsque que l’on veut combattre les rapports de pouvoir qui s’expriment par des positions de dominants/dominés, on se rend compte que ces positions se renforcent mutuellement mais qu’on n’a pas le même intérêt ni les même facilités à s’en défaire.

Par ailleurs, on pense que dans une relation on peut aussi bien occuper une place de dominant ou dominé en fonction des différents systèmes d’oppression qui sont en jeu (racisme, sexisme, classisme, validisme, âgisme…).

Nous pensons que les implications ne sont pas les mêmes entre abandonner des privilèges fortement valorisés par le monde dans lequel on vit et les avantages qui y sont liées, et sortir d’un rapport qui veut faire de nous des personnes soumises pour exister en tant qu’individu.e et que tout pousse à se sentir comme des merdes !

En d’autres termes, dans un cas c’est un choix qui est laissé à certain-e-s alors que pour d’autres c’est une nécessité.

En somme, nous voulons sortir des dogmatismes et (re)trouver un équilibre dans des allers-retours constants entre ces deux logiques. Cela ne signifie pas pour nous de faire des compromis mais bien d’essayer d’être au plus proche des différents enjeux qui s’expriment dans une situation et en lien avec nos parcours, nos sensibilités (entendu comme une relation entre affect et éthique), nos tensions, et nos volontés d’émancipation.

Nous voulons mettre en confrontation et/ou en compléments différentes grilles de lectures afin de comprendre autant les spécificités et le contexte particulier d’une situation que les logiques plus larges dans lesquelles elle s’inscrit. Nous voulons que nos prises de positions et nos comportements soient le fruit de cet aller-retour entre l’individuel et le structurel.

Sortons de ces schémas crasseux, attaquons celleux qui veulent nous soumettre. Ielles ont des noms et des adresses, que ce soit des personnes ou des institutions.

Ni pitié Ni indifférence



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