Indymedia Grenoble

Dur de lutter dans un monde où sévissent crapules et lâches

jeudi 23 novembre 2017 par anonyme

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Coucou,

Hier soir, mercredi 22 novembre 2017, vers 18h. Deux braséros géants derrière le portail. Une masse de salariés dans la cour de GE, avenue Léon Blum, Grenoble. Général Electric, site de nouveau bloqué depuis trois journées, soit depuis lundi 20 novembre 4-5h du matin. bloqué car 345 des 700 salariés vont perdre leur emploi. 345, à savoir tous les ouvriers restant du site (soit 40 ouvriers), tous les EDTA (employés, dessinateurs, techniciens, administratifs) et comme ça ne sufffisait pas pour atteindre 345, des cadres.

Les crapules, ce sont ceux qui vendent Alsthom à l’américain General Electric (voir le documentaire "guerre fantôme"). Les crapules ce sont ceux de la direction qui démantèle la société : les salariés réclament moins de licenciements. "au delà de 150 suppressions de postes, le site n’est plus viable !". 345 suppressions de postes, cela signifie choix volontaire de fermer à terme le site grenoblois.

Les lâches, ce sont la multitude de cadres (sauf ceux de profil hydro qui sont venus bloquer aussi) "qui n’ont pas donné un jour de grève, qui ne savent pas dormir dans un duvet", qui de toute façon ne se sentent pas concernés, "mais qui profiteront des négociations obtenues grâce au blocage fait par les autres". La honte devant ce manque de "solidarité". Et ne voient-ils pas, les nantis, que si l’économie tombe, ils tomberont eux aussi ?

Hier donc les salariés ont voté. Le mégaphone donne le résultat du vote : déblocage. Qu’on ne s’y trompe pas. La direction avait réussi à ne leur laisser que la liberté entre deux non-choix. Petite crapulerie supplémentaire. c’est simple, la direction avait imposé aux bloqueurs ceci : soit le site était débloqué et la réunion prévue le lendemain jeudi 23 novembre avec la direction pouvait se faire sur site, soit si le site restait bloqué la réunion se tiendrait quelque part en ville, dans un hôtel quelque part. Dilemne. La préférence est allé à la réunion sur site, pour permettre que le plus de salariés puissent être présents. La technique de manipulation a marché : déblocage.

Hier soir, chacun quittait le site mort dans l’âme. Mort dans l’âme. Des gens anéantis de se trouver ainsi obligés de débloquer. ça pleure dans l’âme.

Des phrases qui remontent le coeur. Oui, durant le blocage, il s’est tissé des liens et rencontres. oui, il s’est passé de belles choses. oui maintenant, ils se connaissent mieux. être ensemble à bloquer, c’est un chemin pour découvrir des moyens de luttes, pour échanger sur les problématiques, pour comprendre où l’on en est. "les ouvriers de GE, ils ont des mains en or". Injustice. Et déjà les uns sont soucieux des autres.

et puis cette phrase glissée là au portail, évidemment ça touche au coeur : "on se bat par ce qu’on est une grosse entreprise, on se bat pour ceux qui sont déjà sous les ponts et qui eux ne peuvent plus se battre".

voili-voilou. Espérant que les salariés grenoblois de General Electric arrivent à obtenir gain de cause. Ce ne serait que juste, oui. à bas le capitalisme qui ne s’encombre guère de justice et d’humanité et régente le monde pour le mener à sa perte. Faut qu’on tombe ce monde de merde et qu’on s’invente notre nouveau monde.

Hep, au fait, concernant GE, on se tient au jus, hein ! Parce que si nos soeurs.frères de lutte de General Electric ont besoin de bloquer de nouveau leur site, on pourra aider en solidarité pour que leur combat avance.

Bisous, Frères.soeurs de coeur, on tient & on lâche rien.

Chaleur et amitiés à nous.vous tous.



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