Indymedia Grenoble

Pourquoi les administrateurs d’Indymedia devraient retirer la mention copyleft... ou bien ce qui suit

mardi 5 décembre 2017 par anonyme

[Infos locales] [Média]

J’aurai pu écrire un mail aux administrateurs mais il me semblait intéressant de faire partager cette analyse au plus grand nombre.

« copyleft. Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l’impression, l’édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE. »

Pour commencer, « libres de droits » n’a aucun sens. Pour qui sait imaginer les hommes en dehors des lois, les termes libre et droit ne font pas bon ménage. L’auteur peut accorder des libertés sur son œuvre et, indépendamment, c’est à dire même si l’auteur ne donne rien, tout un chacun peut prendre des libertés sur l’œuvre dès lors qu’il en a les moyens. C’est la vrai vie.
Concernant le Droit, en France tout œuvre est sous copyright jusqu’à ce qu’elle tombe dans le domaine public longtemps après la mort de son auteur. L’auteur ne peut pas s’y soustraire, seulement accorder des licences.

Venons-en aux licences libres

« Une licence libre est une licence s’appliquant à une œuvre de l’esprit par laquelle l’auteur concède tout ou partie des droits que lui confère le droit d’auteur, en laissant au minimum quatre droits considérés fondamentaux aux utilisateurs :
usage de l’œuvre ;
étude de l’œuvre pour en comprendre le fonctionnement ou l’adapter à ses besoins ;
modification (amélioration, extension et transformation) ou incorporation de l’œuvre en une œuvre dérivée ;
redistribution de l’œuvre, c’est-à-dire sa diffusion à d’autres usagers, y compris commercialement. »


On en déduit que les licences avec restriction sur l’usage commercial ne sont pas des licences libres.

Qu’est-ce que le copyleft ?

Les licences libres non copyleft sont à la propriété intellectuelle ce que le fouriérisme était au capitalisme. Elles ne la combattent pas, elles l’évitent. Les licences libres copyleft nous viennent du monde du logiciel. On peut voir les développeurs comme le prolétariat d’aujourd’hui dans la mesure où :
1. l’économie mondiale repose sur leur travail
2. ils sont sous-payés au regards des bénéfices générés par les entreprise IT
3. ils sont privés de leurs œuvres (aliénation)

Et il n’y a qu’un pas que je franchirai pour affirmer que Richard Stallman, qui est l’apôtre du copyleft, fait figure de Karl Marx contemporain. Comparaison à l’emporte-pièce me direz vous ? Attendez car ça va plus loin que ça. Une licence copyleft n’est pas l’évitement du copyright (on a vu que c’était vain). Elle retourne les armes du copyright contre lui-même. Tu veux utiliser mon œuvre et faire de l’argent avec ? génial, mais ce que tu diffusera à ton tour sera également libre et copyleft ! Un P-DG de Microsoft dira « linux -sous licence GPL- est un cancer » Et il avait raison. Pas un cancer pour l’humanité, mais un cancer pour la propriété intellectuelle.

Voilà un peu de grain à moudre. La licence CC BY-SA est une licence libre et copyleft, pas le gribouiboui en bas des pages d’Indymedia. Si on entrave que dalle à tout ça il y a la licence WTFPL mais elle n’est pas copyleft. A bon entendeur.



Compléments d'informations :
une autre solution ?
par anonyme,
le 7 décembre

Il est aussi possible de choisir de s’en foutre royalement de qui réutilise quoi, de si c’est éthique ou pas qu’ils fassent du fric avec, etc. Arreter de se cacher derrière ce monde de licenses, contrats et assurances, qui font vivre un paquet de crapules finalement (le monde du logiciel libre n’est pas exempt de procès interminables et "d’arrangements" à coup de millions, de menaces et d’OPA, demande à google), je vois ça comme plutôt sain comme manière de voir la production...

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copyLeft Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.